Punching-Ball

 

 

 

Jamais de civilisation n’a autant méprisé et infériorisé la femme que la civilisation islamique. Outre le fait de voiler et cacher cette « vile créature d’Allah », la réprimande et la correction sont des moyens mis à disposition des mahométans pour la faire rentrer dans le droit chemin. Il est également connu qu’il faut éviter tout contact physique avec elle, on ne doit pas, par exemple, lui serrer la main. Rien que ces trois principes coraniques répugnent les non musulmans, et leur donnent une très mauvaise image de l’islam qu’ils ne sont pas prêt d’accepter, mais ceci n’est que la partie immergée de l’iceberg, et beaucoup ignorent ce qu’il en est réellement. « Je n’ai jamais vu de femmes souffrir autant que les croyantes »1, a dit un jour ‘Aïcha, l’épouse du Prophète, en défendant la cause d’une femme battue.

Perception de la femme par Mahomet
Il est écrit dans le Coran que « les hommes ont autorité sur les femmes en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens » (4.34). Ce verset, même s’il n’est pas très explicite, affirme que l’homme est supérieur à la femme en vertu des bonnes grâces que Dieu lui a octroyées. As-Souyouti (m. 1505) écrit que ces faveurs sont « le savoir, l’intelligence, l’autorité, ainsi que d’autres choses »2 ; al-Baydawi (m. 1286), pour sa part, a rédigé un commentaire un peu plus développé sur le passage en question :

Le Tout-puissant préfère les hommes aux femmes par la plénitude de l’intelligence, la gestion économique rendue meilleure, et un dévouement prééminent dans les œuvres et l’adoration. C’est pourquoi ils ont été choisis pour être prophètes, imams, gouverneurs, responsables des pratiques cultuelles, témoins dans les tribunaux, mais aussi pour faire le jihad et la prière du vendredi ainsi que d’autres choses, et ils reçoivent une part plus importante de l’héritage, et à eux appartiennent le droit de divorcer.3

Quant à al-Qortobi (m. 1273), il rapporte « qu’on dit que les hommes sont avantagés par la supériorité de l’intelligence et du discernement »4. Ce n’est pas leur misogynie qui a influencé l’interprétation de ces brillants exégètes mais bel et bien la sunna. En effet, les femmes n’ont pas vocation à exercer une activité symbolisant l’autorité telle que juge ou maire, car, d’après Mahomet, un peuple qui les emploie à cette tâche court à sa perte5. Ce n’est pourtant pas le constat que l’on peut dresser en comparant les conditions de vie entre l’Occident et le monde musulman. Sachant que la mixité est strictement prohibée en islam, la femme a alors très peu de chance de trouver un travail si elle veut se conformer à la charia. L’Arabie Saoudite applique ce précepte religieux à la lettre sauf dans les hôpitaux où hommes et femmes (même dévoilées) peuvent se côtoyer. Le sexe féminin est donc cantonné à la maison et à son entretien. Ibn Bâz (m. 1999), l’ancien mufti d’Arabie Saoudite de renommé internationale, s’est exprimé à ce sujet : « on sait que Dieu a créé la femme avec un physique qui lui est propre, tout à fait différent du physique de l’homme, afin qu’elle s’occupe du travail à la maison et des autres tâches féminines »6.

La femme est discriminée dans l’héritage où sa part équivaut à celle de deux fils (4.11) et ses fonctions cérébrales sont deux fois moins performantes que celles d’un homme, la preuve apportée par le Coran : « faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes, et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler » (2.282). Pour reprendre les mots du Prophète, cela est dû à leur « déficience en intelligence » :

Abi Sa’id al-Khoudri a rapporté :
Le Messager de Dieu est sorti à al-Mousalla pour la prière d’al-Fitr. Il est passé devant des femmes et a dit : « Ô Femmes ! Faites l’aumône car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer était des femmes ! » Elles ont demandé : « pourquoi, Ô Messager de Dieu ? » Il a répondu : « vous jurez fréquemment et vous êtes injustes envers vos maris. Je n’ai jamais rien vu de plus déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensible et sensé pourrait être égaré par quelques-unes d’entre vous ». Elles ont dit : « qu’y a-t-il de déficient dans notre religion et notre intelligence, Ô Messager de Dieu ? » Il a répondu : « le témoignage d’une femme n’est-il pas équivalent à la moitié de celui d’un homme ? » Elles ont dit : « si ». Il a dit : « cela est son manque d’intelligence. N’est-il pas vrai que pendant ses menstruations, une femme ne peut ni prier ni jeûner ? » Elles ont répondu : « oui ». Il a dit : « cela est l’insuffisance en religion ».7

Et dans une autre variante du cousin du Messager de Dieu :

Ibn ‘Abbâs a rapporté que le Prophète a dit : « j’ai vu l’enfer et la plupart de ses habitants sont des femmes mécréantes ». On a demandé : « sont-elles mécréantes envers Dieu ? » Il a répondu : « elles sont mécréantes envers leur époux et dans le bon comportement. Même si vous vous êtes toujours bien comportez à l’égard de l’une d’entre elles et qu’elle vous voit faire quelque chose (de répréhensible), elle dira qu’elle n’a jamais rien vu de bon en vous ».8

L’homme qui témoigne doit être musulman, libre, et adulte, trois conditions également requises pour le sexe opposé. Le témoignage d’un infidèle et d’un esclave ne peut être accepté devant un tribunal islamique, comme l’a expliqué al-Qortobi dans son Tafsir, en raison de la nature perverse du mécréant et du statut d’infériorité de l’esclave. Ceci a conduit à la spoliation de nombreux dhimmis trainés devant les tribunaux par des musulmans qui réclamaient des biens qui n’étaient pas les leurs.

