Urine bénite

 

 

 

Tous les ans en Inde, la ville de Srinagar est le théâtre d’un spectacle étonnant. Le jour de la commémoration de la naissance de Mahomet, un religieux musulman s’emploie à grimper en haut de la mosquée Hazratbal puis brandit fièrement, devant une foule en délire composée de plusieurs milliers de croyants, majoritairement soufis, ce qui s’apparente à un poil de barbe de Mahomet. Une cinquantaine d’année auparavant, en 1964, ce fameux poil avait « fugué » de son sanctuaire avant de réapparaitre quelques temps plus tard. Sa disparition inexpliquée avait causé beaucoup d’émeutes dans toute la province et les soldats indiens de confession hindouiste avaient été accusés de l’avoir subtilisé. Des doutes pèsent sur l’authenticité de la relique, mais on recense dans le monde plusieurs autres poils dont l’origine serait prouvée. Le Sultan de l’Empire Ottoman, ‘Abd al-Hamîd II (m. 1918), avait en sa possession trois poils certifiés du Prophète. L’un, accompagné de son certificat officiel, a échoué dans les mains du maître soufi, Mohammed Hicham Kabbani, un autre repose au musée de Topkapi, à Istanbul, où d’innombrables fidèles se massent pour l’admirer, et le dernier a été octroyé à un autre Cheikh soufi, Nazim al-Haqqani. Ce genre d’idolâtrie n’est pas particulier aux adeptes du soufisme puisque les premières générations de musulmans l’ont elles aussi allègrement pratiqué comme nous pouvons l’observer dans le Kitâb ach-Chifâ du célèbre cadi ‘Iyâd (m. 1149) :

Safiyya bint Najda a rapporté qu’Abi Mahdhoura avait une longue boucle de cheveux à l’avant de la tête qui touchait le sol quand il s’asseyait. On lui a demandé : « pourquoi ne la coupes-tu pas ? » Il a répondu : « je ne couperai pas quelque chose que le Messager de Dieu a touché de sa main ! »
Khâlid bin al-Walîd avait dans son casque des cheveux du Prophète. Son casque est tombé durant une bataille, il s’est mis à sa recherche alors que beaucoup de compagnons du Prophète ont été tués. Il a dit : « je n’ai pas fait cela à cause du casque, en fait, il contenait les cheveux du Prophète et je craignais de perdre la bénédiction et qu’il ne tombe entre les mains des infidèles ».
On a vu Ibn ‘Omar poser la main sur le siège de la chaire du Prophète et ensuite se toucher le visage.
Mâlik ne montait pas de bête à Médine et il disait : « j’ai honte devant Dieu de fouler le sol que le Messager de Dieu a foulé, avec le sabot d’une bête ». (…)
On a rapporté que Jihjah al-Ghifâri a pris le bâton du Prophète de la main d’Othmân et il a tenté de le briser avec le genou mais les gens ont crié. Il a été frappé de démangeaison à son genou et on l’a amputé, puis il est décédé dans l’année.1

On est en droit de se demander si les compagnons du Prophète ne le prenaient pas, au sens propre, pour un dieu vivant. La littérature islamique regorge de récits sur ce thème et l’instigateur de ce culte de la personnalité poussé à l’extrême n’était autre que Mahomet lui-même qui, comme un roi, se laissait baiser les mains et les pieds2.

 

Mon royaume pour un poil
Tout ce qui appartenait au Prophète était considéré par les musulmans comme une source de bénédictions et même de guérisons. Un rendez-vous du gourou chez le barbier était très attendu par ses disciples. Anas a rapporté que « lorsque le Messager de Dieu se rasait les cheveux chez le barbier, je voyais ses compagnons qui ne voulaient pas que les cheveux tombent autre part que dans la main d’un homme »3. Abou Talha était presque toujours le premier à s’emparer des cheveux magiques4, et c’est grâce à sa générosité que Khâlid bin al-Walîd a pu s’en procurer quelques-uns : « quand il a distribué des cheveux du Prophète parmi les gens, raconte l’imam Badr ad-Dîn al-‘Ayni (m. 1453), Khâlid a demandé à Abou Talha de lui donner une mèche de cheveux. Il lui en a donné une et c’était une mèche du devant, c’est pour cette raison que lors des conquêtes, il marchait toujours en tête »5. Et c’est au cours d’une bataille contre Mousaylima, le faux prophète rival de Mahomet, qu’il a perdu son précieux casque, et pendant qu’il le cherchait, les djihadistes et les lecteurs du Coran se faisaient mettre en pièce (ces derniers ont emporté avec eux dans leurs tombes des versets du Coran absents de la vulgate othmanienne) : « Khâlid bin al-Walîd avait mis dans son casque des cheveux du Messager de Dieu et il partait à la guerre avec et triomphait par sa bénédiction. Il est tombé le jour de Yamâma… »6. Parfois, ce fut l’Envoyé de Dieu en personne qui distribuait des touffes de sa chevelure au milieu de ses adorateurs :

