Crucifixion et Torture en islam

 

 

 

La torture est par définition « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales sont intentionnellement infligées à une personne ». Elle est théoriquement interdite sous toutes ses formes dans les sociétés non islamisées, en revanche, là où la loi islamique diligente la vie des citoyens, la torture est ouvertement pratiquée dans un cadre légal comme en Arabie Saoudite ou en Iran.

Mahomet le tortionnaire
À la base, l’islam ne permet pas les mauvais traitements sans l’aval d’un juge spécialisé dans le droit musulman. Le traditionnaliste Moslim bin al-Hajjâj (m. 875) a fait mention d’une anecdote selon laquelle le gouverneur de Homs, en Syrie, s’était employé à torturer des nabatéens en leur versant de l’huile sur la tête sous un soleil brûlant, ceci afin de récolter la jizya ou le kharâj. Témoin de cet incident, Hichâm bin Hakîm leur a fait savoir qu’il a « entendu le Messager de Dieu dire : Dieu torturera ceux qui torturent dans ce monde »1. Cependant, cela n’est pas une règle générale telle que l’a précisé le chaféite an-Nawawi (m. 1277) dans son commentaire : « sa parole : « Dieu torturera ceux qui torturent les gens », ceci concerne la torture qui n’est pas pratiquée dans le droit et ça n’a pas de rapport avec la torture pratiquée dans le droit comme le talion, les peines légales, le ta’zîr, et d’autres choses semblables »2. Ce texte démontre clairement que les sévices corporels sont licites sous certaines conditions. La charia s’inspire et tire de la vie du Prophète de nombreux enseignements, bien que Mahomet n’ait été que peu souvent exemplaire et fit parfois preuve d’une cruauté sans limite. Ses actes continuent malheureusement d’influencer les sentences prononcées par les tribunaux islamiques.

Purge de criminels apostats
Parmi les trois cas de torture recensés du vivant du Messager de Dieu, il y eut cet accrochage impliquant des gens de ‘Okl ou ‘Ourayna, on dit aussi qu’ils étaient de Bajîla ou Bani Soulaym. Après s’être présentés au Prophète, ceux-ci commirent un double ou un triple meurtre (ou un seul d’après plusieurs rapports) et prirent la poudre d’escampette :

Anas a rapporté :
Des hommes d’Okl ou d’Ourayna sont arrivés et ils ne s’adaptaient pas au climat de Médine. Le Prophète leur a ordonné d’aller à un troupeau de chameaux et de boire leur urine et leur lait. Ils y sont allés et quand ils ont recouvré la santé, ils ont tué le berger du Prophète et sont partis avec le bétail. La nouvelle lui est parvenu tôt le matin et il a envoyé des hommes à leur poursuite. Ils ont été capturés et ramenés à midi. Alors il a ordonné de couper leurs mains et leurs pieds et leurs yeux ont été crevés au fer rouge, on les a abandonnés à al-Harra. Ils ont demandé à boire mais on ne leur a rien donné à boire.3

Anas a également certifié que « leurs plaies n’ont pas été cautérisées jusqu’à ce qu’ils meurent »4 et « que le Prophète a crevé leurs yeux parce qu’ils ont crevé les yeux des bergers »5. Ibn ‘Omar a indiqué qu’ils avaient apostasié de l’islam, tué le berger croyant, et qu’à leur sujet est descendu le verset de la belligérance (5.33)6. Mohammed ibn Jarîr at-Tabari (m. 923) a relevé dans son tafsir que le compagnon Joubayr faisait partie du groupe de poursuivants ayant pour mission de rattraper les fugitifs, ce dernier a raconté que les apostats ont demandé de l’eau après avoir été amputés et énucléés, et le Messager de Dieu leur a répondu : « du feu ! »7. Enfin, Sa’ïd bin Joubayr a déclaré que tous n’ont pas subi le même sort, étant donné que certains ont été exilés et bannis du territoire des mahométans, tandis que d’autres ont été crucifiés par le Prophète8.

Juifs roussis
Kinâna et son frère étaient d’origine juive, ils ont eu le malheur de s’être fait capturer lors de la prise de Khaybar en l’an sept. Mahomet était au courant de la fortune du clan et espérait bien s’en emparer de gré ou de force :

Kinâna bin Abi-l-Hoqayq a réalisé la destruction quand le Messager de Dieu fut victorieux sur Natâ. Les gens de Natâ étaient terrorisés. Il a pris une peau de chameau contenant leurs bijoux et l’a enterrée la nuit dans les ruines sans que personne ne l’ait vu, puis il l’a recouverte avec la terre de Khatîba. Tha’laba le voyait rôder autour de ces ruines tous les matins. Il (le Prophète) a envoyé az-Zoubayr bin al-Awwâm et un groupe de musulmans avec Tha’laba vers ces ruines. Il a creusé à l’endroit que Tha’laba lui avait montré, et il y a déterré un trésor. Et on dit que Dieu Tout-puissant a montré à son Messager où était ce trésor. Quand le trésor fut déterré, le Messager de Dieu a ordonné à az-Zoubayr de torturer Kinâna bin Abi-l-Houqayq jusqu’à ce qu’il révèle où sont cachés tous ses biens. Az-Zoubayr l’a torturé : il s’est avancé vers lui avec un tison chauffé à blanc et lui a transpercé la poitrine. Ensuite, le Messager de Dieu lui a ordonné de le remettre à Mohammad bin Maslama afin de le tuer en représailles du meurtre de son frère, et Mohammad bin Maslama l’a tué. Il a ordonné que l’autre Ibn Abi-l-Houqayq soit aussi torturé, et ensuite qu’il soit remis entre les mains de Bichr bin al-Barâ’ pour le tuer. On dit qu’il lui a coupé la tête. Après cela, le Messager de Dieu s’est emparé de leur argent et réduit en esclavage leurs enfants.9

Nous aborderons plus loin la jurisprudence traitant de cet aspect, ainsi que les répercussions du comportement du Prophète sur les populations non musulmanes durant l’expansion du califat.