À propos du divorce, il est très facile au mari de répudier son épouse, une seule parole suffit, en revanche, la réciprocité n’est pas vraie. Pour les musulmanes, c’est le parcours du combattant, et le plus souvent l’imam les renvoie en leur demandant d’adopter un meilleur comportement vis-à-vis de leur mari violent. Il existe une règle coranique très étrange concernant la répudiation : si une femme s’est déjà faite répudier trois fois par son mari, elle ne pourra revenir avec lui tant qu’elle n’aura pas épousé et eut des rapports sexuels avec un autre homme ! Ce principe est énoncé dans la sourate al-Baqara : « s’il divorce avec elle, alors, elle ne lui sera plus licite tant qu’elle n’aura pas épousé un autre » (2.230). Le hadith est beaucoup plus osé puisqu’on rapporte que l’ex-femme de Rifâ’a al-Qourazi souhaitait revenir cohabiter avec ce dernier, mais elle était mariée à ‘Abd ar-Rahman bin az-Zabîr al-Qourazi qui était impuissant selon ses dires. Le Prophète n’a pas approuvé tout de suite ce divorce : « pas tant que tu n’auras pas goûté son sperme et lui goûté ton sperme », lui a-t-il rétorqué9. Le récit est présent dans les principaux corpus de ahâdith et a visiblement embarrassé les oulémas. « Goûter le sperme », d’après eux, n’est pas à prendre au sens littéral, il s’agirait là d’une figure de rhétorique, Ibn Hajar al-‘Asqalâni (m. 1448) a commenté « qu’on a dit : le sens de al-‘ousayla est le sperme. Et ceci concorde avec l’avis d’al-Hassan al-Basri. La majorité des oulémas ont dit : goûter al-‘ousayla est une métaphore pour le rapport sexuel et c’est la pénétration du gland de l’homme dans le vagin de la femme »10. Cette explication n’est que peu convaincante étant donné que Mahomet a toujours utilisé – ou presque – le mot « nikâh » pour se référer au coït, pourquoi donc avoir employé des termes différents dans ce cas bien précis ? N’était-pas plutôt une manœuvre du Prophète pour la dissuader de divorcer ?

Dans le cadre du mariage, les sources islamiques confèrent au mari un pouvoir absolu en matière de sexe : « vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme vous le voulez » (2.223). Conformément à l’interprétation des moufassirin, la musulmane, qui est assimilée à un terrain fertile où l’on sème ses graines pour procréer, doit se plier aux quatre volontés de son époux. Ibn Mâjah (m. 887) a rapporté  dans ses Sunan que le Messager de Dieu a dit :

Si j’avais ordonné à quelqu’un de se prosterner devant quelqu’un d’autre en dehors de Dieu, j’aurai ordonné à la femme de se prosterner devant son mari. Par celui qui détient l’âme de Mohammad dans sa main ! Les femmes ne peuvent accomplir leurs devoirs envers Dieu tant qu’elles n’auront pas accompli leurs devoirs envers leurs maris. Et s’il lui demande de se donner à lui, même sur un chameau, elle ne peut le lui refuser.11

Le savant du hadith at-Tirmidhi (m. 892) a ajouté la tradition suivante : « le Messager de Dieu a dit : quand l’homme appelle sa femme pour son désir, elle doit aller vers lui même si elle est au fourneau »12, et si elle n’obéit pas, les anges la maudiront jusqu’au matin13. Tout est fait pour satisfaire les pulsions sexuelles du mâle, et même plus, puisqu’un certain talent pour l’alpinisme est chaudement recommandé pour être une bonne pieuse, le Prophète ayant déclaré : « si un homme ordonnait à sa femme de se déplacer d’une montagne rouge vers une montagne noire et d’une montagne noire vers une montagne rouge, son devoir est de le faire »14. La croyante n’est pas juste une esclave sexuelle, elle est une esclave tout court.

Mais est-il nécessaire à une esclave d’apprendre à lire et à écrire ? Non, à en juger par les actions des talibans à l’encontre des établissements scolaires accueillant des filles en Afghanistan. Leur croyance est directement basée sur un hadith prophétique : « qu’elles ne résident pas seules dans des chambres, ne leur apprenez pas à écrire, et qu’elles apprennent la couture et la sourate an-Nour »15. Néanmoins, cette tradition est faible et contredite par un hadith sahih qui nous apprend que l’épouse du Prophète était enseignante. An-Nasâ’i (m. 915) a transmis dans Sunan al-Kobra : « ach-Chifâ’ bint ‘Abdullah a rapporté : « le Messager de Dieu est entré et j’étais assise à côté d’Hafsa. Il a dit : ne connais-tu pas l’exorcisme pour l’eczéma comme son enseignement de l’écriture ? »16. Les savants de l’islam ont par conséquent conclu que l’apprentissage aux femmes de la lecture et de l’écriture était autorisé. Toutefois, cela n’a jamais été une priorité dans le monde musulman comme en témoigne le fort taux d’illettrisme.

Dieu n’accepte pas la prière lorsque passe devant la qibla un âne, un chien, ou… une femme ! Par contre, si un objet est placé entre la personne qui prie et la femme qui ne fait que passer, la prière reste valide17. Cette règle étrange a suscité l’indignation d’Aicha, d’où cette réflexion désormais célèbre : « vous nous prenez pour des chiens ! »18.