Il a fait appeler le barbier et présenté le côté droit de sa tête et dit : « commence ici ». Il a ensuite distribué ses cheveux parmi ceux qui étaient à côté de lui. Puis il a présenté le côté gauche au barbier et il l’a rasé, puis il en a donné à Oumm Soulaym. Et dans la version d’Abi Korayb : « il a commencé par le côté droit et il a distribué un cheveu ou deux parmi les gens. On lui a ensuite rasé le côté gauche et il a agi similairement, et il a dit : « c’est Abou Talha », et il en a donné à Abi Talha ».7

Ceux qui n’avaient pas pu en avoir éprouvaient une certaine jalousie à l’égard des plus chanceux. Le tâbi’ ‘Abîda bin ‘Amr as-Salmani (m. 693), qui excellait dans la jurisprudence, aurait vendu père et mère pour un petit cheveu : « si je possédais ne serait-ce qu’un seul cheveu, il me serait plus cher que le monde entier et tout ce qu’il contient »8. Selon la croyance populaire, une mèche était capable de guérir les maladies et de détourner l’influence néfaste du mauvais œil. Oumm Salama s’était forgé une réputation de guérisseuse grâce à cela, al-Boukhâri (m. 870) a enregistré dans son corpus de traditions :

Isrâ’il a rapporté que ‘Othmân bin ‘Abdullah bin Mawhab a dit : « ma famille m’a envoyé vers Oumm Salama, l’épouse du Prophète, avec un bol d’eau ». Isrâ’il a rapporté qu’il l’a agrippé avec trois doigts, et à l’intérieur, il y avait des cheveux du Prophète. - « Si quelqu’un souffre du mauvais œil ou d’autre chose, qu’il envoie à Oumm Salama son henné. J’ai regardé dans le récipient et j’ai vu des cheveux rouges ».9

La conservation d’un poil de Mahomet dans le but de s’octroyer les grâces du Seigneur est donc bien conforme à la sunna du Prophète et nul ne peut qualifier cela d’hérésie.

 

Ses ongles
Les ongles du Messager de Dieu étaient de même très convoités. Dans un hadith consigné par Ahmad bin Hanbal (m. 855) dans son Mosnad, nous apprenons qu’un compagnon s’est vu attribué quelques reliques inestimables et rarissimes durant un pèlerinage à la Mecque :

Mohammed bin ‘Abdullah bin Zayd a rapporté de son père qu’il a vu le Prophète au lieu du sacrifice et il était accompagné par un homme des Ansâr. Le Messager de Dieu a partagé ses victimes sacrificielles et il n’a rien donné à son compagnon. Il s’est rasé la tête, puis a mis ses cheveux dans son vêtement qu’il a donné à son compagnon et celui-ci les a distribués aux gens. Ensuite, il s’est coupé les ongles et les a donnés à son compagnon. Nous avons ses cheveux teints au henné et au katam.10

 

Ses effets personnels
Les musulmans avaient un grand respect aussi bien pour les objets ayant appartenus à Mahomet que pour les choses qu’il avait touchées. Le cadi ‘Iyâd en a fait la démonstration dans son livre que nous avons précédemment cité mais il existe davantage de textes venant alimenter ce propos. Par exemple, le traditionnaliste Ibn Mâjah (m. 887) a mentionné que Kabcha al-Ansâriyya s’était mis de côté l’embout d’une outre :

‘Abd ar-Rahman bin Abi ‘Amra a rapporté d’une de ses grand-mères qui s’appelait Kabcha al-Ansâriyya que le Messager de Dieu est entré chez elle et il y avait une outre d’eau accrochée. Il en a bu tandis qu’il était debout. Elle a coupé l’embout de l’outre d’eau, recherchant par là une bénédiction parce que le Prophète y avait posé sa bouche.11

Al-Boukhâri a également répertorié un récit où le Prophète n’a pu porter un vêtement qu’un seul instant avant qu’on ne le lui réclame avec insistance :

Sahl bin Sa’d a dit qu’une femme avait apporté une bourda au Prophète. Sahl a demandé aux gens : « savez-vous ce qu’est une bourda ? » Les gens ont répondu : « c’est une chamla ». Sahl a dit : « c’est une chamla avec les bords tissés ». La femme a dit : « Ô Messager de Dieu ! Mets cela ». Le Prophète l’a alors pris parce qu’il en avait besoin et l’a porté. Un homme parmi les compagnons l’a vu et a dit : « Ô Messager de Dieu ! Donne-le moi pour que je le porte ! » Il a répondu : « d’accord ». Quand le Prophète est parti, il a été blâmé par ses compagnons qui ont dit : « cela n’était pas très gentil de ta part de la demander au Prophète alors que tu savais qu’il l’avait pris parce qu’il en avait besoin, et tu sais aussi qu’il répond à toutes les requêtes qu’on lui demande ». Il a répondu : « je voulais juste avoir la bénédiction comme le Prophète l’a porté, j’ai donc espéré pouvoir m’envelopper dedans.12

