Les Versets du Jihâd

 

 

 

Sourate 2

190. Et combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs !

وَقَاتِلُواْ فِي سَبِيلِ ٱللَّهِ ٱلَّذِينَ يُقَاتِلُونَكُمْ وَلاَ تَعْتَدُوۤاْ إِنَّ ٱللَّهَ لاَ يُحِبُّ ٱلْمُعْتَدِينَ

 

Tafsir al-Qortobi :

Sa parole : « et combattez », ce verset est le premier verset révélé concernant l’ordre du combat. Il n’y a pas de divergence sur le fait que le combat était interdit avant l’hégire par la parole d’Allah : « repousse par ce qui est meilleur » (41.34), « pardonne-leur et oublie » (5.13), « et écarte-toi d’eux d’une façon convenable » (73.10), et « tu n’es pas un dominateur sur eux » (88.22), de même que d’autres versets semblables révélés à La Mecque. Quand il a émigré à Médine, l’ordre du combat a été révélé : « et combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent ». Ar-Rabî’ bin Anas et d’autres ont dit cela, mais Abou Bakr as-Siddîq a rapporté que le premier verset au sujet du combat est : « permission est donnée à ceux qui sont combattus car ils sont opprimés » (22.39). Le premier verset est le plus souvent cité.

Le verset de la permission de combattre a été révélé concernant le combat général, il s’agit de combattre aussi bien ceux qui ont combattu parmi les polythéistes que ceux qui n’ont pas combattu. Cela se réfère au moment où le Prophète est parti avec ses compagnons vers La Mecque pour le petit pèlerinage. Il est descendu à al-Houdaybiya près de La Mecque. Al-Houdaybiya est le nom d’un puits et ce lieu a été ainsi nommé à cause du nom de ce puits. Les polythéistes l’ont refoulé de la Maison sacrée. Il est alors resté un mois à al-Houdaybiya. Ils se sont mis d’accord sur le fait qu’il pourra revenir l’année suivante à La Mecque durant une période de trois jours et qu’il n’y aura pas de combat entre eux pendant dix ans. Il est ensuite retourné à Médine. Quand le moment est arrivé, il s’est préparé pour la ‘omrat al-qadâ’, mais les musulmans craignaient une traîtrise de la part des mécréants et détestaient l’idée de combattre dans l’enceinte sacrée ou les mois sacrés. Alors ce verset a été révélé, c’est-à-dire, il vous est permis de combattre si les mécréants vous combattent. Le verset est lié à ce qui a été mentionné précédemment sur le pèlerinage et sur le fait d’entrer dans les maisons par la porte arrière.

Le Prophète combattait ceux qui le combattaient et évitait ceux qui l’évitaient, jusqu’à ce que fut révélé « tuez les infidèles » (9.5). Ce verset est abrogé, c’est l’avis d’un groupe d’oulémas. Ibn Zayd et ar-Rabî’ ont dit que « combattez tous les polythéistes » (9.36) l’a abrogé. C’est l’ordre de combattre l’ensemble des mécréants. Ibn ‘Abbâs, ‘Omar bin ‘Abd al-‘Azîz, et Moujâhid ont dit : c’est un verset toujours en vigueur, c’est-à-dire, « combattez ceux qui vous combattent et ne transgressez pas en tuant les femmes, les enfants, les moines et d’autres gens semblables », comme nous allons l’expliquer. Abou Ja’far an-Nahhâs a dit : ceci est le plus juste des deux avis compte tenu de la sunna et de la logique. Quant à la sunna, il y a un hadith d’Ibn ‘Omar : « le Messager d’Allah a vu une femme tuée dans l’une de ses expéditions. Il a détesté cela et a interdit de tuer les femmes et les enfants ». Les imams l’ont rapporté. Quant à la logique, le combat n’est pas généralisé, il faut distinguer deux catégories de gens comme les combattants, les blasphémateurs, et les opposants qui doivent être combattus, alors que les femmes, les enfants, et d’autres personnes semblables comme les moines, les malades, les personnes âgées, et les domestiques ne doivent pas être tués. C’est pour cela qu’Abou Bakr as-Siddîq a ordonné à Yazîd bin Abi Sofyân de ne pas faire de mal à ceux-ci quand il l’a envoyé en Syrie. Mâlik et d’autres ont rapporté cela. Pour les oulémas, ils sont classés en six catégories :

La première : les femmes, mais si elles combattent, elles doivent être tuées. Sahnoun a dit : sur le champ de bataille ou en dehors, à cause de la généralité de la parole d’Allah : « et combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent » et « et tuez-les où que vous les trouviez » (2.191). Une femme peut avoir un grand impact dans la bataille. Par exemple, elle peut prêter assistance ou inciter au combat. Celles qui sortent les cheveux défaits, prodiguent des encouragements, ou critiquent la fuite, il est permis de les tuer sauf si elles sont capturées. L’esclavage est plus avantageux, car elles se convertissent à l’islam plus facilement et s’éloignent de leur religion, et il leur est difficile de fuir vers leur pays d’origine contrairement aux hommes.