L’écartèlement d’Oumm Qirfa
On dénombre plusieurs versions à son propos. La plus primitive est celle où Zayd bin Hâritha l’exécute en l’écartelant. Ibn Ishâq (m. 767) est le premier à en avoir parlé, mais Ibn Hichâm (m. 833) a censuré cet épisode dans sa recension. Heureusement, Tabari possédait un original de la biographie d’Ibn Ishâq et intégra ce récit dans son recueil historiographique sans y omettre la moindre lettre10. Mohammed bin ‘Omar al-Wâqidi (m. 822) et son scribe Ibn Sa’d (m. 845) ont aussi tous deux transcrit ce meurtre horrible dans leurs ouvrages respectifs. Al-Wâqidi étant le plus pointilleux sur le déroulement des évènements, c’est lui que nous citerons :

Zayd bin Hâritha est parti avec des marchands vers la Syrie. Il avait de l’argent qui appartenait aux compagnons du Prophète. Il avait pris deux testicules de bouc, les avait tannés, et avait mis l’argent dedans. Ensuite, il est parti avec ses compagnons et, arrivé aux alentours de Wâdi-l-Qora, des groupes de Banou Fazâra des Banou Badr l’ont vu et l’ont frappé lui et ses compagnons, et ils les ont laissés pour mort. Ils ont pris ce que Zayd avait avec lui. Zayd s’est échappé en allant trouver le Prophète à Médine. Le Prophète l’a envoyé en expédition en disant : « cachez-vous le jour et marchez la nuit ». Un de leurs guides est parti avec eux.
Les Banou Badr furent avertis de leur approche, alors ils les ont cherchés dans la matinée du haut d’une montagne en surveillant la route, car ils pensaient qu’ils arriveraient par là. En observant la route pendant la journée, quelqu’un a dit : « déplaçons-nous librement, aucun mal ne nous sera fait cette nuit ». Quand Zayd bin Hâritha et ses compagnons ont marché vers cette route la nuit, le guide s’est trompé d’itinéraire, et il leur a fait prendre une autre route, jusqu’à ce qu’ils s’en rendent compte le soir venu. Ensuite, ils les ont attendus la nuit jusqu’au levé du jour, mais Zayd bin Hâritha a arrêté de les attendre comme ils étaient loin de leur objectif. Il a dit : puis il leur a conseillé de ne pas se disperser et dit : « quand je dirai le takbîr, dites le takbîr ». Ils ont encerclé les habitants, ensuite il a prononcé le takbîr et ils ont prononcé le takbîr.
Salama bin al-Akwa’ est parti à la recherche d’un de leurs hommes pour le tuer. Il fit une recherche minutieuse et il captura une fille, la fille de Mâlik bin Houdhayfa bin Badr, qu’il avait trouvée dans une de leurs maisons, sa mère était Oumm Qirfa. Oumm Qirfa était Fâtima bint Rabî’a bin Zayd, et ils se sont livrés au pillage. Zayd bin Hâritha s’est avancé et Salama bin al-Akwa’ s’est emparé de la fille. Zayd a informé le Prophète de cela et il lui a parlé de sa beauté. Le Prophète a dit : « quelle fille as-tu pris, Ô Salama ? » Il a répondu : « une fille, Ô Messager de Dieu, avec laquelle j’espère obtenir une rançon d’une de nos femmes des Banou Fazâra ». Le Prophète a répété sa question une deuxième fois puis une troisième fois : « quelle fille as-tu pris ? » Jusqu’à ce que Salama se rende compte qu’il la voulait, alors il la lui a donnée. Le Prophète l’a offerte à Hazan bin Abi Wahb. Elle lui fit une fille et il n’eut pas d’autre enfant d’elle.
Mohammad m’a rapporté d’après az-Zuhri, d’après ‘Orwa, d’après ‘Aïcha qui a dit : Zayd bin Hâritha est arrivé tandis que le Messager de Dieu était dans ma maison. Zayd a frappé à la porte. Le Messager de Dieu s’est avancé vers lui, nu, en train d’enfiler ses vêtements. Je ne l’avais pas vu nu avant cela. Il l’a serré dans ses bras et l’a embrassé, ensuite il l’a questionné, et Zayd l’a informé de la victoire de Dieu.
Qays bin al-Mouhassir a tué Oumm Qirfa brutalement. Il a attaché une corde à chacune de ses jambes puis il l’a attaché à deux chameaux. C’était une vieille femme. ‘Abdullah bin Mas’ada a été tué comme Qays bin al-Nou’mân bin Mas’ada bin Hakama bin Mâlik bin Badr.11

Ibn Sa’d ajoute que Qays a fait courir les chameaux et Oumm Qirfa a été coupée en deux12. De son côté, Ibn al-Kalbi (m. 819) pense que c’est Ward bin Qatâda qui s’est occupé de la pauvre femme sur ordre de Zayd13. Après cela, Zayd prit le chemin du retour et fit cadeau de la tête d’Oumm Qirfa à Mahomet. Le brillant historien égyptien Ahmad bin ‘Ali al-Maqrizi (m. 1442) nous a informés qu’ensuite « le Messager de Dieu a ordonné de défiler avec sa tête dans Médine afin de faire savoir qu’il l’avait tuée et que l’on croit à la parole du Messager de Dieu quand il a dit aux Qoraychites : « voyez-vous qui a tué Oumm Qirfa ? » Ils ont répondu : « cela est-il possible ? »14. D’après un hadith répertorié par adh-Dhahabi (m. 1348), Oumm Qirfa s’apprêtait à envoyer quarante cavaliers vers Médine dans le but de tuer Mahomet15, néanmoins, ce rapport a été rejeté par les mouhaddithin.