En réalité, le statut de « chien » octroyé à la femme est encore bien trop gratifiant pour elle, elle est inférieure à l’animal d’après Mahomet. Lisons le verset des ablutions sèches : « Ô les croyants ! N’approchez pas de la salat alors que vous êtes ivres jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état de pollution – à moins que vous ne soyez en voyage – jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à une terre  pure et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité est indulgent et pardonneur » (4.43). En d’autres termes, toucher des excréments ou des femmes revient au même, les ablutions deviennent obligatoires, car ce sont des souillures. Pourtant, une petite minorité d’érudits, à l’exemple d’Ibn ‘Abbâs, Moujâhid, al-Hassan, ach-Cha’bi, Qatâda, Mouqâtil, et quelques autres, prétend que le verbe « lamasa » « toucher » se réfère au rapport sexuel. Cette opinion serait soutenue par deux versets : « et si vous divorcez d’elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur dot, versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé » (2.237), et « quand vous vous mariez avec des croyantes et qu’ensuite vous divorcez d’elles avant de les avoir touchées, vous ne pouvez leur imposer un délai d'attente » (33.49). Les deux versets recourent au verbe « massa » qui peut vouloir dire, soit « toucher », soit « faire l’amour », à l’inverse de « lamasa » qui ne partage aucunement le second sens proposé de « massa ». Cette interprétation contredit la langue arabe et la définition qu’en ont fait les dictionnaires, de plus, sa réelle signification est confirmée par une autre de ses occurrences dans la sourate al-‘An’âm (6.7). Al-Qortobi a mentionné dans son imposante exégèse :

Ach-Châfi’i a dit : si une partie du corps de l’homme vient à entrer en contact avec le corps de la femme, que ce soit avec la main ou un autre membre du corps, la pureté est annulée. C’est l’avis d’Ibn Mas’oud, Ibn ‘Omar, az-Zouhri, et Rabî’a. Al-Awzâ’i a dit : le toucher de la main invalide la pureté, mais si ce n’est pas avec la main, la pureté n’est pas annulée en raison de sa parole « qu’ils touchent de leurs mains » (6.7). C’est ce qu’ont rapporté les cinq écoles de jurisprudence et l’école de Mâlik est la plus stricte, ‘Omar et son fils ‘Abdullah ont aussi rapporté cela, de même qu’Abdullah bin Mas’oud qui a dit que le contact n’est pas le rapport sexuel et cela rend les petites ablutions obligatoires. C’est ce qu’a indiqué la majorité des juristes. Ibn al-‘Arabi a dit : c’est le sens apparent du verset, sa parole au début « et aussi quand vous êtes en état de pollution » se rapporte au rapport sexuel ; sa parole « ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins » se rapporte au hadith ; et sa parole « ou si vous avez touché » se rapporte au toucher et au fait d’embrasser.19

Mâlik ibn Anas (m. 796), l’imam de Médine, est effectivement beaucoup plus prohibitif attendu que le simple fait de toucher une robe confectionnée d’un fin tissu rend impur, c’est aussi l’avis d’un autre éminent juriste, al-Layth ibn Sa’d (m. 791)20. A contrario, effleurer une matière épaisse n’a pas d’incidence sur la pureté. Certains fouqahâ’ ont aussi estimé qu’embrasser par compassion, et non par désir, n’invalide pas les ablutions. La conviction de l’ensemble des jurisconsultes est soutenue par le hadith grâce à cette révélation du Prophète : « je ne serre pas la main des femmes. Ma parole vaut pour cent femmes comme pour une femme »21. On ne doit pas serrer la main d’une femme à cause de son extrême degré d’impureté semblable aux déjections humaines, bien que le désir rentre aussi en ligne de compte pour quelques théologiens. Le traditionnaliste Abou Dâwoud (m. 888) a enregistré, qui plus est, que Mahomet « a interdit à un homme de marcher entre deux femmes »22, probablement pour réduire les risques de contact, et aussi parce que cela est contraire à la modestie, dit-on, ainsi qu’à la virilité, et à la dignité, mais ce rapport a été affaibli par les mouhaddithin.

Si la femme est une impureté ambulante, souille-telle par le toucher ce qui l’entoure ? C’est à première vue ce que l’on pourrait croire à la lecture de la tradition qui suit : « Al-Hakam bin ‘Amr al-Ghifâri a rapporté que le Prophète a interdit à l’homme de faire ses petites ablutions avec l’eau pour la purification laissée par une femme. Ou il a dit : l’eau restante après qu’elle ait bu »23. Or, en temps normal, l’eau reste pure quoiqu’il arrive :

Abi Sa’id al-Khoudri a rapporté qu’on a demandé au Messager de Dieu : « pouvons-nous faire les petites ablutions avec l’eau du puits de Boudâ’a dans lequel on jette les vêtements souillés par les menstrues, les carcasses de chiens, et les choses puantes ? » Il a répondu : « l’eau est pure et rien ne la rend impure ».24

Le Prophète a de même fait les ablutions avec cette eau, et Abou Dâwoud est allé en personne prendre les mesures de ce petit puits :

Abi Sa’id al-Khoudri a rapporté qu’il a entendu quelqu’un dire au Messager de Dieu : « on tire pour toi de l’eau du puits de Boudâ’a dans lequel on jette des carcasses de chiens, les vêtements souillés par les menstrues, et les choses puantes ». Le Messager de Dieu a répondu : « l’eau est pure et rien ne la rend impure ».
Abou Dâwoud a dit : j’ai entendu Qoutayba bin Sa’id dire qu’il a interrogé le gérant du puits de Boudâ’a au sujet de sa profondeur. Il a répondu : « son plus haut niveau atteint le pubis ». Il a demandé : « et son plus bas niveau ? » Il a répondu : « en-dessous des parties génitales ».
Abou Dâwoud a ajouté : j’ai aussi estimé le puits de Boudâ’a avec mon châle. Je l’ai étendu au-dessus, puis je l’ai mesuré avec mon avant-bras, et j’ai trouvé que son diamètre était aussi grand que six avant-bras. Et j’ai demandé à la personne qui a ouvert la porte du jardin et qui m’a laissé rentrer : « est-ce que ses fondations ont changé depuis sa création ? » Il a répondu : « non ». Et j’ai vu l’eau à l’intérieur qui était de couleur terne.25

Par comparaison, la conclusion qui s’impose est qu’une femme pollue plus que le cadavre d’un chien en putréfaction. Cependant, un hadith plus authentique relate que le Prophète a pris un bain rituel avec l’eau laissée par l’une de ses épouses, c’est sur ce récit que s’est appuyé une majorité de savants pour justifier la non contamination de l’eau par une femme :