La deuxième : les enfants. Il ne faut pas les tuer à cause de l’interdiction ferme de tuer les descendants et parce qu’il n’y a pas de charge contre eux. Par contre, si un enfant combat, on peut le tuer.

La troisième : les moines. On ne doit pas les tuer ni les réduire en esclavage. On les laisse vivre sur leurs propriétés. Ceci est lorsqu’ils sont isolés des mécréants, à cause de la parole d’Abou Bakr à Yazîd : « vous trouverez des gens qui prétendent cloîtrer leurs âmes par crainte d’Allah, laissez-les tranquille avec ce qu’ils prétendent ». Mais s’ils sont avec les mécréants dans les églises, alors on les tue. Au sujet des nones, Achhab a rapporté qu’il ne faut pas leur faire de mal. Sahnoun a dit : « le fait d’être une nonne ne modifie pas le verdict la concernant ». Le cadi Abou Bakr Ibn al-‘Arabi a dit : « le plus juste, selon moi, est ce qu’a rapporté Achhab car elle est incluse sous la sa parole « laissez-les tranquille avec ce qu’ils prétendent ».

La quatrième : les malades. Sahnoun a dit : « il faut les tuer ». Ibn Habîb a dit : « il ne faut pas les tuer ». Le plus véridique est que l’on doit considérer leur état. S’il y a du mal en eux, on les tue, sinon on les laisse tranquille avec leur maladie et ce qui en résultera.

La cinquième : les vieux. Mâlik a dit dans le livre de Mohammed qu’il ne faut pas les tuer. C’est l’avis de l’ensemble des juristes : si une vieille personne décrépitée est incapable de combattre, et que son opinion n’est pas prise en compte, et n’a pas fait acte de résistance, alors on ne doit pas la tuer. C’est ce qu’ont dit Mâlik et Abou Hanifa. Il y a deux avis pour ach-Châfi’i. Le premier est celui de la majorité, et le second est qu’ils doivent être tués eux et les moines. Le premier avis est le plus correct à cause de la parole d’Abou Bakr à Yazîd. Il n’existe pas de divergence et il y a un consensus à ce sujet. Il n’est également pas permis de tuer quelqu’un qui n’a pas combattu ou aidé l’ennemi telle une femme. Quant à ceux dont on craint la nuisance par la guerre, le conseil ou le financement, s’ils sont capturés, l’imam a le choix entre cinq options : l’exécution, la grâce, la rançon, l’esclavage, ou la dhimmitude par le versement de la jizya.

La sixième : les domestiques et les paysans. Mâlik a dit dans le livre de Mohammed qu’il ne faut pas les tuer. Ach-Châfi’i a dit qu’il faut tuer les paysans, les domestiques, et les vieillards sauf s’ils se convertissent à l’islam ou paient la jizya. La première opinion est la plus juste à cause de la parole du Prophète dans le hadith de Rabâh bin ar-Rabî’ : « joignez-vous à Khâlid bin al-Walîd, il ne tue ni les enfants ni les domestiques ni les paysans ». Et ‘Omar bin al-Khattâb a dit : « craignez Allah concernant les enfants et les paysans qui ne se sont pas érigés contre vous à la guerre ». Et ‘Omar bin ‘Abd al-‘Azîz a dit qu’on ne tue pas le cultivateur. Ibn al-Mondhir a mentionné cet avis.

Achhab a rapporté d’après Mâlik que le sens de la parole d’Allah « et combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent » est qu’on a ordonné aux gens d’al-Houdaybiya de combattre ceux qui les combattent. Le plus juste est que c’est un discours adressé à tous les musulmans. Il a été ordonné à chacun de combattre celui qui le combat lorsqu’il n’a pas l’ascendant sur l’autre. Ne voyez-vous pas comment cela est clarifié dans la sourate Barâ’a par Sa parole : « combattez ceux des mécréants qui sont près de vous » (9.123). Cela se réfère à la première intention qui visait au début les mecquois. Quand Allah a conquis La Mecque, le combat a été prescrit pour ceux qui ont été lésés jusqu’à ce que domine la prédication et que la parole d’Allah soit connue de tous les horizons et afin qu’il ne reste plus aucun infidèle. Cela durera et continuera jusqu’au jour de la résurrection et jusqu’à ce que le but soit atteint, il s’agit de sa parole : « le bien est dans les chevaux bridés jusqu’au jour de la résurrection : la récompense et le butin ». Il a été dit : le but est le retour de ‘Isa, fils de Marie. Cela concorde avec le hadith précédent, car son retour se fera pendant les signes de l’Heure.

