Les Corbeaux de la Ville illuminée

 

 

 

Considéré comme un symbole d’oppression de la femme par le public occidental, le voile, et plus particulièrement le voile intégral, est l’objet de controverses partout où l’islam impose sa présence, aussi bien dans les écoles laïques d’Europe et d’Amérique que dans les universités islamiques du monde musulman. L’ancien Grand Imam d’al-Azhar, Mohammed Sayyed Tantâwi, qui exerça ses fonctions jusqu’en mars 2010, et qui occupa auparavant le poste de Grand Mufti d’Égypte durant une dizaine d’année, retira au cours de l’année 2009 le niqab d’une adolescente devant des étudiants abasourdis en lui faisant remarquer que cela n’était qu’une tradition sans aucun lien avec la religion. Il ordonna à la jeune fille de ne plus jamais le porter et promis d’exclure toute personne revêtant le niqab au sein des établissements affiliés à al-Azhar. Il est déplorable pour la communauté musulmane qu’un Cheikh de cette stature connaisse aussi peu les textes fondateurs de l’islam. Certes, il n’avait pas totalement tort, mais il n’avait pas non plus tout à fait raison.

 

Le khimâr

Le premier verset descendu au sujet du voile est celui contenu dans la sourate An-Nour qui fut révélée consécutivement à la razzia contre les Bani Moustaliq en l’an 5 de l’hégire d’après l’historien Ibn Sa’d al-Baghdadi (m. 845), ou en l’an 6 selon Ibn Ishâq (m. 770) : « et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile (khoumour, pluriel de khimâr) sur leurs poitrines, et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes, ou à ce que leurs droites possèdent, ou aux serviteurs qui n’éprouvent pas de désir, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes » (24.31). À l’origine de la descente de ce verset est le reproche adressé à des arabo-musulmanes par une médinoise, lequel fut incorporé par l’exégète yéménite Mohammad ach-Chawkâni (m. 1834) dans son commentaire Fath al-Qadîr :

Mouqâtil a rapporté : « nous avons entendu dire, et Dieu sait mieux, que Jâbir bin ‘Abdullah al-Ansâri a rapporté qu’Asmâ’ bint Yazîd avait une palmeraie chez les Bani Hâritha. Les femmes venaient non couvertes afin que les bracelets de chevilles à leurs pieds soient visibles, et l’on voyait leurs seins et leurs tresses. ‘Asmâ’ a dit : « que c’est vilain ! » Dieu a donc révélé : « et dis aux croyantes de baisser leurs regards… » (24.31).1

La nudité était quelque chose de banal à l’époque chez les arabes et cela ne semblait choquer personne, à part peut-être quelques badauds de passage dans la région. Les polythéistes circumambulaient nus autour de la Ka’ba2, et en hommage aux dieux, les femmes frictionnaient leur vagin contre la pierre noire. Le Dr. Sayyed al-Qemani, un universitaire égyptien spécialiste de l’histoire de l’islam, nous informe que jadis :

Il y avait un rituel de la jâhiliyya qu’accomplissaient les femmes avec la pierre, il consistait à toucher la pierre noire avec le sang des menstruations, puis de toucher soi-même le sang des menstruations ?!! Peut-être que le sang menstruel était pour les femmes, dans l’ancienne croyance, le secret de la naissance, car la femme donne le sang, l’homme la semence, et l’esprit était donné par la divinité. Notez que le cycle menstruel de la femme correspond aux différentes phases de la lune, et comme nous le savons, la divinité était le dieu lune.3

Ces célébrations païennes ne furent interdites qu’à partir de l’an 9 de l’hégire lors de la révélation des premiers versets de la sourate At-Tawba (le Repentir), entre-temps, Mahomet avait enseigné à ses disciples d’embrasser le bétyle sacré entaché de sang - cela faisait parti des rituels du pèlerinage institutionnalisés par Dieu – au grand dam d’Omar ibn al-Khattâb (m. 644)4. Comme dans les tribus reculées d’Afrique où le climat est chaud et sec, les femmes arabes, musulmanes ou non, musardaient au gré de leurs envies en exposant leurs seins à la vue de ces messieurs sans que le Prophète ou ses compagnons n’y virent d’inconvénient, et ce, jusqu’à l’injonction coranique 24.31, c’est-à-dire, pendant presque vingt ans après l’apparition de l’ange Gabriel dans la grotte d’Hira. Le grand moufassir Ibn Kathir (m. 1373) écrit « qu’elles doivent porter un habit extérieur de façon à ce que cela couvre leurs poitrines et leurs côtes, afin de se différencier des femmes de l’époque préislamique qui ne faisaient pas cela, mais qui passaient devant les hommes avec la poitrine totalement découverte, et leurs cous, leurs tresses, leurs cheveux et leurs oreilles étaient aussi à découvert. (…) Khoumour est le pluriel de khimâr, c’est quelque chose qui couvre et c’est ce qui est utilisé pour couvrir la tête »5, de même, al-Qortobi (m. 1273) commente dans Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân : « la raison de ce verset est qu’à cette époque, les femmes couvraient leurs têtes avec le khimâr, et jetaient le bout derrière le dos. Il a été dit : à la manière des nabatéens, cela laissait le haut de la poitrine, le cou, et les oreilles nus. Dieu leur a alors ordonné de couvrir ces parties avec le khimâr »6.

Bien que ce verset demande simplement de se couvrir la poitrine à l’aide du voile traditionnellement porté par toutes les femmes (sans doute pour se protéger des poussières et du sable soulevés par les bourrasques de vent), les ‘oulemâ, toutes tendances confondues, ont discuté sur le nombre de centimètres carrés de peau que la croyante est autorisée à montrer. Bon nombre d’avis furent émis, mais un en particulier se dégage des autres. Tabari (m. 923) mentionne dans son incontournable exégèse que « l’opinion la plus forte et la plus correcte est celle qui dit que l’exception se réfère au visage et aux mains »7. La majorité des musulmanes qui se voilent de par le monde suivent cet avis, et ce qui pousse Tabari a opté pour ce point de vue est le fait que, selon le consensus établi, le visage et les mains doivent être découvert durant la prière, le Prophète ayant même permis d’exhiber la moitié du bras. Toutefois, le Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya (m. 1328) pense qu’il n’est pas détestable de couvrir les mains8. En revanche, le traditionaliste at-Tirmidhi (m. 892) a clarifié que si la croyante ne dissimule pas ses cheveux, Dieu sera inattentif à son adoration : « le Messager de Dieu a dit : « la prière d’une femme ayant (atteint l’âge) des menstrues n’est pas acceptée sans un khimâr »9. Ce hadith sous-entend que l’impubère n’est pas contrainte de porter le voile, par conséquent, les enfants qu’on assujetti au voile relève de l’extrémisme religieux. Ce n’est que lorsque leurs seins ont commencé à pousser que les jeunes filles ont l’obligation de se protéger le haut du corps du regard des hommes.

Mohammed a rapporté qu’Aicha est allée rendre visite à Safiyya Oumm Talha at-Talahât et elle a vu quelques-unes de ses filles. Elle a dit : « une fois, le Messager de Dieu est entré dans ma chambre tandis qu’il y avait une jeune fille. Il m’a lancé un bout de tissu qui était à sa taille et dit : « coupe-le en deux, et donnes-en une moitié à cette fille et l’autre moitié à la fille qui est avec Oumm Salama. Je pense qu’elles ont (atteint l’âge) des menstrues ».10

Certains hanafites de notre temps ont prétendu qu’il était possible à une femme de montrer ses pieds, malgré que cet avis ne s’appuie sur aucun dire du Prophète, ni des compagnons, ni des tabi’in. Il est, de plus, férocement combattu par les juristes des autres rites et démenti par la tradition suivante : « Oumm Salama a dit : « comment les femmes doivent-elles porter leur vêtement ? »  Il a répondu : « qu’elles le laissent trainer d’un empan ». Elle a dit : « dans ce cas, leurs pieds seront découverts ». Il a répondu : « qu’elles le laissent trainer d’une longueur de bras, mais pas plus »11.

Selon ‘Aicha, dans un hadith recensé par le traditionaliste Mohammed al-Boukhâri (m. 870), « quand le verset qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines (24.31) fut descendu, elles ont saisi leur izârs et les ont déchirés sur les bords et elles se sont couvertes le visage avec »12. Le jurisconsulte malikite d’origine mauritanienne ach-Chanqiti (m. 1973) a commenté ce récit dans son ouvrage intitulé Adwâ’ al-Bayân :

Cela indique clairement qu’elles ont compris de ce verset « et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines » qu’il était obligatoire de se couvrir le visage et que cela découle de leur croyance dans le livre de Dieu et de leur foi en la révélation. Ceci indique également que les femmes qui observent le hijâb devant les hommes et se couvrent le visage est un acte de croyance dans le livre de Dieu et de foi en la révélation. Il est en effet très étrange que certains de ceux qui affirment détenir la connaissance prétendent qu’il n’y ait rien ni dans le Coran ni dans la sunna qui dit que les femmes doivent se couvrir le visage devant les hommes étrangers, alors même que les femmes des compagnons observaient cela en obéissant au commandement de Dieu dans son livre, par foi en la révélation, et que ce sens est aussi fermement enraciné dans la sunna comme le mentionne le rapport d’al-Boukhâri cité au-dessus. Toutes les musulmanes sont obligées d’observer le hijâb et cela constitue l’une des meilleures preuves.13

Ach-Chanqiti s’oppose à ce qui a pu être dit dans les exégèses de ses prédécesseurs. D’après lui, ce verset a un rapport direct avec le voile intégral, et comment pourrait-on le lui reprocher puisque le hadith est sans équivoque ? Certains rétorqueront que cela ne s’adresse qu’aux femmes du Prophète ou que cela est recommandé sans être obligatoire ; la vérité est que lors de l’élaboration de la tradition islamique, les imams n’avaient pas encore clairement défini ce qu’est le khimâr, étant donné que la grosse majorité d’entre eux vivaient en dehors de l’Arabie plus de deux siècles après la naissance de l’islam. Ils n’avaient donc pas la moindre idée de ce à quoi ressemblait ce vêtement d’antan.