La fille d’Abou Bakr avait dans sa garde-robe un habit de Mahomet dont elle avait hérité, et comme Oumm Salama, elle s’en servait pour guérir les gens : « c’était le par-dessus du Messager de Dieu ainsi que celui d’Aicha jusqu’à ce qu’elle meurt, et quand elle est morte, j’en ai hérité. Le Messager de Dieu avait l’habitude de le porter et nous le lavions pour les malades afin d’y rechercher une guérison »13. Les musulmans se transmettaient ainsi les affaires du défunt Prophète de génération en génération, car ils étaient persuadés que leur quotidien en serait amélioré : son bâton, ses sandales, sa bague (qu’Othmân a perdu dans un puits14), et bien d’autres choses encore.

 

L’eau des ablutions
Les gens avaient l’habitude de se ruer sur les eaux usées ayant servies à la toilette de Mahomet, certains la buvaient comme as-Sâ’ib bin Yazîd15, et parfois même, on en venait presque aux mains pour se l’approprier :

Ibn Chihâb a rapporté que Mahmoud bin ar-Rabî’ a dit que le Messager de Dieu a craché sur son visage de l’eau de leur puits alors qu’il était enfant. ‘Ourwa a rapporté d’al-Miswar et d’autres que lorsque le Prophète faisait ses petits ablutions, ses compagnons allaient presque jusqu’à se battre pour l’eau qui restait.16

Quant aux retardataires, ils devaient se contenter de toucher la main humide de leurs compagnons17.

 

Sa transpiration
Pour Anas bin Mâlik, aucun parfum n’était comparable à l’odeur de la sueur de Mahomet18. Le savant du hadith Moslim bin al-Hajjâj (m. 875) a collecté plusieurs traditions en rapport avec une drôle d’expérimentation d’Oumm Soulaym : quand le Messager de Dieu s’est aperçu à son réveil qu’Oumm Soulaym était en train de recueillir des gouttelettes de sa sueur dans des flacons de parfums, il lui en a demandé la raison, sur quoi elle a répondu : « nous espérons que cela bénisse nos enfants ! ». Il a dit : « tu fais bien »19. Cette essence spéciale aurait été mélangée avec le hanout (parfum pour embaumer les morts) d’Anas conformément à ses dernières volontés20.

 

Sa salive
La salive du Prophète avait elle aussi des pouvoirs miraculeux en plus de la bénédiction qui l’accompagnait. C’était un véritable honneur que de se faire cracher dessus par Mahomet. Orwa bin Mas’oud fut témoin « qu’à chaque fois que le Messager de Dieu crachait, le crachat tombait dans la main de l’un d’eux (parmi ses fidèles) et ils se frottaient le visage et la peau avec »21. Et avant même qu’ils n’eussent goûté le lait maternel, les nouveaux nés étaient présentés à la face du Prophète et ce dernier leur crachait dans la bouche afin qu’ils connaissent la prospérité et que leurs entreprises soient couronnées de succès par la faveur d’Allah. Ce fut le cas d’Abdullah bin az-Zoubayr, le premier bébé né dans l’islam22 dont nous aurons l’occasion d’en reparler.

La salive fait partie intégrante du rituel de l’exorcisme islamique et les compagnons en usaient eux aussi, car leur salive possédait, comme celle de Mahomet, des vertus bénéfiques pour la santé : « le sol de notre terre et la salive de certains d’entre nous guérissent nos malades avec la permission de notre Seigneur »23. Al-Boukhâri a recensé une tradition à ce sujet selon laquelle les mahométans guérissent le chef d’une localité arabe en psalmodiant la sourate al-Fatiha tout en lui appliquant de la salive sur la piqure d’un scorpion ou la morsure d’un serpent ; celui-ci a rapidement recouvert ses forces24. « Cela relève de la bénédiction des noms de Dieu et des reliques de son Messager », a commenté Ibn Hajar al-‘Asqalâni (m. 1448)25.

Khaybar n’aurait jamais pu être conquise sans la détermination d’Ali, bien que sa participation à la bataille fût au début fortement compromise en raison d’une maladie aux yeux qui l’handicapât considérablement. Après les assauts répétés d’Abou Bakr et d’Omar contre la forteresse imprenable, le Prophète prit la décision d’envoyer son gendre au combat. Il l’a fait venir, puis a craché dans son œil, et c’est grâce à cela qu’Ali a pu prendre part à l’offensive. On rapporte qu’il a dit : « je n’ai plus eu de conjonctivite depuis que le Prophète m’a craché dans l’œil »26. Un récit qui semble avoir été calqué sur les Évangiles, lorsque Jésus appliqua avec ses doigts de la salive sur les yeux d’un aveugle (Marc 8.23, Jean 9.6). C’est peut-être là le point de départ qui a inspiré les traditionnalistes dans le but de faire de Mahomet l’égal du Messie ou de Dieu en dépit du fait que le Coran affirme à maintes reprises que le Prophète ne compte aucun miracle à son actif (2.118, 6.37, 6.109, 10.20, 13.7).

