Le Cercle des Poètes Disparus

 

 

 

La poésie a marqué de son emprunte la civilisation arabo-musulmane en commençant à se développer à l’époque du règne de la dynastie Omeyyade (661 - 750) et acquit ses lettres de noblesse sous l’ère Abbasside (750 - 1258). Les Omeyyades donnaient libre cours aux poètes qui pouvaient aborder toute sorte de sujets, n’en déplaisent aux religieux : femmes, alcool, homosexualité, critiques du pouvoir et de la religion, quoique le thème dominant était l’amour. Parmi les porteurs du titre d’amîr al-mou’minîn, al-Walîd II (m. 744) était un poète sans grands égards pour l’islam et 'Abdullah ibn al-Mou'taz (m. 908) décrivait en vers le train de vie des commandants des croyants et prédit la décadence des califats, il en fut assassiner par strangulation. Les califes avaient à leur service des poètes qui leur composaient des panégyriques afin de répliquer aux satires de l’opposition, c’était le moyen de propagande le plus efficace. Avec l’arrivée de la famille Abbasside au pouvoir, la liberté d’expression fut considérablement limitée. Bachâr ibn Bourd (m. 783) fut le porte-étendard  et le martyre de cet art littéraire. D’origine perse, il se fit connaitre par ses poèmes érotiques qui ne furent pas du goût du calife al-Mahdi (m. 785) avec lequel il s’était associé. On le somma de cesser d’écrire ses odes libertines, mais n’écoutant que son courage, il s’entêta à coucher ses fantasmes sur papier. Bachâr fut accusé d’hérésie. Emprisonné puis battu à mort, son corps fut jeté dans le fleuve du Tigre. D’autres poètes de génie se singularisèrent par leurs rimes anticonformistes au péril de leur vie tels que Mouti’ ibn Iyas (m. 787), célèbre pour ses compositions blasphématoires et touchant à l’homosexualité ; Moslim ibn Walid (m. 823), auteur de poèmes exaltant les plaisirs charnels ainsi que les beuveries ; ou encore Omar Khayyam (m. 1131), amateur de vin et libre penseur. La poésie reste très imprégnée dans la culture arabe du troisième millénaire. Chaque année, une chaine de télévision d’Abou Dhabi diffuse un show très populaire dans les pays du Golfe : « le Poète du Million », un concours de poésie regroupant  des métromanes de diverses nationalités dont le vainqueur remporte un million de dollars. En 2010, une participante défraya la chronique par ses vers affûtés et séditieux à l’égard des ‘oulemâ’ conservateurs. Hissa Hilal, une mère de famille saoudienne d’une quarantaine d’années et vêtu du niqab, récita avec bravoure sa composition « le choc des fatâwa » devant un parterre d’admirateurs qui l’acclamèrent : « quand je dévoile la vérité, un monstre surgit de sa cachette, barbare dans la pensée et dans les actes, en colère et aveugle ; portant la mort comme vêtement et bardé d’une ceinture (en référence aux attentats suicides) ». Elle gagna le troisième prix, six cent seize mille dollars, assorti de quelques menaces de mort. Cependant, l’essor de la poésie dans le monde musulman n’aurait jamais dû voir le jour ; c’est un art proscrit par le coran, une création inspirée par les démons. Pour pallier à cela, les califes Omeyyades amoureux des rimes, avec l’aide des historiens et traditionnalistes, falsifièrent le coran et fabriquèrent un passé fictif où les joutes poétiques octroyaient gloire et honneur aux lauréats ainsi qu’à leurs clans.

 

La version officielle

Les Arabes païens étaient des passionnés de poésie et il n’était pas rare de voir s’affronter les spécialistes dans des duels acharnés. Les Qoraychites accrochaient aux murs de la Ka’aba en signe d’admiration, les plus beaux poèmes inscrits en lettres d’or, ils étaient comme des trophées pour les champions de la rime héritant de cette manière d’un profond respect et d’une grande notoriété ; ces sept éblouissantes compositions suspendues étaient appelées les mou’allaqât. Leurs auteurs étaient d’après Ibn Kathir (m. 1373) : Imroû al-Qaïs, Nâbigha al-Dhibyâni, Zouhayr ibn Abi Soulma, Tarafa ibn al-‘Abd ibn Soufyan,  ‘Antar ibn Chaddâd,  ‘Alqama ibn ‘Abda et Labîd ibn Rabi’a, plusieurs autres noms circulent, on parle notamment de al-Hârith ibn Hilliza. Mahomet enviait leur renommé. Se forger une réputation de poète éloquent était un excellent moyen de propager sa nouvelle foi, il adapta donc le style poétique à la révélation coranique sans pour autant obtenir le succès escompté. Son auditoire l’accusait de conter d’anciennes légendes (8.31, 27.68, 68.15, 83.13) qu’il écrivait sous la dictée d’un enseignant (25.5). « Nous avons placé sur leur cœur des enveloppes [afin] qu’ils ne le comprennent pas. Nous avons mis une fissure dans leurs oreilles. S’ils voient quelque aya, ils ne croient pas en elle »1 (6.25), se défend le prophète. Les idolâtres insinuèrent qu’il était possédé étant donné que « les Arabes de l’époque préislamique, écrit Tabari, croyaient au démon de la poésie et pensaient qu’un grand poète était directement inspiré par les démons »2. Le coran garda la trace de ce reproche adressé au Messager de Dieu dans un contexte polémique : « allons-nous délaisser nos Dieux pour un poète possédé ? » (37.36), mais c’est depuis son enfance que les soupçons pesèrent sur lui à cause de son comportement étrange et de ses fréquentes crises d’épilepsie : « elle (Amina, la mère de Mahomet) dit : « as-tu crains pour lui l’action de Satan ? » Je (Halima sa nourrice) répondis : « oui ! »3. Oum Jamîl, pour sa part, fut persuadée qu’il était sous l’emprise du démon. C’était une poétesse et la femme d’Abou Lahab, l’ennemi juré du prophète, « Ô Mohammed, je crois que ton diable t’a abandonné car je ne l’ai pas vu avec toi depuis deux ou trois nuits »4, observa-t-elle, alors que l’Envoyé de Dieu était immobilisé en raison d’une maladie. C’est à son propos que descendirent les versets 111.4-5. Quand elle l’eut appris, elle composa un vers et tourna le prophète en ridicule par un piquant jeu de mot en rapport avec son prénom, « celui qui mérite le blâme ».

