Le Malikisme

 

 

 

Basée sur l’enseignement de l’imâm Mâlik ibn Anas (m. 795), grand théologien et juriste de Médine, le malikisme est l’une des quatre écoles de jurisprudence sunnite. La particularité de ce rite est qu’il considère la pratique des médinois, descendants des compagnons du prophète, et l’opinion des savants de cette même ville comme étant une source de droit. C’est la troisième école en nombre de pratiquants, et reste attachée aux principes fondamentaux pratiqués et enseigné par l’ancienne communauté de Médine. Le rite est très traditionaliste et s’opposa à l’école des rationalistes (ahl al-râ’y).
 
Le fondateur
Mâlik ibn Anas est né en 716 dans la ville sainte qui accueillit le prophète quatre vingt douze ans plus tôt. Sa famille est originaire du Yémen, de la tribu d’al-Asbahi. Son grand-père quitta le sud de l’Arabie pour s'installer à Médine après sa conversion à l'islam en l'an deux de l'hégire. Dès son plus jeune âge, Mâlik s’intéressa à l’étude de l’islam et y consacrera toute sa vie. An-Nafi’ bin ‘Abd ar-Rahman (m. 785), le qâri’ dont warch et qaloun transmirent la lecture, lui enseigna le coran qu’il mémorisa entièrement, tandis que la science du hadîth lui fut inculquée par le mouhaddith Ibn Chihab az-Zouhri (m. 742). À dix sept ans, on lui permit déjà d’enseigner, il choisit symboliquement de prêcher dans la mosquée du prophète. Il connut également Abou Hanîfa (m. 767), un autre juriste qui fonda l’école hanafite, et étudia avec Ja’far as-Sâdiq (m. 765), le sixième imâm infaillible selon les chiites duodécimains et ismaéliens. On rapporte qu’il eut plus de neuf cent chouyouk et côtoya plus de trois cent tabi’in. De par son immense savoir, on le surnomma « l’imâm de Médine ». Le juriste entra en conflit avec le califat abbasside lorsque le commandant des croyants édicta une loi qui contraignit au divorce quiconque se refuserait à lui prêter allégeance. Mâlik s’opposa au gouverneur de Médine, qui était aussi le cousin du calife al-Mansour (m. 775), en rapportant une tradition selon laquelle le divorce sous la contrainte ne peut être valide. Il remit ainsi en cause l’autorité califale et fut condamné au fouet en 764. En dépit de la flagellation, l’imâm qui était profondément attaché à la loi islamique ne renia pas ses paroles. Quand al-Mansour apprit ce qui s’était passé, il châtia son cousin. En effet, Mâlik avait de nombreux disciples et pouvait causer des troubles dans la ville sainte s’il émettait une fatwa contre le pouvoir en place. Un soulèvement organisé par les savants de Médine aurait éclaboussé la réputation de la rigoriste dynastie abbasside. L’imâm ne quitta que très rarement la ville qui l’a vu naître, excepté pour faire le pèlerinage à la Mecque. Mâlik mourut vers 80 ans.

Présentation du madhhab
Le malikisme diffère des autres écoles en se basant sur les pratiques des habitants de Médine pour établir sa jurisprudence. Mâlik pensait que les us et coutumes des médinois provenaient des compagnons du prophète qui pratiquaient la forme la plus puritaine de l’islam, et ne pouvaient donc pas être une source d’égarement. Les malikites, lorsqu’ils sont confrontés à des traditions contradictoires bien qu’authentiques, choisissent de préférence le hadîth qui possède des origines médinoises, c’est-à-dire, qu’un ou des transmetteurs aient résidé à Médine. Le rite met également l’accent sur le fiqh en faveur de l’intérêt général de la communauté, du moment qu’il ne trahit pas la loi islamique. Ainsi, il n’est pas illicite d’établir des lois ou des règles qui sont étrangères au coran et à la tradition si la oumma peut en tirer un quelconque bénéfice. Mâlik était très pointilleux quand il s’agissait de définir des normes juridiques à partir de traditions. On rapporte qu’il présenta al-Mouwattâ’, son traité de fiqh et sa compilation de ahadith, à soixante dix juristes de Médine qui l’approuvèrent tous sans exception, raison pour laquelle il nomma son ouvrage al-Mouwattâ’, « l’approuvé ».

Quelques particularités du rite
- Le genou de l’homme n’est pas une partie intime de son corps.
- Ne pas se raser les aisselles n’est pas un péché.
- La consommation de viande de chien est licite.
- Le qounout est seulement récité durant la prière de l’aube.
- Pas d’invocation avant la fâtiha dans les prières obligatoires. 

Le Malikisme dans le monde
L’école est majoritairement répandue en Afrique du nord ainsi qu’en Afrique de l’Ouest. On la retrouve aussi dans quelques pays du Golfe (Koweït, Qatar, Bareïn), au Soudan et en Égypte.

Ouvrages majeurs de fiqh malikite
Al-Mouwatta’
-Auteur: Mâlik ibn Anas

Al-Moudawana al-Kobra
-Auteur: Sahnoun ibn Saïd at-Tanoukhi

Al-Wâhida fi as-Sunan wa-l-fiqh
-Auteur: ‘Abdel Mâlik ibn Habîb

Al-Moustakhraja
-Auteur: Mohammad ibn Ahmad al-'Atabi al-Andalousi

Al-Mouwâziya
-Auteur: Ibn al-Mouwâz

Al-Risala
-Auteur: ‘Abdullah ibn Abi Zayd al-Qayrawani

 

 

 

 

 

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