Sa parole : « et ne transgressez pas », il a été dit au sujet de son interprétation ce que nous venons d’exposer. C’est un verset toujours en vigueur. Quant aux apostats, il n’y a d’autres choix pour eux que l’exécution ou la repentance. Même chose pour les déviants et les égarés, c’est soit l’épée soit la repentance. Celui qui cache une fausse croyance et que cela vient à être mis en lumière, il doit être tué, comme l’athée, sans repentance possible. Quant à ceux qui s’opposent aux imams justes, il faut les tuer jusqu’à ce qu’ils retournent vers la vérité. Des gens ont dit que le sens de « ne transgressez pas » est le combat pour autre chose que la face d’Allah comme la bigoterie ou la gloire. Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, c’est-à-dire, pour la religion et la proclamation de la parole d’Allah. Et il a été dit : « ne transgressez pas » signifie ne combattez pas ceux qui n’ont pas combattu. Dans ce cas, le verset est abrogé par l’ordre du combat contre l’ensemble des mécréants. Et Allah sait mieux.

 

قوله تعالى : وقاتلوا هذه الآية أول آية نزلت في الأمر بالقتال ، ولا خلاف في أن القتال كان محظورا قبل الهجرة بقوله : ادفع بالتي هي أحسن وقوله : فاعف عنهم واصفح وقوله : واهجرهم هجرا جميلا وقوله : لست عليهم بمسيطر وما كان مثله مما نزل بمكة ، فلما هاجر إلى المدينة أمر بالقتال فنزل : وقاتلوا في سبيل الله الذين يقاتلونكم قاله الربيع بن أنس وغيره ، وروي عن أبي بكر الصديق أن أول آية نزلت في القتال : أذن للذين يقاتلون بأنهم ظلموا ، والأول أكثر ، وأن آية الإذن إنما نزلت في القتال عامة لمن قاتل ولمن لم يقاتل من المشركين ، وذلك أن النبي صلى الله عليه وسلم خرج مع أصحابه إلى مكة للعمرة ، فلما نزل الحديبية بقرب مكة - والحديبية اسم بئر ، فسمي ذلك الموضع باسم تلك البئر - فصده المشركون عن البيت ، وأقام بالحديبية شهرا ، فصالحوه على أن يرجع من عامه ذلك كما جاء ، على أن تخلى له مكة في العام المستقبل ثلاثة أيام ، وصالحوه على ألا يكون بينهم قتال عشر سنين ، ورجع إلى المدينة ، فلما كان من قابل تجهز لعمرة القضاء ، وخاف المسلمون غدر الكفار وكرهوا القتال في الحرم وفي الشهر الحرام ، فنزلت هذه الآية ، أي يحل لكم القتال إن قاتلكم الكفار ، فالآية متصلة بما سبق من ذكر الحج وإتيان البيوت من ظهورها ، فكان عليه السلام يقاتل من قاتله ويكف عمن كف عنه ، حتى نزل فاقتلوا المشركين فنسخت هذه الآية ، قاله جماعة من العلماء ، وقال ابن زيد والربيع : نسخها وقاتلوا المشركين كافة فأمر بالقتال لجميع الكفار ، وقال ابن عباس وعمر بن عبد العزيز ومجاهد : هي محكمة أي قاتلوا الذين هم بحالة من يقاتلونكم ، ولا تعتدوا في قتل النساء والصبيان والرهبان وشبههم ، على ما يأتي بيانه . قال أبو جعفر النحاس : وهذا أصح القولين في السنة والنظر ، فأما السنة فحديث ابن عمر أن رسول الله صلى الله عليه وسلم رأى في بعض مغازيه امرأة مقتولة فكره ذلك ، ونهى عن قتل النساء والصبيان ، رواه الأئمة ، وأما النظر فإن " فاعل " لا يكون في الغالب إلا من اثنين ، كالمقاتلة والمشاتمة والمخاصمة ، والقتال لا يكون في النساء ولا في الصبيان ومن أشبههم ، كالرهبان والزمنى والشيوخ والأجراء فلا يقتلون ، وبهذا أوصى أبو بكر الصديق رضي الله عنه يزيد بن أبي سفيان حين أرسله إلى الشام ، إلا أن يكون لهؤلاء إذاية ، أخرجه مالك وغيره ، وللعلماء فيهم صور ست