Nous avons désobéi à un homme qui mérite le blâme Mudamam
Nous avons refusé sa mission, nous avons refusé sa religion5

Dans d’autres passages coraniques, les adversaires de Mahomet l’houspillent de n’être qu’un médiocre versificateur : « poète ! Nous l’attendons lors de l’incertitude du trépas ! » (52.30), « amas de rêves ! Il l’a forgé ! C’est un poète ! Qu’il nous apporte un signe identique à ce dont furent chargés les premiers [Envoyés] ! » (21.5)6. ‘Omar ibn al-Khattab (m. 644), grand compagnon et second calife de l’empire musulman, pointa lui aussi du doigt la ressemblance frappante de la révélation avec la poésie :

Avant d’embrasser l’islam, j’étais sorti contrarier l’Envoyé. Je l’avais trouvé dans la mosquée : il m’avait devancé. Alors je m’étais mis debout derrière lui. Il avait fait l’ouverture avec la sourate al-Wâqi’a. Je m’étais donc mis à m’étonner de la formation du coran. J’avais dit : « Par Dieu ! Celui-là est un poète, comme le disent les Qoraychites ». Il avait alors récité « ce n’est pas la parole d’un poète ! Comme vous êtes de peu de foi ! » (69.41). J’avais donc dit : « c’est un devin ». Il avait alors récité « ni la parole d’un devin ! Comme vous êtes de courte mémoire ! [C’est] une révélation du Seigneur des mondes » (69.42-43). C’est, par conséquent, que l’islam avait retenti dans mon cœur d’un total retentissement.7

Mahomet se dégagea de leurs accusations en objectant que ce style littéraire ne lui fut jamais enseigné : « nous ne lui avons pas appris la poésie : [cela] ne convenait pas à lui » (36.69), puis opta pour une meilleure stratégie en vilipendant les poètes et leurs auditeurs : « de même les poètes sont suivis par les errants. Ne vois-tu point qu’en chaque vallée ils divaguent et disent ce qu’ils ne font point ? » (26.224-226) ; et vomissait la poésie « il vaut mieux se remplir le corps de pus que de le remplir de poésie »8. Ainsi, l’Envoyé de Dieu était le seul de la progéniture d’Abd al-Mouttalib qui ne récitait officiellement pas de poésie. Le sujet de prédilection des satiristes était le prophète, ses compagnons, et l’islam. Cela faisait enrager Mahomet qui ne supportait pas la critique et les moqueries à son égard, il souhaitait les faire taire en empalant leurs têtes sur un pic, cependant, les musulmans étaient encore trop faibles, peu nombreux, et non aguerris au combat pour pouvoir se débarrasser d’eux, mais ce n’était que partie remise. Il se lança par conséquent dans une campagne de dénigrement et de répression contre les fauteurs de troubles rimailleurs qu’il traitait de malfaiteurs et de suppôts de Satan, « les plus grands criminels sont les poètes qui satirisent des tribus entières »9, « si je (…) compose de la poésie, je suis le genre de personne qui ne se soucie pas de ce qu’elle fait », « je cherche refuge auprès de Dieu contre le nafkh, et le nafth, et le hamz de Satan ». Il (‘Amr) a dit : « nafth est sa poésie, nafkh est sa fierté, hamz est sa folie »10. Si un poète avait le malheur de croiser la route des musulmans, il était aussitôt capturé :

Nous marchions en compagnie du Messager de Dieu en direction de al-‘Arj où nous avons rencontré un poète récitant des vers. Alors le Messager de Dieu dit : « saisissez le Satan ou arrêtez le Satan, car remplir de pus le ventre d’un homme est mieux que de le remplir de poésie ».11

Les Arabes connaissaient par cœur l’inoubliable poésie d’Imroû al-Qaïs, l’un des auteurs des mou’allaqât, aimée dans toute l’Arabie. Quand des musulmans yéménites confièrent à Mahomet qu’ils ne devaient leur salut qu’aux quatrains d’Imroû psalmodiés à l’ombre de la mort, cela eut pour effet d’exciter furieusement la jalousie du prophète, indigné que ses disciples eurent préférer la composition d’un mécréant à son œuvre : « c’est là un homme célèbre en ce bas monde et oublié dans l’autre ; noble en ce bas monde et apathique dans l’autre. Il portera dans sa main l’étendard des poètes et les mènera au feu »12.

Lorsque Hasân ibn Thâbit, ‘Abdallah ibn Rawaha et Ka’b ibn Mâlik annoncèrent leur conversion à l’islam, le Messager de Dieu dû trouver un stratagème ; bon poètes, ils étaient un atout dans la manche d’Allah. En les utilisant à des fins de propagande, de prosélytisme, d’exhortation au combat et de glorification, leurs plumes étaient plus que profitables à la religion naissante : « le croyant fait la guerre sainte avec son épée et sa langue, dit le prophète à Ka’b, par celui qui détient mon âme entre ses mains, c’est comme si tu les attaquais (les polythéistes) avec des flèches »13, sans omettre de rectifier le coran au moment où ses récentes recrues pleurnichèrent à propos de l’hostilité de l’islam envers les poètes et leur art : « Ne vois-tu point qu’en chaque vallée ils divaguent et disent ce qu’ils ne font point ? Exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allah et qui bénéficient de notre aide après avoir été traité injustement. Ceux qui sont injustes sauront vers quel destin ils se tournent » (26.225-227). De cette façon, il rendit licite la composition de poèmes pour les musulmans et blanchit les mercenaires de la rime fraichement enrôlés : « certaine poésie recèle de sagesse », admit-il, « ce sont les sermons et les exemples par lesquels les gens sont réprimandés », précise Sa’sa’a ibn Souhân14. Le revirement soudain de Mahomet s’explique aussi pour son amour inéluctable des pièces de vers qu’il refoula pendant tant d’années. Son poète favori était Omeyya ibn Abi as-Salt par lequel les versets 7.175-176 furent révélés selon quelques traditions. Le prophète adorait écouter sa poésie et sollicitait ses proches de lui déclamer quelques quatrains :

‘Amr ibn ach-Charîd rapporte : mon père m’a raconté le récit suivant : un jour lorsque je chevauchais derrière le Messager de Dieu, il m’a demandé : « connais-tu quelques poèmes de Omeyya ibn Abi as-Salt ? » Je répondis : « oui ». Il dit : « vas-y ». J’ai récité un vers et il me dit : « continue ». Je lui ai récité un autre vers et il me dit : « encore ».  J’ai récité cent vers.15

« Ô Fâri’a ! Mémorises-tu quelques uns des poèmes de ton frère ? »16, se renseigna un jour l’Envoyé auprès de la sœur d’Omeyya. Malgré tout Omeyya n’était pas musulman. On rapporte qu’une fois, le poète débita ses vers devant le prophète qui répliqua dans la foulée par la sourate Yasin, puis il se retira en pensant que le coran était la vérité, sans toutefois être convaincu que la charge de la prophétie revenait à Mahomet. À son retour de Syrie, en passant par Badr, Omeyya désira embrasser l’islam en professant la chahâda devant le Messager de Dieu, mais un homme qu’il rencontra lui fit remarquer que les corps de ces deux cousins maternels gisaient dans un puits de Badr. Il trouva effectivement dans le puits les cadavres en putréfaction, déchiquetés, rongés par les vers et infestés de mouches, d’Otba et Chaïba ibn Rabi’a, que les musulmans avaient laissés pourrir sous le soleil brûlant. Omeyya sut désormais à quoi s’attendre avec le culte d’Allah : « qu’y a-t-il à Badr, s’écria-t-il, sinon des dunes de sable et des crânes de maîtres ? »17. Il reconsidéra sa conversion et chassa cette idée loin de son esprit au plus grand dam de Mahomet : « si seulement il était devenu musulman »18, soupira le prophète. L’Envoyé de Dieu transgressait ouvertement la loi divine dictée par le coran, à savoir que la poésie ne lui convenait pas (36.69), en plus d’être du nombre des égarés (ghâwoun) qui appréciaient les odes des infidèles (26.224). Conscient de cela, il usa d’un artifice dans le but évident d’étouffer sa mécréance manifeste qui pourrait rendre suspect son manège de tartufe : « la science d’Omeyya ibn Abi as-Salt est auprès d’Allah », « sa poésie a cru et son cœur a mécru »19, « il était presque musulman par sa poésie »20. Omeyya n’était pas le seul poète de la Jâhiliyya pour qui l’Envoyé de Dieu avait de l’admiration. Il tenait en grand estime Labîd ibn Rabi’a dont il avait massacré les frères lors de la bataille de Badr : « les paroles les plus véridiques prononcées par un poète étaient celles de Labîd : « toute chose, à part Dieu, est vaine »21. Le prophète se complaisait également à prêter l’oreille et entonner la poésie des alter egos musulmans d’Omeyya et de Labîd. Il aimait particulièrement la prose d’Abdullah ibn Rawâha avec laquelle il martelait fréquemment les tympans de ses confrères : « Chouray dit : « j’ai demandé à ‘Aïcha : le Messager de Dieu récitait-il de la poésie ? » Elle répondit : « il récitait la poésie d’Abdullah ibn Rawâha : quelqu’un à qui vous n’avez pas donné de vivres vous apportes des nouvelles »22. Et quand il piochait énergiquement la terre dans une tranchée, la veille de la bataille des coalisés, en vue de se donner du courage et de garder le rythme :