Les ahâdith relatent que plusieurs musulmanes se jouaient de la nouvelle interdiction en endossant des habits très légers dans l’intention de révéler leurs formes, et se prêtaient à un jeu de séduction. Celles-ci ne sont pas considérées comme des croyantes par la loi islamique. Al-Qortobi a consigné dans son tafsir les rapports ci-dessous :

Des femmes des Bani Tamîm qui portaient des vêtements transparents ont rendu visite à ‘Aicha. ‘Aicha leur a dit : « si vous êtes des croyantes, ce ne sont pas des vêtements pour les croyantes, mais si vous êtes des non croyantes, faites comme bon vous semble ». Une femme mariée qui portait un khimâr copte fait de carthame est allé rendre visite à ‘Aicha. Quand elle l’a vue, elle a dit : « une femme portant ce genre de vêtement ne croit pas à la sourate An-Nour ».14

La fille du calife Abou Bakr (m. 634) usait pareillement de ses charmes et ne laissait personne indifférent, pas même le Prophète. Abou Dâwoud (m. 888) a noté dans son corpus « qu’Asmâ’ bint Abi Bakr est entré en présence du Messager de Dieu en portant des vêtements fins. Le Messager de Dieu s’est détourné d’elle et a dit : « Ô ‘Asmâ’, quand une femme atteint l’âge des menstrues, il n’est pas convenable qu’elle montre quelque chose excepté ceci et cela », et il désigna son visage et ses mains »15. C’est probablement l’une de ces femmes, au corps de déesse et court-vêtue, que croisa un jour Mahomet au hasard de ses flâneries à Médine et qui lui fit exploser son taux de testostérone. Il courra à grandes enjambées vers la maison de sa femme la plus proche en vu de tempérer ses hormones en ébullition. Ibn Kathir a signalé dans Al-Bidâya wa-n-Nihâya qu’il s’était marié avec Zaynab bint Jahch au mois de dhou-l-qi’da de l’an 5, c’est-à-dire, trois mois après l’ordre du khimâr. Le compagnon Jâbir ibn ‘Abdullah (m. 697) se remémore « qu’une fois le Prophète a vu une femme, il est allé vers Zaynab bint Jahch afin d’assouvir son désir avec elle. Il est allé voir ses compagnons et leur a dit : « une femme apparait sous la forme d’un satan. Quiconque ressent ses effets, qu’il aille vers sa femme, cela diminuera ce qui est dans son âme »16. Et à ce propos, le grand savant malikite Ibn ‘Abd al-Barr (m. 1071) a souligné que « celles qui portent des vêtements légers qui ne couvrent pas sont habillées, mais en fait, elles sont nues »17.

 

Le jilbâb

Le second verset relatif au voile se trouve dans la sourate Al-Ahzâb (les Coalisés) : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles (jalâbîb, pluriel de jilbâb) : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est pardonneur et miséricordieux » (33.59). Les théologiens ont longuement débattu à propos de la date de la révélation de ce chapitre qui fut révélé soit avant soit après la sourate An-Nour. Ibn ‘Abbâs (m. 687), qui était un cousin de Mahomet et expert dans l’interprétation du Coran, a certifié que 24.31 était abrogé18, cela accrédite par conséquent la chronologie d’Ibn Sa’d selon laquelle An-Nour aurait précédé Al-Azhâb, alors qu’Ibn Hazm (m. 1064) et Ibn Qayyim (m. 1350), en ce qui les concerne, soutiennent le contraire. Le hijâb est un synonyme de jilbâb dans la tradition islamique.

C’est par la faute d’Omar qu’est descendu le verset 33.59. Le petit vicieux prenait un malin plaisir à espionner les femmes du Prophète en train de déféquer. La nuit, il désertait le lit conjugal et se frayait un chemin à travers champs jusqu’à al-Manâsi’. Là, il reprenait haleine, puis cherchait à se tapir dans les ténèbres derrière quelques arbustes :

‘Aicha a rapporté :
Les épouses du Prophète sortaient la nuit pour aller déféquer dans un vaste champ appelé al-Manâsi’. ‘Omar disait au Prophète : « voile tes femmes », mais le Messager de Dieu n’en faisait rien. Une nuit, Sawda bint Zam’a, la femme du Prophète, est sortit à l’heure d’Ichâ’ et c’était une grande femme. ‘Omar s’est adressé à elle en disant : « je t’ai reconnu, Ô Sawda ». Il désirait ardemment que le voile (al-hijâb) soit révélé, alors Dieu révéla le verset du voile (al-hijâb).19

Sans l’insistance d’Omar, le verset ne serait jamais parvenu jusqu’au Messager de Dieu. Les femmes étaient sexuellement harcelées par les musulmans et les incrédules dès qu’elles pointaient le bout de leur nez dehors, c’est pourquoi le Coran leur a ordonné de se couvrir le visage, dans le but de les différencier des esclaves et des prostitués qui, elles, ne se le couvraient pas : « les pervers de Médine sortaient aussi la nuit, rapporte as-Souddi. Quand ils voyaient une femme porter un qinâ’ (voile qui recouvre le visage, masque), ils disaient : « c’est une femme libre », et ils la laissaient tranquille. Mais quand ils voyaient une femme sans qinâ’, ils disaient : « c’est une esclave », et essayaient de la séduire »20. Ainsi, ce commandement coranique enjoint les croyantes à se plier à de vieilles coutumes bédouines ancestrales dont les us étaient de se couvrir la face en présence d’hommes étrangers21. Suivant les époques et les régions du monde, une femme pouvait a contrario être prise pour une prostituée si elle se dissimulait le visage, on lit par exemple dans la Torah que Juda avait pris Tamar pour une courtisane (Genèse 38.15). Quand les musulmanes eurent vent de la nouvelle révélation, « les femmes des Ansârs sont sorties comme s’il y avait des corbeaux sur leurs têtes à cause de leurs vêtements »22. Le contexte de la révélation ne laisse guère de doute quant à la fonction du jilbâb, néanmoins, les savants se sont opposés sur la surface du visage à couvrir. Certains pensent qu’il faut couvrir la majeure partie, d’autres la moitié, et quelques-uns affirment que l’œil gauche doit uniquement être visible. As-Souyouti (m. 1505) se rallie à cette dernière opinion. En outre, il est prouvé dans toutes les exégèses classiques que le jilbâb recouvre entièrement le corps.

C’est un vêtement plus grand que le khimâr. Ibn ‘Abbâs et Ibn Mas’oud ont dit : « cela est le ridâ’ ». Et il a été dit : « c’est le qinâ’ ». Il est attesté que cela est une robe qui couvre tout le corps. […] Les gens ont divergé sur sa forme. Ibn ‘Abbâs et ‘Obayda as-Salmâni ont dit : « cela doit envelopper complètement le corps de la femme afin que rien ne puisse apparaitre sauf un œil avec lequel elle peut voir ». Ibn ‘Abbâs et Qatâda ont également dit : « cela s’enveloppe et se fixe sur le front, puis recouvre le nez, seuls les yeux apparaissent, et la poitrine et la plupart du visage sont recouverts ». Al-Hassan a dit : « couvrant la moitié de son visage ».23

Ibn Hajar al-‘Asqalâni (m. 1448) a également transmis le commentaire d’Aicha selon lequel « le jilbâb de la femme retombe par-dessus sa tête sur son visage »24. De nombreuses traditions attestent que cela était la pratique des femmes de la première génération de musulmans. Citons de bonne foi trois corpus différents, d’abord dans le recueil d’al-Boukhâri : « ‘Aicha a rapporté : « quand il (Safwân bin al-Mou’attal) m’a vu, j’ai recouvert mon visage de mon jilbâb », puis dans Al-Mouwattâ’ de l’imam Mâlik ibn Anas (m. 795), Fâtima bint al-Mondhir a rapporté : « nous couvrions nos visages quand nous étions en état de sacralisation en compagnie d’Asmâ’ bint Abi Bakr as-Siddîq », et enfin, Abou Dâwoud, qui a recensé le plus grand nombre de traditions sur ce thème : « Moujâhid a rapporté qu’Aicha a dit : « des cavaliers sont passés à côté de nous tandis que nous étions avec le Messager de Dieu en état de consécration rituelle. Quand ils sont arrivés à notre niveau, nous avons recouvert nos visages du jilbâb qui était sur nos têtes, et quand ils sont passés, nous l’avons enlevé »25.

