L’Orgie dans l’islam

 

 

 

Le Coran autorise de prendre jusqu’à quatre épouses (4.3) et de posséder un nombre illimité d’esclaves sexuelles (23.6, 70.30). Une question s’est alors posée parmi les Docteurs de la Loi : est-il licite pour le polygame d’avoir des rapports sexuels avec plusieurs femmes en même temps ? La polygamie n’était que peu répandue dans les sociétés islamisées et seulement accessible aux nobles de par les ressources financières que cela exigeait, par contre, l’esclavage était omniprésent et les pauvres pouvaient même se permettre d’acquérir un ou plusieurs esclaves1.

Analyse de la tradition prophétique
Al-Boukhâri (m. 870) a enregistré que le Prophète faisait le tour de toutes ses femmes en une heure2, c’est-à-dire, qu’il venait les voir chacune dans leur appartement respectif et couchait avec elles. Mais cela n’était pas régulier. Il avait plutôt pour habitude de rendre visite à l’une de ses femmes une fois par jour, et à ce sujet, le traditionnaliste Moslim bin al-Hajjâj (m. 875) a répertorié un hadith étrange :

Anas a rapporté que le Prophète avait neuf femmes. Alors, quand il partageait son temps entre elles, le tour de la première femme ne venait pas avant le neuvième jour. Elles se rassemblaient toute la nuit dans la maison qu’il visitait. C’était dans la maison d’Aïcha, Zaynab est arrivée et il a tendu la main vers elle. ‘Aïcha a dit : « c’est Zaynab ! » Le Prophète a retiré sa main. Le ton est monté entre elles, puis il y a eu l’annonce du début de la prière. Abou Bakr est arrivé et a entendu leurs voix. Il a dit : « viens faire la prière, Ô Messager d’Allah ! Jette-leur de la poussière dans leurs bouches ! » Alors le Prophète est sorti. ‘Aïcha a dit : « quand le Prophète avait fini sa prière, Abou Bakr venait et faisait comme lui ». Quand le Prophète a fini sa prière, Abou Bakr est venu vers elle et lui a dit sèchement : « t’es-tu comporté comme cela !? »3

Ce récit laisse sous-entendre que le Messager d’Allah avait des rapports sexuels sous les yeux de ses autres épouses. En effet, les appartements des femmes de Mahomet étaient très exigües et ne se composaient que d’une seule pièce d’une superficie de 3,6m² (huit coudées de longueur et de largeur)4. Toujours est-il qu’aucun texte ne mentionne que le Prophète multipliait les partenaires sexuelles à l’intérieur d’une seule chambre.

Dans la religion islamique, le coït rend impur et il est nécessaire de procéder à des ablutions après l’acte. Sur ce point, les traditions sont à priori contradictoires. Nous trouvons dans le corpus de Moslim cette parole de Mahomet : « lorsque l’un de vous va vers sa femme et qu’il souhaite recommencer, qu’il fasse ses petites ablutions », alors que le Prophète ne prenait qu’un seul bain rituel quand il rendait visite à ses femmes selon Anas5. De plus, si l’on ouvre les Sunan d’Abou Dâwoud (m. 889), le hadith suivant y est consigné :

Abi Râfi’ a rapporté :
Un jour le Prophète a fait le tour de ses femmes et a pris un bain rituel chez chacune d’elles. Je lui ai demandé : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi n’as-tu pas fait un seul bain ? » Il a répondu : « parce que c’est plus propre, meilleur, et plus purifiant ».6

Abou Dâwoud précise en outre que le hadith d’Anas est plus authentique que celui-ci. Les juristes ont su trouver un arrangement entre ces traditions à l’exemple d’Ahmad ibn Hanbal (m. 855) qui a jugé que si l’homme « souhaitait recommencer (l’acte sexuel), il devrait faire les petites ablutions, mais s’il ne le fait pas, je crois qu’il n’y a aucun mal à ça » ; Ibn Qoudâma (m. 1223) ajoute à cela que « les petites ablutions accroissent son ardeur, c’est plus propre et recommandé. Mais c’est mieux s’il prend un bain rituel entre chaque rapport »7. Les petites ablutions sont seulement conseillées d’après l’interprétation de l’ensemble des oulémas, excepté pour le savant malékite ‘Abd al-Malik ibn Habîb (m. 853) qui y voit une obligation, ainsi que l’école zahirite – aujourd’hui disparue – dont faisait partie Ibn Hazm (m. 1064)8. Par conséquent, multiplier les partenaires sexuelles sans avoir recours à la purification est parfaitement licite.