 

Son sang
Le Coran interdit la consommation de sang (2.173, 5.3, 6.145, 16.115) qui est considéré par les oulémas comme « impur et c’est le consensus des musulmans », a écrit le chaféite an-Nawawi (m.1278) dans son commentaire du Sahih Moslim27. Nonobstant la révélation divine, la oumma comptait plusieurs vampires dans ses rangs. Le premier fut Mâlik bin Sinân. Durant la bataille d’Ohod, le Prophète fut salement amoché par un jet de pierre au visage qui l’édenta, lui ouvrit la lèvre, et endommagea son casque. Le sang coulait abondamment à tel point qu’on eut du mal à le reconnaître.

Abou Sa’id al-Khoudri a rapporté que le Messager de Dieu fut blessé au visage le jour d’Ohod et les deux anneaux de son casque sont entrés dans ses joues. Quand on les a retirés, le sang s’est mis à couler comme une outre qui fuit. Mâlik bin Sinân a sucé le sang puis il l’a avalé. Le Messager de Dieu a dit : « quiconque aime regarder quelqu’un qui mélange son sang au mien, qu’il regarde Mâlik bin Sinân ». On a dit à Mâlik : « tu bois du sang ? » Il a répondu : « oui, je bois le sang du Messager de Dieu ! » Le Messager de Dieu a dit : « celui dont le sang touche le mien, le feu de l’enfer ne lui fera aucun mal ».28

Cet incident fut rapporté dans bon nombre d’ouvrages islamiques de renom tels que Al-Moustadrak ‘ala as-Sahihayn d’al-Hâkim an-Naysâbouri (m. 1014), l’imam des mouhaddithin, As-Sira an-Nabawiyya rédigé par Ibn Ishâq (m. 767) selon la recension d’Ibn Hichâm (m. 833), ou encore Fath al-Bâri composé par Ibn Hajar al-‘Asqalâni29. ‘Abdullah bin az-Zoubayr, qui eut le plaisir de goûter les expectorations du Prophète alors qu’il n’était encore qu’un nourrisson, fut pris pareillement d’une soudaine envie de se délecter du sang du Messager de Dieu quand il le vit se faire faire une saignée, Ibn Kathir (m. 1373) nous informe dans l’une de ses œuvres :

On a rapporté qu’Abdullah bin az-Zoubayr a bu le sang du Prophète. Le Prophète se faisait faire une saignée dans une bassine, puis il l’a donnée à ‘Abdullah bin az-Zoubayr pour qu’il déverse son contenu, mais il l’a bu. Il lui a dit : « le feu de l’enfer ne t’atteindra jamais sauf pour un serment rompu, malheur à toi de la part des gens et malheur aux gens de ta part ».
Et on a rapporté qu’il lui a dit : « Ô ‘Abdullah ! Prends ce sang et déverse-le dans un endroit où personne ne peut te voir ». Il est parti avec et il l’a bu. Quand il est revenu, le Prophète a dit : « qu’as-tu fait avec le sang ? » Il a répondu : « je l’ai bu afin d’augmenter mon savoir et ma foi, et pour que quelque chose du corps du Messager de Dieu soit dans mon corps, et mon corps y a plus droit que la terre ». Il a dit : « réjouis-toi ! Le feu de l’enfer ne t’atteindra jamais, malheur à toi de la part des gens et malheur aux gens de ta part ».30

« Il ne l’a pas désavoué », remarque le cadi ‘Iyâd en parlant de Mahomet31. Une façon de dire que cela est licite. At-Tabarâni (m. 918) a relevé dans son livre Al-Mou’jam al-Kabir qu’un autre compagnon, le grand-père de Bourayh bin ‘Omar bin Safîna, a imité en tout point ‘Abdullah bin az-Zoubayr, nous lisons que le Messager de Dieu « se faisait faire une saignée et il a dit : « prend ce sang et enterre-le à l’écart des bêtes, des oiseaux, et des gens ». Je suis donc parti et je l’ai bu. Ensuite, je l’ai informé de cela et il s’est mis à rire »32. Deux autres récits similaires figurent dans le Talkhîs al-Habîr d’Ibn Hajar, l’un implique un esclave qoraychite, le second met en scène Sâlim Abi Hind al-Hajjâm :