Il est de même obligatoire que les mains soient gantées pour ne pas être montrées. Elles sont considérées en islam comme une source de tentation inacceptable, si bien qu’il est haram pour tout homme de serrer la main d’une femme. On rapporte par surcroît que Mahomet n’a jamais touché la main d’une femme sauf pour prendre son serment d’allégeance, celui-ci aurait dit d’après Ahmad ibn Hanbal (m. 855) dans son Mosnad : « l’adultère de la main est le toucher »26. La preuve que cela est wâjib est le rapport enregistré par Ibn Hajar sur l’autorité de Moujâhid ibn Jabr (m. 722) en commentaire du Sahih al-Boukhâri :

Moujâhid a rapporté : « alors que le Prophète était avec certains de ses compagnons, ainsi qu’Aicha qui mangeait au milieu d’eux, un homme parmi eux a soudainement heurté avec sa main la main d’Aicha. Le Prophète eut l’idée de faire descendre le verset du voile (al-hijâb) ».27

La sunna fournit d’autres détails concernant la « burqa » du VIIe siècle et plus généralement sur la façon de s’habiller. On y apprend par exemple qu’elle est suffisamment grande pour accueillir une deuxième personne, et qu’elle ne doit pas dessiner le contour des os ou être estampillée du logo d’un grand couturier28. Ainsi, les musulmanes ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, devenues méconnaissable aux yeux de tous : « le Messager de Dieu faisait la prière de l’aube avec quelques femmes croyantes voilées. Puis, elles rentraient chez elles sans que l’on sache qui elles étaient »29. Privées de leur identité, leur existence est une insulte au Créateur et leur présence est indésirable jusque dans la rue où elles sont contraintes de raser les murs30, le savant du hadith at-Tirmidhi a transcrit dans ses Sunan que le Messager de Dieu a dit : « la femme est un sexe (‘awira, peut aussi se lire ‘awra), et quand elle sort, Satan est plein d’espoirs »31 (le prédicateur Abou Ishâq al-Houwayni, leader du mouvement salafiste égyptien, s’est à coup sûr souvenu de cette tradition au cours d’un prêche en décembre 2011 quand il proclama que « le visage d’une femme est comme son vagin »). En plus de la souffrance psychologique engendrée par la séclusion, plusieurs études scientifiques réalisées dans des pays occidentaux ont démontré que le voile intégral ou partiel peut nuire à la santé. Des cas de rachitisme ont été diagnostiqués alors que l’on croyait ce mal éradiqué de nos sociétés. Carence en vitamine D, problèmes pulmonaires, asthme, et augmentation du risque d’ostéoporose, pèsent aussi sur le fardeau des voilées.

Avant d’aborder les situations dans lesquelles la femme est autorisée à dévoiler ses atours, examinons le hadith suivant pouvant être utilisé par les détracteurs du niqab :

Une femme qui s’appelait Oumm Khallâd est allée voir le Prophète et elle se couvrait le visage. Elle a posé des questions sur son fils qui a été tué. Certains compagnons du Prophète ont dit : « tu poses des questions sur ton fils alors que tu as le visage couvert ? » Elle a répondu : « alors que je suis affligé par la perte de mon fils, je ne souffrirai jamais de la perte de ma modestie ». Le Messager de Dieu a dit : « ton fils a la récompense de deux martyres ». Elle a répondu : « et pourquoi ça, Ô Messager de Dieu ? » Il a dit : « parce qu’il a été tué par les gens du livre ».32

Khallâd bin ‘Amr était le fils d’Oumm Khallâd et fut tué au cours de la grande bataille de Badr selon Ibn Ishâq, ou un an après, durant la bataille d’Ohod si l’on en croit al-Wâqidi (m. 822), autrement dit, plusieurs années avant la révélation du khimâr. Si les compagnons s’interrogent sur le port du niqab, c’est parce qu’à ce moment-là les croyantes n’étaient pas tenues de suivre les coutumes païennes, conformément à la parole du Prophète : « quiconque imite un peuple est l’un d’eux »33. Mais le plus curieux sont les dires qu’on a fait remonter à Mahomet : « il a été tué par les gens du livre », or, Khallâd est mort sous les coups d’épées des idolâtres. Cela démontre que la tradition n’est pas authentique et a visiblement été fabriquée par Abou Dâwoud puisque ce dernier l’a approuvée.

 

Les cas où il est permis de se découvrir

Le verset 24.31 fournit la liste des personnes devant lesquelles une croyante est habilitée à se dévoiler ou à se déshabiller sans toutefois découvrir les parties du corps situées entre le nombril et le genou inclus.

- La première catégorie

Porte sur les époux : « et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris ». La question traitant de cet aspect épineux de la loi islamique anime les débats religieux depuis des siècles, car le regard de l’homme sur sa femme divise les ‘oulemâ’ et suscite des interrogations. Il y a quelques années de cela au pays des Pharaons, le sujet a refait surface. Le Cheikh Rachâd Hassan Khalîl, Doyen de la faculté de la Charia et du Droit, a eu l’audace de déclarer « qu’enlever les vêtements au cours des rapports conjugaux annule le contrat de mariage », tandis que le Cheikh ‘Abdullah, qui fait parti du comité de la fatwa à al-Azhar, a affirmé que « le regard vers le corps est souhaitable sauf vers le vagin » et il est préférable de se couvrir d’un drap ou d’une couverture. ‘Abd al-Mou’ti, membre du Centre d’études islamiques, a pour sa part critiqué ses fatwas en objectant que rien n’était prohibé dans un couple sauf les relations anales34. Les avis juridiques de nos deux premiers imams sont consolidés par la littérature hadithique, il existe en effet des propos tout aussi surprenant attribués au Prophète. As-Souyouti, par exemple, a archivé dans l’une de ses œuvres que le Messager de Dieu a dit : « si l’un d’entre vous pendant le rapport sexuel regarde vers le vagin, cela provoque la cécité, et ne parlez pas trop car cela provoque le mutisme »35, et le traditionaliste Ibn Mâjah (m. 887) a relevé que Mahomet a dit : « quand l’un de vous a un rapport sexuel avec sa femme, qu’il se couvre et ne soit pas nu comme les ânes », ainsi que cette remarque lancée par ‘Aicha, la femme du Prophète : « je n’ai jamais vu – ou je n’ai jamais regardé – les parties intimes du Messager de Dieu »36. Ces rapports ont été jugés faibles ou forgés par beaucoup de mouhaddithin, par ailleurs, des traditions plus authentiques auxquelles fait allusion le partisan du madhhab zahirite Ibn Hazm dans Al-Mouhalla bi-l-Athâr viennent les contredire :

Il est licite pour un homme de regarder le vagin de ses femmes, qu’elle soit son épouse ou son esclave femelle avec qui il est en droit d’avoir des rapports sexuels, et il leur est également licite de regarder ses parties intimes. Il n’y a aucun doute à propos de cela. La preuve de cela est dans les récits bien connus d’Aicha, d’Oumm Salama et de Maymouna, les mères des croyants, que Dieu les bénisse, qui faisaient les grandes ablutions avec le Messager de Dieu dans un récipient afin de se purifier de l’impureté sexuelle. Le rapport de Maymouna indique clairement qu’il était découvert, car dans son récit, il est rapporté « qu’il a plongé sa main dans le récipient, puis a versé de l’eau sur ses parties intimes et les a lavées avec sa main gauche ». Considérant cela, il n’y a pas besoin de se tourner vers l’avis de quelqu’un. Il est étrange que certains parmi les ignorants veuillent rendre les choses difficiles en autorisant les rapports sexuels tout en interdisant de regarder les parties intimes.37

Attendu que la jurisprudence islamique – surtout le fiqh hanbalite – admet l’utilisation des ahâdith faibles afin d’instaurer les règlementations ou les recommandations de la charia, nous n’avons pas fini d’entendre parler de ce débat.

