DAECH Origins

 

 

 

L’État islamique ou DA’ECH (acronyme en arabe de l’État Islamique en Irak et au Levant) a proclamé en juin 2014 l’instauration du califat au Moyen-Orient sur de larges pans du territoire irakien et syrien. Cette organisation n’a depuis cessé de faire parler d’elle de par ses vidéos de propagande enjoignant les musulmans du monde entier à faire la hijra ou à commettre des attentats sur le sol étranger. Des exécutions, parfois massives et certaines par décapitation, sont filmées et mises en scène. Les têtes sont des trophées pour les jihadistes qui n’hésitent pas à les brandir fièrement et à les exposer comme à Raqqa, en Syrie, où des dizaines de têtes de soldats de l’armée syrienne ont été plantées sur des piques. On entend dire que cela n’a rien à voir avec l’islam, et pourtant, les historiens musulmans ont mentionné dans leurs ouvrages – qui sont à portée de main mais on se refuse à les ouvrir – de nombreux faits similaires, autant à l’époque des califes que durant la vie du Prophète.

 

Un fondement coranique

Assassiner les infidèles en leur tranchant la tête est un ordre d’Allah prescrit en deux endroits. D’abord, dans la sourate du butin où Allah s’adresse aux anges au cours de la bataille de Badr : « Je suis avec vous, affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts » (8.12), puis dans la sourate Mohammad qui est ici une injonction destinée aux mahométans : « lorsque vous rencontrez ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Ensuite, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement » (47.4). La décapitation est donc une méthode conventionnelle d’abattage, et beaucoup d’ennemis du Prophète ont été privés de leur vie de cette façon : « je n’ai pas été envoyé pour châtier avec le châtiment d’Allah, dit Mahomet, mais j’ai été envoyé pour frapper les cous et enchaîner solidement les prisonniers »1.

 

La grande bataille de Badr

Plusieurs personnes ont perdu leurs têtes ce jour-là, aussi bien des combattants que des prisonniers, au cours de cette lutte fratricide qui opposa les polythéistes de La Mecque aux musulmans de Médine. Abi Bourda bin Niyâr, qui participa aux combats, nous a livrés son témoignage au travers d’Ibn Kathir (m. 1373) :

J’ai rapporté trois têtes le jour de Badr et je les ai remises entre les mains du Messager d’Allah. J’ai dit : « deux de ces têtes, c’est moi qui les ai tués. Mais concernant la troisième, j’ai vu un grand homme le frapper, puis je me suis approché au-devant de lui et j’ai pris sa tête. Le Messager d’Allah a dit : « c’était tel ange parmi les anges ! »2

Ibn Abi Chayba (m. 850) a, de son côté, relevé que Sa’d avait rapporté deux têtes le jour de Badr3. Les disciples de Mahomet ont remporté une grande victoire qui marquera les annales, et de nombreux mecquois ont été capturés. Au moins deux prisonniers ont été exécutés, peut-être trois, et les autres ont été libérés ou rançonnés.

Abou Jahl

Vieux rival du Prophète, il agonisait sur le champ de bataille à cause des blessures mortelles que lui avait infligé les fils d’Afrâ’. Sur la requête de Mahomet, un volontaire est parti à sa recherche afin de s’assurer qu’il était bien mort. ‘Abdullah bin Mas’oud a fini par le trouver. « Es-tu Abou Jahl ? », lui a-t-il demandé en lui tirant la barbe. L’homme a répondu : « y a-t-il un homme supérieur à celui que vous avez tué ou un homme tué par son propre peuple ? »4. Ibn Mas’oud l’a décapité et « a rapporté la tête d’Abi Jahl au Prophète le jour de Badr et l’a jetée entre ses mains. Il a dit : « c’est la tête de ton ennemi Abi Jahl, qu’Allah le maudisse ! » Le Prophète a répondu : « ALLAHOU AKBAR ! C’était mon Pharaon et le Pharaon de ma communauté. Il a fait du mal à moi et à ma communauté plus que n’en a fait le Pharaon à Moïse et à sa communauté ! »5. Ibn Ishâq (m. 767) a également retranscrit ce récit d’après les propres mots d’Ibn Mas’oud :

Je lui ai coupé la tête et je l’ai apporté au Messager d’Allah. J’ai dit : « Ô Messager d’Allah ! C’est la tête de l’ennemi d’Allah, Abi Jahl ! » Le Messager d’Allah a dit : « par Allah, il n’y pas aucun autre dieu à part lui, est-ce vrai ? » Le Messager d’Allah jurait ainsi. J’ai répondu : « oui. Par Allah, il n’y a aucun autre dieu à part lui ». Ensuite, j’ai jeté sa tête dans les mains du Messager d’Allah et il a loué Allah.6

L’exégète irakien Mahmoud al-‘Alousi (m. 1854) a rapporté en plus qu’après lui avoir coupé la tête, Ibn Mas’oud « ne pouvait pas la porter. Il a donc entaillé son oreille et y a fait passer une ficelle. Il l’a trainée ainsi jusqu’à être arrivé devant le Messager d’Allah. Gabriel est arrivé en rigolant et dit : « oreille pour oreille, et une tête en bonus ! »7. Cet épisode est enregistré dans plusieurs corpus de traditions dont Dalâ’il an-Noubawa d’al-Bayhaqi (m. 1066) : « le Messager d’Allah a prié le matin en faisant deux génuflexions lorsqu’on lui a apporté la bonne nouvelle de la conquête de La Mecque et lorsque l’on a apporté la tête d’Abi Jahl »8. Ibn Mâjah (m. 887) a cité un hadith semblable dans ses Sunan et Ibn Hajar al-‘Asqalâni (m. 1449) a précisé qu’il s’agissait là « d’une prière de remerciement »9.

An-Nadr bin al-Hârith

C’était un homme instruit capturé à Badr. Celui-ci n’était pas dupe et avait remarqué que les prétendues révélations divines n’étaient en réalité que de vieilles fables : « lorsque Nos versets leur sont récités, ils disent : « Nous avons écouté, certes ! Si nous voulions, nous dirions pareil à cela, ce ne sont que des légendes d’anciens » (8.31), « et ils disent : ce sont des contes d’anciens qu’il s’est écrits ! On les lui dicte matin et soir ! » (25.5). Les accusations d’an-Nadr sont à l’origine de la descente de ces versets à en croire les commentateurs. Mahomet se devait donc de l’éliminer à la première occasion, avant que les gens ne se rendent compte de sa fourberie.

Le jour de Badr, al-Miqdad bin ‘Amr a fait prisonnier an-Nadr bin al-Hârith et l’a amené au Messager d’Allah. Il a ordonné de lui couper la tête. Al-Miqdâd a dit : « n’est-ce pas mon prisonnier, Ô Messager d’Allah ? » Le Messager d’Allah a répondu : « il a dit au sujet du livre d’Allah et de son Messager ce qu’il a dit ». Puis il a ajouté : « Ô Allah ! Comble al-Miqdâd de tes faveurs ! »10

C’est ‘Ali, le bourreau de Mahomet, qui s’est chargé d’exécuter la sentence. Le passé d’an-Nadr est un point digne d’intérêt qu’il convient d’évoquer. En effet, celui-ci a voyagé et a acquis suffisamment de connaissances pour inquiéter le faux prophète. À ce titre, il représentait une menace sérieuse.

Il est allé en Perse et a appris les histoires de leurs rois tels que Roustoum et Isfandiyâr. Quand il est revenu, il a découvert que le Messager d’Allah était envoyé par Allah, et il récitait le Coran aux gens. À chaque fois qu’il se levait dans une assemblée, an-Nadr s’y asseyait et commençait à leur raconter les histoires des rois de Perse. Et ensuite, il disait : « par Allah ! Qui raconte de meilleures histoires ? Moi ou Mohammad ? » C’est pour cette raison que lorsqu’Allah a rendu possible sa capture le jour de Badr, le Messager d’Allah a ordonné de le décapiter vu qu’il avait été fait prisonnier entre ses mains, et cela a été fait. Louange à Allah.11

Et quelle coïncidence ! On retrouve au sein du Coran et de la tradition islamique de nombreux éléments empruntés à la mythologie perse tels que le voyage nocturne, les houris, ou le pont qui surplombe l’enfer12.