Dans une variante du Sahih Moslim, qui est un corpus de traditions plus tardif, on a négligé de mentionner la torture d’Oumm Qirfa (volontairement peut-être ?), et deux contradictions apparaissent, l’une concernant le commandant de l’expédition, l’autre sur le sort réservé à la fille d’Oumm Qirfa :

Iyâs bin Salama m’a rapporté : mon père a dit :
Nous avons fait une razzia contre les Fazâra sous le commandement d’Abou Bakr. Le Messager de Dieu avait ordonné qu’il soit notre commandant. Lorsque nous étions à une heure de distance de la source d’eau, Abou Bakr nous a ordonnés de faire une courte halte pendant la nuit, puis l’attaque a été lancée en traversant les eaux. Il y eut des tués et des prisonniers. J’ai regardé un groupe de gens parmi lequel se trouvait des femmes et des enfants. J’avais peur qu’ils n’atteignent la montagne avant moi, alors j’ai tiré une flèche entre eux et la montagne. Quand ils ont vu la flèche, ils se sont arrêtés. Je les ai ramenés et parmi eux il y avait une femme de Bani Fazâra qui portait un manteau de cuir. Elle était accompagnée de l’une des plus belles filles des Arabes. Je les ai emmenés jusqu’à Abou Bakr qui m’a donné en butin sa fille. Nous sommes arrivés à Médine et je ne l’avais pas dénudé. J’ai rencontré le Messager de Dieu au marché, il a dit : « Ô Salama ! Donne-moi cette fille ! » J’ai répondu : « Ô Messager de Dieu ! Par Dieu, elle me fascine et je ne l’ai pas encore dénudé ». Le lendemain, j’ai de nouveau rencontré le Messager de Dieu au marché et il m’a dit : « Ô Salama ! Donne-moi cette fille ! Que Dieu bénisse ton père ». J’ai répondu : « elle est à toi, Ô Messager de Dieu ! Par Dieu, je ne l’ai pas dénudé ! » Le Messager de Dieu l’a envoyée aux gens de La Mecque et s’en ai servi comme rançon contre des musulmans faits prisonniers à La Mecque.16

En ce qui concerne le leader de la razzia, il s’agit probablement ici d’une erreur d’un des transmetteurs qui a fait une confusion avec une autre version que nous verrons ci-après. De plus, Ahmad ibn Hanbal (m. 855) a archivé dans son Mosnad un hadith fort nous apprenant que « le Messager de Dieu n’a pas envoyé Zayd bin Hâritha dans une armée sans qu’il en soit le commandant, et s’il était resté après lui, il serait devenu calife »17. Pour ce qui est de la fille d’Oumm Qirfa, les savants sont partagés, soit ils privilégient le rapport de Moslim, soit ils tentent une conciliation entre les deux récits :

As-Souhayli a dit que le récit de la rançon pour ceux qui étaient retenus captifs à La Mecque est plus juste que le récit où il donne la fille à son oncle Hazn.
Ach-Chams ach-Châmi a recueilli les deux récits et il a dit : il est concevable d’harmoniser les deux expéditions pour Salama bin al-‘Akwa’, l’une avec Abou Bakr et l’autre avec Zayd bin Hâritha. Il est soutenu dans l’expédition d’Abou Bakr que le Messager de Dieu a envoyé la fille d’Oumm Qirfa à La Mecque comme rançon pour les captifs qui étaient entre les mains des infidèles, et dans l’expédition de Zayd, il l’a donnée à son oncle Hazn qui était à La Mecque. Je n’ai pas vu quelqu’un qui s’est opposé à cette libération.18

Signalons que, de nos jours, certaines personnes avancent la tradition de Moslim dans l’intention de décrédibiliser les témoignages relatant l’écartèlement d’Oumm Qirfa, mais les savants du hadith et les historiens n’ont jamais remis en cause la véracité de ce fait, et pour preuve, Ibn Hajar al-‘Asqalâni (m. 1448) y croit sans l’ombre d’un doute, en effet, celui-ci écrit au sujet de Salama bint Mâlik bin Houdhayfa « qu’elle était aimante comme sa grand-mère Oumm Qirfa qui a été tuée par Zayd bin Hâritha quand il a capturé les Bani Fazâra »19.

Il a été dit, encore, dans une biographie, que « le Prophète a tué Oumm Qirfa le jour de Qorayza », toutefois, Ibn Hajar tient à clarifier qu’en réalité ce n’était pas elle20. Et dans une dernière version, on raconte qu’Oumm Qirfa avait apostasié et Abou Bakr l’a tuée lorsqu’il fut calife pendant les guerres de l’apostasie. C’est le point de vue des deux juristes al-Layth ibn Sa’d (m. 791) et Mâlik ibn Anas (m. 795)21. Le traditionaliste ad-Dâraqoutni (m. 995) a stipulé qu’Abou Bakr l’a exécutée par écartèlement22, de la même manière que Zayd bin Hâritha, mais toutes ces traditions sont faibles et discontinues23. Par conséquent, le supplice infligé à Oumm Qirfa par Zayd est ce qui a été dit de plus juste.