- La deuxième catégorie

Elle concerne la famille ou la belle-famille : « ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs ». Les oncles paternels ou maternels n’étant pas inclus dans le verset, la croyante doit se plier à l’ordre d’Allah en leur présence, exception faite, précise la sunna, pour les oncles de lait, c’est-à-dire, les frères de la femme qui a allaité la musulmane quand elle était bébé, c’est la raison pour laquelle le Messager de Dieu avait demandé à ‘Aicha de ne pas observer le voile devant Aflah38. Mais à partir de quand peut-on parler de parenté par allaitement ? Allah et son Prophète ont réponse à tout et ont défini les conditions suivantes : le lait doit entrer dans l’estomac et être bu directement du téton, et cela avant le sevrage39, de plus, cinq allaitement minimum sont nécessaires pour établir la parenté, en-dessous de ce nombre, l’affiliation est non valide40. Au départ, Dieu avait prescrit dix succions, puis il abrogea le verset pour ramener le nombre à cinq : « ‘Aicha a rapporté : « parmi ce qui a été descendu du Coran, il y avait « dix tétées connues rendent haram », puis cela a été abrogé par « cinq tétées connues ». Le Messager de Dieu est mort et cela était récité comme faisant parti du Coran »41. Le verset abrogeant ne figure malheureusement plus dans le Coran, il a tout simplement disparu. On peut émettre trois hypothèses quant à l’origine de sa disparition. La première est qu’il fut emporté dans la tombe des dizaines de récitateurs tués pendant la bataille d’al-Yamâma sous le califat d’Abou Bakr (m. 634), la seconde donne à entendre que le verset est parti en fumée lors de l’autodafé des Corans orchestré par le troisième calife ‘Othmân bin ‘Afân (m. 656), et enfin la troisième possibilité suggère que le passage en question ait été réduit à l’état d’excrément à supposer qu’il se trouvait écrit sur la même feuille que le verset des dix tétées, Ibn Mâjah a mentionné dans ses Sunan :

‘Aicha a rapporté : « le verset de la lapidation et de l’allaitement de l’adulte de dix tétées ont été révélés et ils étaient inscrits sur une feuille qui était sous mon lit. Mais quand le Messager de Dieu a rendu l’âme et que nous étions occupés par sa mort, un animal domestique est entré et l’a mangée (la feuille) ».42

Le commentateur Mohammed bin ‘Abd al-Hâdi as-Sindi (m. 1724) suggère qu’une brebis l’a dévorée43. Quoiqu’il en soit, après la mort de Mahomet, le verset est rapidement passé aux oubliettes et ne fut plus appliqué, l’imam de Médine en personne le reconnait en confessant que « plus personne ne suit cette règle »44. Ce dernier a notifié dans le chapitre de l’allaitement de son traité de jurisprudence Al-Mouwattâ’ les avis d’Ibn ‘Abbâs et des tabi’ayn Sa’id bin al-Moussayab (m. 715) et ‘Orwa bin az-Zoubayr (m. 713) selon lesquels une seule petite goutte ou gorgée suffit au cours des deux premières années à rendre haram, cela signifie clairement que la position des juristes prévaut sur les prescriptions d’Allah. Toujours dans le même chapitre, on y apprend qu’Aicha et Hafsa incitaient leurs sœurs à allaiter des nourrissons de façon à ce qu’ils puissent leur rendre visite une fois adulte. Dans la religion musulmane, un homme étranger, contrairement à un mahram, n’a pas le droit de visiter une femme sans l’accord tacite du mari. Les femmes du Prophète pouvaient de la sorte accueillir dans leurs appartements de jeunes hommes et se découvrir devant eux sans que Mahomet ne soit au courant. En théorie, on reconnait la parenté par allaitement suivant le nombre de gorgées de lait avalées durant les deux premières années, cependant, le Messager de Dieu a fait une exception concernant un enfant adopté nommé Sâlim. Le Prophète a demandé à ce que celui-ci suce les seins de sa mère alors qu’il était devenu barbu et adulte, de cette manière il deviendra officiellement un mahram pour elle et entrera en conformité avec la loi islamique. ‘Aicha, comme à son habitude, a usé de ce principe pour parvenir à ses fins :

Mâlik a rapporté qu’on a interrogé Ibn Chihab au sujet de l’allaitement de l’adulte. Il a répondu : « ‘Ourwa bin az-Zoubayr m’a rapporté qu’Abou Houzayfa bin ‘Otba bin Rabî’a, l’un des compagnons du Messager de Dieu qui avait assisté à la bataille de Badr, avait adopté Sâlim, connu sous le nom de Sâlim, l’esclave affranchi d’Abou Houdayfa, tout comme le Messager de Dieu avait adopté Zayd bin Hâritha. Il le considérait comme son fils, et Abou Houdhayfa l’a marié avec la fille de son frère, Fâtima bint al-Walîd bin ‘Otba bin Rabî’a, qui en ce temps-là faisait parti des premiers émigrés. C’était l’une des plus belles femmes célibataires des Qoraychites. Quand Dieu le Tout-puissant a fait descendre dans son livre ce qu’il a fait descendre à propos de Zayd bin Hâritha : « appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés » (33.5), les gens qui étaient concernés furent appelés du nom de leur vrai père, et quand le père n’était pas connu ils portaient le nom du père qui les avaient adoptés. Sahla bint Souhayl, qui était la femme d’Abou Houdhayfa et faisait parti de la tribu d’Âmr bin Louayy, est allée voir le Messager de Dieu et dit : « Ô Messager de Dieu, nous considérons Sâlim comme notre fils et il passe me voir alors que je suis découverte. Nous n’avons qu’une seule pièce dans notre maison, que penses-tu de cette situation ? » Le Messager de Dieu a répondu : « donne-lui cinq tétées de ton lait et ainsi il te sera interdit ». Elle l’a ensuite considéré comme un fils de lait. ‘Aicha, la mère des croyants, a pris cela comme un droit coutumier pour tous les hommes qu’elle voulait voir. Elle a ordonné à sa sœur Oumm Koulthoum bint Abi Bakr et aux filles de son frère de donner du lait à tous les hommes dont elle souhaitait qu’ils lui rendent visite. Les autres femmes du Prophète ont refusé de laisser entrer quiconque qui avait été allaité de cette façon. Elles ont dit : « non, par Dieu ! Nous pensons que ce que le Messager de Dieu a ordonné de faire à Sahla bint Souhayl n’était qu’une faveur accordée et concernant Sâlim seul. Non, par Dieu ! Personne n’entrera chez nous ayant été allaité de cette façon ! » C’est ce que pensaient les femmes du Prophète au sujet de l’allaitement de l’adulte ».45 

Malgré que ce fusse une dérogation extraordinaire dont a bénéficié Sâlim, l’allaitement de l’adulte a semé la confusion au sein de la oumma. Les femmes jalouses des concubines de leurs maris leur donnaient le sein dans le but de les rendre interdites : « un bédouin est venu voir le Prophète alors qu’il était chez moi. Il a dit : « Ô Prophète de Dieu, j’avais une femme et je me suis marié avec une autre. Ma première femme a prétendu qu’elle a allaité d’une ou deux tétées ma nouvelle femme ». Le Prophète a répondu : « une ou deux tétées ne rendent pas haram »46. Et même après la mort de Mahomet, des musulmanes essayaient de rouler leurs conjoints : « un homme est allé voir ‘Omar bin al-Khattâb et dit : « j’ai une fille esclave et j’ai des rapports sexuels avec elle. Ma femme est allée la trouver et l’a allaitée. Quand je suis allé vers la fille, ma femme m’a dit de prendre garde parce qu’elle l’avait allaitée ! ». ‘Omar lui a répondu : « corrige-la durement et retourne vers ton esclave, car la parenté par allaitement ne se fait que par l’allaitement du jeune enfant »47. On rapporte également qu’un homme s’est demandé si sa propre femme ne lui était pas devenue interdite après avoir bu de son lait, Abou Moussa al-Ach’ari (m. 662 ou 672), l’un des compagnons du défunt Envoyé de Dieu, resta un instant perplexe puis lui confirma l’interdiction avant de se faire reprendre par Ibn Mas’oud (m. 652)48. Avec l’évolution des mœurs qui autorise désormais les femmes à travailler, le juriste d’al-Azhar et directeur du département des études du Hadith, Izzat Attiyah, a estimé dans une fatwa émise en 2007 qu’il était bon de reprendre le principe de l’allaitement de l’adulte (de cinq tétées) de manière à rendre licite la mixité entre deux collègues de bureau :

Les liens de lait ainsi établis entre ces deux collègues les empêcheront d’avoir des relations sexuelles prohibées et leur mixité dans le bureau ne posera plus de problème. De plus, une fois que ce lien est établi, la femme pourra ôter son voile au bureau et montrer ses cheveux, même en présence de son collègue.49

Izzat Attiyah souhaiterait aussi qu’un texte de loi soit rédigé en faveur de cette norme islamique et qu’un certificat d’allaitement soit délivré. À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles ! C’est la seule solution qu’a trouvé l’imam pour légaliser la promiscuité prohibée par le Prophète qui a dit : « aucun homme ne doit rester seul avec une femme car Satan est le troisième »50. L’ancien Mufti d’Arabie Saoudite Ibn Baz (m. 1999) avait quant à lui conseillé de démissionner de son travail si les dispositions nécessaires pour éviter la mixité ne pouvaient être prises. Le Cheikh algérien Shamseddine Bouroubi a tiré la sonnette d’alarme et révélé que des femmes éplorées, épouses de salafistes adeptes de la fatwa d’Attiyah, l’ont contacté pour le supplier d’intervenir car leurs maris les forçaient à allaiter leurs amis en période de ramadan. Cette fatwa est pourtant basée sur les enseignements grotesques et malsains de Mahomet, et il convient aux juristes d’examiner et de déterminer si le cas de Sâlim peut être étendu à d’autres domaines ou non.

