Le Jafarisme

 

 

 

La plupart des chi’ites appartiennent à l’école ja’farite, du nom de leur sixième imam Ja’far Al-Sadiq (d. 765). On les appelle aussi les imamites ou les duodécimains, parce qu’ils reconnaissent douze imams. Selon cette école, le pouvoir suprême de l’État musulman revient seulement à ‘Ali (d. 661) et à ses descendants directs issus de Fatimah, sur désignation de Mahomet. Ils estiment que l’imam (terme qu'ils utilisent au lieu de calife) bénéficie aussi bien de l'infaillibilité que de l'impeccabilité, qualités réservées par les sunnites aux seuls prophètes. Onze des douze imams des chi’ites imamites ont péri de mort violente, et le douzième (Muhammad Al-Askari, né en 873) aurait disparu mystérieusement, dans un souterrain (sirdab) à Samirra’ (en Irak), quand il avait cinq ans, sans laisser de descendants.

Ses adeptes croient qu’il est caché et prient pour sa rapide parousie afin d’accomplir la mission que la tradition musulmane assigne au Mahdi (le guidé) : « remplir de justice la terre envahie par l’iniquité ». L'article 5 de la Constitution iranienne fait référence à ce retour. Une des spécificités de cette école est le mariage temporaire. Parmi ses juristes on cite notamment : Ja’far Ibn-Ya’qub Al-Kulayni (d. 939), Abu-Ja’far Al-Tusi (d. 1067), Ja’far Ibn-al-Hasan Al-Hilli (d. 1325) et Zayn-al-Din Al-Jaba’i Al-Amili (d. 1559). Les chi’ites ja’farites forment la majorité en Iran et en Irak. On en trouve dans différents pays du Golfe, en Arabie saoudite, en Syrie, au Liban, en Inde et au Pakistan.

 

Extrait de : Introduction au droit musulman et arabe, par Sami A. Aldeeb

 

 

 

 

Retour Accueil