La loi du talion
Comme l’a affirmé an-Nawawi, la torture peut être pratiquée par application du talion. Ainsi, si une personne en blesse une autre ou la tue par des souffrances insoutenables, on lui fera subir un sort identique. Le Cheikh al-Qortobi (m. 1273) s’est penché sur ce sujet dans son commentaire du verset 2.194 :

Quiconque tue avec quelque chose, il doit être tué avec la chose dont il s’est servie pour tuer, et c’est l’avis de la majorité des savants, tant qu’il ne tue pas avec quelque chose qui est un péché, comme la sodomie ou la consommation d’alcool, dans de tels cas, il devra être tué avec le sabre. Pourtant, les chaféites sont d’avis que ceux qui tuent avec un acte de péché, doivent aussi être tués par le même acte, ils disent qu’une barre doit être enfoncée dans son anus jusqu’à ce que mort s’en suive, ou qu’on doit lui donner à boire de l’alcool pour étancher sa soif jusqu’à ce que mort s’en suive. Ibn al-Mâjichoun a dit : « celui qui tue par le feu ou par le poison ne doit pas être tué de la même façon, parce que le Prophète a dit : « personne ne punit par le feu sauf Allah », et le poison est le feu de l’intérieur, mais l’ensemble des savants sont d’avis que l’on peut tuer de la même manière en raison de la généralité du verset.24

C’est une loi immuable et perpétuelle, toujours en vigueur aujourd’hui. Par exemple, en 2004, dans le pays des Ayatollahs, une iranienne a été défigurée et perdit l’usage de ses yeux suite à un jet d’acide au visage. Trois juges d’un tribunal islamique ont condamné l’agresseur à recevoir cinq gouttes d’acide dans chaque œil, une sentence qui a été confirmée par la Haute Cour de la République islamique d’Iran en 2009 (mais rebondissement en 2011, à la dernière minute, la victime décide de renoncer au talion et choisi le dédommagement par le prix du sang).

Amputations multiples
L’islam fait une différence entre un simple voleur et le bandit de grand chemin. Il est connu que la main du voleur est tranchée (5.38) si l’objet de son désir équivaut à un quart de dinar ou plus25. En fait, les Arabes de la période préislamique exerçaient déjà ce châtiment à l’encontre des chapardeurs26, et Mahomet s’est servi de cette loi ancestrale pour en faire une révélation divine… Dans le cas d’un premier délit, la main droite est coupée à partir du coude, puis elle est accrochée autour du cou du coupable comme l’a ordonné le Prophète27. Si la personne pèche à nouveau et récidive plusieurs fois, alors « on lui coupe la jambe gauche à partir de l’articulation du pied, puis c’est la main gauche et ensuite la jambe droite, et après cela, c’est le ta’zîr »28. C’est l’enseignement tiré de la sunna. Al-Hâkim an-Naysâbouri (m. 1014) a entendu parler d’un multirécidiviste ayant vécu au temps du Prophète et du califat d’Abou Bakr. Sans bras ni jambes, les autorités ont décidé de mettre un terme à ses agissements en demandant à des enfants de le battre à mort :

Al-Hârith bin Hâtib a rapporté qu’un homme a volé à l’époque du Messager de Dieu. On l’a emmené devant le Messager de Dieu, il a dit : « tuez-le ». Ils ont dit : « c’est un voleur ». Il a répondu : « amputez-le ». Ensuite, il a encore volé et il a été amputé. Puis, il a volé à l’époque d’Abi Bakr et il a été amputé. Ensuite, il a volé de nouveau et il a été amputé, ses membres ont été sectionnés. Puis, il a volé une cinquième fois. Abou Bakr a dit : « le Messager de Dieu savait mieux quand il a ordonné sa mort. Saisissez-le et tuez-le ! » Il a été poussé vers des enfants qoraychites, parmi eux il y avait ‘Abdullah bin az-Zoubayr. ‘Abdullah bin az-Zoubayr a dit : « ils m’ont nommé commandant sur vous ». Ils lui ont ordonné de le battre. Ils l’ont battu jusqu’à ce qu’il meure.29

Le bandit de grand chemin encoure, selon les faits qui lui sont reprochés, une ou plusieurs peines énoncées dans le verset 5.33 : « la récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment ». L’aya est descendue suite à l’exécution barbare des gens de ‘Ourayna. Des salafs ont prétendu que sa révélation fut un blâme pour Mahomet car ce dernier avait dépassé les bornes, Dieu aurait alors remis son apôtre dans le droit chemin en prescrivant les peines légales : « les savants ont divergé concernant l’abrogation du jugement du Prophète sur les gens de ‘Ourayna. Certains ont dit : ce verdict est abrogé, l’interdiction de la mutilation l’a abrogé avec ce verset, à savoir sa parole « la récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre… ». Ils ont dit : ce verset est descendu pour réprimander le Prophète à cause de ce qu’il a fait aux gens d’Ourayna »30. D’autres, à l’instar du cadi ‘Iyâd (m. 1149), ont justifié cette sauvagerie en émettant l’hypothèse que « le Prophète leur a fait ce qu’il a fait en représailles parce qu’ils ont agi de la même manière avec le berger »31.

En prenant le Prophète pour modèle et en se basant sur le verset 5.33, les juristes se sont divisés en deux groupes concernant le jugement du belligérant ou bandit de grand chemin. Il a été décrété d’après un premier groupe que « la mort est pour celui qui a tué, la crucifixion est pour celui qui a tué et volé, l’amputation (des membres opposés) est pour celui qui a volé mais pas tué, et le bannissement est pour celui qui représente une menace »32. C’est l’avis d’ach-Châfi’i (m. 820) et d’Ahmad. Une tradition prophétique appuie ce point de vue puisqu’Anas a rapporté que « Gabriel a interrogé le Messager de Dieu au sujet de la sentence de ceux qui ont combattu. Il a répondu : « celui qui vole et sème la terreur sur les routes, on lui coupe la main pour son vol et on lui coupe la jambe pour avoir semé la terreur. Celui qui tue, on le tue. Et celui qui tue, sème la terreur sur les routes, et s’approprie les biens, il est crucifié »33. Mais d’autres, et parmi eux Mâlik et Abou Hanifa (m. 767), ont soutenu que le choix revient à l’imam. Abou Bakr al-Kâsâni (m. 1189) a noté dans son célèbre ouvrage de fiqh intitulé Badâ’i’ as-Sanâ’i’ :

Abou Hanifa a dit : « l’imam a le choix. S’il le veut, il lui coupe la main et le pied, puis il le tue ou le crucifie. Et s’il le veut, il ne l’ampute pas, et il le tue ou le crucifie ». Et il a été dit qu’en joignant l’amputation à l’exécution, l’interprétation d’Abi Hanifa est la suivante : l’imam l’ampute mais on ne cautérise pas la plaie, puis on le laisse ainsi jusqu’à ce qu’il meure.34

La position d’Abou Hanifa et consorts a clairement été déterminée en fonction du jugement du Prophète, tandis que le premier groupe s’est fixé sur les prescriptions coraniques. Les théologiens chiites, quant à eux, se sont ralliés à l’opinion d’ach-Châfi’i et d’Ahmad35.