C’était le jour des coalisés et le Messager de dieu creusait le fossé, je l’ai vu porter la terre hors de la tranchée, la poussière me fit voir la peau de son abdomen et c’était un homme poilu. Je l’entendais réciter les vers poétiques composés par Ibn Rawâha tandis qu’il portait de la terre : « Ô Dieu ! Sans toi, nous ne serions pas dans le droit chemin, nous ne ferions pas l’aumône et ne prierons pas. Et envoie la sérénité sur nous et raffermis-nous face à notre ennemie car ils se sont rebellés contre nous. S’ils ont l’intention de nous combattre, nous ne fuirons pas mais résisterons ».23

Le poète ‘Amir ibn al-Akwa’ revigorait les troupes de moujâhidîn en récitant les vers d’Ibn Rawâha sur le chemin de Khaybar, et eut le plaisir de se voir gratifier du précieux sésame pour le paradis des houris en première classe24 ; cette révélation de Mahomet montre à quel point la poésie a le pouvoir de changer la destinée dans l’au-delà. Il arrivait aussi au prophète de scander des poèmes d’auteurs musulmans beaucoup moins connu de son entourage25.

Hasân ibn Thâbit était quant à lui manipulé par le guide de la oumma afin de riposter aux sarcasmes des poètes opposés à l’islam : « fustige les païens et Jibrîl est avec toi »26 ; et couvrait de louanges le despote de Médine qui résonnaient à l’intérieur du lieu de culte : « le prophète avait placé une chaire pour Hasân dans la mosquée. Il s’y installait et déclamait de la poésie faisant l’éloge du Messager de Dieu »27, néanmoins cela lui était interdit avant la prière du vendredi28, sans doute pour ne pas détourner les croyants de leurs obligations religieuses le jour sacré. Hasân rendait visite de temps en temps à ‘Aïcha en dépit de l’interdiction imposée par la loi islamique de recevoir chez elle des hommes étrangers à la famille. Il lui faisait entendre quelques vers flatteurs de sa composition :

Masrouq a rapporté : nous sommes allés voir ‘Aïcha tandis qu’Hasân ibn Thâbit lui récitait de sa poésie : « une femme chaste et pieuse qui n’éveille aucun soupçon, elle se lève le ventre vide car elle ne mange pas la chair des indiscrètes ». ‘Aïcha lui dit : « mais toi, tu n’es pas comme cela ». Je lui dis : « pourquoi autorises-tu une telle personne à entrer alors que Dieu a dit : à celui qui, parmi eux, s’est chargé de l’essentiel, un tourment immense (24.11) ? » ‘Aïcha répondit : « et quel pire châtiment que celui de la perte de la vue ? »29

D’après Masrouq, sans qu’Aïcha ne l’eusse démenti, le dernier passage du verset 24.11 porte sur Hasân qui serait en conséquence condamné à l’enfer éternel. En effet, le poète répandit la rumeur d’une liaison entre la mère des croyants et Safwân, il fut par conséquent flagellé de quatre-vingt coups de fouet, mais il continua d’écrire à posteriori des satires sur Safwân. Ses visites périodiques chez ‘Aïcha ne le rendait pas dupe des manigances de celle-ci malgré son handicap. À la fin de sa vie, il se mit au service du calife Mou’âwiya qui maudissait publiquement ‘Ali et la descendance du prophète.

Les virulentes diatribes des poètes infidèles poignardaient l’orgueil de Mahomet et empoisonnaient sa vie. Puisque les rimes d’Hasân ne suffisaient pas à les réduire au silence, c’est le sabre tranchant des zélés guerriers musulmans qui leur couperait la langue, ainsi soit-il, la tolérance religieuse n’avait plus sa place dans la révélation divine après l’hégire.

 

Abou ‘Afak

C’était un vieil homme juif âgé de cent vingt ans qui « montra son hypocrisie lorsque l’Envoyé d’Allah tua al-Hârith ibn Suwayd ibn Sâmit. Il dit :

J’ai vécu très longtemps et je n’ai jamais vu
Une maison ou une société d’hommes
Plus fidèle aux engagements et plus respectueuse
Des pactes quand le moment arrive
Que les fils de Qaylah, qui par leur rassemblement
Démolissent les montagnes et ne se soumettent pas
Un homme monta à eux et les divisa en deux
Disant de toutes sortes de choses, ceci est licite et cela est-il licite
Si vous aviez cru en la gloire ou la royauté
Vous auriez dû suivre Tubba’

L’Envoyé d’Allah dit : « qui me débarrassera de ce vilain ? »30. C’est Sâlim ibn ‘Umayr qui se dévoua pour la gloire de Dieu.

C’était un juif, et incitait les gens contre l’apôtre de Dieu et composait des vers (satiriques). Sâlim ibn ‘Umayr qui était un grand pleureur et avait participé à la bataille de Badr, dit : « j’ai fais le vœu de tuer Abû ‘Afak ou je mourrai avant lui ». Il attendait une opportunité jusqu’à une nuit chaude. Abû ‘Afak dormait dehors. Sâlim ibn ‘Umayr le sut, alors il plaça son sabre sur son foie et l’enfonça jusqu’à ce qu’il transperçât le lit. L’ennemie de Dieu hurla et les gens, qui étaient ses proches, se précipitèrent vers lui, l’emmenèrent chez lui et l’inhumèrent.31

Abou ‘Afak fut la première victime d’une campagne d’extermination contre les plumes persifleuses.

 

‘Asma bint Marwân

Elle dévoila son hypocrisie après le meurtre d’Abou ‘Afak selon la chronologie d’Ibn ‘Ishaq. Du côté d’Ibn Sa’d, son assassinat se situe un mois avant l’expédition contre le vieux poète juif. Elle rédigea ces vers :

Comme ils sont humiliés les banû Mâlik, les Nabît,
les ‘Awf et les banû al-Khazraj !
Vous avez obéi à un étranger d‘une autre tribu,
qui n’est ni de Murâd, ne de Madhij,
Espérez-vous en quelque chose de bon de lui après qu’il a tué vos chefs,
Comme un affamé qui attend le potage du cuisinier ?
N’y a-t-il pas quelqu’un qui a de la dignité et qui profiterait d’un moment d’indvertance,
Pour couper les espoirs de ceux qui attendent quelque chose de lui ? (…)

Lorsque l’Envoyé d’Allah en fut informé, il dit : « qui me vengera de la fille de Marwân ? »32. ‘Umayr ibn ‘Adi se porta volontaire.