Les rapports attribués à Ahmad sont discordants au sujet des petites ablutions de l’homme avec l’eau laissée par une femme. Le plus connu est que cela n’est pas permis. Et c’est l’avis d’Abdullah bin Sarjis, al-Hassan, Ghounaym bin Qays, et d’Ibn ‘Omar (…). Et le second rapport qu’on lui a attribué est qu’il est permis aux hommes de faire les petites ablutions avec l’eau laissée par les femmes. C’est ce qu’a choisi Ibn ‘Aqîl et c’est le point de vue de la plupart des savants étant donné que Moslim a rapporté dans son Sahih que le Prophète a fait les grandes ablutions avec l’eau restante des petites ablutions de Maymouna ».26

L’eau est assurément pure peu importe ce qu’elle contient, déchets toxiques, radioactivité, ou autre, les musulmans sont en droit d’en user pour leur toilette, en dépit du danger que cela peut représenter pour la santé.

Il reste tant de choses à dire sur la femme et son impureté en général, comme par exemple l’interdiction de prier, de jeûner, de toucher ou de réciter les versets du Coran lors de ses menstrues, malgré tout, ce premier jet de textes fondamentaux suffit au lecteur à se faire une idée sur la considération que Mahomet portait aux femmes.

Révélation et exégèse du verset 4.34
L’identité de la femme à l’origine de la descente de l’aya n’est pas fermement établi, mais on sait qu’une gifle est le point de départ de siècles de souffrance pour les musulmanes. Voici un extrait du commentaire d’al-Qortobi :

Le verset est descendu au sujet de Sa’d bin ar-Rabî’a. Sa femme, Habiba bint Zayd bin Khârija bin Abi Zouhayr, l’a offensé et il l’a giflée. Son père a dit : « Ô Messager de Dieu ! Je lui ai donné ma fille et il l’a giflée ! » Il a répondu : « vengeons-la de son mari ». Elle a filé avec son père pour le punir, mais il a dit : « revenez ! Gabriel est venu me voir », et Dieu a fait descendre le verset. Il a dit : « nous voulions une chose et Dieu en voulait une autre ». Et dans un autre rapport : « je voulais une chose mais ce que Dieu voulait était meilleur ». Il a rejeté le premier jugement. On a dit : il a été révélé concernant ce jugement qui a été écarté : « ne te hâte pas avec le Coran avant que ne te soit achevée sa révélation » (20.114). (…) Abou Rawq a dit : il est descendu au sujet de Jamila bint Obayy Wafi et de son mari Thâbit bin Qays bin Chammâs. Al-Kalbi a dit : il a été révélé à propos de ‘Amîra bint Mohammed bin Maslama et de son époux Sa’d bin ar-Rabî’a. Et on a dit : la parole d’Oumm Salama al-Moutaqaddim a causé sa révélation.27

« Il n’était pas toléré de les frapper avant la révélation du verset, remarque ach-Châfi’i (m. 820), mais après sa révélation, on leur a permis de les frapper »28. Abou Dâwoud a également consigné un récit intéressant d’Iyâs bin ‘Abdullah : « le Messager de Dieu a dit : « ne frappez pas les servantes de Dieu ». ‘Omar est venu voir le Messager de Dieu et dit : « les femmes sont devenues rebelles envers leurs maris ». Il a donc permis de les battre »29. Au début de l’islam, les violences conjugales n’étaient pas autorisées, puis les épouses ont refusé de se soumettre à leurs maris créant ainsi un mécontentement général parmi les hommes. Le Prophète a décidé de prendre fait et cause pour ces derniers, car ce sont eux qui participent aux razzias, rapportent du butin, et décuplent ses richesses. 

Lorsque l’épouse se rebiffe, le Coran définit deux étapes avant de faire usage de la violence à son égard, et si elle se repente de sa mauvaise conduite, le châtiment doit cesser : « les femmes vertueuses sont obéissantes et protègent ce qui doit être protégé pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits, et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes haut et grand » (4.34). En cas de rébellion, il faut d’abord l’exhorter, c’est-à-dire, lui rappeler les versets du livre de Dieu ainsi que ses devoirs envers son mari, comme l’ont spécifié les exégètes. Si cela est peine perdue, Allah recommande ensuite de s’éloigner d’elle dans le lit. On recense plusieurs interprétations sur ce point, la plus répandue est que cela concerne l’abstinence sexuelle pour une durée maximale d’un mois. C’est l’opinion d’al-Qortobi : « c’est une bonne chose si le mari se détourne d’elle dans le lit et qu’elle a de l’affection pour lui, cela lui sera pénible »30. On dit aussi qu’il ne faut plus lui adresser la parole, et l’on rencontre encore un autre avis beaucoup plus surprenant celui-ci : « attachez-les à une corde dans leurs maisons. D’après leur opinion : le chameau est attaché (hajara), c’est-à-dire, il l’a attaché avec le « hijâr », qui est un cordage qui attache le chameau »31. Sans doute que dans le dialecte des bédouins de l’époque, le verbe « hajara » avait pour signification « attacher » en plus d’« éloigner ». Contre toute attente, le plus doué des exégètes, Mohammed Ibn Jarîr at-Tabari (m. 923), a opté pour cette explication et tente de réfuter les diverses opinions émises à ce sujet. Ce point de vue n’est pas fondé pour les autres moufassirin, car selon eux, Tabari exploite à mauvais escient le hadith dont il se sert pour défendre sa pensée. Le cadi de Séville, Ibn al-‘Arabi (m. 1148) lui a répondu dans Ahkâm al-Qor’ân affirmant qu’il faisait erreur et que le hadith concerné était étrange :