La crucifixion
Quand on parle de crucifixion, le commun des mortels pense à l’homme dont les pieds et les mains sont cloués sur une croix comme cela se faisait dans l’Empire Romain. Toutefois, l’islam a une conception singulière de la crucifixion. Selon Mahomet, le Pharaon d’Égypte administrait ce calvaire à ses opposants, de même que l’amputation des membres opposés (7.124, 12.41, 20.71, 26.49), bien qu’il n’existe aucune preuve historique venant étayer ses propos. Le Prophète a vraisemblablement entendu ce récit d’une tierce personne puis l’a inclus dans son Coran. En outre, il parait évident qu’il s’en est inspiré lors de la promulgation des peines légales. Les juges musulmans prononcent rarement des peines de crucifiement et le traditionaliste Abou Dâwoud (m. 888) a allégué que le premier à avoir formulé une telle condamnation à Médine fut le calife ‘Omar ibn al-Khattâb (m. 644) à l’encontre de deux esclaves qui avaient prémédité l’assassinat de leur maîtresse36, cependant, nous avons vu que Mahomet y avait eu recours lui aussi, et l’on a rapporté, qui plus est, que deux autres hommes furent également victimes de sa barbarie : « le Prophète a crucifié ‘Oqba bin Abi Mou’ayt sur un arbre. Il a dit : « Ô Messager d’Allah ! Ne suis-je pas un qoraychite ? » Il a répondu : « si ». Il a demandé : « qui s’occupera de mes enfants ? » Il a répondu : « l’enfer ! », « les polythéistes ont fabriqué pour un homme des boucliers d’or afin de tuer le Prophète. Le Prophète l’a capturé et l’a crucifié sur une montagne à Médine qui s’appelait « dhoubâb ». Ce fut la première crucifixion en islam »37. L’imam Mâlik, pour sa part, dit qu’il n’a jamais entendu parler d’une quelconque personne ayant ordonné une crucifixion, excepté le calife ‘Abd al-Mâlik ibn Marwân (m. 705) qui avait inculpé un homme du nom d’al-Hârith parce qu’il s’était autoproclamé prophète38. À notre époque, seul l’Arabie Saoudite et le Soudan continuent de crucifier des gens. Ce mode d’exécution est également inscrit dans la loi iranienne mais jamais appliqué : le condamné est tourné vers La Mecque et son corps est enlevé au bout de trois jours, mais s’il est toujours vivant passé ce délai, il sera libéré et soigné si besoin est. L’Arabie Saoudite n’utilise pas le même procédé : le fautif est dans un premier temps mis à mort par décapitation à l’aide d’un sabre, ensuite sa tête est recousue à son corps, puis on le crucifie. C’est ce qu’a subi, en 2009, Mohammed Bachir bin Sa’oud ar-Ramaly ach-Chammari reconnu coupable de quatre kidnappings et de viols. Cette façon d’agir découle de la jurisprudence islamique. Malgré que le juriste et très respectable exégète Mohammed ach-Chawkâni (m. 1834) ait commenté au sujet du verset 5.33 que « son sens apparent est qu’ils soient crucifiés vivants jusqu’à ce qu’ils meurent »39, les ‘oulémas se sont disputés compte tenu de la méthodologie à mettre en œuvre. Voyons donc ce qu’il en est exactement d’après les quatre écoles de droit sunnite :

Mâlik considère que l’on doit d’abord crucifier la personne, et dans un deuxième temps, l’abattre : « il est crucifié vivant, puis on l’éventre avec une lance ou on lui lance des flèches jusqu’à ce qu’il meure »40. Al-Layth, qui a fondé son propre madhhab, aujourd’hui disparu, s’est aligné sur cette position. Le moufassir Ibn ‘Achour (m. 1973) a écrit « qu’on crucifie le voleur à l’envers, c’est-à-dire que sa tête est placée directement sur le sol, les corps des crucifiés en sont plus répugnants »41. Néanmoins, son confrère ad-Dousouqi (m. 1815) objecte que le malheureux ne doit pas avoir la tête renversée si l’imam décide de le pendre sur le bois vivant42. L’illustre Mufti tunisien Ibn ‘Arafa (m. 1401) a rejoint cet avis, et d’après le tabi’i at-tabi’in Ibn al-Mâjichoun (m. 780), qui a étudié auprès de Mâlik, la famille du supplicié ne peut pas récupérer le corps « tant qu’il n’a pas péri sur le bois ou qu’il n’ait pas été mangé par des chiens »43.