الأولى : النساء إن قاتلن قتلن ، قال سحنون : في حالة المقاتلة وبعدها ، لعموم قوله : وقاتلوا في سبيل الله الذين يقاتلونكم ، واقتلوهم حيث ثقفتموهم . وللمرأة آثار عظيمة في القتال ، منها الإمداد بالأموال ، ومنها التحريض على القتال ، وقد يخرجن ناشرات شعورهن نادبات مثيرات معيرات بالفرار ، وذلك يبيح قتلهن ، غير أنهن إذا حصلن في الأسر فالاسترقاق أنفع لسرعة إسلامهن ورجوعهن عن أديانهن ، وتعذر فرارهن إلى أوطانهن بخلاف الرجال

الثانية : الصبيان فلا يقتلون للنهي الثابت عن قتل الذرية ; ولأنه لا تكليف عليهم ، فإن قاتل [ الصبي ] قتل

الثالثة : الرهبان لا يقتلون ولا يسترقون ، بل يترك لهم ما يعيشون به من أموالهم ، وهذا إذا انفردوا عن أهل الكفر ، لقول أبي بكر ليزيد : " وستجد أقواما زعموا أنهم حبسوا أنفسهم لله ، فذرهم وما زعموا أنهم حبسوا أنفسهم له " فإن كانوا مع الكفار في الكنائس قتلوا ، ولو ترهبت المرأة فروى أشهب أنها لا تهاج . وقال سحنون : لا يغير الترهب حكمها . قال القاضي أبو بكر بن العربي : " والصحيح عندي رواية أشهب ; لأنها داخلة تحت قوله : " فذرهم وما حبسوا أنفسهم له "

الرابعة : الزمنى . قال سحنون : يقتلون ، وقال ابن حبيب : لا يقتلون ، والصحيح أن تعتبر أحوالهم ، فإن كانت فيهم إذاية قتلوا ، وإلا تركوا وما هم بسبيله من الزمانة وصاروا مالا على حالهم وحشوة

الخامسة : الشيوخ . قال مالك في كتاب محمد : لا يقتلون ، والذي عليه جمهور الفقهاء : إن كان شيخا كبيرا هرما لا يطيق القتال ، ولا ينتفع به في رأي ولا مدافعة فإنه لا يقتل ، وبه قال مالك وأبو حنيفة . وللشافعي قولان : أحدهما : مثل قول الجماعة ، والثاني : يقتل هو والراهب ، والصحيح الأول لقول أبي بكر ليزيد ، ولا مخالف له فثبت أنه إجماع ، وأيضا فإنه ممن لا يقاتل ولا يعين العدو فلا يجوز قتله كالمرأة ، وأما إن كان ممن تخشى مضرته بالحرب أو الرأي أو المال فهذا إذا أسر يكون الإمام فيه مخيرا بين خمسة أشياء : القتل أو المن أو الفداء أو الاسترقاق أو عقد الذمة على أداء الجزية

السادسة : العسفاء ، وهم الأجراء والفلاحون ، فقال مالك في كتاب محمد : لا يقتلون وقال الشافعي : يقتل الفلاحون والأجراء والشيوخ الكبار إلا أن يسلموا أو يؤدوا الجزية . والأول أصح ، لقوله عليه السلام في حديث رباح بن الربيع الحق بخالد بن الوليد فلا يقتلن ذرية ولا عسيفا ، وقال عمر بن الخطاب : اتقوا الله في الذرية والفلاحين الذي لا ينصبون لكم الحرب ، وكان عمر بن عبد العزيز لا يقتل حراثا ، ذكره ابن المنذر

الثانية : روى أشهب عن مالك أن المراد بقوله : وقاتلوا في سبيل الله الذين يقاتلونكم أهل الحديبية أمروا بقتال من قاتلهم ، والصحيح أنه خطاب لجميع المسلمين ، أمر كل أحد أن يقاتل من قاتله إذ لا يمكن سواه . ألا تراه كيف بينها في سورة " براءة " بقوله : قاتلوا الذين يلونكم من الكفار وذلك أن المقصود أولا كان أهل مكة فتعينت البداءة بهم ، فلما فتح الله مكة كان القتال لمن يلي ممن كان يؤذي حتى تعم الدعوة وتبلغ الكلمة جميع الآفاق ولا يبقى أحد من الكفرة ، وذلك باق متماد إلى يوم القيامة ، ممتد إلى غاية هي قوله عليه السلام : الخيل معقود في نواصيها الخير إلى يوم القيامة الأجر والمغنم ، وقيل : غايته نزول عيسى ابن مريم عليه السلام ، وهو موافق للحديث الذي قبله ; لأن نزوله من أشراط الساعة