‘Ali décapitant an-Nadr, illustration tirée de Siyer-i Nebi

 

‘Oqba bin Abi Mou’ayt

Peu de temps après avoir exécuté an-Nadr, ce fut au tour d’Oqba capturé par ‘Abdullah bin Salima : « le Messager d’Allah s’est avancé vers les prisonniers à ‘Irq az-Zabya et a ordonné à ‘Asim bin Thâbit de décapiter ‘Oqba bin Abi Mou’ayt qui avait été fait prisonnier. Il a dit : « qui s’occupera de mes enfants, Ô Mohammad ? » Il a répondu : « l’enfer pour eux et pour leur père ! »13. Et dans la version d’Ibn Ishâq : « ‘Oqba a dit : « qui s’occupera de mes enfants, Ô Mohammad ? » Il a répondu : « l’enfer ! » ‘Asim bin Thâbit bin Abi al-‘Aqla al-‘Ansâri, le frère des Bani ‘Amr bin ‘Awf, l’a tué »14. On dit aussi que c’est ‘Ali qui lui a tranché la tête. Une autre tradition affirme que le Prophète l’a fait crucifier sur un arbre15. Si ce rapport est vrai, on peut imaginer qu’Oqba ait d’abord été exécuté avant d’être crucifié. Ensuite, son cadavre a été jeté dans un puits de Badr avec d’autres chefs qoraychites16 (vingt-quatre corps en tout entassés les uns sur les autres selon les dires d’Ibn Kathir).

Membres de l’État islamique jetant un cadavre dans un ravin

 

Mahomet a lui-même donné les raisons de la condamnation à mort d’Oqba. Ce dernier sentait sa fin arriver et ignorait que son ami an-Nadr avait déjà quitté ce monde :

« Ô Mohammad, vas-tu seulement me tuer moi parmi tous les qoraychites ? » Il a répondu : « oui ! Avez-vous idée de ce qu’il m’a fait ? Il est venu tandis que j’étais en train de me prosterner derrière la station d’Abraham. Il a posé son pied sur mon cou et a appuyé dessus. J’ai pensé que j’allais m’évanouir, mais il a levé son pied. Une autre fois, il est arrivé avec des intestins de mouton et les a jetés sur ma tête alors j’étais en train de me prosterner. Fatima est arrivée et a lavé ma tête ».17

Et dans une forme plus concise répertoriée par ‘Abd ar-Razzâq as-San‘âni (m. 826) : « ‘Oqba a dit : « tu vas me tuer moi parmi tous ceux-ci ? » Il a répondu : « oui ». Il a demandé : « pour quelle raison ? » Il a répondu : « à cause de ta mécréance, de ton impudicité, et de ton insolence envers Allah et son Messager ! »18. Pour comprendre plus en détail ce qu’il s’est passé, il faut remonter à l’époque mecquoise avant l’hégire. De vives tensions sont apparues entre les deux hommes, pour des faits à priori anodins, et ont ensuite dégénéré en conflit ouvert. Le savant al-Wâhidi (m. 1075) s’en est fait l’écho dans l’un de ses ouvrages :

‘Obayy bin Khalaf et ‘Oqba bin Abi Mou’ayt étaient amis. ‘Oqba ne revenait pas d’un voyage sans préparer un repas et inviter chez lui les nobles parmi son peuple. Il était souvent en compagnie du Prophète. Un jour, il est revenu d’un voyage, il a préparé un repas et a invité des gens, y compris le Messager d’Allah. Quand il a servi le repas, le Messager d’Allah a dit : « je ne mangerai pas ta nourriture tant que tu n’auras pas attesté qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que je suis le Messager d’Allah ». ‘Oqba a dit : « j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et Mohammad est le Messager d’Allah ». Le Messager d’Allah a donc mangé. ‘Obayy était absent ce jour-là. Quand on lui a raconté cette histoire, il a dit : « Ô ‘Oqba ! Tu as apostasié ! » Il a répondu : « par Allah, je n’ai pas apostasié ! J’avais chez moi un homme qui refusait de manger ma nourriture tant que je n’avais pas prononcé sa profession de foi. J’étais embarrassé à l’idée qu’il parte de chez moi sans avoir mangé. J’ai donc prononcé sa profession de foi et il a mangé ». ‘Obayy a dit : « je ne serais plus jamais satisfait de toi tant que tu ne lui auras pas craché au visage et marché sur con cou ». ‘Oqba a fait cela. Il a pris l’utérus d’une bête et l’a jeté sur ses épaules. Le Messager d’Allah a dit : « la prochaine fois que je te rencontre en dehors de La Mecque, je te coupe la tête avec une épée ! » Et ‘Oqba a été tué le jour de Badr alors qu’il avait été fait prisonnier.19

Boukhâri (m. 870) a recensé des variantes selon lesquelles il s’agirait d’intestins de chameau, d’autre part, ‘Oqba aurait étranglé Mahomet avec ses vêtements et Abou Bakr serait intervenu pour les séparer20. Quoiqu’il en soit, Mahomet ne pardonna jamais à ‘Oqba les humiliations subies. La vengeance est un plat qui se mange froid.

Tou’ayma bin ‘Adi

Les récits divergent sur sa fin de vie. Le mou’tazilite de rite chaféite Ibn Abi Hadid (m. 1258) a écrit :

Et Tou’ayma bin ‘Adi, on le surnommait Abou Riyân. Hamza bin ‘Abd al-Mouttalib l’a tué dans le rapport d’al-Wâqidi, mais dans celui de Mohammed bin Ishâq c’est ‘Ali bin Abi Tâlib qui l’a tué. Et Balâdhouri a mentionné un rapport étrange dans lequel Tou’ayma bin ‘Adi a été fait prisonnier le jour de Badr. Le Prophète l’a tué par la main d’Hamza alors qu’il avait été fait prisonnier.21

Boukhâri a appuyé l’historien al-Wâqidi (m. 822)22. Concernant Balâdhouri (m. 892), il a expliqué que « Tou’ayma faisait partie de ceux qui ont fait du tort au Messager d’Allah en accentuant son malheur et en l’insultant, il répandait des rumeurs sur lui et l’accusait de mensonges. Le jour de Badr, il a été fait prisonnier. Le Messager d’Allah a ordonné de le tuer et il a été tué »23. Puis il cite Sa’ïd bin Joubayr (m. 714) qui confirme ses dires. Le traditionnaliste Tabarâni (m. 918) a archivé un hadith d’Ibn ‘Abbâs (m. 687) classant Tou’ayma parmi les captifs exécutés24 ; Sa’ïd étant un disciple d’Ibn ‘Abbâs, il est évident que cette version de l’histoire remonte au cousin du Prophète. Si celle-ci s’avère authentique, alors Tou’ayma a certainement eu la tête tranchée à l’instar de ses deux autres comparses. Néanmoins, les savants des expéditions n’ont pas opté pour cette version des faits. D’après eux, Tou’ayma a été tué sur le champ de bataille, et « quant aux meurtres d’Oqba et d’an-Nadr, il n’y a pas de désaccord là-dessus »25.

 

Ka’b bin al-‘Achraf

Mahomet a commandité son assassinat car c’était « un poète qui faisait des satires sur le Prophète et ses compagnons, incitait les polythéistes contre eux, et les offensait »26. Mohammed bin Maslama et quatre autres personnes ont été chargés de remplir le contrat. Le commando a usé d’un habile stratagème en isolant Ka’b du reste de la petite communauté juive. Mohammed s’est saisi de cette opportunité pour plonger son épée dans le ventre de Ka’b et l’éventrer jusqu’au pubis. Il a ensuite été décapité. Les tueurs sont revenus à Médine auprès du Messager d’Allah, puis ils « ont jeté sa tête entre les mains du Prophète qui a loué Allah pour ce meurtre. Quand ce fut le matin, il a dit : « si vous mettez la main sur un juif, tuez-le ! » Les juifs ont eu peur et aucun d’eux n’est sorti ni ne parlait. Ils craignaient d’être attaqués comme Ibn al-‘Achraf avait été attaqué »27. Le récit de cet assassinat est confirmé par les Sahihayn28.