Elle insultait l’islam, offensait le prophète et incitait les gens contre lui. Elle composa des vers. ‘Umayr ibn ‘Adi alla la trouver dans la nuit et pénétra chez elle. Ses enfants dormaient autour d’elle. Il y en avait un qu’elle allaitait. Il la chercha avec sa main car il était aveugle, et mis l’enfant à l’écart de sa mère. Il enfonça son épée dans sa poitrine jusqu’à ce quelle lui transperce le dos. Puis, il fit la prière du matin avec le prophète à Médine. L’apôtre de Dieu lui dit : « as-tu tué la fille de Marwân ? » Il répondit : « oui. Dois-je faire autre chose ? » Il dit : « non. Deux chèvres ne se donneraient pas des coups de corne à son sujet ».33

Les musulmans irréfléchis, et choqués par ces horribles crimes, cherchent à discréditer les rapports des meurtres du vieillard Abou ‘Afak et d‘Asma la poétesse en invoquant une faiblesse dans la chaine de transmission qui n’est pas mentionnée clairement par Ibn ‘Ishaq, « cependant, elle devient solide par les récits digne de confiance d’Abou Dâwoud »34, explique le Docteur Mahdi Rizqullah Ahmad, en faisant référence aux traditions suivantes répertoriées dans le kitâb al-houdoud au chapitre des règles relatives à ceux qui insultent le prophète :

Un aveugle avait une mère-esclave qui avait l’habitude d'injurier le prophète et de le dénigrer. Il lui interdit mais elle n’arrêtait pas. Il la réprimanda mais elle n’abandonnait pas son habitude. Une nuit, elle commença à calomnier le prophète et à l’injurier. Il prit alors un poignard, le plaça sur son ventre, appuya dessus et la tua. Un enfant vint entre ses jambes et fut maculé du sang qu’il y avait. Lorsque le matin arriva, le prophète fut informé de cela. Il rassembla les gens et dit : « par Dieu ! J’adjure l’homme qui a commis cet acte, et je l’adjure par mon droit sur lui, de se lever ». L’homme se leva en sautant sur les cous des gens et en tremblant. Il vint s'asseoir devant le prophète et dit : « apôtre de Dieu ! Je suis son maître, elle avait l’habitude de t’injurier et de te dénigrer. Je lui avais interdit, mais elle ne s’est pas arrêtée. Je l’ai réprimandée mais elle n’abandonnait son habitude. J’ai d’elle deux fils qui sont comme des perles, et elle était ma compagne. La nuit dernière, elle a recommencé à t’injurier et à te dénigrer. Alors j'ai pris un poignard, l’ai mis sur son ventre, et appuya jusqu’à la tuer ». Là-dessus le prophète dit : « Ô sois en témoin, il n'y aura aucune représailles pour son sang ».

Une juive avait l’habitude d’insulter le prophète et de le calomnier. Un homme l’étrangla jusqu’à ce qu’elle meure. L’Envoyé de Dieu déclara qu’il n’y avait pas de prix à payer pour son sang.35

Dans une autre critique émanant de leur part, ils ergotent sur le fait que des traditions interdisent le meurtre des personnes âgées et des femmes, mais cette interdiction n’est pas absolue et n’est pas appliquable dans le cas du blasphème ; de plus, ils ne tiennent pas compte des ahâdith authentiques détaillant l’exécution de plusieurs femmes. Les deux homicides furent rapportés dans les plus anciennes biographies en trois voies différentes, par l’intermédiaire d’Ibn ‘Ishaq (m. 767) sous sa forme remaniée par Ibn Hishâm (m. 833), dans le Kitâb al-Maghâzi d’al-Wâqidi (m. 822), et à travers Ibn Sa’d (m. 845) dans at-Tabaqat al-Kobra. Les savants musulmans ont de coutume admis au sein de leurs ouvrages biographiques les raids ciblant Abou ‘Afak et ‘Asma bint Marwân en vertu de la tradition archivée par Abou Dâwoud qui légalise l’assassinat des blasphémateurs. Citons en exemple al-Isaba fi tamyiz as-Sahaba dont l’auteur est Ibn Hajar al-Asqalani (m. 1448), l’émir des croyants en science du hadith, le Kitab ach-Chifâ’ bi-Ta'rîf Houqouq al-Moustafa rédigé par le très respecté Qadi ‘Iyâd (m. 1149), le commentaire distingué de la sîra d’Ibn Hishâm ar-Rawd al-‘Ounouf fi Tafsir as-Sîra an-Nabawiya de l’imam as-Souhayli (m. 1185), l’un des sept saints de la ville de Marrakech, jusqu’aux travaux plus récents de Muhammad Husayn Haykal (m. 1956) dans Hayat Muhammad et 23 years : A Study of the Prophetic Career of Mohammad écrit par ‘Ali Dashti (m. 1982). Dès lors, si les têtes pensantes de la sphère islamique ont accepté ces meurtres sauvages, il n’y a pas lieu de les rejeter.

 

Ka’b ibn al-Ashraf

Ka’b était un juif qui détenait le commandement de la forteresse des Banî Nadîr et possédait un château-fort en face de celle-ci. Il avait fait fortune dans le commerce de dattes et de blé qu’il vendait à crédit. Lorsqu’il apprit la nouvelle de la mort des Qoraychites à la bataille de Badr, il fit des satires sur le prophète et ses compagnons, et composait des poèmes érotiques mettant en scène les femmes musulmanes. Mahomet demanda à ce qu’il soit tué quitte à être diffamer dans le dessein de duper l’ennemi de Dieu.