Ibn ‘Abbâs a rapporté que le Prophète se faisait faire une saignée par un esclave appartenant à un qoraychite. Quand il eut terminé la saignée, il a pris le sang et l’a amené derrière un mur. Il a regardé à sa droite et sa gauche et comme il n’a vu personne, il a bu son sang jusqu’à la dernière goutte. Puis il est revenu. Le Prophète a regardé son visage et a dit : « malheur à toi, qu’as-tu fais du sang ? » Il a répondu : « je l’ai caché derrière le mur ». Il a demandé : « où l’as-tu caché ? » Il a répondu : « Ô Messager de Dieu ! Ton sang est trop précieux pour être déversé sur le sol. Il est dans mon estomac ». Il a dit : « va, car tu t’es sauvé du feu de l’enfer » (…).
Abou Na’im a rapporté dans Ma’rifat as-Sahâba le hadith de Sâlim Abi Hind al-Hajjâm qui a dit : j’ai fait une saignée au Messager de Dieu, et quand j’eus terminé, je l’ai bu. Il a dit : « malheur à toi, Ô Sâlim ! Ne sais-tu pas que le sang est interdit ? Ne le refais plus ! »33

Le premier hadith est da’îf, quant au deuxième, qui mentionne l’interdiction, son authenticité n’est pas prouvée puisque « son isnad inclu Abou-l-Hajjâf, précise immédiatement Ibn Hajar, au sujet duquel il y a des débats ». Boire du sang n’est absolument pas prohibé s’il s’agit de celui des prophètes, ou du moins, celui de Mahomet. Une exception, parmi tant d’autres, omise dans le livre sacré des musulmans.

 

Son urine
L’urine n’est pas nécessairement une substance impure, tout dépend de sa provenance. Si elle provient d’un animal dont la viande est halal, elle est buvable, telle est la jurisprudence établie par les oulémas en se basant sur un hadith présent dans les Sahihayn qui relate que le Prophète a recommandé à des étrangers de se soigner avec de l’urine de chamelles. Sayed Sabiq (m. 2000), ancien cheikh d’al-Azhar, a consacré tout un chapitre à ce sujet dans son livre intitulé Fiqh as-Sunna, rédigé à la demande de l’imam Hassan al-Banna (m. 1949), le fondateur des Frères musulmans :

Quant à l’urine et le crottin des animaux licites à manger, Malek, Ahmad et certains chafi’ites ont dit qu’ils sont purs. Ibn Taymya a dit : « aucun des compagnons n’a dit qu’ils sont impurs et dire qu’ils sont impurs est le propos d’un innovateur qui ne s’appuie sur aucun compagnon ». De même, Anas a dit : « des gens des deux tribus ‘Akil et ‘Urayna sont arrivés à La Médine, une forte diarrhée les a attaqués, alors le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix de Dieu) leur a ordonné de boire le lait et l’urine des chamelles laitières ». Ce hadith est rapporté par Ahmad et les deux Cheikhs (Bukhâry et Muslim). Il prouve la pureté de l’urine des chameaux et des autres animaux licites à manger par analogie. Ibn El-Mundhir a dit : « celui qui prétend que cela était permis particulièrement et exclusivement pour ces gens, n’a aucune raison car la particularisation n’est valable qu’avec une preuve qui la soutient. En effet, l’attitude des Ulémas qui ont permis la vente des crottins de moutons dans leurs marchés et l’utilisation jadis ainsi qu’aujourd’hui, des urines des chameaux dans la composition de leurs médicaments sans l’objection de personne, tout cela prouve la pureté de ces substances.
Chawkany a dit : « il semble clair que les urines et les crottins des animaux licites à manger sont purs en tenant compte de leurs origines et de l’exemption originelle qui l’accompagne. Cependant, l’impureté est un principe légal qui contredit et élimine le statut établit par l’origine et l’exemption originelle alors on ne peut considérer l’avis qui affirme l’impureté que s’il se base sur une preuve authentique. Or, nous n’avons pas trouvé de telle preuve chez ceux qui prétendent l’impureté de ces substances ».34

Le crottin peut être vendu et utilisé en tant que combustible pour le feu ou à d’autres fins, comme méthode contraceptive, par exemple, car les musulmanes s’enfonçaient dans le vagin des suppositoires composés de diverses ingrédients dont du crottin d’éléphants, et cela était permis par les savants religieux plus spécialisés dans le domaine de la médecine tels que Mohammed ibn Zakariya ar-Râzi (m. 921) ou Ibn Sina alias Avicenne (m. 1037)35. Les femmes de l’Égypte antique usaient déjà de ce moyen de contraception.