- La troisième catégorie

« Ou aux femmes » se réfère uniquement aux femmes musulmanes. As-Souyouti a cité dans Ad-Dourr al-Manthour la lettre écrite par ‘Omar ibn al-Khattâb à ‘Obayda : « j’ai appris que des femmes parmi les femmes musulmanes allaient au bain public avec les femmes des polythéistes. Il n’est pas licite à une femme qui croit en Dieu et au Jour dernier de montrer son sexe sauf aux gens de sa communauté »51. La raison en est que les femmes des incrédules peuvent décrire à leurs maris les parties intimes des pieuses, alors qu’une musulmane en sera dissuadé - encore faut-il qu’elle ait une bonne connaissance du hadith - puisque le Messager de Dieu a dit : « aucune femme ne devra décrire une autre femme à son mari comme s’il l’avait vu »52. Comme l’a indiqué Ibn Kathir dans son exégèse via la tradition transmise par le père d’Ibn ‘Atâ’, même une sage femme non croyante n’est pas en droit de faire accoucher une musulmane sauf en cas de réelle nécessité. Les barbus agressant ainsi les médecins dans les hôpitaux en Occident, et qui réclament à ce que leurs conjointes soient prises en charge par des femmes impies, pèchent sans le savoir envers Allah.

- La quatrième catégorie

Elle englobe les esclaves, « ou à ce que leurs droites possèdent », dit le verset. Tabari et Sa’id bin al-Moussayab pensent que cette catégorie vise les esclaves femmes, mais la majorité des savants ont conclu que la musulmane « est autorisée à se montrer devant les esclaves hommes et femmes »53 en s’appuyant notamment sur le hadith d’Abou Dâwoud :

Anas a rapporté que le Prophète a offert un esclave à Fâtima et Fâtima portait un vêtement qui, lorsqu’elle couvrait sa tête, découvrait ses pieds, et lorsqu’elle couvrait ses pieds avec, sa tête se découvrait. Quand le Prophète l’a vue se débattre, il a dit : « il n’y a pas de péché sur toi, c’est seulement ton père et ton jeune esclave ».54

Elle doit en revanche observer le voile devant le moukâtib (esclave qui a conclu un contrat avec son maître pour acheter sa liberté) si ce dernier possède suffisamment d’argent dans sa bourse pour payer le contrat d’affranchissement55.

- La cinquième catégorie

L’eunuque, le simplet, l’homosexuel, et ceux qui n’éprouvent pas de désir en général envers les femmes sont concernés par « ou aux serviteurs qui n’éprouvent pas de désir ».

- La sixième catégorie

La dernière catégorie « ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes » s’adresse, comme son nom l’indique, aux garçons qui n’ont pas atteint l’âge de la puberté, néanmoins, les femmes du Prophète étaient astreintes par leur tyran de mari à se voiler devant eux56.

 

Les cas particuliers

- Devant un aveugle

On rapporte dans le Sahih Moslim, le Mouwattâ’ de Mâlik et dans les Sunan d’Abou Dâwoud que Mahomet a permis à Fâtima bint Qays de passer sa ‘idda (retraite légale de la femme répudiée ou veuve) et d’enlever ses vêtements dans la maison d’Abdullah ibn Oumm Maktoum qui était aveugle. Tirmidhi a immortalisé une anecdote relatant qu’Oumm Salama et Maymouna ont, sans prendre en considération la jalousie excessive de leur époux, présumé à tort que cette règle s’appliquait à toutes les femmes :

Oumm Salama a rapporté :
J’étais avec le Messager de Dieu et Maymouna. Ibn Oumm Maktoum est entré. Cela s’est passé après que l’ordre d’observer le hijâb fut révélé. Le Messager de Dieu nous a ordonné de s’y plier devant lui. J’ai dit : « Ô Messager de Dieu, n’est-il pas aveugle ? Il ne nous verra pas ni ne nous reconnaitra ». Le Prophète a dit : « êtes-vous toutes deux aveugles ? Ne le voyez-vous pas ? »57

Abou Dâwoud a dit : « cette règle s’applique seulement aux femmes du Prophète »58. Nous pouvons logiquement en déduire à partir de cette tradition que le voile intégral du VIIe siècle obstrue la vue de la même manière que la burqa qui est actuellement portée par les femmes afghanes.

- En état de consécration rituelle (ihrâm)

L’un des rares cas où le visage et les mains peuvent être montrés publiquement est lorsque la croyante est en état de consécration rituelle pour accomplir le pèlerinage, l’Envoyé de Dieu a dit : « la mouhrima n’a pas à se couvrir le visage ni à porter de gants »59. Le Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a émis à ce sujet un commentaire très intéressant : « ceci indique que le niqab et les gants étaient connus parmi les femmes qui n’étaient pas en état de consécration rituelle. Cela implique qu’elles couvraient leurs visages et leurs mains »60. Il existe malgré tout quelques traditions où les musulmanes se couvrent le visage en état de consécration rituelle, l’une d’elles a d’ailleurs été mentionnée plus haut (voir citation n°25), Ibn Hajar a également transmis dans un hadith authentique que « la mère d’Ismâ’îl bin Abi Khâlid a dit : « nous sommes entrés chez la mère des croyants le jour d’at-tarwiyya et nous lui avons dit : « Ô mère des croyants, voici une femme qui refuse de couvrir son visage et c’est une mouhrima ». ‘Aicha a relevé le khimâr sur sa poitrine et lui a couvert le visage avec celui-ci »61. Pour concilier les différentes traditions, les juristes ont argué qu’il n’est pas obligatoire de se couvrir la face en ihrâm, toujours est-il que cela est fortement conseillé tel que l’a illustré al-Boukhâri dans un récit d’Ibn ‘Abbâs où al-Fadl était tellement subjugué par la splendide beauté d’une jeune pèlerine que le Prophète dû intervenir pour lui en détacher le regard62.

- Les femmes âgées

« Et quant aux femmes atteintes par la ménopause qui n’espèrent plus le mariage, nul reproche à elles d’enlever leurs vêtements, sans cependant exhiber leurs atours et si elles cherchent la chasteté, c’est mieux pour elles » (24.60), c’est l’unique verset coranique qui autorise la femme à ôter ses vêtements sans pour autant préciser lesquels. Il y eut quelques divergences d’opinions parmi les savants mais l’avis le plus correct fut répertorié par al-Qortobi dans son tafsir :

Il y en a qui disent que si les cheveux d’une vielle femme qui n’espère plus avoir de mari apparaissent, ceci n’est pas grave. De ce fait, il lui serait ainsi permis d’enlever son khimâr. Ce qui est vrai est qu’elle est pareille que la jeune femme sur le fait de se couvrir, sauf que la vieille femme peut enlever le jilbâb qui est par-dessus ses autres vêtements ainsi que son khimâr. Ceci a été rapporté par Ibn Mas’oud, Ibn Joubayr, et d’autres.63

Cependant, cette dispense était relativement peu suivie par les femmes de la oumma, elles préféraient véritablement se soumettre aux recommandations d’Allah à l’instar d’Hafsa bint Si’rîn :

‘Âsim al-Ahwal a rapporté:
Nous sommes entrés chez Hafsa bint Si’rîn qui avait mis son jilbâb et couvrait son visage avec, et nous lui avons dit : « que Dieu te soit clément. Dieu dit : et quant aux femmes atteintes par la ménopause qui n’espèrent plus le mariage, nul reproche à elles d’enlever leurs vêtements, sans cependant exhiber leurs atours » (24.60). Elle nous a dit : « qu’y a-t-il après cela ? » Nous avons dit : « et si elles cherchent la chasteté c’est mieux pour elles ». Elle a répondu : « c’est pour garder le jilbâb ».64

- Avant le mariage

L’homme a la possibilité de regarder le visage de la femme qu’il convoite sous réserve de son accord explicite et préalable. Tirmidhi a archivé dans ses Sunan que « Moughîra bin Chou’ba a dit : « je veux épouser une femme ». Le Prophète lui a répondu : « regarde-la. Cela renforcera votre amour l’un envers l’autre »65. Le compagnon Jâbir ibn ‘Abdullah (m. 697) a épié à l’insu de son plein gré une femme dans sa maison dont il s’était épris de passion ; le crime est passible selon la loi islamique d’une énucléation des deux yeux sauf dans ces circonstances, certains juristes ont estimé que cette pratique était détestable.

- Pas de désir

Deux des quatre fondateurs des écoles de jurisprudence sunnite consentent à laisser le visage et les mains apparents s’il n’y a pas de désir, mais en ces temps de « grande corruption morale » il est préférable de les dissimuler. Cette opinion est probablement inspirée du passage « aux serviteurs qui n’éprouvent pas de désir » (24.31). Ibn Taymiyya a déclaré dans Hijâb al-Marâ wa-Libâsouhâ fi-s-Salât :

Il a été dit : la vue de son visage et de ses mains est autorisée s’il n’y a pas de désir, et c’est l’avis de l’école d’Abi Hanifa, d’ach-Chafi’i, ainsi que de l’école d’Ahmad.
Et il a été rapporté : ce n’est pas autorisé, et c’est le point de vue manifeste de l’école d’Ahmad. Il a dit : chaque partie d’elle est ‘awra, même ses ongles, et c’est l’avis de Mâlik.66

Le mot ‘awra apparait une seule fois dans le Coran (33.13) et signifie « à découvert ». Le terme a été remanié par les traditionalistes et le fiqh islamique pour désigner les parties du corps susceptibles d’exciter les mahométans et qui doivent être couvertes.