Ensuite eut lieu l’expédition pour tuer le juif Ka’b bin al-‘Achraf le quatorzième jour du mois de rabî’ al-awwal au début du vingt-cinquième mois depuis l’hégire du Messager d’Allah. La raison de son meurtre est qu’il était poète et faisait des satires sur le Prophète et ses compagnons, et incitait les polythéistes contre eux, et les offensait. Lors du combat de Badr, il a été humilié. Il a dit : « aujourd’hui la mort est préférable à la vie ! » Il est parti pour La Mecque et a pleuré la mort des qoraychites, puis il les a stimulés par sa poésie. Ensuite, il est retourné à Médine. Le Messager d’Allah a dit : « Ô Dieu ! Protège-moi de Ka’b bin al-‘Ashraf, de ses mauvaises paroles et de ses vers » ; il a dit aussi : « qui me débarrassera de Ka’b bin al-‘Ashraf ? Il m’a offensé ». Mohammed bin Maslama a répondu : « Moi, Ô Messager d’Allah, je le tuerai ». Le Prophète a dit : « fais-le et consulte Sa’d bin Mou’âdh au sujet de cette affaire ». Quelques personnes se sont jointes à Mohammed bin Maslama : ‘Abbâs bin Bichr, Abou Nâ’ila Silkan bin Salama, al-Hârith bin Aws bin Mou’âdh et Abou ‘Abs bin Jaber. Ils ont dit : « Ô Messager d’Allah ! Nous le tuerons mais autorise-nous à lui parler ». Il a répondu : « parlez-lui ». Abou Nâ’ila était le frère de lait de Ka’b bin al-‘Ashraf. Il est allé rendre visite à Ka’b. Il (Ka’b) ne l’aimait pas et avait peur de lui. Il a dit : « je suis Abou Nâ’ila, et je suis venu à ta rencontre pour t’informer que la venue de cet homme est une calamité pour nous. Les Arabes nous combattent et ils sont unis contre nous. Nous voulons nous débarrasser de lui. Il y a des gens de ma tribu qui sont d’accord avec moi. Je suis venu à toi pour t’acheter des vivres et des dattes. Nous te remettrons quelque chose en gage ». Ses paroles l’ont rendu heureux, il a dit : « apportez-moi ce que vous voulez ». Il l’a quitté en convenant d’un autre rendez-vous. Il est allé informer ses compagnons et ils ont été d’accord pour l’accompagner au moment de la nuit. Ensuite, ils sont allés en informer le Messager d’Allah. Il les a accompagnés jusqu’à al-Baqi’, puis il les a envoyé en disant : « partez avec les bénédictions d’Allah et son soutien ». Ils se sont dirigés vers son fort. Abou Nâ’ila l’a appelé et il s’est levé. Sa femme, avec qui il s’était récemment marié, l’a retenu par le pan de son manteau et lui a demandé : « où vas-tu ? Tu es un guerrier ». Il a répondu : « je me suis engagé et c’est mon frère de lait Abou Nâ’ila ». Il s’est mis une couverture sur le dos et a dit : « même si une personne est appelée à mourir, elle doit répondre ». Puis il est descendu et a discuté avec eux jusqu’à ce qu’ils lui soient devenu agréable et proche de lui. À ce moment-là, Abou Nâ’ila a passé la main dans ses cheveux et lui a agrippé la tête en disant à ses compagnons : « tuez l’ennemi d’Allah ! » Et ils l’ont frappé de leurs sabres qui se sont entrechoqués et ont été par conséquent inefficaces car ils se gênaient les uns les autres. Il (Ka’b) a étreint Abou Nâ’ila. Mohammed bin Maslama a dit : « j’ai pensé à ma rapière. Je l’ai tiré et je l’ai plongé dans son ventre et j’ai appuyé dessus en l’éventrant jusqu’au pubis ». L’ennemi d’Allah a hurlé tellement fort que tous les juifs de la forteresse ont allumé des torches. Ensuite, ils lui ont tranché la tête et l’ont emporté avec eux. Quand ils ont atteint Baqi’ al-Gharqad, ils ont dit « Allahou akbar ! » Le Messager d’Allah a passé la nuit à prier. Quand il a entendu « Allahou akbar ! » venant de leur part, il l’a prononcé aussi. Il a su alors qu’ils l’avaient tué. Dès qu’ils sont arrivés auprès du Messager d’Allah, il leur a dit : « soyez béni ». Ils lui ont répondu : « toi aussi, Ô Messager d’Allah ». Puis ils ont jeté sa tête entre ses mains et il a loué Allah pour ce meurtre. Quand ce fut le matin, il a dit : « si vous mettez la main sur un juif, tuez-le ! » Les juifs ont eu peur et aucun d’eux n’est sorti ni ne parlait. Ils avaient d’être attaqué comme Ibn al-‘Achraf avait été attaqué.36

Ce fut le troisième poète exécuté sous les ordres de celui qui se nomme « l’exterminateur » (al-Mâhi) avec lequel Dieu extermine la mécréance37. Tabari dans son Tarikh ar-Rousoul wa-l-Moulouk souligne que le commando tua la femme de Ka’b en se retirant.

 

Abou Râfi’

Il avait été lié d’amitié avec Ka’b ibn al-Ashraf et satirisait le prophète et les musulmans comme son ami défunt. Il résidait dans un château du hijâz, son nom complet était Abou Râfi’ Salâm ibn Abi-l-Houqayq.

Le Messager de Dieu envoya ‘Abdallah ibn ‘Atîk, ‘Abdallah ibn Unays, Abou Qatâda, al-Aswad ibn Khuzâ’i et Mas’oud ibn Sinân ; et leur commanda de le tuer. Ils allèrent à Khaybar et se préparèrent à l’embuscade. Quand il n’y eut presque plus de bruit, ils se dirigèrent vers sa maison et grimpèrent les escaliers. ‘Abdallah ibn ‘Atîk prit les devants parce qu’il savait parler la langue des juifs. Il demanda à ce qu’on lui ouvre la porte et dit : « j’apporte un présent pour Abou Râfi’ ». Sa femme ouvrit la porte. Quand elle vit les armes, elle voulut crier. Ils lui donnèrent un coup avec le sabre et elle resta ainsi silencieuse. Ils entrèrent et le reconnurent par la blancheur de sa peau qui est comme celle des vêtements coptes. Ils l’attaquèrent avec leurs sabres. Ibn Unays a dit : « je ne voyais rien à cause de la nuit, alors j’ai transperçé son ventre avec mon épée et je me suis allongé dessus. Puis j’ai entendu le son de l’effusion du sang et j’ai réalisé qu’il avait expiré ». Les gens l’attaquèrent tous ensemble. Puis ils descendirent les escaliers. Sa femme cria et réveilla ses voisins. Les musulmans se cachèrent dans un canal de Khaybar. Abou Zaynab al-Hârith sorti avec trois mille hommes équipés de torches pour les poursuivre. Comme ils ne les trouvèrent pas, ils s’en retournèrent. Les musulmans restèrent cachés pendant deux jours. Quand on stoppa les recherches, ils partirent pour Médine. Chacun d’entre eux prétendait l’avoir tué. Ils arrivèrent devant le Messager de Dieu qui dit : « soyez prospères ». Ils répondirent : « sois prospère, Ô Messager de Dieu ». Ensuite ils l’informèrent de ce qui s’était passé. Il prit leurs sabres, les examina. Il trouva des traces de nourriture sur la lame de l’épée d’Abdallah ibn Unays et déclara qu’il était celui qui l’avait tué.38

Dans une autre version recensée dans le sahih al-Boukhâri, c’est ‘Abdallah ibn ‘Atîk qui tua Abou Râfi’ en solo sans l’aide de l’escouade. Il se cassa la jambe en prenant la poudre d’escampette, puis arrivé à Médine, Mahomet souffla sur sa blessure qui fut guérit immédiatement.

 

Un bédouin de Banû ad-Dib

‘Amrou ibn ‘Oumeyya ad-Damri rentrait à Médine précipitamment après son échec dans la tentative d’assassinat d’Abou Soufyân ibn al-Hârb. Il se réfugia dans une grotte de la montagne de Dajnân dans l’intention d’échapper à ses poursuivants, et vit pénétrer dans la cavité, un bédouin borgne qui était à la recherche de sa brebis égarée. Avant de s’endormir, le vieil homme proféra soudainement des invectives contre la religion d’Amrou. Le tueur attendit qu’il tombe en léthargie avant de s’attaquer à l’impudent ; un moyen d’évacuer sa frustration accumulée dans le fiasco de sa mission que lui avait confiée le prophète.

Je n’embrasserai pas l’islam tant que je suis vivant,
Et je ne suivrai pas la religion des musulmans.

Je me dis en moi-même : « tu verras bien ». Je lui donnais du répit. Dès qu’il dormit, je pris mon arc, je mis son extrémité dans son œil sain ; je m’appuyais sur lui jusqu’à atteindre les os. Puis, je courus me sauver.39

L’attentat mortel permit à ‘Amrou de racheter sa faute aux yeux de l’Envoyé de Dieu et d’apaiser sa colère.

 

Un membre de Banu Kinâna

Par son ode critique envers Mahomet, il devint la nouvelle proie des fanatiques mahométans. L’agression provoqua un affrontement entre sa tribu, soutenue par les Qoraychites, et celle des Khouzâ’a : « une personne du clan des Khouzâ’a avait entendu un homme du clan de Kinâna chanter un poème satirique sur le prophète ; il l’attaqua et lui fracassa la tête »40. Le Messager de Dieu profita alors de l’occasion pour envahir la Mecque puisque les polythéistes violèrent le traité d’Houdaybiya qui les liait aux musulmans, encore que les fous d’Allah l’avaient préalablement rompu en tuant quelques malheureux mecquois.