الثالثة : ولا تعتدوا قيل في تأويله ما قدمناه ، فهي محكمة ، فأما المرتدون فليس إلا القتل أو التوبة ، وكذلك أهل الزيغ والضلال ليس إلا السيف أو التوبة ، ومن أسر الاعتقاد بالباطل ثم ظهر عليه فهو كالزنديق يقتل ولا يستتاب . وأما الخوارج على أئمة العدل فيجب قتالهم حتى يرجعوا إلى الحق ، وقال قوم : المعنى لا تعتدوا في القتال لغير وجه الله ، كالحمية وكسب الذكر ، بل قاتلوا في سبيل الله الذين يقاتلونكم ، يعني دينا وإظهارا للكلمة ، وقيل : لا تعتدوا أي لا تقاتلوا من لم يقاتل ، فعلى هذا تكون الآية منسوخة بالأمر بالقتال لجميع الكفار ، والله أعلم

 

 

191. Et tuez-les où que vous les rencontriez, et expulsez-les d’où ils vous ont expulsés. L’association est pire que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée à moins qu’ils ne vous y combattent. S’ils vous combattent, tuez-les. Telle est la récompense des mécréants.

وَاقْتُلُوهُمْ حَيْثُ ثَقِفْتُمُوهُمْ وَأَخْرِجُوهُمْ مِنْ حَيْثُ أَخْرَجُوكُمْ وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ وَلَا تُقَاتِلُوهُمْ عِنْدَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ حَتَّى يُقَاتِلُوكُمْ فِيهِ فَإِنْ قَاتَلُوكُمْ فَاقْتُلُوهُمْ كَذَلِكَ جَزَاءُ الْكَافِرِينَ

 

Tafsir al-Qortobi :

« Thaqiftoumouhoum » (vous les rencontriez), il a été dit : thaqifa, yathqouf, thaqfa, et thaqafa. L’homme rencontré dont on s’est saisi : c’est un verdict concernant le traitement de cas. Ceci est la preuve qu’il faut tuer les prisonniers et cela sera expliqué dans la sourate Al-‘Anfâl, si Allah le veut.

« Et expulsez-les d’où ils vous ont expulsés », c’est-à-dire, de La Mecque. Tabari a dit : « cela s’adresse aux émigrés et le pronom fait référence aux mécréants de Qoraych ».

Sa parole : « l’association (fitna) est pire que le meurtre », c’est-à-dire, la fitna avec laquelle ils vous ont assujettis en essayant de vous faire retourner à la mécréance qui est pire que le meurtre. Moujâhid a dit : « cela se réfère au croyant qui a été tué, le meurtre étant meilleur pour lui que la fitna ». D’autres ont dit : « il s’agit de leur association avec Allah, et le fait qu’ils ne croient pas en Lui est un grand crime et pire que le meurtre pour lequel ils vous critiquent ». C’est la preuve que le verset fut révélé au sujet d’Amr bin al-Hadrami qui a été tué par Wâqid bin ‘Abdullah at-Tamimi le dernier jour du mois sacré de rajab, un incident qui sera mentionné dans l’expédition d’Abdullah bin Jahch. Concernant l’interprétation qui vient d’être énoncée : c’est l’avis de Tabari et d’autres.