Concernant l’urine humaine, elle est impure excepté celle de Mahomet. Cependant, le Prophète préférait se protéger d’éventuelles éclaboussures en s’accroupissant à la manière des femmes, ce qui fit de lui la cible des quolibets. D’après lui, les vêtements souillés par l’urine peuvent mener à la torture après la mort. Plusieurs traditionnalistes ont incorporé ce récit dans leur corpus à l’instar d’an-Nasâ’i (m. 915) :

‘Abd ar-Rahman bin Hassana a rapporté :
Le Messager de Dieu est sorti en notre direction avec un petit bouclier dans sa main. Il l’a posé par terre, ensuite il s’est assis derrière et a uriné en face de cela. Des gens ont dit : « regardez ! Il urine comme une femme ! » Il a entendu cela et a dit : « ne savez-vous pas ce qui est arrivé à l’un des compagnons des Bani Isrâ’îl ? S’ils avaient de l’urine sur eux, ils découpaient leurs bouts de vêtements. Leur compagnon leur a dit de ne pas faire cela et il a été puni dans sa tombe ».36

La tradition porte à notre connaissance deux rapports faisant état des goûts culinaires peu commun de deux femmes qui n’ont suscité aucun signe de désapprobation sur le visage du Prophète. Al-Hâkim an-Naysâbouri a recueilli le hadith ci-dessous :

Oumm ‘Ayman a rapporté : « le Messager de Dieu s’est levé une nuit et s’est isolé dans un coin de la maison pour uriner dans un bol. Je me suis levé pendant la nuit et j’ai eu soif, j’ai alors bu ce qu’il y avait dans le bol sans savoir ce que c’était. Le matin, le Prophète a dit : « Ô Oumm ‘Ayman ! Jette ce qu’il y a dans le bol ». J’ai répondu : « par Dieu, j’ai bu ce qu’il y avait dedans ! » Le Messager de Dieu s’est mis à rire jusqu’à faire apparaitre ses dents, puis il a dit : « tu n’auras plus jamais mal au ventre après ça ! »37

Et at-Tabarâni a également consigné par écrit la tradition suivante :

Houkayma bint Oumayma a rapporté de sa mère, Oumm Oumayma, que le Prophète avait un bol en bois dans lequel il urinait et qu’il mettait sous son lit. Une nuit, il l’a cherché mais il ne l’a pas trouvé et a demandé : « où est le bol ? » Ils ont répondu : « Barra, l’esclave d’Oumm Salama qui est venu d’Abyssinie avec elle, l’a bu ». Le Prophète a dit : « vraiment, elle s’est protégée du feu de l’enfer avec un grand mur ».38

Le cadi ‘Iyâd, qui a traité de ce sujet dans son Kitâb ach-Chifâ, a observé que le Prophète « n’a pas ordonné de laver leurs bouches ni ne leur a interdit de le refaire »39. De même que son sang, cela est licite à la consommation et ouvre les portes du Paradis. Mais tout le monde n’eut pas le privilège de boire l’urine pure du Messager de Dieu, si bien qu’un jour lorsqu’il se soulagea dans une citerne d’eau chez Anas, les gens venaient se désaltérer avec l’eau contaminée, c’est ce qu’a transmis le mouhaddith Abou Na’im al-Asbahâni (m. 1038) dans Dalâ’il an-Noubouwwa :

Anas a rapporté que le Messager de Dieu a prié pendant un long moment. Un jour, le Prophète a uriné dans le puits qui était situé dans sa maison. Il n’y avait pas à Médine de puits avec une eau plus fraîche que celle-ci. Il (Anas) a dit : quand les gens venaient me rendre visite, je leur servais de l’eau fraîche de ce puits qui était appelé pendant la période préislamique « al-baroud ».40

Dans une variante, l’Envoyé de Dieu crache dans le puits. Il est probable qu’il ait fait les deux.

 

Ses excréments
Les oulémas ont qualifié d’impures les déjections humaines, toutefois, le Prophète n’est là encore pas concerné. L’historien de rite chaféite al-Khatib al-Baghdâdi (m. 1071) nous a fait part dans son ouvrage Rouwatou Mâlik d’un hadith plus que surprenant, il fut repris par le théologien d’origine égyptienne Jalâl ad-Dîn as-Souyouti (m. 1505) au sein de son œuvre Al-Khasâ’is al-Kobra. La tradition raconte que le fameux compagnon Jâber bin ‘Abdullah al-Ansâri (m. 697), grand guerrier de surcroît, eut un féroce appétit et voulu se remplir la panse en dévorant les matières fécales de Mahomet, mais malheureusement pour lui, on lui chaparda ses victuailles si raffinées :

Le Prophète a pris de l’eau pour ses ablutions et il a vu deux dattiers séparés. Le Prophète a dit : « Ô Jâbir ! Vas vers eux et dis-leur de se rapprocher ! » Ils se sont rapprochés comme si leurs racines ne formaient qu’une. Le Messager de Dieu a fait ses ablutions avec l’eau que je lui ai apportée. Je me suis dit : « peut-être, Dieu m’informera-t-il sur ce qui est sorti de son ventre afin je le mange ! » Je n’y ai vu que de la terre pure. J’ai dit : « Ô Messager de Dieu ! N’as-tu pas fait les ablutions ? » Il a répondu : « si, mais nous, les prophètes, ordonnons à la terre de faire disparaître ce qui sort de nous, les excréments et l’urine ». Ensuite, les dattiers se sont séparés.41