Ibn Wahb a rapporté de Mâlik qui a dit qu’Asmâ’ bint Abi Bakr as-Siddiq était la femme d’az-Zoubayr bin al-‘Awwâm. Elle sortait souvent jusqu’à ce qu’on lui reproche cela. Il a dit : on le lui reprochait et on lui faisait du tort. Il (az-Zoubayr) a attaché l’une à l’autre leurs cheveux (à ses deux épouses) et il les a battues toutes deux sévèrement. La coépouse s’est ensuite bien conduite en craignant Dieu mais ce ne fut pas le cas d’Asmâ’. La correction qui lui était infligée était de pire en pire. Elle est allée se plaindre auprès de son père Abi Bakr. Il lui a dit : « sois patiente, car az-Zoubayr est un homme bon. Peut-être qu’il sera ton mari au Paradis, j’ai entendu dire que l’homme choisi sa femme au Paradis ».32

Il est vrai que cette tradition n’a pas autant de poids que les avis des compagnons et des tabi’in, Tabari fait surement ici fausse route.

Après l’éloignement vient les coups : « et frappez-les ». Les limites à ne pas dépasser ont été définies par le fiqh et le hadith : « la correction mentionnée dans ce verset ne doit pas être sévère, il ne faut pas casser d’os, ni causer de blessure par un coup ou autre qui défigurerait. (…) ‘Atâ’ a rapporté : j’ai demandé à Ibn ‘Abbâs ce qu’est une correction non sévère ? Il a répondu : « avec un bâton d’arak ou autre chose de semblable »33. Certes, Mahomet a ordonné de ne pas battre « sévèrement »34 et de « ne pas frapper le visage, ni la défigurer »35, mais en pratique, cela était toléré.

En remontant plusieurs siècles en arrière, le Coran nous fait partager l’histoire d’Ayoub, Job en français, qui était un homme de foi admiré pour son endurance et sa persévérance, bien qu’il violentait sa femme. Tout au long de sa maladie, sa femme était à son chevet et s’occupait de lui. Elle travaillait pour subvenir à ses besoins et vendit ses deux belles tresses en échange d’une somme d’argent qui servit à acheter de la nourriture. Un jour, Job fut courroucé contre elle et promis de lui appliquer cent coups de fouet, mais l’empathie de son épouse était telle que Dieu usa de ruse pour changer le serment de Job : « et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment. Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait » (38.44). Ibn Kathir (m. 1373) a fait une description des évènements dans son livre Al-Bidâya wa-n-Nihâya :

Ceci est une autorisation de Dieu Tout-puissant pour son esclave et son Messager Job d’accomplir son serment qui était de battre sa femme de cent coups de fouet. On a dit : son serment est dû à la vente de ses tresses. Et on a dit : le diable est venu à sa rencontre sous la forme d’un médecin et lui a prescrit des médicaments pour Job. Quand elle l’en a informé, il a su que c’était le diable. Il a juré de la battre de cent coups de fouet. Lorsque Dieu l’a guérit, il lui permit de prendre un faisceau de cent brindilles et de la frapper avec un seul coup, et ceci sera considéré comme l’équivalent de cent coups de fouet, et ça ne sera pas un parjure.36

Il est possible que les aventures de Job aient inspirées Mahomet au moment où la femme de Sa’d bin ar-Rabî’a est venu se plaindre de la gifle qu’elle avait reçue, il aurait alors élaboré une loi fondée sur l’éthique du défunt homme de Dieu.

Violences conjugales au temps du Prophète
Suite à la révélation du verset 4.34, les musulmans pouvaient passer à tabac leurs « champs de labour » en toute légalité, et l’Envoyé de Dieu n’a jamais pris la défense de l’une d’entre elles. La femme d’Abd ar-Rahman bin az-Zabîr, celle à qui le Prophète avait demandé de goûter le sperme de son mari, se prenait des roustes monumentales et des hématomes gigantesques ornaient sa peau. Elle pensait qu’avec le soutien d’Aïcha, les coups cesseraient de pleuvoir, mais ce fut un mauvais calcul, et au final, Mahomet la renvoya sans état d’âme :

Rifâ’a a répudié sa femme et ‘Abd ar-Rahman bin az-Zabîr al-Qourazi l’a épousée. ‘Aïcha a rapporté que la femme portait un voile vert et elle s’est plainte auprès d’elle. Elle lui a montré le vert sur sa peau. Le Messager de Dieu est arrivé et les femmes avaient l’habitude de se soutenir entre elles, ‘Aïcha a dit : « je n’ai jamais vu de femmes souffrir autant que les croyantes. Sa peau est plus verte que ses vêtements ! » Quand il a entendu qu’elle était allée trouver le Messager de Dieu, il est venu avec ses deux fils d’une autre femme. Elle a dit : « par Dieu ! Je ne lui ai fait aucun tort et il m’est aussi utile que cela », en prenant un bout de son vêtement. Il a répondu : « par Dieu, Ô Messager de Dieu ! Elle ment ! Mais elle est désobéissante et veut retourner avec Rifâ’a ». Le Messager de Dieu lui a dit : « si cela est ton intention, il t’est illicite tant qu’il n’aura pas goûté à ton sperme ». Il a vu ses deux fils avec lui et a demandé : « ce sont là tes fils ? » - « Oui », a-t-il répondu. Il a dit : « tu as prétendu ce que tu as prétendu, et je le jure, ces garçons lui ressemblent comme un corbeau ressemble à un corbeau ».37

Loin d’être la seule, l’épouse de Thâbit était elle aussi en bien mauvaise posture. N’en pouvant plus, elle espéra trouver une issue favorable à son différent en plaidant sa cause auprès du Messager de Dieu, son histoire nous a été rapportée par Abou Dâwoud :