 

Abou ‘Azza

Il a commis l’erreur fatale de s’être fait attraper une deuxième fois par Mahomet qui n’a eu aucune pitié pour lui. L’entrevue entre les deux hommes, depuis leur première rencontre jusqu’à l’exécution de l’un des protagonistes, s’est déroulé comme suit :

Parmi les prisonniers le jour de Badr, le Messager d’Allah a accordé la protection à Abou ‘Azza ‘Amr bin ‘Abdullah bin ‘Omayr al-Joumahi. C’était un poète. Le Messager d’Allah l’a libéré. Il a dit : « j’ai cinq filles qui n’ont rien. Sois clément avec moi pour elles, Ô Mohammad ! » Le Messager d’Allah a fait cela. Abou ‘Azza a dit : « je te donne ma parole que je ne te combattrai plus ni ne rassemblerai des gens contre toi ! » Le Messager d’Allah l’a renvoyé. Quand les Qoraychites sont partis pour Ohod, Safwân bin ‘Omayya est allé le voir et lui a dit : « viens avec nous ». Il a répondu : « j’ai donné ma parole à Mohammad que je ne le combattrai plus ni n’ameuterai des gens contre lui. Il m’a libéré et n’a libéré personne d’autre que moi : soit il exécutait les autres prisonniers, soit il les rançonnait ». Safwân lui a garanti qu’il garderait ses filles avec les siennes s’il venait à être tué. Et s’il restait en vie, il lui donnerait tellement de richesses que lui et sa famille ne pourront tout dépenser. Abou ‘Azza est parti pour appeler et rassembler les Arabes. Puis il est sorti avec les Qoraychites le jour d’Ohod. Il a été fait prisonnier et aucun autre qoraychite à part lui n’a été fait prisonnier. Il a dit : « Ô Mohammad ! Je suis parti contre mon gré. J’ai des filles et je suis leur seul garant ! » Le Messager d’Allah a répondu : « où est la promesse que tu m’as faite ? Non, par Allah, tu ne caresseras pas ta barbe à La Mecque en disant : j’ai trompé Mohammad deux fois ! »29

Ibn Ishâq poursuit : « Ô Zoubayr, dit le Prophète, coupe-lui la tête ! » Et il lui a tranché la tête »30. D’après Sa’ïd bin al-Moussayeb (m. 715), l’exécutant serait ‘Asim bin Thâbit. La fin de l’histoire est plutôt morbide. L’imam as-Silafi (m. 1180) a transmis « qu’Abi Sa’ïd al-Khoudri a rapporté que la première tête suspendue dans l’islam est la tête d’Abi ‘Azza al-Joumahi. Le Messager d’Allah l’a décapité, ensuite, sa tête a été transportée au bout d’une pique, puis on l’a envoyée à Médine »31.

 

Sofyân bin Khâlid

Le Prophète a appris qu’on rassemblait des troupes contre lui. Il a donc envoyé ‘Abdullah bin ‘Ounays dans le but d’assassiner Sofyân le plus discrètement possible et d’empêcher ainsi un affrontement armé. ‘Abdullah s’est fondu dans la masse et, profitant d’un moment de calme, pénétra dans la tente de sa cible…

Je l’ai tué, puis j’ai pris sa tête. Ensuite, je suis entré dans une caverne dans une montagne. Une araignée y a tissé sa toile. Les gens étaient à ma recherche, mais ils n’ont rien trouvé et sont repartis. Je suis alors sorti. Je voyageais la nuit et me cachais le jour jusqu’à être arrivé à Médine. J’ai trouvé le Messager d’Allah à la mosquée. Quand il m’a vu, il a dit : « que la réussite t’accompagne ! » J’ai répondu : « que la réussite t’accompagne, Ô Messager d’Allah ! » Je lui ai remis sa tête entre ses mains et lui ai raconté ce qui s’était passé.32

Abou Dâwoud (m. 889) a consigné ces faits dans ses Sunan33.

 

Un espion

Les musulmans ont capturé un espion polythéiste lors du raid d’al-Mouraysi’. ‘Omar l’a interrogé et menacé de mort. Après cela, on l’a emmené devant le Prophète :

Le Messager d’Allah l’a appelé et l’a invité à l’islam mais il a refusé en disant : « je ne suivrai pas votre religion jusqu’à ce que je voie ce que mon peuple fera. S’ils entrent dans votre religion, je serais l’un d’eux. S’ils s’affermissent dans leur religion, je serais l’un de leurs hommes ». ‘Omar a dit : « Ô Messager d’Allah ! Je vais lui couper la tête ! » Le Messager d’Allah le lui a remis et il lui a coupé la tête.34

L’histoire islamique rappelle le cas d’un autre espion ayant récolté des informations sur le nombre de djihadistes engagés contre les Hawâzin. Le Prophète a hurlé à ses compagnons : « poursuivez-le et tuez-le ! »35. Abi Salama bin al-‘Akwa’ s’est lancé à sa poursuite, l’a rattrapé, et lui a coupé la tête36.

La loi islamique

Les hadiths précédents constituent une preuve indéniable sur le fait de tuer l’espion mécréant, et « ceci est le consensus des musulmans », explique le commentateur chaféite an-Nawawi (m. 1277)37. Il ajoute au sujet de l’espion protégé par un traité ou dhimmi que « Mâlik et al-‘Awzâ’i sont d’avis que le traité devient invalide, et si l’on découvre que c’est un esclave, il est permis de le tuer. Mais l’ensemble des oulémas a dit : le traité n’est pas annulé à cause de cela. Et nos compagnons ont dit : sauf si l’une des conditions du traité stipule sa résiliation pour cette raison »38.

Enfant de 10 ans enrôlé par DA’ECH exécutant deux espions russes à bout portant

 

Concernant le sort de l’espion musulman fournissant des renseignements à l’ennemi, les juristes ont eu des désaccords. Tout dépend de l’interprétation de ce hadith :

‘Ali a rapporté :
Le Messager d’Allah m’a envoyé avec az-Zoubayr et al-Miqdâd en disant : « allez jusqu’à Rawdat Khâkh où il y a une femme qui est en possession d’une lettre. Prenez cette lettre ! » Nous sommes partis avec nos chevaux jusqu’à ce que nous soyons arrivés à ar-Rawdat. Quand nous avons vu la femme, nous avons dit : « sors la lettre ! » Elle a répondu : « je n’ai pas de lettre avec moi ». Nous avons dit : « soit tu sors la lettre, soit nous arrachons tes vêtements ! » Elle l’a sortie de sa tresse de cheveux. Nous l’avons rapportée au Prophète. Elle était adressée à des polythéistes de La Mecque par Hâtib bin Abi Balta’a qui les informait des affaires du Prophète. Le Prophète a demandé : « qu’est-ce que c’est, Ô Hâtib ? » Il a répondu : « ne me juge pas trop vite, Ô Messager d’Allah ! Je ne suis pas qoraychite, tandis que les émigrés qui sont avec toi ont des proches qui protègent leurs familles et leurs biens à La Mecque. Pour compenser le fait que je n’ai pas de lien de sang avec eux, je leur ai fait des faveurs afin qu’ils protègent mes proches. Je n’ai pas fait cela par mécréance ni apostasié de ma religion ». Le Prophète a répondu : « il vous a dit la vérité ». ‘Omar a dit : « Ô Messager d’Allah, laisse-moi lui couper le cou ! » Il a répondu : « il était présent à Badr. Et qu’en sais-tu, peut-être qu’Allah regarde les gens de Badr en disant : « faites ce que vous voulez, je vous ai pardonné ».39

Ibn Hajar écrit que « la demande de permission d’Omar est une preuve de la légalité de tuer l’espion même s’il est musulman »40. C’est l’avis de Mâlik ibn Anas (m. 796), de l’hanbalite Ibn ‘Aqîl (m. 1119), et d’autres. Il ajoute que « l’interdiction réside dans le fait qu’Hâtib ait participé à Badr. Ceci était propre à Hâtib. Et si être musulman était un motif pour ne pas le tuer, on ne lui aurait pas donné une raison spécifique »41. Châfi’i (m. 820), Ahmad ibn Hanbal (m. 855), Abou Hanifa (m. 767), al-‘Awzâ’i (m. 774), et la plupart des savants ont préféré le fouet ou l’emprisonnement à la mort. Ibn Qayyim (m. 1350), qui était l’un des représentants de l’école hanbalite, pense que l’avis le plus fort est celui de Mâlik42.