Sa parole : « mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée à moins qu’ils ne vous y combattent ». Les savants ont deux avis sur ce verset. Le premier : il est abrogé. Le second : il est toujours en vigueur. Moujâhid a dit : le verset est toujours en vigueur, il n’est pas permis de combattre quiconque se trouve dans la Mosquée sacrée avant qu’il n’y ait engagé le combat. Tâwous est de cette opinion, et c’est ce qui est exigé par le texte du verset. C’est le plus correct des deux avis et Abou Hanifa et ses compagnons l’ont rejoint. Dans le Sahih, Ibn ‘Abbâs a rapporté que le Messager d’Allah a dit le jour de la conquête de La Mecque : « cette terre est sacrée depuis le jour où Dieu a créé les cieux et la terre. Elle restera sacrée, comme Allah l’a décrété, jusqu’au jour du jugement. Y combattre n’a été autorisé à personne avant moi et on ne m’a permis cela que pendant une heure de la journée. Elle restera sacrée, comme Allah l’a décrété, jusqu’au jour du jugement ». Qatâda a dit que le verset est abrogé par Sa parole : « après que les mois sacrés aient expiré, tuez les infidèles partout où vous les trouverez » (9.5). Mouqâtil a dit que Sa parole « et tuez-les où que vous les rencontriez... » a ensuite été abrogé par Sa parole « tuez les infidèles partout où vous les trouverez » (9.5). Il serait alors permis d’initier le combat dans le territoire sacré. Ils ont protesté en s’appuyant sur le fait que la sourate Barâ’a fut révélée deux ans après la sourate Al-Baqara et que le Prophète est entré à La Mecque avec son casque. On a dit : « Ibn Khatal s’est accroché au rideau de la Ka’ba ». Il a dit : « tuez-le ». Ibn Khouwayz Mandâd a dit : « mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée est abrogé, car le consensus est que l’on doit combattre si l’ennemi décide d’attaquer ou s’il occupe La Mecque ». Il a ajouté : « s’il vous combat ou s’il vous empêche de faire le pèlerinage et ne quitte pas La Mecque, il est obligatoire de le combattre, même s’il n’a pas initié le combat. La Mecque devient alors semblable à n’importe quel autre endroit ». Cependant, il a été dit à son sujet : elle est inviolable à cause de la vénération qu’on lui porte. Ne voyez-vous que le Messager d’Allah a envoyé Khâlid bin al-Walîb le jour de la conquête en disant : « moissonne-les avec l’épée jusqu’à ce que tu me retrouves à Safâ ». Al-‘Abbâs est arrivé et a dit : « Ô Messager d’Allah ! Les Qoraychites sont partis, il n’y aura plus de Qoraychites après aujourd’hui ! » Et ne voyez-vous pas qu’il a dit à propos de sa vénération : « il n’est pas permis d’y ramasser quelque chose de tombé sans le dire haut et fort », mais que l’on fasse la trouvaille à La Mecque ou ailleurs, c’est la même chose. Il est admis que ce passage est abrogé par Sa parole : « et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association » (2.193). Ibn al-‘Arabi a dit : je suis allé à l’école d’Abi ‘Oqba al-hanafi à Jérusalem, qu’Allah la purifie. Le cadi az-Zinjâni nous a donnés un cours le vendredi. Tandis que nous étions en train d’étudier, un homme magnifique est entré et portait sur son dos divers objets. Il a salué les savants et s’est installé à la chaire de la mosquée avec des vêtements de laine de berger. Le cadi az-Zinjâni lui a demandé : « qui êtes-vous ? » Il lui a répondu : « on m’a volé la moitié de mon argent hier. Ma destination était ce lieu saint. Je viens de Sâghân et j’étudie la science religieuse ». Le cadi a dit : « interrogez-le », selon la coutume de l’hommage aux savants qui est de prendre l’initiative de les questionner. On a fait un tirage au sort et la question qui est sortie était la suivante : lorsqu’un infidèle trouve refuge dans un lieu saint, faut-il le tuer oui ou non ? Il a jugé qu’il ne fallait pas le tuer. On lui a demandé quelle était sa preuve. Il a répondu : « c’est Sa parole : « mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée à moins qu’ils ne vous y combattent » – il a été récité « wa-lâ taqtoulouhoum » et « wa-lâ touqâtilouhoum », et si il a été récité « wa-lâ taqtoulouhoum », c’est une question de texte ; et si il a été récité « wa-lâ touqâtilouhoum », c’est un avertissement – car s’il a interdit le combat qui est la cause du meurtre, c’est une preuve évidente que le meurtre est interdit ». Le cadi l’a contesté, selon la coutume, en s’appuyant sur ach-Châfi’i et Mâlik, bien qu’il n’ait pas vu leurs écoles, en disant : « ce verset est abrogé par Sa parole : tuez les infidèles partout où vous les trouverez (9.5) ». L’homme de Sâghân lui a répondu : « ceci ne sied pas à la fonction de cadi et de sa science. Ce verset, qui s’oppose à lui, est général et concerne les lieux publics, et le verset qui s’y objecte est une particularité. Et nul ne peut dire que la généralité abroge la particularité ». Le cadi az-Zinjâni fut étonné par cette parole admirable. Ibn al-‘Arabi a dit : si l’infidèle s’y réfugie, il n’y a aucune voie contre lui à cause du texte du verset et de la sunna fixant l’interdiction d’y combattre, à moins que l’infidèle n’initie le combat, alors il sera tué d’après le texte du Coran. Quant au fornicateur ou au combattant, il ne pourra échapper à l’application de la peine légale contre lui.

Je dis : quant à leur objection en invoquant notamment le meurtre d’Ibn Katal et de ses compagnons, ceci n’est pas une preuve car cela était à l’époque où La Mecque lui avait été rendue licite. C’était une maison de guerre et de mécréance. Il pouvait faire couler le sang de qui il voulait parmi les gens qui y résidaient durant l’heure où le combat lui a été rendu licite. Cela est prouvé et le premier avis est le plus juste. Et Allah sait mieux.