Un autre hadith du Messager d’Allah indique « qu’un homme ne doit pas voir la ‘awra d’un autre homme, et une femme ne doit pas voir la ‘awra d’une autre femme »9. Dans le langage juridique, le terme ‘awra désigne les parties du corps devant être couvertes par pudeur, toutefois, la réglementation change en fonction du statut de la personne. L’imam chaféite an-Nawawi (m. 1277) a émis un commentaire riche en informations au sujet du hadith ci-dessus, c’est pourquoi nous le reproduisons dans sa quasi intégralité :

Il est interdit à un homme de regarder vers la ‘awra d’un autre homme et il est interdit à une femme de regarder vers la ‘awra d’une autre femme, il n’y a pas de divergence à ce propos. Pareillement, il est interdit à un homme de regarder vers la ‘awra d’une femme et il est interdit à une femme de regarder vers la ‘awra d’un homme selon le consensus. Le Prophète a fait référence à l’homme regardant la ‘awra d’un autre homme et à la femme regardant la ‘awra d’une autre femme afin de rendre le fait de regarder le sexe opposé encore plus prohibé. Cette interdiction concerne des gens autre que le mari et l’épouse. Les deux époux peuvent chacun regarder la ‘awra de l’autre dans sa totalité sauf le sexe. À ce sujet, il existe trois points de vue parmi nos compagnons : l’avis le plus correct est qu’il est détestable pour chacun d’eux de regarder le sexe de l’autre sans que cela ne soit nécessaire, bien que ce ne soit pas interdit. Le second avis est que cela leur est interdit, et le troisième est que cela est interdit pour l’homme et détestable pour la femme. Et regarder à l’intérieur de son vagin est plus que répugnant et interdit. Dans le cas du maître avec sa femme esclave, s’il a des rapports sexuels avec elle, ils sont comme deux époux. Si c’est une personne de sa parenté comme sa sœur, sa tante maternelle ou paternelle, ou lié par allaitement ou contrat de mariage comme la mère ou la fille de son épouse, ou la femme de son fils, regarder vers sa ‘awra est comme dans le cas de la femme libre. Si c’est une esclave de religion zoroastrienne, ou apostate, ou idolâtre, ou en période de viduité, ou faisant partie des gens du livre, le regard du maître vers sa ‘awra est interdit comme dans le cas d’une esclave étrangère. Quant au regard de l’homme vers des personnes de sa parenté ou de leurs regards vers lui, l’avis véridique est que cela est autorisé au-dessus du nombril et en-dessous du genou. Et il a été dit que ce n’est pas permis sauf lorsque c’est pour rendre service. Et Allah sait mieux.
Concernant les limites de la ‘awra pour des étrangers, cela va du nombril jusqu’au genou chez les hommes, de même que pour les femmes. Au sujet du nombril et du genou, il y a trois opinions parmi nos compagnons : la plus juste est qu’ils ne font pas partie de la ‘awra, la seconde opinion est qu’ils en font partie, et la troisième est que le nombril en fait partie mais pas le genou. Quant au regard de l’homme vers la femme, il est interdit de regarder quoi que ce soit de son corps, et cela est réciproque, qu’il ou elle regarde avec désir sexuel ou non. Certains de nos compagnons ont dit : il n’est pas interdit à ce qu’elle regarde vers le visage d’un homme sans désir sexuel, mais cet avis ne se base sur rien. Et il n’y a aucune différence entre la femme esclave et la femme libre si ce sont des étrangères. De même, il est interdit à l’homme de regarder vers le visage du jeune imberbe s’il est beau, que ce soit avec du désir sexuel ou non, sans crainte d’être charmé ou non. Ceci est l’avis authentique pour lequel ont opté les oulémas incontestés. Ach-Châfi’i a rejoint cet avis ainsi que ses éminents compagnons. La preuve de ceci est que le jeune imberbe est d’une certaine façon comme la femme, il peut être désiré comme la femme et avoir autant de beauté qu’une femme. Il se peut que la plupart d’entre eux soit encore plus beau que la plupart des femmes. L’interdiction s’applique encore plus à eux pour une autre raison : il est possible dans leur cas de s’y attacher d’une mauvaise manière, ce qui n’est pas possible dans le cas de la femme. Et Allah sait mieux.
C’est ce que nous avons mentionné pour l’ensemble de ces questions traitant de l’interdiction du regard lorsque cela n’est pas nécessaire. Mais si le besoin est légitime, le regard est permis dans le cas de la vente, de l’achat, d’examens médicaux, du témoignage, etc… Cependant, le regard avec désir sexuel est dans ces cas-là interdit. La nécessité rend licite le regard pour le besoin. Quant au désir sexuel, il ne rentre pas dans le cadre de la nécessité. Nos compagnons ont dit : « le regard avec désir est interdit pour quiconque sauf pour les époux et le maître, et il est également interdit à l’homme de regarder vers sa mère ou sa fille avec désir ». Et Allah sait mieux.10

Deux épouses ou plus ne peuvent donc pas regarder la ‘awra de l’autre, il en va de même pour les femmes esclaves. Considérant les textes précédemment cités, on pourrait en conclure que le polygame a le droit de coucher avec plusieurs de ses femmes ou esclaves en même temps dans le cas où leur ‘awra serait dissimulée.