Le prédicateur belge Iliass Azaouaj exécuté par décapitation par l’EI pour espionnage

 

Massacre des Banou Qorayza

Bien que la tribu n’ait pas pris part militairement à l’offensive des coalisés contre Médine, elle a fait preuve de partialité lors de la confrontation entre les deux partis. Compte tenu de la menace éventuelle que représentait la tribu dans un avenir proche, Mahomet a décidé de la liquider préventivement. Deux versets coraniques ont relaté cette tragédie de manière allusive : « Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus, et Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Un groupe d’entre eux, vous tuiez, et un groupe vous faisiez prisonniers. Et Il vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n’aviez point foulée. Et Allah est Omnipotent » (33.26-27). Ibn Kathir a commenté à ce sujet :

Le Messager d’Allah a ordonné de creuser des fosses, et on les a creusées dans le sol. Ils ont été emmenés les mains liées derrière le dos et ils ont été décapités. Ils étaient entre sept cent et huit cent. Ceux dont les poils n’avaient pas poussé ont été faits prisonniers, ainsi que les femmes, et leurs biens ont été saisis.43

C’est ‘Ali et Zoubayr qui ont été désignés pour leur trancher la tête, et l’on compte parmi les victimes un certain nombre d’enfants. Voici comment le tri entre les jeunes garçons s’effectuait : « ‘Atiyya al-Qourazi m’a rapporté : j’étais parmi les captifs de Bani Qorayza et ils nous ont examinés. Ceux dont les poils avaient poussé ont été exécutés, et ceux dont les poils n’avaient pas poussé ont été épargnés. Je fus parmi ceux dont les poils n’avaient pas poussé »44. Ceci est extrait des Sunan d’Abou Dâwoud auquel nous joignons l’explication de l’érudit Shams al-Haqq al-‘Azîm Abâdi (m. 1911) :

« Parmi les captifs de Bani Qorayza », c’est-à-dire, parmi leurs prisonniers. « Ils » : les compagnons, « nous ont examinés » : c’est-à-dire, les jeunes enfants mâles captifs. « Ceux dont les poils avaient poussé » : autrement dit, les poils pubiens, « ont été exécutés » : la pousse du poil est un signe de puberté, ils font donc partie des combattants.45

Par conséquent, abattre des prisonniers est conforme à la loi islamique, toutefois, le Coran offre, outre cela, deux autres alternatives (47.4) : « l’imam a le choix, dit Ibn al-Jawzi (m. 1201), si un captif tombe entre ses mains : soit il le libère, soit il le rançonne, soit il le tue, c’est-à-dire que cela dépend de l’intérêt des musulmans. C’est l’avis de Jâbir bin Zayd, de l’ensemble des juristes, et de l’imam Ahmad »46.

Image extraite d’une vidéo de propagande de l’EI montrant une exécution massive de prisonniers

 

Quant aux survivants des Banou Qorayza, en tout un millier de femmes et d’enfants, ils ont été vendus comme esclaves. Les gains générés par la vente d’une partie d’entre eux, déportée au Nadj et en Syrie, ont permis au Prophète de s’acheter des armes et des chevaux47.

Corollairement, les juristes ont eu la conviction, en vertu du hadith d’Abou Dâwoud, que le meurtre d’enfants otages est licite si la pousse du poil pubien est confirmée. En revanche, il n’y a pas de consensus au sujet de l’application des peines légales pour les enfants de confession musulmane (amputation, flagellation, crucifixion, ou autres, en fonction du délit ou crime commis) ; et l’autorisation donnée à Ibn ‘Omar de partir à la guerre à l’âge de quinze ans48 a servi de référentiel pour certains oulémas dans l’élaboration de principes juridiques. Al-Khattâbi (m. 998) a renseigné sur cette question les avis des plus éminents fouqahâ’ dans son livre Ma’âlim as-Sunan :

Les savants ont eu des désaccords concernant l’âge du jeune garçon à partir duquel on doit appliquer la peine légale. Ach-Châfi’i a dit : si le jeune garçon fait un rêve érotique avec éjaculation involontaire ou s’il est âgé de quinze ans, alors son jugement est celui des adultes concernant l’application de la peine légale. Il en est ainsi également pour la jeune fille si elle est âgée de quinze ans ou si elle a ses menstrues. Quant à la pousse du poil, elle ne détermine pas l’âge adulte, mais cela permet de faire une différenciation entre les infidèles : on tue leurs combattants ou on laisse en vie leurs non-combattants selon la pousse du poil.
Al-‘Awzâ’i et Ahmad bin Hanbal ont dit la même chose qu’ach-Châfi’i concernant l’âge de quinze ans pour le jeune garçon. Ahmad et Ishâq ont dit que la peine légale doit être appliquée sur ceux dont les poils ont poussé.
On a aussi rapporté cela de Mâlik bin Anas au sujet de la pousse du poil. Quant à l’âge, il a dit : si le jeune garçon fait un rêve érotique avec éjaculation involontaire ou atteint l’âge d’en faire, son jugement est celui de l’adulte. Et l’âge de quinze ans n’entre pas en ligne de compte dans l’application de la peine légale.
Sofyân a dit : nous avons entendu dire que la puberté peut avoir lieu avant l’âge de quatorze ans et le maximum est de dix-huit ans. Si nous devons appliquer les peines légales, nous les appliquons alors à l’âge maximum.
Abou Hanifa a dit que l’âge adulte du garçon est à dix-huit ans sauf s’il fait sa puberté avant, et celui de la jeune fille est à dix-sept ans sauf si elle a ses menstrues avant.49

En tous les cas, l’islam confère à l’imam le pouvoir de torturer ou d’exécuter des enfants, garçons ou filles, pour peu qu’ils soient précoces.

 

Oum Qirfa

Sa tribu refusait de se soumettre à la tyrannie de Mahomet. Un jour, des hommes se sont permis d’attaquer par surprise Zayd bin Hâritha et ses compagnons, et les ont dépouillés. Quand Zayd fut remis de ses blessures, le Prophète l’a renvoyé à la tête d’un détachement en ayant comme objectif l’assouvissement de sa vengeance. Ils ont encerclé des membres de la tribu et les ont capturés sans difficulté. Par la suite, Zayd a ordonné de mettre à mort Oumm Qirfa : « Qays bin al-Mouhassir s’est dirigé vers Oumm Qirfa qui était une très vieille femme. Il l’a tuée d’une manière cruelle en liant chacune de ses jambes à une corde, puis il a attaché les cordes à deux chameaux. Il les a faits courir et ils l’ont coupée en deux »50. Après cela, Zayd a décapité Oumm Qirfa et « rapporté sa tête à Médine »51. Le Prophète fut très heureux de cette victoire et tenait à ce que tout le monde le sache. L’historien Hicham Ibn al-Kalbi (m. 819) raconte :

Le Messager d’Allah a dit aux Qoraychites : « voyez-vous qui l’a tuée – Oumm Qirfa, c’est-à-dire Fatima bint Rabî’a bin Badr Ibn ‘Amr bin Jouwayya bin Lawdhân – le croyez-vous ? » Ils ont répondu : « cela est-il possible ? » Lorsque Zayd bin Hâritha al-Kalbi l’a tuée, le Messager d’Allah a ordonné de défiler avec sa tête dans Médine afin de faire savoir qu’il l’avait tuée et que le Messager d’Allah était véridique.52

Cette mise en scène macabre figure aussi dans une œuvre de l’égyptien al-Maqrizi (m. 1442) intitulée Imtâ’ al-‘Asmâ’.

 

Marhab

Gouverneur de Khaybar et valeureux guerrier, Marhab gagna son premier duel contre ‘Âmir lors de l’attaque de la forteresse de Khaybar réputée imprenable. Il s’est ensuite mesuré à un autre combattant, mais les sources divergent quant à l’identité de celui-ci. Dans le Sahih Moslim, il s’agirait d’Ali53, alors que les premiers historiens prétendent que c’est Mohammed bin Maslama : « Ibn Ishâq, Moussa bin ‘Oqba et al-Wâqidi ont affirmé que celui qui a tué Mahrab est Mohammed bin Maslama. C’est ainsi que l’a rapporté Ahmad avec un isnâd correct d’après Jâbir. Et on a dit que Mohammed bin Maslama l’a combattu en duel et lui a coupé la jambe, puis ‘Ali l’a achevé. Et il a été dit aussi que c’est al-Hârith, le frère de Mahrab, qui l’a tué, mais il y a des doutes sur certains narrateurs »54. D’après Ibn Hajar, an-Nawawi, et Ibn ‘Abd al-Barr (m. 1071), la version approuvée est celle du Sahih Moslim, et Ibn al-‘Athîr (m. 1233) a observé que « le plus juste selon la majorité des traditionalistes et des biographes est que c’est ‘Ali qui l’a tué »55. Et Ahmad a relaté dans son Mosnad un fait en rapport avec cette joute omis par les historiens : « ‘Ali a rapporté : quand j’ai tué Marhab, j’ai apporté sa tête au Prophète »56. Il est cependant important de signaler que cette tradition a été affaiblie par plusieurs savants du hadith. Malgré tout, le sang de Marhab ne restera pas impuni, puisque Zaynab bint al-Hârith, qui était sa sœur ou sa nièce57, le vengea en empoisonnant le Prophète.