 

‘Abdallah ibn Khatal et ses esclaves

‘Abdallah possédait deux servantes, Fartana et son amie, avec qui il menait une croisade anti-islam ayant pour conséquence le déchainement du courroux du Messager de Dieu qui jura de se venger : « il avait deux esclaves chanteuses pour qui il composait des diatribes contre le Prophète et les musulmans, et elles chantaient dans les cabarets. C’est pour cela qu’il fut condamné à mort ainsi que les deux chanteuses »41. À la conquête de la Mecque, Mahomet ordonna à ses compagnons de mettre « Ibn Khatal à mort, même si vous le trouvez accroché au rideau de la Ka’aba »42, Abû Barzah bifurqua vers la maison de Dieu « et le vit accrocher au rideau de la Ka’bah. Il l’éventra »43. Quant aux deux esclaves chanteuses, « l’une d’elles a été tuée, et l’autre a pris la fuite, jusqu’à ce qu’après, on demande au Messager d’Allah la protection pour elle. Il lui a accordé cela »44. Fartana mourut de complications suite à une côte cassée durant le califat d’Othmân.

 

Anas ibn Zounaym

Et enfin le dernier poète tué peu de temps avant la prise de la Mecque : « Anas bin Zounaym s’est moqué du Messager d’Allah ; un très jeune garçon de Khouzâ’a qui l’a entendu, lui est tombé dessus et lui a brisé le crâne. Il est allé au-devant des gens et leur a montré sa tête fracassée »45.

 

Les autres satiristes fuirent la Mecque de peur d’être décapiter, à la manière de Ka’b ibn Zouhayr qui se réfugia dans une autre ville. L’unique moyen de conserver sa vie était la conversion à l’islam ou l’exil en terre étrangère : 

Bujayr b. Zuhayr b. Abû Sulmah écrivit à son frère Ka’b b. Zuhayr pour l’informer que l’Envoyé d’Allah avait tué à Makkah des hommes qui avaient composés des satires contre lui et qui lui faisaient du mal, et que les poètes de Quraysh qui sont restés en vie, à savoir : Ibn al-Ziba’ra et Hubayrah b. Abî Wahb, ont pris la fuite en toute direction. « Si tu veux conserver la vie, va vite à l’Envoyé d’Allah, car il ne tue pas celui qui va à lui repentant. Si tu ne fais pas cela, sauve-toi en cherchant refuge n’importe où ».46

Les rumeurs qui circulaient dans le quartier de Ka’b au sujet de sa mort imminente, éliminé dans peu de temps par les égorgeurs d’Allah, le terrorisaient tellement qu’il se résolu à embrasser la foi islamique en présence du Messager de Dieu. Un Ansar se proposa pour lui trancher la tête mais le prophète le rabroua, Ka’b était nécessaire à l’endoctrinement des masses.

Roublard, Bouchayr était un poète médinois bien plus malin que les autres et se moquait des compagnons du prophète au nez et à la barbe de ceux-ci, profitant notamment de leur absence de culture intellectuelle pour les ridiculiser au grand jour ; plus le mensonge était gros, plus il passait.

Bouchayr était un hypocrite qui lisait de la poésie avec laquelle il diffamait les compagnons mais attribuait sa poésie aux anciens poètes arabes en disant qu’intel l’avait composé. Les compagnons, en l’entendant, dirent : « par Dieu, ce poète ne lit pas sa poésie. C’était cet homme mauvais qui la récitait » - ou le narrateur pensa qu’ils dirent : « Ibn Oubayriq la récitait ».47

Il finit par rejoindre plus tard le clan des idolâtres puis Hasân composa des vers satiriques sur lui.

Une fois que la poésie fut légalisée suite à la conversion d’Ibn Rawaha et consort, les musulmans en sont devenus de grands amateurs, ils la mémorisaient et la faisaient écouter à leurs coreligionnaires : « ‘Aicha dit : « (…) je rapportais la poésie de Ka’b ibn Malik qui incluait une ode de quarante vers et un peu moins que cela »48. ‘Abdullah, le fils d’Omar, n’aimait que les belles pièces de vers, bien que leurs auteurs fussent parfois du nombre des infidèles, en tout état de cause, ce genre de rimes « sataniques » étaient interdites par le coran mais cela n’avait pas vraiment l’air de l’embarrasser, pas plus que le prophète : « j’ai entendu Ibn ‘Omar réciter les vers poétiques d’Abou Talib : et une blanche (personne) qui est réquisitionnée afin de prier pour la pluie et qui prend soin des orphelins et qui est le gardien des veuves »49 ; « j’étais avec Ibn ‘Omar quand Iyyas ibn Khaythama se leva et lui dit : « puis-je réciter de la poésie, Ibn al-Faruq ? » « Oui, lui répondit-il, mais seulement de la bonne poésie »50. Les générations suivantes développèrent ce genre littéraire et en firent une marque de prestige en l’enseignant aux classes sociales aisées ; une bonne éducation passait par l’apprentissage de la poésie : « ‘Abd al-Malik ibn Marwan confia l’enseignement de ses enfants à ach-Cha’bi et lui dit : « apprends-leur la poésie afin qu’ils soient dignes et vigoureux »51.

 

La vérité historique

À l’origine, le coran fustige les poètes et leur art, seul les égarés leur prêtent de l’attention (26.224). Si la poésie ne convenait pas au Messager (36.69), d’autant plus que celui-ci était un privilégié (33.50), à plus forte raison elle ne convenait pas aux croyants. C’est certainement sous le califat Omeyyade que le 227ème verset de la sourate 26 fut ajouté. Dépassant amplement en longueur les précédents versets, il se différencie surtout par sa forme stylistique radicalement différente qui à tendance à rappeler la période médinoise. Un second auteur a incontestablement apporté sa touche personnelle à la sourate. Une tradition tardive, que l’on a fait remontée à Ibn ‘Abbas par soucis « d’authenticité », vient consolider la retouche, assurant que le dernier verset abroge la composition du premier rédacteur :

En ce qui concerne « De même les poètes sont suivis par les errants. Ne vois-tu point qu’en chaque vallée ils divaguent et disent ce qu’ils ne font point ? » (26.224-226), Ibn ‘Abbas a dit que cela fut abrogé et qu’une exception fut faite par sa parole : « exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allah » (26.227).52

Les partisans d’Ali revendiquent qu’au départ le verset fut révélé ainsi : « Exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allah et se défendent après avoir été oppressés ; et ceux qui agissent injustement à l’encontre de la famille de Mohammad, sauront vers quel destin ils se tournent »53, il fut par la suite écourter par les impies sunnites selon la doctrine chiite.
Outre la rédaction du verset qui ne s’harmonise pas avec le contexte, les traditions s’y rattachant furent elles aussi « bâclées ». Étant donné que la sourate fut révélée avant l’hégire, le verset 227 ne put être révélé après les plaintes des poètes médinois qui suivirent la descente de la sourate puisqu’ils ne s’étaient pas encore convertis. Ibn Kathir l’a notifié dans son tafsîr. Dans un premier temps, l’exégète remet en doute la véracité de la tradition puis, vu l’absence d’une quelconque autre cause de révélation, échafaude une théorie alambiquée :