 

Les avis des écoles de fiqh
Les premiers musulmans n’étaient pas favorables à la pratique mais ne l’interdisaient pas non plus ; on en veut pour preuve cette affirmation d’al-Hassan al-Basri (m. 728) : « ils ont détesté al-wajs, c’est le fait de copuler avec l’une d’elles pendant que l’autre regarde ou entend », d’autre part, Ibn ‘Abbâs (m. 687) ainsi qu’Atâ’ ibn Abi Rabâh (m. 732) ont permis de dormir entre deux esclaves11. Le savant d’al-Ahzar ‘Abd ar-Rahman ibn Mohammed al-Jazîri (m. 1941), dans son livre intitulé « la jurisprudence selon les quatre écoles », a abordé le cas du voyageur polygame et de la légalité de partager sa couche avec plusieurs femmes :

Le voyageur qui a emmené avec lui ses épouses et les rassemble sous une seule tente ou sur une seule couche, cela est permis. Cependant, il est détestable de copuler avec l’une d’entre elles devant une autre lorsque sa ‘awra est couverte, mais si elle est découverte, alors c’est interdit vu qu’il n’est pas autorisé de regarder vers la ‘awra.12

Et il spécifie en note que, de l’opinion générale des malékites, les rassembler sur une seule couche ou avoir des rapports sexuels avec l’une d’elles devant une autre est interdit. Explorons maintenant les ouvrages de droit rédigés par les plus éminents juristes musulmans.

Comme l’a dit al-Jazîri, les fouqahâ’ de ce madhhab y sont opposés : « il n’est pas permis à l’homme de réunir ses épouses ou son épouse et son esclave sur une même couche, explique le Cheikh al-Kharachi (m. 1690), même s’il ne copule pas avec l’une d’entre elles, selon l’avis le plus répandu »13. Ce dernier évoque ensuite le cas unique des esclaves : « est-il interdit de réunir deux esclaves dans un seul lit sans avoir de relations sexuelles, comme dans le cas des épouses, en raison de la jalousie, ou est-ce que cela est détestable ? ‘Abd al-Malik l’a autorisé mais l’avis le plus probable est que cela est interdit »14.

Les savants de ce rite sont partagés entre la détestation et l’interdiction. Pour Moussa al-Hajâwi (m. 1560), il est détestable d’avoir des rapports sexuels lorsque quelqu’un peut voir ou entendre15. Son confrère al-Bahouti (m. 1641) l’a rejoint sur ce point. En revanche, cela n’est pas déconseillé dans le cas du bébé ou de l’enfant en bas-âge. Et si la ‘awra est découverte, c’est strictement prohibé. Il est également détestable d’embrasser ou de toucher son épouse ou son esclave devant des gens, car ceci est une conduite abjecte16. Ibn Qoudâma (m. 1223) a quant à lui adopté un avis beaucoup plus répressif attendu que le consentement mutuel ne suffit pas à lever l’interdiction :

L’homme ne peut regrouper ses femmes dans un seul appartement sans leur consentement, qu’elles soient jeunes ou adultes, car cela leur porte préjudice en raison de l’animosité et de la jalousie entre elles. Les réunir entrainerait des disputes et elles pourraient en venir aux mains, chacune d’elles pouvant entendre ou voir l’homme aller vers l’autre. Mais si elles se sont mises d’accord sur cela, c’est permis, puisqu’elles ont le droit d’avoir leur propre appartement mais peuvent y renoncer. Idem si elles se sont mises d’accord pour qu’il dorme entre elles dans le même lit. Par contre, si elles se sont mises d’accord pour qu’il ait un rapport sexuel avec l’une d’elles pendant que l’autre regarde, ce n’est pas permis, car cela est abject, méprisable et honteux. Ce n’est donc pas autorisé même avec leur consentement. Mais si elles se sont installées dans une seule maison et que chacune d’elle ait ses appartements, alors, dans cette configuration des lieux, c’est permis.17

D’après lui, on ne doit pas non plus embrasser ou toucher sa femme devant des gens18. Ibn Qoutayba (m. 889) a aussi fait part de son point de vue à ce sujet et estimé que l’homme ne peut coucher avec son esclave devant d’autres personnes19.

Il ne semble pas y avoir de divergence d’opinions au sein de cette école. Les deux cheikhs Abou Ishâq al-Marwazi (m.951) et Abou Hâmid al-Marwarroudhi (m. 973) pensent qu’accomplir l’acte de chair devant une autre épouse est détestable20, un avis auquel s’est rattaché Chams ad-Din ar-Ramli (m.1596)21. Ad-Damîri (m. 1405) s’est aligné sur cette position en stipulant « qu’il ne faut pas rassembler deux co-épouses ou plus dans une seule tente sans leur consentement, même pour une nuit, car cela n’est pas correct, mais si elles sont d’accord, alors c’est permis. Néanmoins, il est détestable d’avoir des rapports sexuels avec l’une d’elles en présence d’une autre »22.