 

Al-‘Aswad

Al-‘Aswad s’était auto-proclamé prophète au Yémen, ce qui était une raison suffisante aux yeux du Messager d’Allah pour commanditer son assassinat. Ainsi donc, Firouz ad-Daylami se rendit à Sanaa et tua le concurrent de Mahomet58 avant de « lui couper la tête »59. Le meurtrier a justifié son geste en disant : « j’ai apporté la tête d’al-‘Aswad al-‘Ansi au Prophète »60. Cependant, des doutes planent quant au moment de sa mort. Dawlâbi (m. 923) a dit qu’il a été tué « à Sanaa en l’an onze avant que le Prophète ne meurt »61, et plus précisément « un jour ou une nuit avant sa mort »62 selon Tabari (m. 923). Firouz n’a donc pas eu le temps de ramener la tête d’al-‘Awsat jusqu’à Médine lorsque le Messager d’Allah était encore en vie. Il est pourtant possible d’harmoniser les récits en admettant l’hypothèse que Firouz ait rapporté son trophée dans la ville sainte sans savoir que Mahomet avait rendu son dernier souffle, et l’a peut-être même déposé à ses pieds. Il existe également un autre point de vue niant catégoriquement que le meurtre eut lieu du vivant du Prophète : « al-Hâkim Abou Ahmad a dit dans Al-Kouna : c’est une erreur pour deux raisons. La première est qu’al-‘Ansi est apparu à Sanaa et Mousaylima à Yamâma après la mort du Prophète et non de son vivant. La deuxième raison est qu’al-‘Aswad bin Ka’b al-‘Ansi a été tué par Firouz ad-Daylami en l’an onze à l’époque d’Abi Bakr »63. Et Allah est plus savant.

 

Un transgresseur

Parmi les interdits du Coran figure l’interdiction d’épouser la femme de son père (4.22). Les traditionalistes,  tel qu’Abou ‘Isa at-Tirmidhi (m. 892), nous ont alertés sur le cas d’un homme ayant enfreint la règle et de la sanction prise à son encontre :

Al-Barâ’ a rapporté :
Mon oncle Abou Bourda bin Niyâr est passé me voir et il avait avec lui une bannière. Je lui ai demandé : « où vas-tu ? » Il a répondu : « le Messager d’Allah m’a envoyé vers un homme qui a épousé la femme de son père afin que je lui rapporte sa tête ».64

Et dans une variante d’Abou Dâwoud : « il m’a ordonné de le décapiter et de saisir ses biens »65. Al-Bayhaqi a de même répertorié cette anecdote assortie d’une conclusion intéressante : « il lui a ordonné de le décapiter et de saisir un cinquième de ses biens. Nos compagnons ont dit : décapiter et se saisir d’un cinquième des biens n’est réservé qu’à l’apostat »66. Violer certaines lois coraniques entraîne l’exclusion de la oumma. Épouser la femme de son père était une norme pendant la période préislamique, et l’interprète as-Sindi (m. 1726) a expliqué qu’en contrevenant à la charia « il est devenu apostat et il a été tué à cause de cela »67. En fait, le mal est plus profond qu’il n’y parait attendu que l’homme a remis en cause l’autorité du Prophète tentant de le déstabiliser :

Celui qui s’est marié avec l’épouse de son père a transgressé par son acte deux interdictions et a accumulé deux grands péchés envers Allah. La première est de conclure un contrat de mariage qu’Allah a interdit par le texte de sa révélation dans Sa parole : « et n’épousez pas les femmes que vos pères ont épousées » (4.22). Et la seconde est qu’il a pénétré un vagin interdit. Pis encore, il l’a confessé au Messager d’Allah en lui annonçant qu’il a conclu un contrat de mariage qu’Allah a interdit par le texte de Son livre. Il n’y a aucune ambiguïté quant à l’interdiction de cela, et il le lui a annoncé en sa présence.68

Sa condamnation à mort est légitimée par un hadith présent, entre autres, chez Ibn Mâjah : « celui qui renie un seul verset du Coran, il est permis de lui couper la tête »69 ; et le célèbre cadi ‘Iyâd (m. 1149) l’a référencé sous une forme voisine dans son Kitâb ach-Chifâ s’ensuit d’une réflexion personnelle : « s’il renie pareillement la Torah, l’Évangile, et les livres révélés d’Allah, ou n’y croit pas, ou anathématise, ou dénigre, ou sous-estime l’un d’eux, c’est un mécréant »70. Ceci permet d’accuser ou de faire condamner presque n’importe qui pour un motif futile étant donné les multiples interprétations que revête un verset coranique.

 

Un ennemi du Prophète

Abou Dâwoud, ainsi qu’Ibn Abi Chayba, ont transmis le récit suivant : « le Prophète a rencontré un ennemi et dit : « celui qui m’apportera sa tête, Allah lui accordera ce qu’il veut ! » Deux hommes lui ont apporté sa tête et se sont querellés. Le Prophète a jugé en faveur de l’un d’eux »71. D’après Abou Dâwoud, rien n’est vrai dans ce hadith72, et al-Bayhaqi a noté que « ce hadith est discontinu, et si cela est prouvé, c’est une incitation à tuer l’ennemi et non une incitation à transporter une tête depuis une terre d’infidèles vers une terre d’islam »73.

 

Acheminer des têtes d’un endroit à un autre dans le droit musulman

Nous avons à ce sujet énuméré de nombreux exemples dans la vie Mahomet. Par conséquent, cela est naturellement permis, et la pratique des membres de l’État islamique – de mouvance salafiste et d’obédience hanbalite – en est la continuité. Il existe en dépit de cela de nobles savants qui semblent ne jamais avoir entendu parler de ces récits à l’image d’ach-Cha’bi (m. 723) qui a déclaré : « on n’a rapporté de tête ni au Messager d’Allah, ni à Abi Bakr, ni à ‘Omar, ni à ‘Othmân, ni à ‘Ali, et la première tête qu’on a rapporté est celle de ‘Amr bin al-Houmq qui a été rapportée à Mou’âwiya »74. C’est aussi le cas d’az-Zouhri (m. 742) qui a dit : « on n’a jamais apporté de tête au Prophète à Médine, pas même le jour de Badr. On a apporté une tête à Abou Bakr et il a détesté cela »75, et il a ajouté : « le premier à l’avoir pratiqué est Ibn az-Zoubayr. Il lui a rapporté (à Abou Bakr) les têtes d’Ibn Ziyâd et de ses compagnons »76. Et on a mentionné qu’une tête avait été offerte au calife ‘Ali et qu’il en avait été effrayé. Il a interdit la pratique en prétendant que cela ne se faisait pas du temps du Messager d’Allah ni de ses prédécesseurs. On dit aussi qu’Othmân avait reçu les têtes d’un groupe de polythéistes et l’avait désapprouvé77.

La tradition avec Abou Bakr est jugée authentique. Nous verrons ci-après qu’un groupe de jurisconsultes s’en est servi pour défendre leur point de vue.

‘Amr bin al-‘Âs et Chourahbîl bin Hasana ont chargé ‘Oqba d’apporter la tête du commandant de Syrie, Yannâq, à Abou Bakr as-Siddiq. Quand il est arrivé auprès d’Abi Bakr, il a désapprouvé cela. ‘Oqba lui a dit : « Ô calife du Messager d’Allah ! C’est ainsi qu’ils agissent à notre égard ! » Il a répondu : « est-ce que j’agis ainsi avec les Perses et les Romains ? » Ne m’apporte plus de tête, un message ou des nouvelles me suffisent.78

Al-‘Awzâ’i estime que ceci est détestable, c’est-à-dire, permis mais fortement déconseillé. D’après l’encyclopédie de la jurisprudence du Koweït, qui a synthétisé les avis des différentes écoles de fiqh, la pratique est détestable pour les chaféites et les hanbalites en raison du hadith d’Abou Bakr et de l’interdiction de la mutilation. Les malékites l’ont catégoriquement interdite, tandis que les hanéfites n’y voient aucun mal79. Considérons plus en détails l’argumentation des plus illustres théologiens selon leurs madhâhib respectifs.