La dernière partie du hadith est corroborée par un autre rapport remontant à ‘Aicha, Ibn Sa’d (m. 845) l’a notifié dans son recueil biographique des personnalités musulmanes appelé At-Tabaqât al-Kobra : « Ô Messager de Dieu ! Quand tu reviens des latrines, on ne voit rien d’offensant pour toi ! » Il a répondu : « ne sais-tu pas, Ô ‘Aicha, que la terre avale ce qui sort des prophètes afin que rien ne soit vu ? »42. Ceci est soutenu par les savants de l’islam tant sunnites que chiites, citons une dernière fois le cadi ‘Iyâd qui a dit en se référant à Mahomet : « quand il voulait déféquer, la terre se fendait et avalait ses excréments et son urine, et on sentait une odeur parfumée »43, de même chez les chiites, ‘Ali al-Kourâni al-‘Âmeli prétend « qu’on ne voyait pas son urine ni ses selles, car Dieu Tout-puissant faisait en sorte que toute la terre avalait ce qui sortait de lui, et on sentait un parfum meilleur que l’odeur du musc »44. Le grand mufti d’Égypte, ‘Ali Jouma’a, a affirmé dans son livre « Ad-Dîn wa-l-Hayâa : al-fatâwa al-‘asriya al-yawmiya » que les cheveux, la sueur, le sang, et l’urine du Prophète étaient une source de bénédictions, et certains écrits, que nous venons de voir, y sont cités afin d’appuyer son argumentation. Ses propos n’ont pas tardé à déclencher une controverse médiatique, et en conséquence de cela, il a défendu sa fatwa dans une interview accordée à un journal égyptien dans laquelle il a récidivé en revendiquant notamment que « tout dans le Prophète est pur, y compris ses matières fécales »45.

 

Les musulmans divinisent et idolâtrent Mahomet alors qu’il n’était rien d’autre qu’un bandit de grand chemin. Les Apôtres qui voyaient en Jésus Christ le Dieu vivant n’ont jamais adopté vis-à-vis de leur Maître une attitude semblable à celle des disciples de Mahomet, ni même les chrétiens, qui ne conçoivent pas que le saint suaire de Turin ait des effets bénéfiques. La littérature islamique consacre des chapitres et des livres entiers à la gloire du Prophète tandis qu’Allah est relégué au second plan. Le guide de la oumma est placé au-dessus de Dieu, et pour preuve, la parole de Mahomet, autrement dit le hadith, est capable d’abroger le Coran censé représenter la parole d’Allah.

 

 

 

1 Kitâb ach-Chifâ bi-Ta’rîf Houqouq al-Moustafa, Al-Qâdi ‘Iyâd, volume 2, p.415-416, Dâr al-Fiker, 2002

2 Quelques exemples de hadiths : « Oumm Abân bint al-Wâzi’ bin Zâri’ a rapporté de son grand-père Zâri’ qui était un membre de la délégation d’Abd al-Qays : quand nous sommes arrivés à Médine, nous sommes descendus de nos montures rapidement et nous nous sommes précipités auprès du Messager de Dieu pour lui embrasser les mains et les pieds » (Sunan Abou Dâwoud 5225, Abou Dâwoud le considère bon) ; « Ibn ‘Omar a rapporté : « nous embrassions la main du Messager de Dieu ». Abou Dâwoud l’a rapporté avec un sanad hassan » (Ihyâ’ ‘Ouloum ad-Dîn, Mohammed al-Ghazâli, volume 2, p.204, Dâr al-Ma’rifa) ; « Safwân bin ‘Assâl a rapporté : des gens parmi les juifs embrassaient les mains et les pieds du Prophète » (Ad-Dirâya fi Takhrîj Ahâdîth al-Hidâya, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 2, p.231, Dâr al-Ma’rifa).

3 Sahih Moslim 2325

4 Sahih al-Boukhâri 169

5 ‘Oumdat al-Qâri Charh Sahih al-Boukhâri, Badr ad-Dîn al-‘Ayni, volume 10, p.63, Dâr Ihyâ’ at-Tourâth al-‘Arabi – Beyrouth

6 Ibid. volume 3, p.37

7 Sahih Moslim 1305

8 Sahih al-Boukhâri 168

9 Ibid. 5557

10 Mosnad Ahmad 16040. Authentifié par al-Haythami (m. 1404) : « Ahmad l’a rapporté et ses hommes sont des hommes sûrs », voir Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 4, p.19, Maktabat al-Qoudsi, 1994.