Habîba bint Sahl était la femme de Thâbit bin Qays Chammâs. Il l’a battue et lui a cassé un membre. Elle est allée voir le Messager de Dieu après le matin et s’est plainte de son mari. Le Prophète a fait convoquer Thâbit et lui a dit : « prends un peu de son argent et quitte-la ». Il a répondu : « est-ce juste, Ô Messager de Dieu ? » Il a dit : « oui ». Il a répliqué : « je lui ai donné deux de mes jardins comme dot ». Le Prophète a dit : « reprends-les et quitte-la ».38

An-Nasâ’i a recensé une variante :

Ar-Roubayyi’ bint Mou’âwwidh bin ‘Afrâ’ a rapporté que Thâbit bin Qays bin Chammâs a frappé sa femme et lui a cassé la main. Elle s’appelait Jamila bint ‘Abdullah bin Obayy. Son frère est allé voir le Messager de Dieu pour se plaindre de lui. Le Messager de Dieu a fait venir Thâbit et lui a dit : « prends ce qu’elle a et laisse-la partir ». Il a répondu : « d’accord ». Le Messager de Dieu lui a ordonné d’attendre un cycle menstruel puis de retourner à sa famille.39

Dépouillée de ses possessions, jetée à la rue, et gravement blessée, voilà la justice rendue par Mahomet ! D’autant plus que ce jugement n’est pas conforme au Coran puisqu’un homme qui n’a pas consommé le mariage devra, soit donner quelques biens à la répudiée dans le cas où la dot n’a pas été fixée, soit lui versez la moitié de la dot dans le cas contraire (2.236-237).

‘Omar ibn al-Khattâb, grand compagnon du Prophète et commandant des croyants, était connu pour sa brutalité et sa cruauté. Il ne retenait pas ses coups face à sa femme, et un jour, al-Ach’ath bin Qays fut spectateur de l’une de leurs nombreuses scènes de ménage : « une nuit, j’ai été l’invité d’Omar. Au milieu de la nuit, il est allé vers sa femme pour la frapper et je les ai séparés »40.

Le savant du hadith Moslim bin al-Hajjâj (m. 875) a transmis une tradition selon laquelle Mahomet aurait levé la main sur sa jeune épouse ‘Aïcha :

Il a enfilé son manteau lentement et mis ses chaussures, ensuite, il a ouvert la porte et il est sorti puis a refermé la porte doucement derrière lui. Je me suis couvert la tête, j’ai mis mon voile et attaché ma ceinture, et je suis sorti en suivant ses pas jusqu’à Baqi’. Il était là et il y est resté un long moment. Il a ensuite levé ses mains trois fois et il est reparti. Je m’en suis retourné aussi. Il a hâté le pas et j’ai hâté le pas. Il a couru et j’ai aussi couru. Il est rentré à la maison et je suis aussi rentré, cependant, je l’avais précédé, et je m’étais allongé sur le lit. Il est entré et il a dit : « Ô ‘Aïcha ! Pourquoi es-tu essoufflé ? » J’ai répondu : « ce n’est rien ». Il a dit : « dis-le moi ou l’omnipotent et l’omniscient m’en informera ». J’ai répondu : « Ô Messager de Dieu ! Que mon père et ma mère soient rachetés pour toi », et je lui ai alors tout raconté. Il a dit : « était-ce ton ombre que j’ai vu devant moi ? » - « Oui », ai-je répondu. Il m’a frappé à la poitrine ce qui me fit très mal, et il a dit : « crois-tu que Dieu et son Messager t’auraient traité injustement ? »41

Certains mahométans essayent d’édulcorer ce récit en prétendant que le verbe « lahada » (ou « lahaza » dans un autre rapport) veut dire ici « pousser » au lieu de « frapper », seulement, ce sens ne s’accorde pas avec le contexte étant donné qu’Aïcha éprouva une vive douleur ce qui n’aurait pas été le cas si on l’avait juste poussée. Du reste, les docteurs musulmans choisissent de traduire par « frapper » dans les éditions en langues étrangères. Ce hadith est aussi avancé pour tenter de redorer le blason du Prophète : « ‘Aïcha a rapporté que le Messager de Dieu n’a jamais frappé quelque chose de sa main, ni de femmes, ni de servants, sauf quand il faisait le jihad dans le chemin de Dieu »42, et an-Nawawi (m. 1278) a observé que c’est le fait « de frapper l’épouse, le servant, et l’animal, bien que cela soit permis pour la bonne conduite, mais il est préférable de l’éviter »43. ‘Aïcha aurait très bien pu tenir ces propos avant la fameuse nuit où elle reçut un coup, tant que les récits ne seront pas datés, aucune hypothèse n’est exclue. L’épouse du Prophète était habituée à prendre des dérouillées, car c’était une enfant battue par son père Abou Bakr. On peut citer en exemple deux incidents, l’un se déroula peu de temps avant qu’elle ne fusse accusée d’adultère : « Abou Bakr est venu me voir et m’a donné un coup violent et il a dit : « tu as retardé les gens avec ton collier ! ». J’ai fait la morte de peur de réveiller le Messager de Dieu bien que ce coup était un coup de poing très douloureux »44, et l’autre, au moment où elle réclama avec ses coépouses une pension alimentaire à son mari : « Abou Bakr s’est levé et s’est tourné vers ‘Aïcha et il lui a mis une claque sur son cou »45. Comme on peut le constater au travers de ces différents témoignages, la violence envers les femmes était une chose banale à l’époque qui ne dérangeait personne, sauf les principales concernées.

Utilisation d’instruments de correction
Nous avons précédemment mentionné l’avis d’Ibn ‘Abbâs expliquant que le « bâton d’arak ou autre chose de semblable » était permis par la loi islamique pour corriger sa femme (l’extrémité du bois d’arak était largement utilisée par la communauté musulmane pour se laver les dents), et Abou Jahm, qui faisait partit de ces hommes réputés pour avoir la main lourde, maniait son objet fétiche avec légèreté et précision : « il n’ôte jamais le bâton de son épaule », remarqua Mahomet, c’est pourquoi il déconseilla à Fâtima bint Qays de l’épouser46.