Les hanafites estiment, pareillement aux malékites, que la personne doit être vivante au moment de sa crucifixion : « c’est l’avis indiscutable de l’école », a spécifié Ibn Noujaym (m. 1563) dans Al-Bahr ar-Râ’iq44. Le cadi Abou Yousouf (m. 798), qâdi al-qoudâ’a et ancien compagnon d’Abou Hanifa, a tenu des propos semblables à ceux de Mâlik, à savoir qu’il faut éventrer le crucifié ou le cribler de flèches. Abou Ja’far at-Tahâwi (m. 933) s’est distingué de ses collègues puisqu’il a professé que le condamné « est tué, puis crucifié pendant trois jours, car le fait de ne pas le crucifier pendant plusieurs jours, ne protège pas contre les individus nuisibles. S’il s’est écoulé trois jours à partir du moment de sa mort, on laisse sa famille l’enterrer »45. La dissidence de Tahâwi vient du fait, qu’au départ, il apprit la jurisprudence chaféite par l’intermédiaire de son oncle qui était un compagnon d’ach-Châfi’i, avant de se tourner vers le fiqh hanafite. Les fouqahâ’ hanafites pensent que le corps doit être exposé durant trois jours46, mis à part Abou Yousouf qui a suggéré « qu’on l’abandonne sur le bois jusqu’à ce qu’il se détache et tombe »47.

Le jurisconsulte ach-Châfi’i croit que la crucifixion d’une personne vivante contredit le hadith sur l’interdiction de la mutilation, raison pour laquelle le criminel doit être préalablement tué avant qu’on ne le pende au bois : « je déteste que le crucifié soit tué, a-t-il dit, car le Messager de Dieu a interdit la mutilation »48. Et toujours selon lui, le corps doit rester trois jours sur la croix49.

Ce rite adhère à la pensée d’ach-Châfi’i, c’est pourquoi les saoudiens exécutent d’abord les prisonniers, et par la suite, les crucifient.

Extorsion d’aveux
Un nombre important d’oulémas a statué en faveur de la permission de brutaliser un individu – dans le cas où il n’y a pas de doute sur sa culpabilité – pour lui tirer les vers du nez. C’est la leçon à retenir de la torture de Kinâna. Toujours est-il que des interrogations subsistent quant à savoir si l’accord du cadi est indispensable ou non.

Le reconnu coupable d’immoralités tels que le vol, le brigandage ou le meurtre ainsi que d’autres choses semblables […].
Et sur l’autorisation de battre ce type de coupable, comme le Prophète qui a ordonné à az-Zoubayr de torturer le coupable qui a dissimulé son argent avant de le reconnaître dans l’histoire d’Ibn Abi-l-Houqayq.
Notre Cheikh [Ibn Taymiyya] a dit : ils ont divergé à ce sujet. Est-ce que le gouverneur peut le battre sans l’avis du cadi, ou faut-il l’approbation des deux, ou bien cela n’est pas permis ? Il y a trois avis.
Le premier est qu’il faut l’approbation du gouverneur et du cadi pour le battre. C’est l’opinion d’un groupe de compagnons de Mâlik et d’Ahmad ainsi que d’autres. Parmi eux, Achhab bin ‘Abd al-‘Azîz, le cadi d’Égypte, qui a dit : « il faut l’éprouver par la prison et les coups en le fouettant ».
Le deuxième avis est que le gouverneur peut le battre sans l’approbation du cadi. C’est l’opinion de certains compagnons d’ach-Châfi’i et d’Ahmad rapportée par les deux cadis. On a dit ceci : les coups légaux sont les coups définis par les peines légales et le ta’zîr, mais seulement après que les faits soient avérés.
Le troisième avis est qu’il doit être emprisonné mais pas battu. C’est l’opinion d’Asbagha et de la majorité du troisième groupe. La plupart d’entre eux a dit, qui plus est, que la période de détention du coupable reste indéterminée.
Puis un groupe a dit, parmi eux ‘Omar bin ‘Abd al-‘Azîz, Moutarrif, et Ibn al-Mâjichoun, qu’il doit être emprisonné jusqu’à la mort.
L’imam Ahmad a déclaré concernant l’hérétique qui ne quitte pas son hérésie : il est emprisonné jusqu’à sa mort. Mâlik a dit : il n’est pas emprisonné jusqu’à la mort.50

Et lorsque les musulmans envahirent des contrées étrangères sur ordre du calife, ils reproduisirent fidèlement l’exemple laissé par Mahomet en usant de la torture afin de découvrir où les infidèles avaient dissimulé leurs trésors. Le chroniqueur Michel le Syrien (m. 1199) a rédigé que, pendant la campagne contre la Cécilie et Césarée de Cappadoce en 650, les djihadistes « se mirent à torturer les chefs pour qu’ils leur montrassent les choses [richesses] cachées », et au deuxième jour du pillage de Mélitène en 1057, les Turcs « se mirent à torturer les hommes pour qu’ils leur montrassent les choses [richesses] cachées ; et plusieurs moururent dans les supplices ; par exemple, le diacre Petrus, écrivain et maître d’école »51. Le but à atteindre étant le Paradis, les fous d’Allah feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour ressembler à leur Prophète.

Le cas d’Ibn al-Mouqaffa’
Les califes et leurs lieutenants ont régulièrement expérimenté la torture et les historiens mahométans n’ont pas manqué de le consigner par écrit. L’intellectuel perse Ibn al-Mouqaffa’ (m. ~756), par exemple, a subi l’un des pires traitements que l’on puisse infliger à un homme. Cette histoire est relatée sous la plume d’Ibn Kathir (m. 1373) de la manière suivante :

Il fut tué par Sofyân bin Mou’âwiya bin Yazid bin al-Mouhallabi Ibn Abi Soufra, le préfet de Bassora, et cela parce qu’il le méprisait. Il insultait sa mère et ne l’appelait que par le nom de « fils de courtisane ». Il disait qu’il avait un grand nez, et lorsqu’il entrait chez lui, il disait « que la paix soit sur toi » d’une manière sarcastique. Une fois, Sofyân dit : « je n’ai jamais eu à me repentir de garder le silence ». Il répondit : « c’est vrai, le mutisme te va si bien ! » Il advint qu’al-Mansour se mis en colère contre Ibn al-Mouqaffa’. Il écrivit à son préfet Sofyân bin Mou’âwiya de le tuer. Il se saisit de lui et fit chauffer un four pour sa personne. Il le découpa morceau par morceau puis les jetait dans le four et ce, jusqu’à ce que son corps fusse entièrement brûlé. Ibn al-Mouqaffa’ voyait comment ses membres étaient découpés puis jetés au feu. Et on a dit qu’il a été tué d’une autre manière.52