Certains savants ont dit : ce verset s’applique à celui qui s’oppose à l’imam mais ne s’applique pas au mécréant. Dans tous les cas, le mécréant est tué s’il combat. L’opposant est combattu s’il a l’intention de combattre, mais ne sera pas poursuivi s’il se retire, et ne sera pas exécuté s’il est blessé. Les verdicts concernant les opposants seront discutés dans la sourate Al-Houjourât, si Allah le veut.

 

قوله تعالى : ثقفتموهم يقال : ثقف يثقف ثقفا وثقفا ، ورجل ثقف لقف : إذا كان محكما لما يتناوله من الأمور . وفي هذا دليل على قتل الأسير ، وسيأتي بيان هذا في " الأنفال " إن شاء الله تعالى . وأخرجوهم من حيث أخرجوكم أي مكة . قال الطبري : الخطاب للمهاجرين والضمير لكفار قريش

الثانية : قوله تعالى : والفتنة أشد من القتل أي الفتنة التي حملوكم عليها وراموا رجوعكم بها إلى الكفر أشد من القتل . قال مجاهد : أي من أن يقتل المؤمن ، فالقتل أخف عليه من الفتنة ، وقال غيره : أي شركهم بالله وكفرهم به أعظم جرما وأشد من القتل الذي عيروكم به ، وهذا دليل على أن الآية نزلت في شأن عمرو بن الحضرمي حين قتله واقد بن عبد الله التميمي في آخر يوم من رجب الشهر الحرام ، حسب ما هو مذكور في سرية عبد الله بن جحش ، على ما يأتي بيانه ، قاله الطبري وغيره .

الثالثة : قوله تعالى : ولا تقاتلوهم عند المسجد الحرام حتى يقاتلوكم فيه الآية . للعلماء في هذه الآية قولان : أحدهما : أنها منسوخة ، والثاني : أنها محكمة . قال مجاهد : الآية محكمة ، ولا يجوز قتال أحد في المسجد الحرام إلا بعد أن يقاتل ، وبه قال طاوس ، وهو الذي يقتضيه نص الآية ، وهو الصحيح من القولين ، وإليه ذهب أبو حنيفة وأصحابه ، وفي الصحيح عن ابن عباس قال : قال رسول الله صلى الله عليه وسلم يوم فتح مكة : إن هذا البلد حرمه الله يوم خلق السماوات والأرض فهو حرام بحرمة الله تعالى إلى يوم القيامة وإنه لم يحل القتال فيه لأحد قبلي ولم يحل لي إلا ساعة من نهار فهو حرام بحرمة الله إلى يوم القيامة ، وقال قتادة : الآية منسوخة بقوله تعالى : فإذا انسلخ الأشهر الحرم فاقتلوا المشركين حيث وجدتموهم ، وقال مقاتل : نسخها قوله تعالى : واقتلوهم حيث ثقفتموهم ثم نسخ هذا قوله : فاقتلوا المشركين حيث وجدتموهم ، فيجوز الابتداء بالقتال في الحرم ، ومما احتجوا به أن " براءة " نزلت بعد سورة " البقرة " بسنتين ، وأن النبي صلى الله عليه وسلم دخل مكة وعليه المغفر ، فقيل : إن ابن خطل متعلق بأستار الكعبة ، فقال : اقتلوه