La doctrine des juristes hanafites concernant cet aspect de la loi religieuse ne diffère guère de leurs homologues chaféites. Le brillant Ibn Noujaym (m. 1563), par exemple, a écrit dans son ouvrage « Al-Bahr ar-Râ’iq » dont la réputation d’excellence est méritée :

Il n’est pas permis de rassembler deux co-épouses ou plus dans un seul appartement sans leur consentement à cause de la solitude. Et si les co-épouses sont rassemblés dans un seul appartement avec leur consentement, il est détestable d’avoir des rapports sexuels avec l’une d’elles en présence d’une autre. S’il lui demande d’avoir un rapport sexuel devant une autre et que sa réponse est non, cela ne fait pas d’elle une rebelle de par son refus. Il n’y a pas de désaccord concernant ces questions.23

Son prédécesseur Ibn al-Houmâm (m. 1457) a tenu un discours semblable un siècle avant lui24.

 

L’absence de textes clairs interdisant le fait de jouir de plusieurs de ses femmes ou esclaves à la fois rend la pratique licite, mais chez les malékites et une frange de théologiens hanbalites, la jalousie est une source de conflits qui entraine nécessairement des répercussions négatives au sein du foyer, en conséquence de quoi, l’interdiction en découle. Certaines fatwas contemporaines ne rappellent que les avis négatifs à ce propos et taisent volontairement l’opinion de la majorité des oulémas du fait de l’embarras suscité par la discussion de cette question.

 

 

 

1 L’Islam, des origines au début de l’Empire ottoman, Claude Cahen, p.156 et 160, Pluriel, 2010

2 Sahih al-Boukhâri 265
 
3 Sahih Moslim 1462

4 As-Sira an-Nabawiyya wa-d-Da’wa fi-l-‘Ahd al-Madani, Ahmad Ghalwach, p.98, Mou’assassa ar-Risâla, 2004

5 Sahih Moslim 308 et 309

6 Sunan Abi Dâwoud 219

7 Al-Moughni, Ibn Qoudâma, volume 7, p.229, Dâr Ihyâr at-Tourâth al-‘Arabi, 1995

8 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 1, p.376, Dâr al-Ma’rifa, 1379

9 Sahih Moslim 338

10 Al-Minhâj charh Sahih Moslim bin al-Hajâj, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 4, p.30-31, Dâr Ihyâ’ at-Tourâf al-‘Arabi, deuxième édition, 1392

11 Al-Moussanaf, Ibn Abi Chayba, volume 3, p.447-448, Dâr al-Fiker, 1994

12 Kitâb al-Fiqh ‘ala al-Madhâhib al-‘Arba’a, ‘Abd ar-Rahman bin Mohammed al-Jazîri, volume 4, p.221-222, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, deuxième édition, 2003

13 Charh Moukhtassar Khalîl, Mohammed ibn ‘Abdullah al-Kharachi, volume 4, p.6, Dâr al-Fiker

14 Ibid.

15 Zâd al-Moustaqani’, Moussa al-Hajâwi, p.173, Dâr al-Watan

16 Kachâf al-Qanâ’ ‘an Matn al-‘Iqnâ’, Mansour bin Younous al-Bahouti, volume 5, p.195, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya

17 Al-Moughni, Ibn Qoudâma, volume 7, p.229, Dâr Ihyâr at-Tourâth al-‘Arabi, 1995

18 Ibid. p.228

19 Ta’wîl Moukhtalif al-Hadith, Ibn Qoutayba, p.455, Al-Maktab al-‘Islâmi – Dâr al-‘Ichrâf, 1999

20 Moughni al-Mouhtâj ila Ma’rifa Ma’âni Alfâdh al-Minhâj, Al-Khatib ach-Chirbini, volume 4, p.416, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1994

21 Nihâyat al-Mouhtâj ila Charh al-Minhâj, Chams ad-Din ar-Ramli, volume 6, p.382, Dâr al-Fiker, 1984

22 An-Najm al-Wahâj fi Charh al-Minhâj, Kamâl ad-Din ad-Damîri, volume 7, p.402, Dâr al-Minhâj, 2004

23 Al-Bahr ar-Râ’iq Charh Kanz ad-Daqâ’iq, Zayn ad-Din Ibn Noujaym, volume 3, p.237, Dâr al-Kitâb al-Islâmi

24 Fath al-Qadîr, Kamâl bin al-Houmâm, volume 3, p.437, Dâr al-Fiker

 

 

 

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