D’après d’autres rapports, on a prétendu qu’il fut jeté dans un puits ou enfermé dans un hammam53. Le chiite Ibn ‘A’tham (m. 926) en a également parlé dans son Kitâb al-Foutouh :

Al-Mouhallabi dit à ses serviteurs : « allumez le four ! » On l’alluma jusqu’à ce qu’il soit chaud, puis il ordonna de lui couper la main droite et de la jeter dans le four. Ensuite, il ordonna de faire de même avec la main gauche et de la jeter dans le four. Il fit cela avec ses mains et ses pieds avant de les jeter au four et de les brûler.54

L’acte d’amnistie qu’Ibn al-Mouqaffa’ rédigea en faveur d’Abdullah ibn ‘Ali déplu fortement au calife al-Mansour (m. 775) qui entra dans une colère noire. Son impudence lui coûta la vie. Ibn al-Mouqaffa’ avait osé mettre dans le document que si le Commandant des croyants agissait d’une façon perfide à l’égard de son oncle Abdullah ibn ‘Ali, ses femmes seront divorcées, ses chevaux confisqués, ses esclaves affranchis et les musulmans libérés du serment d’allégeance envers lui ! Il fut donc condamné à mort pour ces mots et déclaré hérétique.

 

Quoique toutes les civilisations l’aient pratiqué, la torture est, en terre d’islam, quasiment institutionnalisée par les textes fondateurs. Beaucoup de gens ont raconté avoir subi des actes de torture dans les geôles des pays musulmans car cela reste un excellent moyen d’oppression et d’intimidation pour les opposants au pouvoir. Le penseur irakien Hâdi al-‘Alawi (m. 1998) en a d’ailleurs fait un livre Târîkh at-Ta’dhîb fi-l-Islâm (l’Histoire de la torture en islam)…

 

 

 

1 Sahih Moslim 2613-1 et 2613-3

2 Al-Minhâj Charh Sahih Moslim bin al-Hajjâj, Yahya bin Charaf an-Nawawi, volume 16, p.167, Dâr Ihyâ’ at-Tourâth al-‘Arabi, 1392

3 Sahih al-Boukhâri 231

4 Ibid. 6418

5 Sahih Moslim 1671-3

6 Sunan Abi Dâwoud 4369. Al-Albâni l’a classifié hassan sahih dans Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 9/369.

7 Jâmi’ al-Bayân ‘an Tâ’wîl ‘ay al-Qor’ân, Mohammed Ibn Jarir at-Tabari, volume 10, p.247, sourate 5 verset 33, Dâr al-Ma’ârif

8 Ibid. p.246

9 Kitâb al-Maghâzi, Mohammed bin ‘Omar al-Waqidi, volume 2, p.672-673, Dâr al-A’lami, 1989. Abou Bakr al-Bayhaqi a de même rapporté cette histoire (Sunan al-Kobra, volume 9, p.137, Dâr al-Bâz, 1994) et Ibn Qayyim al-Jawziyya l’a authentifiée (At-Tourouq al-Houkmiyya fi-s-Siyâsa ach-Char’iyya, p.8, Maktabat Dâr al-Bayân).

10 Târîkh ar-Rousoul wa-l-Moulouk, Mohammed Ibn Jarîr at-Tabari, volume 2, p.643, Dâr at-Tourâth, deuxième édition, 1387

11 Kitâb al-Maghâzi, volume 2, p.564-565

12 At-Tabaqât al-Kobra, Mohammed Ibn Sa’d, volume 2, p.90, Dâr as-Sâder, 1968

13 Al-Isâba fi Tamyiz as-Sahâba, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 6, p.472, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1415

14 Imtâ’ al-‘Asmâ’ bi-mâ li-n-Nabi min al-‘Ahwâl wa-l-‘Amwâl wa-l-Hafada wa-l-Matâ’, Ahmad bin ‘Ali al-Maqrizi, volume 1, p.271, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1999

15 Siyar A’lâm an-Noubalâ’, Chams ad-Dîn adh-Dhahabi, volume 1, p.227-228, Mou'assassat ar-Rissâla, 2001

16 Sahih Moslim 1755

17 Mosnad Ahmad 27664. Ibn Kathir a dit que son « isnâd est bon et fort selon les conditions du Sahih, mais cela est très étrange. Et Dieu est plus savant » (Al-Bidâya wa-n-Nihâya, volume 6, p.449, Dâr al-‘Âlim al-Kotob, 2003).

18 As-Sira al-Halabiya, ‘Ali bin Bourhân ad-Dîn al-Halabi ach-Châfi’i, volume 3, p.253, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1427

19 Al-Isâba fi Tamyiz as-Sahâba, volume 8, p.186

20 Talkhîs al-Habîr fi Takhrîj Ahâdith ar-Râfi’i al-Kabîr, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 4, p.137, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1989

21 Sunan al-Kobra, Abou Bakr al-Bayhaqi, volume 8, p.204, Dâr al-Bâz, 1994

22 Sunan ad-Dâraqoutni, ‘Ali bin ‘Omar ad-Dâraqoutni, volume 3, p.114, Dâr al-Ma’rifa, 1966

23 Ad-Dirâya fi Takhrîj Ahâdith al-Hidâya, Ibn Hajar al-‘Asqalâni, volume 2, p.137, Dâr al-Ma’rifa

24 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, Mohammed bin Ahmed al-‘Ansâri al-Qortobi, volume 2, p.333, sourate 2 verset 194, Dâr al-Fiker