11 Sunan Ibn Mâjah 3423. Al-Albâni le considère sahih, cf. Sahih wa-Da’îf Sunan Ibn Mâjah 7/423.

12 Sahih al-Boukhâri 5689

13 Sahih Moslim 2069

14 Ibn ‘Omar a rapporté : « le Messager de Dieu portait une bague en argent à sa main, ensuite, Abou Bakr l’a porté, puis se fut ‘Omar, et enfin ‘Othmân, jusqu’à ce qu’elle tombe de sa main dans un puits à Arîs. Les mots inscrits dessus étaient : Mohammad, le Messager de Dieu » (Sahih al-Boukhâri 5535).

15 Sahih al-Boukhâri 187

16 Ibid. 186

17 Ibid. 5521

18 Ibid. 3368

19 Sahih Moslim 2331-2

20 Sahih al-Boukhâri 5925

21 Ibid. 2583

22 Ibid. 5152

23 Ibid. 5414

24 Ibid. 5404

25 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 10, p.208, Dâr al-Ma’rifa, 1379

26 Mosnad Ahmad 580. Ahmed Shâker a déclaré : « son isnad est sahih ».

27 Charh an-Nawawi ‘ala Moslim, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 1, p.531, Dâr al-Khayr, 1996

28 Kitâb al-Maghâzi, Mohammed ibn ‘Omar al-Wâqidi, volume 1, p.247, Dâr al-‘A’lami, 1989

29 Respectivement : Al-Moustadrak ‘ala as-Sahihayn, al-Hâkim an-Naysâbouri, volume 4, p.734, Dâr al-Ma’rifa, 1998 ; As-Sira an-Nabawiyya, Ibn Hichâm, volume 2, p.80, Moussassa ‘Ouloum al-Qor’ân ; et Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 7, p.366, Dâr al-Ma’rifa, 1379. Entre autres, ce récit figure également dans An-Nihâya fi Gharîb al-Athar, Ibn al-Athîr, volume 4, p.780, al-Maktaba al-‘Ilmiyya, 1979 ; Al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ibn Kathir, volume 5, p.378, Dâr ‘Âlim al-Kotob, 2003 ; et Siyar A’lâm an-Noubalâ’, adh-Dhahabi, volume 26, p.415, Mou'assassat ar-Risâla, 2001.

30 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ibn Kathir, volume 12, p.188-189, Dâr ‘Âlim al-Kotob, 2003

31 Kitâb ach-Chifâ bi-Ta’rîf Houqouq al-Moustafa, volume 1, p.155

32 Al-Mou’jam al-Kabir, at-Tabarâni, volume 7, p.81, n°6434, Maktabat al-’Ouloum wa-l-Hikam, 1983. Al-Haythami a jugé que « les hommes d’at-Tabarâni sont dignes de confiance » (Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 8, p.270).

33 Talkhîs al-Habîr fi Takhrîj Ahâdith ar-Râfi’i al-Kabîr, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 1, p.43, Mou'assassa Qortoba, 1995

34 Fiqh as-Sunna, les règles de la législation islamique éclairée par la tradition prophétique, Sayed Sabiq, volume 1, p.28, traduit par Imane ‘Ali Lagha et Rawya Burhane Naji, Dar al-Fiker – Beyrouth

35 Encyclopedia of Birth Control, p.154, Vern L. Bullough, 2001

36 Sunan an-Nasâ’i 30. Authentifié par al-Albâni dans Sahih wa-Da’îf Jâmi’ as-Saghîr 4323.

37 Al-Moustadrak ‘ala as-Sahihayn, volume 5, p.85-86

38 Al-Mou’jam al-Kabir, volume 24, p.205-206, n°527. « At-Tabarâni l’a rapporté et ses hommes sont des hommes sûrs sauf ‘Abdullah bin Ahmad bin Hanbal ainsi qu’Houkayma, mais les deux sont dignes de confiance » (Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, Abou Bakr al-Haythami, volume 8, p.271-272).

39 Kitâb ach-Chifâ bi-Ta’rîf Houqouq al-Moustafa, volume 1, p.155

40 Dalâ’il an-Noubouwwa, Abou Na’im al-Asbahâni, volume 1, p.444, n°366, Dâr an-Nafâ’is, 1986

41 Al-Khasâ’is al-Kobra, Jalâl ad-Dîn as-Souyuti, volume 2, p.48, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1985

42 At-Tabaqât al-Kobra, Ibn Sa’d, volume 1, p.171, Dâr as-Sâdir, 1968

43 Kitâb ach-Chifâ bi-Ta’rîf Houqouq al-Moustafa, volume 1, p.154

44 Al-Haqq al-Moubîn fi Ma’rifat al-Ma’soumin, ‘Ali al-Kourâni al-‘Âmeli, p.566, Dâr al-Houda, 2003

45 AlArabiya : le Mufti d’Égypte défend sa fatwa sur les compagnons qui se bénissaient avec l’urine du Messager, 23/05/2007, www.alarabiya.net

 

 

 

 

 

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