Le fouet était l’instrument le plus répandu pour faire régner l’ordre et son usage s’était démocratisé dans les foyers musulmans, il était d’ailleurs vivement recommandé par l’Envoyé de Dieu : « accrochez le fouet dans un endroit à la vue des membres de la famille, dit-il, car il les disciplinera »47 ; on lui attribue de même ces propos : « Dieu bénit l’homme qui suspend un fouet dans sa maison et discipline sa famille avec »48. Mais attention, il ne faut pas être trop excessif avec le martinet, la femme doit pouvoir être capable d’avoir des rapports sexuels dans la soirée : « aucun de vous ne devra fouetter sa femme comme il fouette un esclave et ensuite avoir un rapport sexuel avec elle à la fin de la journée »49. Les commentateurs rattachent cette tradition au fait de ne pas battre « sévèrement », c’est-à-dire qu’un esclave peut lui être extrêmement mal traité. De son côté, le tâbi’ ach-Cha’bi (m. 721) suggérait d’employer la manière forte dès que l’épouse l’ouvre un peu trop : « s’il la réprimande, rien ne lui sera fait, et si elle le réprimande, on lui appliquera le fouet »50. Avec le temps, le martinet a peu à peu disparu des maisons pour laisser place aux coups de poings que les musulmanes s’efforcent d’encaisser tel des punching-balls.

En cas de correction sévère
Sans en faire une obligation, Ibn ‘Abbâs prétend que si un homme outrepasse ses droits, il peut verser une compensation financière en contrepartie des dommages subis : « Dieu te permet de lui verser une rançon »51, a-t-il dit, mais le Prophète n’a jamais légiféré en ce sens. Quand il renvoya la femme de Thâbit bin Qays dont la main fut cassée, elle partit sans un sou ou presque, et lorsqu’un groupe de femmes passa le voir à cause de leurs maris violents, un simple reproche leur fut fait : « beaucoup de femmes sont allées trouver le Messager de Dieu pour se plaindre de leurs maris. Le Prophète a dit : « beaucoup sont allées se plaindre de leurs maris auprès des femmes de Mohammad. Ils ne sont pas les meilleurs d’entre vous »52. La tradition est interprétée de la manière suivante :

« Ils ne sont pas les meilleurs », c’est-à-dire, les hommes qui frappent leurs femmes en les frappant excessivement, de manière incontrôlée. « D’entre vous », ceux d’entre vous qui ne les frappent pas en les faisant souffrir ou en leur donnant une grosse correction, et qui ne frappent pas sévèrement en les amenant à se plaindre.53

Malgré qu’aucune sanction pénale n’ait été déterminée par la loi canonique, les juristes ont décrété que l’homme aura des comptes à rendre s’il abuse de son pouvoir, tandis qu’en restant dans les clous, il ne sera pas inquiété du fait de la jurisprudence tirée de cette authentique tradition prophétique : « on ne demandera pas à un homme pourquoi il bat sa femme »54. On recense deux avis concernant l’épouse qui meurt sous les coups, le premier est que le mari sera mis à mort pour avoir fait couler le sang d’une personne de confession musulmane, c’est l’opinion d’Ibn Chihâb az-Zouhri (m. 741) : « si un homme saint d’esprit blesse sa femme au visage ou lui cause un préjudice, on ne lui appliquera pas le talion, à moins qu’il ne l’assaille et la tue, alors il sera tué pour l’avoir tué »55, et le second avis soutenu par al-Qortobi, est que le prix du sang doit être versé : « bien entendu, si cela conduit à la mort, un dédommagement est nécessaire »56. L’intégrité physique de la femme musulmane n’est donc absolument pas protégée par la charia, seul la mort ou la répudiation peuvent la délivrer des griffes d’un « Abou Jahm ».

 

En islam, la femme fait partie d’une caste inférieure, un objet de mépris qui n’existe que pour satisfaire l’homme. En outre, le viol conjugal est tout à fait licite, et permis dans quasiment tous les pays musulmans. Selon le classement établi par The Global gender cap report 2012, en terme d’égalité des sexes, l’Arabie Saoudite se classe 131e sur 135, l’Iran est 127e, et les autres pays musulmans ferment la marche. La condition de la femme se dégrade au fur et à mesure que la société s’islamise, et la montée en puissance des conservateurs aux plus hautes fonctions de l’État ne présage rien de bon pour son avenir.

 

 

 

 

1 Sahih al-Boukhâri 5487

2 Tafsir al-Jalâlayn, Jalâl ad-Din Mohammed bin Ahmad al-Mahalli et Jalâl ad-Din ‘Abd ar-Rahman bin Abi Bakr as-Souyouti, p.105, Dâr al-Hadith

3 Anwâr at-Tanzîl wa-Asrâr at-Tâwîl, ‘Abdullah bin ‘Omar al-Baydawi, volume 2, p.72, Dâr Ihyâ’ at-Tourâth al-‘Arabi, 1418

4 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, al-Qortobi, volume 5, p.148, Dâr al-Fiker

5 Sahih al-Boukhâri 6686

6 Mouchârakat al-Marâ’a li-r-Rajoul fi Maydân ‘Amalihi, ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abdullah Ibn Bâz, p.22-23, Wizârat ach-Chou’oun al-Islâmiyya wa-l-Awqâf wa-d-Da’wa al-Irchâd, 1423

7 Sahih al-Boukhâri 298

8 Ibid. 29

9 Ibid. 5011, voir aussi le 5487. D’après les paroles du Prophète rapportées dans la tradition musulmane, la femme éjacule du sperme de couleur jaunâtre. La fécondation serait liée au mélange de ce liquide avec le sperme de l’homme, le rôle de l’ovule étant totalement écarté, ni Allah ni Mahomet ne connaissait son existence.