- La nécessité

Les fouqahâ’ disent qu’il n’y a aucun mal à regarder une femme dans les cas où cela s’avère nécessaire, dans les enquêtes de police ou lors d’examens médicaux, entre autres, mais aussi lorsqu’une femme révèle sa nudité dans un combat pour distraire les musulmans, il est permi de regarder ses parties intimes pour ne pas quitter la cible des yeux et la tuer.

 

Les esclaves

Les esclaves musulmanes n’ont pas à se préoccuper du verset 33.59 prescrit uniquement aux femmes libres, malgré qu’il a été dit « qu’il est maintenant obligatoire pour toutes les femmes, transmet al-Qortobi, de se couvrir entièrement, de même que le visage, que ce soit les femmes libres ou les esclaves »67. Le moufassir n’est lui-même pas en adéquation avec cet avis isolé puisqu’il désavoue l’exemplarité du Prophète comme nous pouvons le constater dans le Sahih al-Boukhâri :

Anas a rapporté :
Le Prophète a fait halte durant trois nuits entre Khaybar et Médine et s’est marié avec Safiyya. J’ai invité les musulmans à son banquet de mariage et il n’y avait ni viande ni pain à ce banquet, mais le Prophète a ordonné à Bilâl d’étaler les tapis de cuir sur lesquels des dates, du yaourt séché et du beurre furent posés. Les musulmans se sont dit : « sera-t-elle l’une des mères des croyants, ou juste ce que sa droite possède ? » Certains ont dit : « si le Prophète lui fais observer le hijâb, elle sera alors l’une des mères des croyants, et s’il ne lui fait pas observer le hijâb, elle sera alors sa femme esclave ». Quand il a plié bagages, il a fait une place pour elle derrière lui et lui a fait observer le hijâb.68

Et gare aux esclaves qui seraient tentées de se camoufler derrière un voile intégral, le disciple d’Abou Hanifa (m. 767), Mohammed ibn al-Hassan ach-Chaybâni (m. 804), a écrit dans Al-Athâr « qu’Omar bin al-Khattâb frappait les esclaves si elles se couvraient le visage, et il disait : « n’essayez pas d’imiter les femmes libres »69, il ajoute qu’Ibrâhîm an-Nakha’i (m. 726) a dit que la captive « prie sans qinâ’ et sans khimâr, même si elle atteint l’âge de cent ans et qu’elle a des enfants de son maître »70. En dehors de la prière, les docteurs de la loi ont statué que l’exhibition des seins de l’esclave est licite étant donné que sa ‘awra est assimilé à celle d’une mahram. Le spécialiste du droit musulman qu’on ne présente plus, Ibn ‘Âbidîn (m. 1836), s’est arrêté un instant sur cette question dans son ouvrage qui fait encore autorité aujourd’hui Radd al-Mouhtâr ‘ala ad-Dour al-Moukhtâr :

Le ventre : c’est la partie molle de devant, et le dos (az-zahr) est ce qui fait face à l’arrière, comme il a été mentionné dans Al-Khazâ’in. Ar-Rahmati a dit : « le dos (az-zahr) est ce qui est parallèle au ventre d’en-dessous de la poitrine jusqu’au nombril, ce qui signifie que la région qui est parallèle à la poitrine ne fait pas partie de la ‘awra ». Ceci indique que la poitrine ainsi que la région de derrière qui lui est parallèle ne sont pas inclus dans la ‘awra et que les seins non plus ne sont pas inclus dans la ‘awra. (…) Et il n’y a aucun doute qu’il est permis de regarder la poitrine et les seins d’une mahram.71

Dans la pratique, les compagnons de Mahomet contraignaient leurs esclaves à les servir seins nus. Les Sunan al-Kobra compilées par l’imam al-Bayhaqi (m. 1066) renferme une tradition authentique transmise par Anas ibn Mâlik (m. 712) qui rapporte que « les esclaves d’Omar étaient à notre service, les cheveux découverts, et leurs seins bougeaient »72. Les juristes ont tout de même décrété l’imposition du voile aux esclaves d’une grande beauté. Al-Wâhidi (m. 1075) a collecté un incident en rapport avec cette éventualité. Dans son œuvre Asbâb an-Nouzoul, il nous fait savoir qu’Omar a levé la main sur une ansârite en raison de son élégance et de sa magnificience73. En légitimant les relations sexuelles avec les captives (23.6, 70.30), le Coran encourage le maître à découvrir la ‘awra des êtres humains qu’il possède. Il est également possible de tripoter ou de révéler ostensiblement la ‘awra d’une belle prise au marché des esclaves. Celui que l’on surnomme parfois « le maître des maîtres du hadith », ‘Abdullah ibn Mohammed ibn Abi Chayba (m. 849), a consacré dans son recueil Al-Moussanaf un chapitre dédié à l’acquisition de l’esclave :

Nâfi’ a rapporté : « lorsque Ibn ‘Omar voulait acheter une esclave, il mettait sa main sur ses fesses ou entre ses cuisses, et parfois il découvrait ses jambes ». […]
‘Abdullah bin Habîb a rapporté : « lorsqu’Abou Ja’far négociait le prix d’une esclave, il mettait sa main sur ses seins et sur sa poitrine ». […]
Ibn ‘Awn a rapporté : « quand on envoyait Mohammed chercher une esclave, il l’examinait en découvrant son entre-jambe et ses bras ». […]
Abi Moussa a rapporté : « je ne connais pas d’homme quand il achetait une esclave qui ne regardait pas en-dessous de l’esclave et au-dessus du genou avant de prendre sa décision ».74

‘Abd ar-Razzâq as-San’âni (m. 826), qui fut l’un des maîtres d’al-Boukhâri, a capté les propos de Moujâhid, qui enfonce encore un peu plus le fils du calife, dans son corpus de traditions :

Moujâhid a rapporté :
Ibn ‘Omar se promenait au milieu de gens qui souhaitaient acquérir une esclave. Quand ils l’ont vu, alors qu’ils étaient en train d’examiner (l’esclave), ils se sont arrêtés : « examine-la ». Ibn ‘Omar est venu jusqu’à eux, il a découvert ses jambes, puis il l’a poussée sur la poitrine et dit : « achetez-la ».
Mou’ammar et Akhbarani ibn Abi Najîh ont rapporté que Moujâhid a dit : « Ibn ‘Omar a mis sa main entre ses seins, puis il l’a secouée ».75

Ces pratiques furent courantes durant toute la traite arabo-musulmane qui s’étala sans discontinuer du VIIe au XXe siècle. Treize siècles de razzia qui dévasta l’Afrique subsaharienne ainsi que les côtes du vieux continent.

Le seul moyen pour une esclave de protéger son sexe du phallus de son maître ou des regards indiscrets est de s’unir à une personne de même condition qu’elle. Mahomet a inculqué à ses zélateurs : « si l’un de vous donne en mariage son esclave femme à son esclave (mâle), il ne devra pas regarder sa ‘awra »76.

 

Le chiisme

Le clergé chiite n’a pas non plus coupé à la controverse du voile. Quelques mollahs ont épousé la conviction sunnite, mais le Grand Ayatollah Morteza Ansari (m. 1864) fit cesser la polémique en renonçant à l’obligation de couvrir le visage et les mains. Le tchador est le voile traditionnel portée par les iraniennes.

 

En cas de refus

Si la croyante dédaigne à se cloîtrer dans sa prison de tissus, le mari se doit d’appliquer le verset : « exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les » (4.34). L’époux est chargé de faire rentrer sa conjointe dans le droit chemin, car « elles sont comme des prisonnières dans vos mains »77, a dit le Prophète, et il prêchait également que « s’il avait été correct qu’un être humain se prosterne devant un autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari en raison de son immense droit sur elle. Et s’il avait une blessure allant du pied jusqu’au sommet de la tête, de laquelle coulerait du pus, et qu’elle lèche ce qui sort de sa blessure, elle ne lui aurait pas donné son droit »78. En plus de la violence physique à l’encontre des récalcitrantes, le Messager de Dieu a ajouté à leur calvaire la violence psychologique, il dit dans Al-Mou’jam al-Awsat rédigé par le savant du hadith at-Tabarâni (m. 970) : « durant les derniers jours de ma oumma, il y aura des femmes habillées mais nues, avec quelque chose sur leurs têtes comme les bosses de chameaux. Maudissez-les car elles sont maudites »79. Mahomet tolérait tout de même les musulmanes exhibitionnistes qui se dénudaient devant lui, la sunna assure que personne ne pouvait maitriser ses pulsions sexuelles mieux que le Messager de Dieu : « Jâbir bin ‘Abdullah a rapporté : (…) il disait : « laissez mon dos pour les anges » (il était possédé), alors ma femme les a suivi jusqu’à la porte, puis elle a découvert sa poitrine et l’a recouverte. Elle a dit : « Ô Messager de Dieu, prie pour moi et mon mari ». Il a dit : « que Dieu te bénisse toi et ton mari »80.