Quand le verset « de même les poètes sont suivis par les errants » fut révélé, Hassân bin Thâbit, ‘Abdullah bin Rawaha et Ka`b bin Mâlik sont allés trouver le Messager de Dieu en pleurs : « Dieu savait que nous étions poètes quand il révéla ce verset ». Le prophète leur récita le verset : « exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, c’est vous, ont beaucoup invoqué Allah, c’est vous, et qui bénéficient de notre aide après avoir été traité injustement, c’est vous ».
Mais cette sourate fut révélée à la Mecque, alors comment se fait-il que la raison de sa révélation soit les poètes des Ansars ? Cela vaut la peine d’y réfléchir. Les récits rapportés à ce sujet sont tous mursal et on ne peut pas leur faire confiance. Et Dieu sait mieux. Mais cette exception pourrait inclure d’autres poètes que les Ansars. Elle pourrait même inclure ces poètes de la jahiliyya qui condamnèrent l’islam et ses partisans, puis se repentirent et se tournèrent vers Dieu, abandonnèrent ce qu’ils avaient l’habitude de faire et firent de bonnes actions et invoquèrent Dieu, afin de compenser les mauvaises choses qu’ils dirent précédemment par de bonnes actions recouvrant ainsi les mauvaises. Par conséquent, ils louèrent l’islam et ses adeptes pour compenser leurs insultes, comme le poète ‘Abdullah b. az-Zab`ari qui dit lorsqu’il devint musulman : « Ô Messager de Dieu, en effet ma langue essaiera de compenser les choses que j’ai prononcées quand j’étais mauvais, quand j’étais en compagnie de Satan durant des années d’égarement, et quiconque se dirige dans cette voie court à sa perte ».54

Une cause de révélation, donc, fabriquée à la va vite par des religieux peu scrupuleux à la botte du calife. D’autres traditions furent mises en circulation par les partisans du coran pour contrer, mais sans succès, les traditionalistes rattachés au pouvoir, nous en avions un exemple ci-dessus : « il vaut mieux se remplir le corps de pus que de le remplir de poésie », se heurte à « certaine poésie recèle de sagesse ». Dans le plus ancien des corpus de ahadith, on attribua au calife ‘Omar une parole par laquelle il rabaisse la poésie aux discours superflus : « ‘Omar ibn al-Khattab avait établi un endroit du côté de la mosquée, appelé al-Butayhâ’. Il disait : « celui qui veut raconter des futilités ou réciter de la poésie ou élever sa voix, qu’il aille à cet endroit »55, alors pour neutraliser la critique, Boukâri répertoria le hadith suivant :

‘Omar entra dans la mosquée tandis que Hasân récitait un poème. Hasân dit : « je récitais de la poésie dans cette mosquée en présence de celui qui est meilleur que toi ». Il se tourna ensuite vers Abou Horayra et dit : « je te demande, par Dieu, n’as-tu pas entendu le Messager de Dieu dire : prends ma défense, Ô Dieu, soutiens-le par le Saint-Esprit ». Abou Horayra dit : « oui ».56

Les traditions rapportant les propos des polythéistes sont également discordantes. On raconte qu’ils admiraient les poètes talentueux, pourtant un hadith témoigne du mépris dont ils font preuve à l’égard des auteurs des mou’allaqât :

Lors de la réunion des Qoraychites dans la maison des conférences, à propos de l’affaire du prophète, l’un d’eux a dit : « ligotez-le et épiez sur lui l’outrage du temps jusqu’à ce qu’il meure comme sont morts avant lui des poètes, tels que Zuhayr et an-Nâbigha. Il est comme l’un d’eux ». Après quoi Dieu fit descendre une partie de leurs propos : c’est un poète. Nous n’avons qu’à épier sur lui l’outrage du temps ».57

Il s’agit d’une autre tradition spécialement élaborée dans le but de nuire à l’optique des califes. Labîd ibn Rabi’a, un compositeur des mou’allaqât, se convertit à l’islam vers 630, apprend-t-on des sources musulmanes, peu après il cessa d’écrire. Mais pour quelle raison le brillant poète aurait-il renoncé à sa passion si ce n’est qu’elle est incompatible avec la loi divine ?

Dans leur volonté de distinguer le coran de la poésie, les religieux hostiles au pouvoir ont fait dire subtilement à Ibn Mas’oud que la récitation de la poésie est détestable : « un homme est venu voir Ibn Mas’oud et lui dit : « j’ai récité les moufassal la nuit dernière en une seule rak’aa ». Ibn Mas’oud a dit : « cette récitation est comme la récitation de la poésie »58, vraiment très ingénieux de la part des ecclésiastiques musulmans ! C’est toujours dans cette perspective que sera fondée la théorie de l’inimitabilité du coran au Xe siècle en prenant pour appui les versets : « qu’ils produisent un discours (hadîth) semblable s’ils sont sincères » (52.34), « ils ne sauraient produire [rien de] pareil » (17.88), « apportez dix sourates semblables à ceci » (11.13), et « apportez une sourate semblable » (2.23 ; 10.38) ; mais pour les théologiens d’antan le coran restait une œuvre pleinement imitable au niveau stylistique, ils optèrent pour une interprétation plus rationnelle que celle de leurs successeurs en octroyant aux ayât le sens d’un défi qui porte sur les valeurs religieuses du texte – et non sur sa structure littéraire. Ibn Hamz (m. 1064) s’était rallié à cette opinion bien qu’elle fût à son époque en nette régression.

C’est l’époque au cours de laquelle le théologien mu’tazilite al-Nazzâm (vers 225/839-840) affirme que les contemporains de Mahomet auraient très bien pu produire quelque chose de semblable au coran mais que le miracle est précisément que Dieu les « en a détournés » (sarfa, dissuasion). Al-Nazzâm en effet est un persan, et plusieurs autres persans se rendent compte que l’argument de la beauté linguistique et littéraire ne peut valoir que pour des arabophones. Argument de poids, qui aura des échos jusque chez un auteur andalou, Ibn Hazm (456/1064) : l’argument stylistique, dit-il, ruine en fait le caractère divin du texte coranique qu’il prétend établir. On peut parler de « degré suprême d’éloquence » pour beaucoup d’œuvres humaines – et il cite Imru’u-l-Qays (vers 540 de l’ère chrétienne) en poésie et Jâhiz (256/869) en prose -, mais toute œuvre, si haut placée soit-elle, peut un jour ou l’autre être surpassée, tandis que la valeur d’un texte religieux doit être éternelle.59

La falsification du coran passe inaperçu pour un mahométan endoctriné, elle peut rendre les ‘oulemâ’ interrogatifs, mais n’échappe pas à l’analyse minutieuse des chercheurs ; un « détail » que semble avoir oublié les faussaires, bien loin de se douter que les infidèles décortiqueront un jour le livre saint. En fin de compte, l’altération du coran fut un point positif pour la culture arabo-musulmane ; la poésie étant une bulle de liberté, l’un des seuls arts autorisés, elle permettait à la populace de développer leurs connaissances littéraires et intellectuelles dans une religion où la musique et la représentation des images (cinéma, peintures, etc.…) sont interdites. Certains juristes comme ach-Chafi’i (m. 820) enseignaient même la poésie, quant au célèbre exégète chiite Ibn Chahr Achoub (m. 1274), il était un poète de grande réputation.

 

 

1 Ce passage est une addition ultérieure détectable par sa forme stylistique explique Régis Blachère. Il est en effet difficile de ne pas y voir de manipulation.

2 The History of at-Tabari, Volume 9, p.167, note 1151, translated by Ismail K. Poonawala, State University of New York Press, 1990

3 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome I, p.126, traduction d’Abdurrahmân Badawî, Éditions Albouraq, 2001

4 Sahih al-Boukhâri 4667

5 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome I, p.279

6 Les commentateurs attribuent les paroles des versets 21.5 et 52.30 aux païens mecquois bien que ceux-ci ne croient ni à la résurrection ni aux premiers prophètes. On penche naturellement en faveur d’une intervention des juifs.