10 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 9, p.411, Dâr al-Ma’rifa

11 Sunan Ibn Mâjah 1853. Ach-Chawkâni a déclaré son isnâd correct, cf. Nayl al-Awtâr, volume 6, p.248, Dâr al-Hadith, 1993.

12 Sunan at-Tirmidhi 1160. Abou ‘Isa a dit : « cet hadith est hassan gharîb ».

13 Sahih al-Boukhâri 3065

14 Sunan Ibn Mâjah 1852. « Il y a des débats concernant ‘Ali bin Zayd bin Joud’ân mais le reste de son isnâd contient des hommes sûrs », consulter Nayl al-Awtâr, Mohammed bin ‘Ali ach-Chawkâni, volume 6, p.247.

15 Al-Lâli al-Masnou’a fi-l-Ahâdith al-Mawdou’a, Jalâl ad-Dîn as-Souyouti, volume 2, p.142, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya

16 Sunan al-Kobra, an-Nasâ’i, volume 4, p.366, n°7543, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya 1991. Authentifié dans Al-Adâb ach-Char’ia wa-l-Minah al-Mar’iya, Ibn Mouflih al-Maqdisi, volume 3, p.296, Dâr ‘Âlam al-Kotob.

17 Sahih Moslim 510

18 Sahih al-Boukhâri 489

19 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 5, p.194-195

20 Al-Moughni, Ibn Qoudâma, volume 1, p.125, Dâr Ihyâr at-Tourâth al-‘Arabi, 1985

21 Mouwatta’ Mâlik 1842. Ahmad l’a également rapporté avec un isnâd authentique d’après Ibn Kathir, se référer à Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, volume 8, p.96, sourate 60 verset 12, Dâr Tayba, 2002.

22 Sunan Abi Dâwoud 5273

23 Sunan at-Tirmidhi 64. Abou ‘Isa a dit : « ce hadith est hassan ».

24 Sunan Abi Dâwoud 66. Sahih pour al-Albâni, cf. Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 1/144.

25 Ibid. 67. Authentifié par al-Albâni dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 1/145.

26 Al-Moughni, volume 1, p.136

27 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 5, p.147-148

28 Kitâb al-Oumm, ach-Châfi’i, volume 5, p.207, Dâr al-Ma’rifa, 1990

29 Sunan Abi Dâwoud 2146. Al-Albâni l’a classifié sahih, consulter Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 5/146.

30 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 5, p.150

31 Ibid.

32 Ahkâm al-Qor’ân, Abou Bakr Ibn al-‘Arabi, volume 1, p.533-534, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya

33 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 5, p.151-152

34 Sahih Moslim 1218

35 Sunan Ibn Mâjah 1850. Il est authentique pour al-Albâni, voir Sahih wa-Da’îf Sunan Ibn Mâjah 4/350. Dans une autre tradition, on rapporte que le Messager de Dieu a dit : « ne la défigurez-pas, ni ne la frappez » (Sunan Abi Dâwoud 2143). Ce hadith est jugé hassan par al-Albâni (Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 5/143) et il a été commenté en ces termes : « le sens apparent du hadith est l’interdiction de frapper de manière incontrôlée » (‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, Mohammed Shams al-Haqq al-‘Azîm Abâdi, volume 6, p.128, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiya, 1415).

36 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ibn Kathir, volume 1, p.514, Dâr ‘Âlam al-Kotob, 2003

37 Sahih al-Boukhâri 5487

38 Sunan Abi Dâwoud 2228. Al-Albâni a qualifié le hadith sahih, Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 5/228.

39 Sunan an-Nasâ’i 3497. Ce hadith est sahih d’après ach-Chawkâni dans Nayl al-Awtâr, volume 6, p.292.

40 Sunan Ibn Mâjah 1986. Considéré comme authentique : « l’imam Ahmad, Ibn Mâjah, et al-Hâkim l’ont rapporté du hadith d’Abi Hourayra, et c’est un hadith sahih », voir Ghadhâ’ al-Albâb fi Charh Manzouma al-Adâb, Mohammed bin Ahmad bin Sâlim as-Safarayni, volume 2, p.403, Mou'assassa Qortoba, 1993.

41 Sahih Moslim 974-2

42 Ibid. 2328

43 Al-Minhâj Charh Sahih Moslim bin al-Hajjâj, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 15, p.84, Dâr Ihyâ’ at-Tourâth al-‘Arabi, 1392

44 Sahih al-Boukhâri 6453

45 Sahih Moslim 1478

46 Ibid. 1480, voir aussi le 1480-12.

47 Al-Mou’jam al-Awsat, at-Tabarâni, volume 5, p.193, n°4379, Maktabat al-Ma’ârif, 1985. Abou Bakr al-Haythami a déclaré que ce hadith est hassan dans Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 8, p.106, n°13217, Maktabat al-Qoudsi, 1994.

48 Kanz al-‘Oumâl fi Sunan al-Aqwâl wa-l-Af’âl, ‘Alâ ad-Dîn al-Mouttaqi al-Hindi, volume 16, p.458, n°44945, Mou'assassa ar-Risâla, 1989. Cette tradition a été affaiblie par les oulémas.

49 Sahih al-Boukhâri 4908

50 Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, Ibn Kathir, volume 2, p.293, sourate 4 verset 34

51 Ibid. p.295

52 Sunan Abi Dâwoud 2146. Se référer à la note 29 pour l’authentification.

53 ‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, Mohammed Shams al-Haqq al-‘Azîm Abâdi, volume 6, p.130, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiya, 1415

54 Sunan Ibn Mâjah 1986. Son authentification a été mentionnée dans la note 40.

55 Jâmi’ al-Bayân fi Tafsîr al-Qor’an, Mohammed Ibn Jarir at-Tabari, volume 8, p.292, sourate 4 verset 34, Dâr al-Ma’arif

56 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 5, p.151, sourate 4 verset 34

 

 

 

 

 

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