Hanéfite

L’imam as-Sarakhsi (m. 1090) confie dans son Kitâb al-Mabsout qu’il trouve ceci détestable puisque le Messager d’Allah a interdit la mutilation, puis il pointe le hadith d’Abou Bakr et indique qu’Ali ne faisait pas cela durant son califat. Il enchaîne ensuite avec l’avis de quelques juristes qui nourrissent une tout autre idée : « certains de nos compagnons parmi les dernières générations l’ont autorisé si cela brise leur puissance (aux infidèles) ou rassure le cœur des justes. C’est ce qu’ils ont déduit du hadith d’Ibn Mas’oud lorsqu’il a rapporté la tête d’Abi Jahl au Messager d’Allah, et il ne lui a pas reproché cela »80. As-Sarakhsi a écrit ce livre en prison et en a commencé un autre « Charh as-Siyar al-Kabîr » qu’il achèvera peu avant sa mort. Sa position semble avoir entre-temps évolué. Probablement a-t-il été influencé par ses maîtres qui ont honoré la pensée des dernières générations sur ce sujet : « la majorité de nos cheikhs est d’avis que si cela retient la main des infidèles et les indigne, ou les fait fuir devant les musulmans, il n’y a aucun mal à faire cela avec les tués parmi les commandant des infidèles ou les grands guerriers »81. Il adjoint à cette remarque les susdits récits d’Abou Jahl, Sofyân bin Khâlid, et Ka’b bin al-‘Achraf. Az-Zayla’i (m. 1343) n’a, en ce qui le concerne, pas apprécié cette pratique82, alors qu’Ibn Noujaym (m. 1563) a rallié l’opinion devenue majoritaire au sein de son école en n’y voyant rien de mal83.

Hanbalite

Ibn Qoudâma (m. 1223) juge cela détestable, pareillement à ses homologues hanbalites, bien que parfaitement licite si l’on peut en tirer avantage. Il cite en exemple un passage de la conquête d’Égypte :

Lorsqu’Amr bin al-‘Âs a assiégé Alexandrie, un musulman est tombé entre leurs mains et ils ont pris sa tête. Les hommes d’Amr en ont été révoltés. ‘Amr leur a dit : « saisissez l’un de leurs hommes, coupez-lui la tête, et jetez-la vers eux avec une catapulte ! » C’est ce qu’ils ont fait. Alors, les gens d’Alexandrie ont lancé la tête du musulman vers ses hommes.84

Le fondateur de l’école, Ahmad ibn Hanbal, a lui-même évoqué plusieurs situations où la pratique pourrait être bénéfique pour les musulmans : « s’il y a un avantage à cela comme la propagation du jihad ou le fait de leur infliger un châtiment exemplaire ou prévenir une agression, alors c’est permis, car cela fait partie de l’application des peines légales et du jihad légal »85. Dans le cas contraire, transporter des têtes, stipule Ibn Mouflih al-Maqdisi (m. 1451), ou les lancer depuis une catapulte est détestable86.

Chaféite

Les juristes appartenant à ce rite sont partagés. Nawawi a résumé les différents avis de la façon suivante :

Concernant le fait de transporter des têtes de mécréants vers une terre d’islam, il y a deux avis. Le premier est que ce n’est pas détestable dans un but d’intimidation. Le deuxième avis – qui est le plus correct – et auquel se sont rattachés les irakiens et ar-Rouyâni, est que cela est détestable, mais l’ensemble des savants n’a pas mentionné le cas où cela permet de faire une différence et d’avoir le dessus sur les infidèles. Le compagnon al-Hâwi a dit : « ce n’est pas détestable si cela permet d’avoir le dessus », il a préféré cette opinion.87

Ach-Chîrazi (m. 1083), le grand représentant de l’école chaféite en Irak, fait partie de la seconde catégorie88. Ibn al-Moulaqin (m. 1401) a toutefois clarifié « qu’on peut en transporter durant le combat d’un lieu à un autre dans le but de s’assurer de la mort du mécréant, mais pas d’un pays à un autre »89.

Malékite

Rapporter des têtes d’un pays à un autre ou en rapporter au gouverneur n’est pas autorisé selon Sahnoun (m. 854)90 qui invoque le hadith d’Abou Bakr pour se justifier. En revanche, ceci est permis dans le pays où le meurtre a eu lieu, assure ad-Dousouqi (m. 1815), si cela peut rassurer le cœur des croyants en ayant l’assurance de la mort des infidèles91.

Enfin, pour clore ce chapitre, il serait intéressant d’y confronter le point de vue de Chawkâni (m. 1834), ancien savant de l’école chiite zaydite converti au sunnisme :

Si rapporter des têtes fortifie le cœur des musulmans ou affaibli la puissance des mécréants, alors il n’y a aucune objection à cela, c’est même une bonne action et une juste façon d’agir. Il n’y a aucun lieu d’expliquer son impureté puisqu’il est possible de ne pas se souiller avec et de ne pas établir de contact direct. La permission ne s’arrête pas au fait que ceci est prouvé du Prophète. Renforcer l’armée islamique et terroriser l’armée des mécréants est l’un des objectifs recherchés de la loi islamique et il n’y a aucun doute là-dessus.92

Conclusion : la plupart des juristes a déclaré la pratique licite ou à la limite du tolérable. Comment donc blâmer DA’ECH pour cela ? Ses membres ne font qu’appliquer les instructions des imams dont les ouvrages sont en vente libre et étudiés dans les universités du Moyen-Orient.

 

Les califes

L’histoire du califat est littéralement une rivière de sang, et lister tous les crimes et massacres perpétrés serait une tâche laborieuse et interminable. Contentons-nous simplement de retracer deux épisodes sanglants ayant profondément marqué les mémoires d’hommes.

La rivière de sang

Les évènements se sont déroulés à l’époque du califat d’Abou Bakr (632-634) lors de la conquête de l’Irak. Les troupes musulmanes, avec à leur tête Khâlid ibn Walîd, ont poussé jusqu’à ‘Oulays, lieu qui donna son nom à la bataille, où les Perses ont opposé une certaine résistance.

Khâlid a dit : « Ô Allah ! Si tu nous livres leurs épaules, je ne laisserai la vie à aucun d’entre eux parmi ceux qui seront tombés entre nos mains, jusqu’à ce que leur rivière coule avec leur sang ! » Ensuite, Allah a livré leurs épaules aux musulmans. Khâlid a demandé à son héraut de dire : « capturez, capturez ! Ne tuez que celui qui résiste parmi les captifs ! » La cavalerie a donc ramené beaucoup de prisonniers. Il a ordonné à des hommes de les décapiter dans la rivière. Khâlid a fait cela pendant un jour et une nuit, puis il a continué le lendemain et le surlendemain jusqu’à ce qu’il soit arrivé à une cité. Il décapitait chacun d’eux dans la rivière mais l’eau de la rivière partait dans d’autres directions. Des généraux lui ont alors dit : « la rivière ne coulera pas avec leur sang tant qu’on ne renverra pas l’eau sur le sang. De cette façon, le sang coulera et tu accompliras ton serment ». Il a donc renvoyé l’eau et la rivière de sang frais coulait. C’est pour cette raison qu’on l’appelle la rivière de sang jusqu’à aujourd’hui. Les moulins ont tourné avec cette eau mélangée au sang frais, ce qui a suffi à alimenter toutes les troupes pendant trois jours. Le nombre de tués s’élevait à soixante-dix mille.93

Et l’on apprend par l’intermédiaire de Tabari qu’Abou Bakr s’est réservé une captive et l’a violée. Elle en est tombée enceinte94.

DA’ECH liquidant des prisonniers au bord d’une rivière

 

Le martyr d’Hussein à Karbala

Le calife Mou’âwiya Ier (m. 680) étant mourant, son fils Yazid était prêt à tout pour lui succéder sur le trône. Pour se faire, il décida de faire disparaître toute personne susceptible de lui ravir sa place, et Hussein (m. 680), le petit-fils de Mahomet, en faisait partie. ‘Obaydullah Ibn Ziyâd fut désigné pour se charger de cette tâche : « c’était le gouverneur de Kufa de Yazid bin Mou’âwiya et al-Hussein a été tué sur son ordre »95. Après l’avoir traqué et retrouvé, les forces d’Ibn Ziyâd ont engagé un violent combat au cours duquel plusieurs membres de la famille du Prophète ont péri. Puis ce fut au tour d’Hussein de goûter à la mort :

On a porté une attaque contre lui de tous les côtés. Zour’a bin Charîk at-Tamîmi a frappé sa main gauche et il a également frappé son épaule. Puis ils ont reculé, alors qu’il tombait et trébuchait. Sinân bin Anas bin ‘Amr an-Nakha’i a profité de la situation pour le transpercer de sa lance, ce qui l’a fait tomber. Ensuite, il a dit à Khawali bin Yazid al-‘Asbahi : « coupe-lui la tête ! » Il a voulu le faire mais il était faible et tremblait. Sinan bin Anas lui a dit : « qu’Allah te prive de tes bras et de tes mains ! » Il s’est penché vers lui, puis il l’a égorgé et coupé la tête. Il a donné sa tête à Khawali bin Yazid.96