7 Mosnad Ahmad 108. Ahmed Shâker a affaibli ce hadith, cependant, il a été rapporté par at-Tabarâni dans son livre Al-Awsat, et al-Haythami a dit à son sujet : « ses hommes sont de confiance sauf que Chourayh bin ‘Obayd n’avait pas compris qu’il s’agissait d’Omar », consulter Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 9, p.62, Maktabat al-Qoudsi, 1994.

8 Sahih al-Boukhâri 5802

9 Al-Adab al-Moufrad, Mohammed al-Boukhâri, p.302, n°874, Dâr al-Bachâ’ir al-Islâmiyya, 1989. Al-Albâni l’a authentifié dans As-Silsalat as-Sahiha, volume 2, p.390, n°763, Maktabat al-Ma’rifa.

10 Sunan Abi Dâwoud 3869 et 764. Abou Dâwoud considère que les deux sont bons.

11 Sahih Moslim 2259

12 La biographie du prophète Mohammed, Ibn Kathîr, p.85, traduction de Messaoud Boudjenoun, Éditions Universel, 2007. Voir aussi Mosnad Ahmad 7087.

13 Mosnad Ahmad 26633. Hadith sahih, cf. Al-Adab ach-Char’iyya wa-l-Minah al-Mar’iyya, Ibn Mouflih al-Maqdisi, volume 2, p.95, Dâr ‘Âlim al-Kotob.

14 Sahih al-Boukhâri 5793 et Sunan Abi Dâwoud 5012. Abou Dâwoud juge son hadith correct.

15 Sahih Moslim 2255

16 La biographie du prophète Mohammed, Ibn Kathîr, p.93

17 Ibid. p.95

18 Al-Adab al-Moufrad, p.300, n°869. Al-Albâni l’a déclaré sahih dans Sahih al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.296, Dâr as-Siddiq, 1421.

19 La biographie du prophète Mohammed, Ibn Kathîr, p.97-98

20 Sahih Moslim 2255

21 Ibid. 2256

22 Al-Adab al-Moufrad, p.300, n°867. Sahih d’après al-Albâni, se référer à Sahih al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.293.

23 Sahih al-Boukhâri 3880

24 Ibid. 3960

25 Ibid. 3694

26 Ibid. 3041

27 Sunan at-Tirmidhi 2846. Abou ‘Isa a dit : « ce hadith d’Ibn Abi az-Zinâd est hassan sahih gharîb ».

28 Ibid. 322. Abou ‘Isa a dit : « le hadith d’Abdullah bin ‘Amr bin al-‘Âs est hassan, et ‘Amr bin Chou’ayb est Ibn Mohammed bin ‘Abdullah bin ‘Amr bin al-‘Âs ».

29 Sahih al-Boukhâri 3915

30 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome II, p.561

31 At-Tabaqat al-Kobra, Ibn Sa’d, volume II, p.31, Kitab Bhavan, 1972

32 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome II, p.562

33 At-Tabaqat al-Kobra, volume II, p.30-31

34 A biography of the Prophet of Islam in the light of the original sources, an Analytical study, by Dr. Mahdi Rizqullah Ahmad, volume I, p.431, note 1, translated by Syed Iqbal Zaheer, Dar-us-Salam, 2005

35 Sunan Abi Dâwoud 4361 et 4362. Concernant le premier hadith, al-Albâni a dit : « son isnâd est sahih selon les conditions de Moslim » (Irwâ’ al-Ghalîl fi Takhrîj Ahâdith Manâr as-Sabîl, volume 5, p.91-92, al-Maktab al-Islâmi, 1985) ; quant au second, ach-Chawkâni a déclaré : « les hommes de l’isnâd du hadith sont des hommes sûrs » (Nayl al-‘Awtâr, volume 7, p.222-223, Dâr al-Hadith, 1993).

36 At-Tabaqat al-Kobra, volume II, p.35-37. Voir aussi Sahih al-Boukhâri 3811.

37 Sahih al-Boukhâri 3339

38 At-Tabaqat al-Kobra, volume II, p.112-113. Voir aussi Sahih al-Boukhâri 3813.

39 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome II, p.560

40 The Origins of the Islamic State, Balâdhuri, volume I, p.60, translated by Philip Khûri Hitti, Columbia University, 1916

41 La biographie du prophète Mohammed, Ibn Kathîr, p.745

42 The Origins of the Islamic State, volume I, p.65. Voir aussi sahih al-Boukhâri 1749.

43 At-Tabaqat al-Kobra, volume II, p.174

44 As-Sira an-Nabawiyya, Ibn Hichâm, volume 2, p.411, Mou’assassa ‘Ouloum al-Qor’ân

45 Kitâb al-Maghâzi, Mohammed bin ‘Omar al-Wâqidi, volume 2, p.782-783, Dâr al-‘A’lami, troisième édition, 1989

46 La vie du prophète Muhammad, Ibn ‘Ishaq, tome II, p.429

47 Sunan at-Tirmidhi 3036. Al-Albâni l’a qualifié d’hassan, cf. Sahih wa-Da’îf Sunan at-Tirmidhi 7/36.

48 Al-Adab al-Moufrad, p.299, n°866. Il est sahih selon al-Albâni, se référer à Sahih al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.328.

49 Sahih al-Boukhâri 963

50 Al-Adab al-Moufrad, p.297, n°856. Il se trouve qu’al-Albâni l’a jugé faible, voir Da’îf al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.114, Dâr as-Siddiq, 1421.

51 Ibid. p.301, n°873. Affaibli par al-Albâni, cf. Da’îf al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.115.

52 Ibid. p.301, n°871. Authentifié par al-Albâni dans Sahih al-Adab al-Moufrad li-imam al-Boukhâri, p.329.

53 « La famille de Mohammad et les chiites convertis ont dit : « exception faite de ceux qui ont cru, ont accompli des œuvres pies, ont beaucoup invoqué Allah et se défendent après avoir été oppressés », ensuite, ils ont mentionné leurs ennemis et leurs persécuteurs : « et ceux qui agissent injustement à l’encontre de la famille de Mohammad, sauront vers quel destin ils se tournent », c’est ainsi que Dieu l’a révélé » (Tafsir al-Qoummi, ‘Ali bin Ibrâhîm al-Qoummi, volume 2, p.125, sourate 26 verset 227, Manchourât Maktabat al-Houda, 1387).

54 Tafsîr Ibn Kathir 24.227

55 Al-Mouwatta’, Imam Mâlik, p.130, n°424, traduction de Muhammad Diakho, Éditions Albouraq, 2004. Ibrâhîm bin Salih al-Khoudayri a dit : « son isnad est moursal, mais il fait parti des marâsîl digne de confiance, et certains oulémas l’ont critiqué » (Ahkâm al-Masâjid ach-Chari’a al-Islâmiyya, p.54, Wizârat ach-Chou’oun al-Islâmiyya wa-l-Awqâf wa-d-Da’wa wa-l-Irchâd – Al-Mamlaka al-‘Arabiyya as-Sa’oudiyya, 1419).

56 Sahih al-Boukhâri 3040

57 Tafsîr Ibn Kathir 52.30

58 Sahih al-Boukhâri 742

59 Dictionnaire du Coran, sous la direction de Mohammed Ali Amir-Moezzi, p.420, Éditions Robert Laffont, 2007

 

 

 

 

Retour Accueil