Le Chaféisme

 

 

 

La jurisprudence chaféite est fondée sur l’enseignement de l’imâm ach-Châfi’i (m. 820) dont la lignée remonte jusqu’à l’arrière grand-père du prophète Mahomet, ‘Abd Manaf. On lui attribue deux écoles de pensée : « l’ancienne » et « la nouvelle », correspondant respectivement à son séjour en Irak et en Égypte, chacune d’elles a donné naissance à un ouvrage, le « kitâb al-houjja » et le « kitâb al-oumm ». Les savants chaféites se réfèrent quasiment toujours à la nouvelle école excepté sur certains points. Le chaféisme est le rite recensant le plus grand nombre d’adhérents après l’hanafisme.

Le fondateur
Ach-Châfi’i est né à Ghazza, ou ‘Asqalan, 150 ans après l’hégire, l’année de la mort d’Abou Hanîfa. Il mémorisa le coran à sept ans, on rapporte également qu’il appris par cœur le Mouwattâ’ de Mâlik à dix ans et rencontra l’imâm de Médine, qui fut impressionné par sa mémoire, à l’âge de treize ans. Mâlik bin Anas (m. 795) et Mohammad bin al-Hasan ach-Chaybâni (m. 805) furent ses professeurs. Ach-Châfi’i aimait beaucoup la poésie et était un spécialise de la langue arabe, c’était aussi un philologue ainsi qu’un talentueux archer. Il avait un grand respect pour Abou Hanîfa qu’il n’eut malheureusement pas la chance de connaître : « les gens sont tous des enfants d’Abou Hanîfa en matière de jurisprudence », dit-il. Le juriste critiqua les autorités de son temps et fut traîné devant un juge de Najran, puis présenté au calife Hâroun ar-Rachîd (m. 809). On l’accusa de soutenir la révolte alawite. Grâce au soutien d’ach-Chaybâni, chef de la justice à cette époque, les poursuites contre ach-Châfi’i furent abandonnées par le calife mais il ordonna qu’on le transfert à Bagdad. Dans cette ville, il put se recueillir sur la tombe d’Abou Hanîfa, son maître spirituel. En 810, l’imâm écrivit un premier traité de fiqh appelé « kitâb al-houjja ». Son ouvrage fut propagé par ses élèves, parmi eux figurait Ahmad ibn Hanbal (m. 855). Puis ach-Châfi’i se rendit en Égypte afin d’étudier sous la houlette d’al-Layth bin Sa’d (m. 791) mais le savant mourut avant son arrivée. Ce sont les disciples d’al-Layth qui lui transmirent les connaissances religieuses acquises auprès de leur ancien maître. Ach-Châfi’i apprit de nouvelles méthodes d’analyses et rédigea un autre traité de jurisprudence, « kitâb al-oumm », en changeant de nombreux avis qu’il avait émit dans son précédent ouvrage de fiqh.

Présentation du madhhab
L’imam ach-Châfi’i n’avait pas les même critères d’authentification du hadîth que ses confrères Abou Hanîfa et Mâlik ibn Anas, bien qu’il soit reconnu comme une autorité en ce qui concerne la critique de traditions. Le juriste rejeta les méthodes d’istihsan et d’istislâh d’Abou Hanîfa et de Mâlik car il estimait que ces principes, basés sur l’interprétation personnelle ou l’itijad, étaient des innovations (bid’ah). Il créa alors le principe de l’istis’hâb, malgré son emploi limité, en réponse à certains problèmes juridiques. « La présomption de continuité » est la meilleure définition que l’on puisse attribuer au terme istis’hâb. Le concept consiste à considérer que des choses ou des situations continuent d’exister jusqu’à preuve du contraire. Quelques cas où l’istis’hâb peut être utilisé : une personne disparue est présumée vivante jusqu’à la confirmation de sa mort, le mariage reste toujours valide à moins que la dissolution ne soit prouvée, et une personne est innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ne soit prouvée. Les savants chaféites entrèrent en conflit avec les hanafites à cause de leurs différences de point de vue, l’école concurrente était perçue comme une rivale, mais la guerre des madhhab fut relativement courte.

Quelques particularités du rite
- L’excision est obligatoire.
- Dire « bismillah » en égorgeant un animal est une sunna.
- La basmalah est un verset de la sourate al-fatiha, la prière n’est pas valide si la formule n’est pas récitée.
- Toucher une femme rend obligatoire les ablutions.
- N’importe quelle impureté invalide la prière.

Le Chaféisme dans le monde
L’école est principalement répandue en Afrique de l’Est, dans la péninsule arabique, et en Asie du sud-est. C’est le rite officiel de l’État de Brunei et de Malaisie. On la retrouve entre autres en Égypte, en Somalie, au Yémen, en Indonésie, à Djibouti, aux Philippines, au Soudan et aux Maldives.

Ouvrages majeurs de fiqh chaféite
Kitâb al-Oumm
-Auteur: ach-Châfi’i

Ar-Risala fi Usul al-Fiqh
-Auteur: ach-Châfi’i

Minhâj at-Tâlibîn
-Auteur: an-Nawawi

Al-Fatâwa al-Kobra
-Auteur: Ibn Hajar al-Haytami

Fatâwa Ibn as-Salah
-Auteur: Ibn as-Salah

 

 

 

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