Hussein a encaissé presque soixante-dix coups d’épées avant d’expirer. Plus tard, son corps a été piétiné par une dizaine de chevaux qui lui ont broyé le dos et la poitrine97. On a rapporté sa tête à Ibn Ziyâd qui « a mis sa canne dans son nez en disant : je ne le trouve pas très beau »98. Après cela, il a pris exemple sur le Prophète en faisant « défiler dans Kufa la tête d’al-Hussein ». Tabari continue :

Puis il a demandé à Zahr bin Qays de se rendre auprès de Yazid bin Mou’âwiya avec la tête d’al-Hussein et de ses compagnons. Abou Bourda bin ‘Awf al-‘Azdi et Târiq bin Abi Zabiyân l’ont accompagné. Ils sont partis et sont arrivés en Syrie auprès de Yazid bin Mou’âwiya.99

À vrai dire, Yazid se moquait royalement de la religion et de ce qu’elle représentait : « aucune nouvelle n’est parvenue, dit-il, et aucune révélation n’est descendue »100. Son grand-père Abou Sofyân ibn Harb (m. 652) était l’un des adversaires des plus résolus du Mahomet. Ironie de l’histoire, son clan va fonder la dynastie omeyyade avec l’arrivée au pouvoir de Mou’âwiya. Les chiites, qui vénèrent la famille du Prophète, exècrent Yazid et son géniteur. Chaque année, ils commémorent la mort d’Hussein durant les célébrations de l’Achoura.

 

Outre Mahomet, des criminels comme Khalid ibn al-Walid, Abou Bakr ou ‘Ali sont des personnages exemplaires et doués d’une moralité supérieure étant tenus en très haute estime par la communauté musulmane. Tant que les textes sacrés ne seront pas envisagés sous une autre perspective et feront toujours office de sources de loi, le même schéma invariable et perpétuel se reproduira. L’État islamique disparaitra et une autre menace le remplacera.

 

 

 

1 Jâmi’ al-Bayân ‘an Ta’wîl ây al-Qor’ân, Mohammed ibn Jarir at-Tabari, volume 13, p.429, sourate 8 verset 12, Dâr al-Ma’ârif

2 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ismâ’îl Ibn Kathir, volume 5, p.119, Dâr ‘Alam al-Kotob, 2003

3 Al-Moussanaf, Ibn Abi Chayba, volume 7, p.723, Dâr al-Fiker, 1994

4 Sahih al-Boukhâri 3745

5 Al-Bahr ar-Râ’iq Charh Kanz ad-Daqâ’iq, Ibn Noujaym, volume 5, p.84, Dâr al-Kitâb al-Islâmi

6 As-Sira an-Nabawiyya, Ibn Hichâm, volume 1, p.636, Mou’assassa ‘Ouloum al-Qor’ân

7 Rouh al-Ma’âni fi Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm wa-s-Sab’ al-Mathâni, Mahmoud bin ‘Abdullah bin al-Hosayni al-‘Alousi, volume 15, p.409, sourate 96 verset 15, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1415

8 Dalâ’il an-Noubawa, Abou Bakr al-Bayhaqi, volume 3, p.89, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1988

9 Sunan Ibn Mâjah 1391 ; Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 3, p.55, Dâr al-Ma’rifa, 1379. Concernant l’authentification du hadith d’Ibn Mâjah, Ibn Hajar al-‘Asqalâni a dit : « son isnâd est hassan et al-‘Oqayli l’a trouvé étrange » (At-Talkhîs al-Habîr fi Takhrîj Ahâdith ar-Râfi’i al-Kabîr, volume 4, p.200, Mou’assassa Qortoba, 1995). Quant à l’avis d’Ibn al-Moulaqin : « son isnâd est très bonne. Certains n’ont pas dit de mal de Salama bin Rajâ’, alors qu’al-Boukhâri l’a contesté, tandis que d’autres lui ont fait confiance » (Al-Badr al-Mounîr, Ibn al-Moulaqin, volume 9, p.106-107, Dâr al-Hijra, 2004). Le commentateur as-Sindi a écrit à propos du hadith d’Ibn Majâh : « sa parole : « il a prié le jour où on lui a apporté la bonne nouvelle de la tête d’Abou Jahl » signifie qu’on lui a apporté la bonne nouvelle qu’on a coupé la tête d’Abi Jahl, et cela eut lieu à Badr, et il a prié en remerciant Allah » (Hachiyat as-Sindi ‘ala Sunan Ibn Mâjah, volume 1, p.423, Dâr al-Jîl).

10 Ansâb al-‘Achrâf, Ahmad bin Yahya al-Balâdhouri, volume 1, p.143, Dâr al-Fiker, 1996

11 Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, Ismâ’îl Ibn Kathir, volume 4, p.46, Dâr Tayba, 2002

12 Cf. The Original Sources Of The Quran, William St. Clair Tisdall, p.218-259, Forgotten Books

13 Nayl al-Awtâr, Mohammed bin ‘Ali ach-Chawkâni, volume 7, p.236, Dâr al-Hadith, 1993

14 As-Sira an-Nabawiyya, volume 1, p.644. Ce récit est aussi présent chez Abou Dâwoud : « ad-Dahhâk bin Qays a voulu nommer Masrouq gouverneur. ‘Omâra bin ‘Oqba lui a dit : « nommerais-tu gouverneur un homme qui a participé au meurtre d’Othmân ? » Masrouq lui a répondu : « Ibn Mas’oud, qui est quelqu’un de confiance dans le hadith, m’a rapporté que lorsque Prophète a voulu tuer ton père, il a dit : « qui s’occupera de mes enfants, Ô Mohammad ? » Il a répondu : « l’enfer ! » (Sunan Abi Dâwoud 2686). Al-‘Albâni l’a déclaré hassan sahih dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 6/186. Et Tabarâni a fait mention d’un hadith analogue dans Al-‘Awsat avec une bonne chaîne de transmission, consulter Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, Abou Bakr al-Haythami, volume 6, p.89, n°10018, Maktabat al-Qoudsi, 1994.

15 Al-Marâsîl ma’a al-‘Asânîd, Abou Dâwoud, p.172, Dâr al-Qalam, 1986

16 Sahih al-Boukhâri 3014

17 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, volume 5, p.188-189

18 Al-Mousanaf, Abou Bakr ‘Abd ar-Razzâq, volume 5, p.356, al-Maktab al-Islâmi, 1983

19 Asbâb an-Nouzoul, Mohammed bin ‘Ali al-Wâhidi, p.174, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 2000

20 Sahih al-Boukhâri 4537

21 Charh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi Hadid, volume 14, p.209, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1998

22 Sahih al-Boukhâri 3844

23 Ansâb al-‘Achrâf, volume 1, p.153-154

24 Al-Mou’jam al-‘Awsat, Abou-l-Qâsim at-Tabarâni, volume 4, p.135, n°3801, Dâr al-Haramayn

25 Kitâb al-‘Amwâl, Abou ‘Obayd al-Qâsim Ibn Sallâm, p.171, Dâr al-Fiker

26 At-Tabaqât al-Kobra, Mohammed Ibn Sa’d, volume 2, p.32, Dâr as-Sâder, 1968

27 Ibid. p.33

28 Sahih al-Boukhâri 3811 et Sahih Moslim 1801

29 Kitâb al-Maghâzi, Mohammed bin ‘Omar al-Wâqidi, volume 1, p.110-111, Dâr al-‘A’lami, troisième édition, 1989

30 As-Sira an-Nabawiyya, volume 2, p.104

31 At-Touyouriyyât, Abou Tâhir as-Silafi, volume 4, p.1384, Maktabat ‘Aḍwâ’ as-Salaf, 2004

32 At-Tabaqât al-Kobra, volume 2, p.51

33 Sunan Abi Dâwoud 1249. Son isnâd est hassan, voir ‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, Mohammad Shams al-Haqq al-‘Azîm Abâdi, volume 4, p.91, n°4510, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiya, deuxième édition, 1415.  