25 Sahih al-Boukhâri 6407-2

26 As-Sira an-Nabawiyya, Ibn Hichâm, volume 1, p.193, Mou'assassa ‘Ouloum al-Qor’ân

27 Sunan at-Tirmidhi 1447. Abou ‘Isa a dit : ce hadith est hassan gharib.

28 Tafsir al-Jalâlayn, Jalâl ad-Din al-Mahali et Jalâl ad-Din as-Souyouti, p.143, sourate 5 verset 38, Dâr al-Hadith

29 Al-Moustadrak ‘ala as-Sahihayn, al-Hâkim an-Naysâbouri, volume 5, p.545, n°8214, Dâr al-Ma’rifa, 1998. Le mouhaddith a dit : « l’isnâd de cet hadith est authentique et ils ne l’ont pas rapporté ». Abou Dâwoud a également transmis un hadith assez semblable mais il a été affaibli par les savants : « un voleur a été emmené devant le Prophète. Il a dit : « tuez-le ». Ils ont dit : « Ô Messager de Dieu, c’est un voleur ! » Il a répondu : « amputez-le ». Il a été amputé, ensuite, il a été emmené une seconde fois. Il a dit : « tuez-le ». Ils ont dit : « Ô Messager de Dieu, c’est un voleur ! » Il a répondu : « amputez-le ». Il a été amputé puis on l’a ramené une troisième fois. Il a dit : « tuez-le ». Ils ont dit : « Ô Messager de Dieu, c’est un voleur ». Il a dit : « amputez-le ». Puis, il a été ramené une quatrième fois. Il a dit : « tuez-le ». Ils ont dit : « Ô Messager de Dieu, c’est un voleur ». Il a répondu : « amputez-le ». On l’a emmené une cinquième fois. Il a dit : « tuez-le ». Jâbir a dit : alors nous l’avons emmené et nous l’avons tué. Nous l’avons trainé et jeté dans un puits et nous avons jeté des pierres sur lui » (Sunan Abi Dâwoud 4410).

30 Jâmi’ al-Bayân ‘an Tâ’wîl ‘ay al-Qor’ân, volume 10, p.252, sourate 5 verset 33. Voir aussi Sunan Abi Dâwoud 4370 ; Mohammed bin ‘Ali ach-Chawkâni a dit : « c’est un hadith moursal mais les hommes sont sûrs » (Nayl al-Awtâr, volume 7, p.181, Dâr al-Hadith, 1993).

31 Al-Minhâj Charh Sahih Moslim bin al-Hajâj, volume 11, p.153

32 Tafsir al-Jalâlayn, p.142, sourate 5 verset 33

33 Jâmi’ al-Bayân ‘an Tâ’wîl ‘ay al-Qor’ân, volume 10, p.267, sourate 5 verset 33

34 Badâ’i’ as-Sanâ’i’ fi Tartîb ach-Charâ’i’, Abou Bakr al-Kâsâni, volume 7, p.94, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1986

35 Tafsir al-Qoummi, ‘Ali bin Ibrâhîm al-Qoummi, volume 1, p.167, sourate 5 verset 33, Maktabat al-Houda, 1404

36 Sunan Abi Dâwoud 591. Al-Albâni qualifie cet hadith d’hassan, voir Sahih wa-Da’îf Sunan Abi Dâwoud 2/91.

37 Al-Marâsîl ma’a al-‘Asânîd, Abou Dâwoud, p.172, Dâr al-Qalam, 1986

38 Al-Moudawwana, Mâlik bin Anas, volume 4, p.553, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1994

39 Fath al-Qadîr al-Jâmi’ Bayna Fannay ar-Riwâya wa-d-Dirâya, Mohammed ach-Chawkâni, volume 1, p.369, Dâr al-Ma’rifa, 2004

40 Al-Hâwi al-Kabîr fi Fiqh Madhhab al-Imâm ach-Châfi’i, ‘Ali bin Mohammed al-Mâwardi, volume 13, p.357, Dâr al-Kotob al-‘Ilmiyya, 1999

41 At-Tahrîr wa-t-Tanwîr, Mohammed at-Tâhir Ibn ‘Âchour, volume 17, p.103, Ad-Dâr at-Tounisiyya li-n-Nacher, 1984

42 Hâchiyyat ad-Dousouqi ‘ala ach-Charh al-Kabîr, Mohammed ‘Arafa ad-Dousouqi, volume 4, p.349, Dâr Ihyâ’ al-Kotob al-‘Arabiyya

43 Minah al-Jalîl Charh Moukhtasar Khalîl, Mohammed bin Ahmed ‘Illich, volume 9, p.341, Dâr al-Fiker, 1989

44 Al-Bahr ar-Râ’iq Charh Kanz ad-Daqâ’iq, Ibn Noujaym, volume 5, p.74, Dâr al-Kitâb al-Islâmi

45 Ibid.

46 Al-Moughni, Ibn Qoudâma, volume 9, p.127, Dâr Ihyâr at-Tourâf al-‘Arabi, 1985

47 Al-Bahr ar-Râ’iq Charh Kanz ad-Daqâ’iq, volume 5, p.74

48 Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qor’ân, volume 6, p.104, sourate 5 verset 33

49 Al-Moughni, volume 9, p.127

50 At-Tourouq al-Houkmiyya, Ibn Qayyim al-Jawziyya, p.90-92, Maktabat Dâr al-Bayân

51 Les Chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude, Bat Ye’or, p.322 et 336, Éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2007

52 Al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ismâ’îl Ibn Kathir, volume 13, p.385, Dâr ‘Âlam al-Kotob, 2003

53 Târîkh al-Islâm, Chams ad-Dîn adh-Dhahabi, volume 9, p.200, Dâr al-Kitâb al-‘Arabi, 1993

54 Kitâb al-Foutouh, Ahmad Ibn ‘A’tham al-Koufi, volume 8, p.356, Dâr al-‘Adwâ’, 1991

 

 

 

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