 

Le rideau de séparation

Le hijâb dans le Coran n’est pas un vêtement, il s’agit en réalité d’un rideau de séparation qui permet de s’isoler des hommes. Marie, la mère de Jésus, s’en servait (19.17) et il fut enjoint aux femmes de Mahomet : « et si vous leur demandez quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau, c’est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs » (33.53). Les épouses du Prophète étant des modèles de vertu à suivre, les théologiens, tel que le fondamentaliste pakistanais Maulana Maududi (m. 1979), ont insisté pour que les musulmanes lambda accrochent à leur porte un rideau lorsqu’un homme étranger pénètre dans la maison, c’était d’autant plus le procédé que s’efforçaient de suivre les femmes des compagnons : « une femme a fait signe derrière un rideau avec une lettre dans sa main pour le Messager de Dieu. Le Prophète l’a saisi avec sa main en disant : « je ne sais pas si c’est la main d’un homme ou d’une femme ». Elle a répondu : « c’est une femme ». Il a dit : « si tu es une femme, tu devrais changer tes ongles », signifiant par là, avec du henné »81.

 

Allah, la douzième femme du Prophète

Dieu se cache pareillement aux mères des croyants derrière un rideau de séparation, il est dit dans le Coran : « il n’a pas été donné à un mortel qu’Allah lui parle autrement que par révélation, ou derrière un voile (hijâb) » (42.51), et « en vérité, ce jour-là un voile les empêchera de voir leur Seigneur » (83.15). Moslim ibn al-Hajjâj (m. 875) stipule dans son Sahih que le rideau est fait de lumière ou de feu, et qu’il le soulèvera pour se montrer à ses fidèles le Jour du Jugement mais s’il venait à le faire avant le temps déterminé, toute la création se consummerait82. Plus étonnant encore, Dieu porte la burqa ! Al-Boukhâri a rapporté que « le Messager de Dieu a dit : « (…) rien n’empêchera les gens dans le Jardin d’Eden de voir leur Seigneur excepté le ridâ’ de la majesté sur son visage »83, et Abou Dâwoud a surenchérit : « le Messager de Dieu a dit : « Dieu Tout-puissant dit : fierté est mon ridâ’, majesté est mon izâr »84. Ibn ‘Abbâs et Ibn Mas’oud ont spécifié que le ridâ’ est l’autre nom du jilbâb (citation n°23), et le jilbâb est la burqa dans sa forme primitive. C’est ainsi vêtu que Dieu jugera l’humanité toute entière qu’il ressuscitera complètement nue. Cela ne manqua pas d’interpeller les pieux qui se demandèrent si l’on ne serait pas tenté de regarder les fesses de sa voisine : « le Messager de Dieu a dit : « vous serez réunis pieds nus, nus, et incirconcis ». J’ai (‘Aicha) dit : « Ô Messager de Dieu, les hommes et les femmes se regarderont-ils les uns les autres ? » Il a répondu : « l’heure sera trop grave pour se soucier de cela »85. Heureusement, certains pourront couvrir leurs parties intimes avec le petit bout de tissu que Dieu leur fournira et qui pourra leur servir de cache-sexe si ceux-ci sont assez malins pour y penser. Dans l’authentique de Moslim, nous lisons : « Abi Sa’id a rapporté que le Prophète a dit : « chaque perfide aura un drapeau sur ses fesses le Jour du Jugement »86. Les houris sont également voilées par leur Créateur et les musulmanes qui dès la puberté ont commencé s’affubler du voile le porteront aussi dans l’éternité.

 

Il n’y a pas de juste milieu dans la religion musulmane, ou la femme est emprisonnée dans une cage de chiffon, ou elle se convertit au naturisme. Et si par malheur elle décide d’abandonner la burqa ainsi que la croyance qui va avec, sa propre famille la pourchassera couteau à la main pour l’égorger. Les extrapolations des ‘oulemâ’ ont conduit la femme au confinement alors que le Coran n’exige que le recouvrement de la poitrine. Les imams prétendent que le voile protège les femmes des agressions extérieures et se gardent bien de divulguer les véritables causes contextuelles du port du voile puisque les musulmans en arriveraient inévitablement à la conclusion qu’Allah ignorait la façon dont la société évoluerait. En 2009, quarante six hommes ont violé sauvagement une servante indonésienne âgée de trente huit ans dans la première ville sainte de l’islam, la Mecque. Était-ce vraiment la faute d’un voile mal ajusté ou d’un regard trop aguicheur ? La bêtise des religieux conservateurs saoudiens va jusqu’à tuer des petites filles qui, lors d’un incendie survenu en mars 2002 dans leur école, ont été brulées vives ou intoxiquées par les fumées à cause de la police religieuse, la Muttawa, dépendante du Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, qui les avaient empêchées de fuir en les refoulant à l’intérieur du bâtiment sous prétexte qu’elles exciteraient sexuellement les secours par leur tenue non conforme au code vestimentaire islamique. Quatorze jeunes filles trouvèrent la mort et des dizaines furent blessées. Les auteurs de ce crime abominable ne furent ni blâmés ni sanctionnés, car en islam la mort est préférable à une mèche de cheveux qui dépasse.

 

 

 

1 Fath al-Qadîr al-Jâmi’ bayna Fannay ar-Riwâyya wa-d-Dirâyya, Mohammad ach-Chawkâni, volume 1, p.1010, Dâr al-Ma’rifa, 2004

2 Sahih al-Boukhâri 362

3 Al-Oustoura fi-t-Tourâth, Dr. Sayyed al-Qemani, p.169, Al-Markaz al-Misri li-Bouhouth al-Hadâra, at-tab’a ath-thâlitha, 1999

4 Sahih al-Boukhâri 1533 et 1520

5 Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, Ibn Kathir, volume 6, p.46, sourate 24 verset 31, Dâr Tayba, 2002

6 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, al-Qortobi, volume 12, p.213, sourate 24 verset 31, Dâr al-Fiker

7 Jâmi’ al-Bayân fi Tafsîr al-Qor’an, Mohammed Ibn Jarîr at-Tabari, volume 19, p.158, sourate 24 verset 31, Dâr al-Ma’ârif

8 Charh al-‘Oumda fi-l-Fiqh, Ibn Taymiyya, volume 4, p.268, Maktabat al-‘Abîkân, 1413

9 Sunan at-Tirmidhi 377. Abou ‘Isa (at-Tirmidhi) a dit : « le hadith d’Aicha est un hadith hassan ». Également rapporté dans Sunan Abi Dâwoud 641 et authentifié par al-Albâni dans Sahih wa-Da’îf al-Jâmi’ al-Saghîr az-Ziyâdatihi, volume 1, p.1371, n°13705, Al-Maktab al-Islâmi.

10 Sunan Abi Dâwoud 642. Cette tradition est correcte selon Abou Dâwoud.

11 Sunan at-Tirmidhi 1731. Il (at-Tirmidhi) a dit : « ce hadith est hassan sahih ».

12 Sahih al-Boukhâri 4481

13 Adwâ’ al-Bayân fi Idâh al-Qor’ân bi-l-Qor’ân, Mohammed al-‘Amîn ach-Chanqiti, volume 6, p.250-251, Dâr al-Fikr, 1995

14 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 14, p.221, sourate 33 verset 59

15 Sunan Abi Dâwoud 4104. Le mouhaddith a déclaré que cet hadith était mursal (le nom du narrateur entre le tabi’i et le Prophète a été omis dans la chaîne de transmission). Al-Albâni pense qu’il est hassan, se référer à Sahih wa Da’îf al-Jâmi’ al-Saghîr az-Ziyâdatihi, volume 1, p.1381, n°13805. D’autres savants l’ont affaibli.

16 Sunan Abi Dâwoud 2151. Authentifié par al-Albâni dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 5/151.

17 Charh az-Zarqâni ‘ala Mouwattâ’ al-Imâm Mâlik, az-Zarqâni, volume 1, p.427, Maktabat ath-Thaqâfa ad-Dîniyya, 2003

18 Sunan Abi Dâwoud 4111. Al-Albâni a dit : « son isnâd est hassan » dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/111.

19 Sahih al-Boukhâri 146. Ibn Hajar dans son commentaire Fath al-Bâri identifie cette tradition comme étant la cause de la révélation du verset 33.59. En ce temps-là, le hijâb désignait le voile intégral.

20 Asbâb an-Nouzoul, ‘Ali ibn Ahmad al-Wâhidi, p.189, Dâr al-Koutoub al-‘Ilmiyya, 2000

21 Fath al-Bâri charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 3, p.235-236, Dâr ar-Rayân li-t-Tourâth, 1986

22 Sunan Abi Dâwoud 4101. Sahih, voir Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/101 d’al-Albâni.

23 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 14, p.220, sourate 33 verset 59

24 Fath al-Bâri charh Sahih al-Boukhâri, volume 1, p.474

25 Respectivement Sahih al-Boukhâri 3910, Mouwattâ’ Mâlik 726, et Sunan Abi Dâwoud 1833. Al-Albâni a dit à propos de la tradition de Mâlik : « cet isnâd est sahih », Irwâ’ al-Ghalîl fi Takhrîj Ahâdith manâr as-Sabîl, volume 4, p.212, Al-Maktab al-Islâmi, at-tab’a ath-thâniyya, 1985 ; il a également enregistré une tradition similaire et authentique dans un autre de ses ouvrages : « Asmâ’ bint Abi Bakr a rapporté : « nous couvrions nos visages devant les hommes, et nous nous coupions les cheveux de devant quand nous étions en état de sacralisation », cf. Jilbâb al-Marâ al-Mouslima fi-l-Kitâb wa-s-Sounna, p.107, Al-Maktaba al-Islamiyya, 1413. Abou Dâwoud, quant à lui, considère que son hadith est bon.