34 Kitâb al-Maghâzi, volume 2, p.406

35 Sahih al-Boukhâri 2886

36 Sahih Moslim 1754

37 Al-Minhâj Charh Sahih Moslim bin al-Hajjâj, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 12, p.67, Dâr Ihyâ’ at-Tourâth al-‘Arabi, deuxième édition, 1392

38 Ibid.

39 Sahih al-Boukhâri 4608

40 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 8, p.635, Dâr al-Ma’rifa, 1379

41 Ibid.

42 Zâd al-Ma’âd fi Hadi Khayr al-‘Ibâd, Ibn Qayyim al-Jawziyya, volume 3, p.104, Mou’assassa ar-Risâla, quatorzième édition, 1986

43 Tafsir al-Qor’ân al-‘Azîm, volume 6, p.398, sourate 33 verset 26

44 Sunan Abi Dâwoud 4404. Authentifié par al-‘Albâni dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/404.

45 ‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, Mohammad Shams al-Haqq al-‘Azîm Abâdi, volume 12, p.52, n°4510, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiya, deuxième édition, 1415  

46 Zâd al-Masîr fi ‘Ilm at-Tafsir, Ibn al-Jawzi, volume 3, p.399, al-Maktab al-‘Islâmi, troisième édition, 1404

47 Kitâb al-Maghâzi, volume 2, p.523

48 Sahih al-Boukhâri 3871

49 Ma’âlim as-Sunan, Abou Soulaymân al-Khattâbi, volume 3, p.310-311, al-Matba’a al-‘Ilmiyya, 1932

50 At-Tabaqât al-Kobra, volume 2, p.90

51 Irchâd as-Sa’oul ila Houroub ar-Rasoul, Abou-l-Hârith al-‘Ansâri, p.66, Dâr al-Jabha, 2008

52 Al-Mouhabbar, Mohammed bin Habib al-Baghdadi, p.490, Dâr al-Afâq al-Jadîda

53 Sahih Moslim 1807

54 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, volume 7, p.478

55 Al-Minhâj Charh Sahih Moslim bin al-Hajjâj, volume 12, p.186

56 Mosnad Ahmad 890

57 ‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, volume 12, p.148

58 Sahih al-Boukhâri 6628

59 Fath al-Bâri Charh Sahih al-Boukhâri, volume 8, p.93

60 Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, Abou Bakr al-Haythami, volume 5, p.330, Maktabat al-Qoudsi, 1994. Le mouhaddith a dit : « Tabarâni a rapporté ce hadith dans al-‘Awsat, et ses hommes sont dignes de confiance ».

61 Al-Istî’âb fi Ma’rifa al-Ashâb, Ibn ‘Abd al-Barr, volume 3, p.1265, Dâr al-Jîl, 1992

62 Târîkh ar-Rousoul wa-l-Moulouk, Mohammed Ibn Jarîr at-Tabari, volume 3, p.187, Dâr at-Tourâth, deuxième édition, 1387

63 Al-Badr al-Mounîr, Ibn al-Moulaqin, volume 9, p.109, Dâr al-Hijra, 2004

64 Sunan at-Tirmidhi 1362. Abou ‘Isa a dit : le hadith d’al-Barâ’ est un hadith hassan gharib.

65 Sunan Abi Dâwoud 4457. Al-‘Albâni l’a classifié sahih dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/457.

66 As-Sunan al-Kobra, Abou Bakr al-Bayhaqi, volume 8, p.208, Maktabat Dâr al-Bâz, 1994. Yahya bin Ma’în a dit : « ce hadith est authentique », consulter Zâd al-Ma’âd, volume 5, p.13.

67 ‘Awn al-Ma’boud Charh Sunan Abi Dâwoud, volume 12, p.96

68 Tahdhîb al-‘Athâr, Mohammed Ibn Jarir at-Tabari, volume 1, p.573, Matba’at al-Madani

69 Sunan Ibn Majâh 2539. Hafs bin ‘Omar al-‘Adani al-Farkh pose problème dans l’authentification du hadith : « Ibn Ma’în l’a affaibli, de même qu’Abou Hâtim, an-Nasâ’i, Ibn ‘Adi, et ad-Dâraqoutni, mais Ibn Abi Hâtim lui a accordé sa confiance », Cf. Hachiyat as-Sindi ‘ala Sunan Ibn Mâjah, volume 2, p.111.

70 Kitâb ach-Chifâ bi-Ta’rîf Houqouq al-Moustafa, ‘Iyâd bin Moussa al-Yahsoubi, volume 2, p.597, Dâr al-Fiker, 2002

71 Al-Marâsîl ma’a al-‘Asânîd, p.172

72 Al-Badr al-Mounîr, volume 9, p.108

73 As-Sunan al-Kobra, volume 9, p.133

74 At-Talkhîs al-Habîr fi Takhrîj Ahâdith ar-Râfi’i al-Kabîr, Ibn Hajar al-‘Aqalâni, volume 4, p.201, Mou’assassa Qortoba, 1995

75 As-Sunan al-Kobra, volume 9, p.132. Ibn ‘Omar a tenu des propos similaires, mais le hadith est faible : « on a jamais apporté de tête au Messager d’Allah à Médine, pas même le jour de Badr » (Majma’ az-Zawâ’id wa-Manba’ al-Fawâ’id, volume 5, p.330, n°9694).

76 Al-‘Ishraf ‘ala Madhâhib Ahl al-‘Ilm, Ibn al-Mondhir, volume 4, p.162, Maktabat Makka ath-Thaqâfiyya

77 Al-Badr al-Mounîr, volume 9, p.106

78 As-Sunan al-Kobra, volume 9, p.132. Son isnâd est sahih, voir Al-Badr al-Mounîr, volume 9, p.107.

79 Al-Mawsou’a al-Fiqhiyya al-Kouwaytiyya, volume 38, p.107, Wizârat al-‘Awqâf wa-ch-Chou’oun al-‘lslâmiyya

80 Kitâb al-Mabsout, Abi Bakr Mohammed bin Ahmed as-Sarakhsi, volume 10, p.131, Dâr al-Ma’rifa, 1989

81 Charh as-Siyar al-Kabîr, Abi Bakr Mohammed bin Ahmed as-Sarakhsi, volume 1, p.110, ach-Charika ach-Charqiyya li-l-‘I’lânat, 1971

82 Tabyîn al-Haqâ’iq Charh Kanz ad-Daqâ’iq, Fakhr ad-Din az-Zayla’i, volume 3, p.296, Al-Matba’a al-Kobra al-‘Amîriyya, 1313

83 Al-Bahr ar-Râ’iq, volume 5, p.84

84 Al-Moughni, Ibn Qoudâma, volume 9, p.261, Dâr Ihyâr at-Tourâf al-‘Arabi, 1985

85 Charh Mountaha al-‘Irâdât, Mansour bin Younous al-Bahouti, volume 1, p.624, ‘Âlam al-Kotob

86 Kitâb al-Fourou’, Mohammed Ibn Mouflih al-Maqdisi, volume 6, p.218, ‘Âlam al-Kotob

87 Rawdat at-Tâlibin wa-‘Omdat al-Mouftiyin, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 10, p.250, Al-Maktab al-‘Islâmi, deuxième édition, 1991

88 Al-Mouhadhab fi Fiqh al-Imam ach-Chafi’i, Abou Ishâq ach-Chîrazi, volume 3, p.282, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya

89 Al-Badr al-Mounîr, volume 9, p.106

90 At-Tâj wa-l-‘Iklîl li-Moukhtasar Khalîl, Mohammad bin Younous al-Mawwâq, volume 4, p.548, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1994

91 Hâchiyyat ad-Dousouqi ‘ala ach-Charh al-Kabîr, Mohammed ‘Arafa ad-Dousouqi, volume 2, p.179, Dâr Ihyâ’ al-Kotob al-‘Arabiyya

92 As-Sayl al-Jarrâr al-Moutadaffiq ‘ala Hadâ’iq al-‘Azhâr, Mohammed ach-Chawkâni, p.972, Dâr Ibn Hazm, 2004

93 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, volume 9, p.520

94 Târîkh ar-Rousoul wa-l-Moulouk, volume 3, p.356

95 Fath al-Bâri, volume 7, p.96

96 Târîkh ar-Rousoul wa-l-Moulouk, volume 5, p.453

97 Ibid. p.454-455

98 Sunan at-Tirmidhi 3778. Abou ‘Isa a dit : cet hadith est hassan sahih gharib. Rapporté également dans Sahih al-Boukhâri 3538.

99 Târîkh ar-Rousoul wa-l-Moulouk, volume 5, p.459

100 Kitâb al-Intisâr, ‘Ali al-Kourâni al-‘Âmali, volume 5, p.390, Dâr as-Sîra, 1421

 

 

 

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