26 Mosnad Ahmad 8392. Sahih d’après Ibn Kathir : Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, volume 2, p.315, sourate 4 verset 43.

27 Fath al-Bâri charh Sahih al-Boukhâri, volume 1, p.300

28 Voir Sahih Moslim 890, Mosnad Ahmad 21281 et 5631. Le hadith d’Ahmad n°21281 est hassan selon al-Albâni, Jilbâb al-Marâ al-Mouslima fi-l-Kitâb wa-s-Sounna, p.131, Al-Maktaba al-Islamiyya, 1413 ; tandis que le n°5631 possède un isnâd sahih d’après Ahmed Shaker et a aussi été rapporté dans Sunan Ibn Mâjah 3607 avec un isnâd jugé hassan par al-Mondhiri, consulter At-Targhîb wa-t-Tarhîb min al-Hadith ach-Charîf, volume 3, p.83, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1417.

29 Sahih al-Boukhâri 365

30 Sunan Abi Dâwoud 5272. Al-Albâni l’a déclaré hassan dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 11/272.

31 Sunan at-Tirmidhi 1173. Abou ‘Isa a dit : « c’est un hadith hassan gharîb ».

32 Sunan Abi Dâwoud 2488. Abou Dâwoud considère qu’il est bon, mais al-Albâni et adh-Dhahabi l’ont affaibli.

33 Mosnad Ahmad 5093. Ahmed Shaker a dit : « son isnâd est sahih ».

34 www.albawaba.com, publié le 8 janvier 2006

35 Al-Lâli al-Masnou’a fi-l-Ahâdith al-Mawdou’a, Jalâl ad-Dîn as-Souyouti, volume 2, p.144, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1996

36 Sunan Ibn Mâjah 1921 et 662

37 Al-Mouhalla bi-l-Athâr, Ibn Hazm, volume 9, p.164-165, Dâr al-Fikr

38 Sahih Moslim 1445-5

39 Sunan at-Tirmidhi 1152. Abou ‘Isa a dit : « cet hadith est hassan sahih ».

40 Ibid. 1150. Abou ‘Isa a dit : « le hadith d’Aicha est un hadith hassan sahih ». Voir également Sunan Abi Dâwoud 2063.

41 Sahih Moslim 1452. Rapporté aussi dans Sunan Abi Dâwoud 2062.

42 Sunan Ibn Mâjah 1944. Il est sahih d’après Ibn Hazm, se référer à Al-Mouhalla bi-l-Athâr, volume 11, p.236.

43 Hâchiyyat as-Sindi ‘ala Ibn Mâjah, Mohammed bin ‘Abd al-Hâdi as-Sindi, volume 1, p.599, Dâr al-Jîl

44 Mouwattâ’ Mâlik 1293

45 Ibid. 1288. An-Nasâ’i, de même, a véhiculé cette histoire dans ses Sunan (ahâdith 3319 à 3325) avec des chaînes de transmission sahih.

46 Sahih Moslim 1451

47 Mouwattâ’ Mâlik 1289

48 Ibid. 1290

49 Islam : un imam suggère que les femmes qui travaillent puissent allaiter leurs collègues de bureau, traduction et synthèse de Chawki Freïha, www.mediarabe.info, 18 mai 2007

50 Sunan at-Tirmidhi 1171. Abou ‘Isa a dit : « le hadith d’Oqba bin ‘Âmer est un hadith hassan sahih ». Dans le même registre : « Ibn ‘Abbâs a rapporté : j’ai entendu le Prophète prêché et dire : « aucun homme ne doit rester seul avec une femme sauf si un mahram est présent avec elle, et la femme ne doit pas entreprendre de voyage sans un mahram ». Une personne s’est levée et a dit : « Ô Messager de Dieu, ma femme est partie faire le pèlerinage, alors que je m’étais engagé dans telle et telle bataille ». Il a répondu : « va faire le pèlerinage avec ta femme » (Sahih Moslim 1341).

51 Ad-Dourr al-Manthour, Jalâl ad-Dîn as-Souyouti, volume 6, p.183, Dâr al-Fikr, 1993

52 Sahih al-Boukhâri 4943

53 Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, volume 6, p.48, sourate 24 verset 31

54 Sunan Abi Dâwoud 4106. Al-Albâni l’a déclaré sahih, Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/106.

55 Ibid. 3928. Abou Dâwoud le considère bon. On a rapporté : « Sâlim a dit : « je passais la voir (‘Aicha) en tant qu’esclave avec un contrat d’affranchissement et elle ne se cachait pas devant moi. Elle s’asseyait devant moi et me parlait, jusqu’à ce qu’un jour, je suis passé la voir et j’ai dit : « invoque la bénédiction sur moi, Ô Mère des croyants ! ». Elle a dit : « pourquoi cela ? » J’ai répondu : « Dieu m’a rendu la liberté ». Elle a dit : « que Dieu te bénisse ». Puis, elle a rabattu le hijâb devant moi et je ne l’ai plus jamais revu depuis ce jour » (Sunan an-Nasâ’i 100).

56 Sahih al-Boukhâri 1948

57 Sunan at-Tirmidhi 2778. Abou ‘Isa a dit : « ceci est un hadith hassan sahih ».

58 Sunan Abi Dâwoud 4112

59 Ibid. 1826. Al-Albâni l’a jugé sahih, se référer à Jilbâb al-Marâ al-Mouslima fi-l-Kitâb wa-s-Sounna, p.104, Al-Maktaba al-Islamiyya, 1413.

60 Jilbâb al-Marâ al-Mouslima fi-l-Kitâb wa-s-Sounna, al-Albâni, p.104, Al-Maktaba al-Islamiyya, 1413

61 At-Talkhîs al-Habîr, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 2, p.518-519, Mouwasasa Qortoba, 1995

62 Sahih al-Boukhâri 1442

63 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 12, p.287, sourate 24 verset 60

64 Sunan al-Kobra, al-Bayhaqi, volume 7, p.93, n°13312, Maktaba Dâr al-Bâz, 1994. Sahih d’après al-Albâni, cf. Jilbâb al-Marâ al-Mouslima fi-l-Kitâb wa-s-Sounna, p.110.

65 Sunan at-Tirmidhi 1087. Abou ‘Isa a dit : « c’est un hadith hassan ».

66 Hijâb al-Marâ wa-Libâsouhâ fi-s-Salât, Ibn Taymiyya, p.15, al-Maktab al-Islâmi, at-tab’a al-khâmsa, 1403

67 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 14, p.221, sourate 33 verset 59

68 Sahih al-Boukhâri 3976

69 Al-Athâr, Mohammed bin al-Hassan ach-Chaybâni, volume 1, p.611-613, n°220, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya

70 Ibid. volume 1, p.610, n°219

71 Radd al-Mouhtâr ‘ala ad-Dour al-Moukhtâr, Ibn ‘Abidîn, volume 1, p.404-405, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1992

72 Sunan al-Kobra, volume 2, p.227, n°3038. Sahih.

73 Asbâb an-Nouzoul, p.189

74 Al-Moussanaf, ‘Abdullah bin Mohammed bin Abi Chayba, volume 5, p.32-33, Dâr al-Fikr, 1994

75 Moussanaf ‘Abd ar-Razzâq, Abou Bakr ‘Abd ar-Razzâq as-San’âni, volume 7, p.286, n°13202, al-Maktab al-Islâmi, 1983

76 Sunan Abi Dâwoud 4113. Hassan, al-Albâni, Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/113.

77 Sunan at-Tirmidhi 1163. Abou ‘Isa a dit : « cet hadith est hassan sahih et ‘awân ‘idhdakoum signifie les prisonniers dans vos mains ». 

78 Mosnad Ahmad 12203. « Cet isnad est acceptable » a dit Ibn Kathir, consulter Al-Bidâya wa-n-Nihâya, volume 9, p.5, Dâr ‘Âlam al-Kotob, 2003.

79 Al-Mou’jam al-Awsat, at-Tabarâni, volume 10, p.154-155, n°9327, Maktabat al-Ma’ârif, 1985. Également rapporté dans le Mosnad Ahmad 7043, Ahmed Shaker a dit : « son isnâd est sahih ».

80 Sunan ad-Dârimi 45. Rapporté aussi dans le Mosnad Ahmad 14857, al-Haythami a déclaré : « les hommes sont sûrs sauf Noubayh al-‘Anazi, mais il est digne de confiance », cf. Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 4, p.137, Maktabat al-Qoudsi, 1994.

81 Sunan Abi Dâwoud 4166. Le hadith est hassan, juge al-Albâni dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/166, il figure aussi dans Sunan an-Nasâ’i 5089.

82 Sahih Moslim 179 et 181

83 Sahih al-Boukhâri 4597

84 Sunan Abi Dâwoud 4090. Al-Albâni l’a authentifié dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/90. Rapporté également par Ibn Mâjah 4174.

85 Sahih al-Boukhâri 6162

86 Sahih Moslim 1738

 

 

 

 

 

 

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