وقال ابن خويز منداد : ولا تقاتلوهم عند المسجد الحرام منسوخة ; لأن الإجماع قد تقرر بأن عدوا لو استولى على مكة وقال  لأقاتلكم ، وأمنعكم من الحج ولا أبرح من مكة لوجب قتاله وإن لم يبدأ بالقتال ، فمكة وغيرها من البلاد سواء . وإنما قيل فيها : هي حرام تعظيما لها ، ألا ترى أن رسول الله صلى الله عليه وسلم بعث خالد بن الوليد يوم الفتح وقال : احصدهم بالسيف حتى تلقاني على الصفا حتى جاء العباس فقال : يا رسول الله ، ذهبت قريش ، فلا قريش بعد اليوم . ألا ترى أنه قال في تعظيمها : ولا يلتقط لقطتها إلا منشد واللقطة بها وبغيرها سواء ، ويجوز أن تكون منسوخة بقوله : وقاتلوهم حتى لا تكون فتنة . قال ابن العربي : حضرت في بيت المقدس - طهره الله - بمدرسة أبي عقبة الحنفي ، والقاضي الزنجاني يلقي علينا الدرس في يوم جمعة ، فبينا نحن كذلك إذ دخل علينا رجل بهي المنظر على ظهره أطمار ، فسلم سلام العلماء وتصدر في صدر المجلس بمدارع الرعاء ، فقال القاضي الزنجاني : من السيد ؟ فقال : رجل سلبه الشطار أمس ، وكان مقصدي هذا الحرم المقدس ، وأنا رجل من أهل صاغان من طلبة العلم ، فقال القاضي مبادرا : سلوه - على العادة في إكرام العلماء بمبادرة سؤالهم - ووقعت القرعة على مسألة الكافر إذا التجأ إلى الحرم هل يقتل أم لا ؟ فأفتى بأنه لا يقتل ، فسئل عن الدليل ، فقال قوله تعالى : ولا تقاتلوهم عند المسجد الحرام حتى يقاتلوكم فيه قرئ " ولا تقتلوهم ، ولا تقاتلوهم " فإن قرئ " ولا تقتلوهم " فالمسألة نص ، وإن قرئ " ولا تقاتلوهم " فهو تنبيه ; لأنه إذا نهى عن القتال الذي هو سبب القتل كان دليلا بينا ظاهرا على النهي عن القتل ، فاعترض عليه القاضي منتصرا للشافعي ومالك ، وإن لم ير مذهبهما ، على العادة ، فقال : هذه الآية منسوخة بقوله تعالى : فاقتلوا المشركين حيث وجدتموهم ، فقال له الصاغاني : هذا لا يليق بمنصب القاضي وعلمه ، فإن هذه الآية التي اعترضت بها عامة في الأماكن ، والتي احتججت بها خاصة ، ولا يجوز لأحد أن يقول  إن العام ينسخ الخاص ، فبهت القاضي الزنجاني ، وهذا من بديع الكلام . قال ابن العربي : فإن لجأ إليه كافر فلا سبيل إليه ، لنص الآية والسنة الثابتة بالنهي عن القتال فيه ، وأما الزاني والقاتل فلا بد من إقامة الحد عليه ، إلا أن يبتدئ الكافر بالقتال فيقتل بنص القرآن

قلت : وأما ما احتجوا به من قتل ابن خطل وأصحابه فلا حجة فيه ، فإن ذلك كان في الوقت الذي أحلت له مكة وهي دار حرب وكفر ، وكان له أن يريق دماء من شاء من أهلها في الساعة التي أحل له فيها القتال . فثبت وصح أن القول الأول أصح ، والله أعلم

الرابعة : قال بعض العلماء : في هذه الآية دليل على أن الباغي على الإمام بخلاف الكافر ، فالكافر يقتل إذا قاتل بكل حال والباغي إذا قاتل يقاتل بنية الدفع ، ولا يتبع مدبر ولا يجهز على جريح . على ما يأتي بيانه من أحكام الباغين في " الحجرات " إن شاء الله تعالى

 

 

192. S’ils cessent, Allah est pardonneur et miséricordieux.

فَإِنِ انتَهَوْا فَإِنَّ اللَّهَ غَفُورٌ رَّحِيمٌ

 

Tafsir al-Qortobi :

C’est-à-dire, de vous combattre en se convertissant à l’islam. Allah leur pardonnera tout ce qu’ils auront fait par le passé et sera clément envers eux en pardonnant leurs actes répréhensibles. Cela est semblable à Sa parole : « dis à ceux qui ont mécru que s’ils cessent, il leur sera pardonné ce qui s’est passé » (8.39), et à ce qui suit :

 

فإن انتهوا أي عن قتالكم بالإيمان فإن الله يغفر لهم جميع ما تقدم ، ويرحم كلا منهم بالعفو عما اجترم ، نظيره قوله تعالى : قل للذين كفروا إن ينتهوا يغفر لهم ما قد سلف . وسيأتي

 

 

193. Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit à Allah. S’ils cessent, plus d’hostilités sauf contre les injustes.

وَقَاتِلُوهُمْ حَتَّى لَا تَكُونَ فِتْنَةٌ وَيَكُونَ الدِّينُ لِلَّهِ فَإِنِ انْتَهَوْا فَلَا عُدْوَانَ إِلَّا عَلَى الظَّالِمِينَ

 

Tafsir al-Qortobi :

« Et combattez-les », c’est l’ordre de combattre, partout, tous les infidèles d’après ceux qui sont d’avis que c’est un abrogeant. Ceux qui ne considèrent pas que c’est un abrogeant ont dit : le sens est « combattez ceux dont Allah a dit : s’ils vous combattent ». Le premier avis est le plus probable. C’est l’ordre inconditionnel du combat sans condition d’hostilités initiées par les mécréants. La preuve de cela est Sa parole « et que la religion soit à Allah ». Le Prophète a dit : « on m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent qu’il n’y a de dieu qu’Allah ». Le verset et le hadith indique que la raison du combat est la mécréance, car Il a dit : « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association », c’est-à-dire, de mécréance. Il est clair que le but est de mettre fin à la mécréance. Ibn ‘Abbâs, Qatâda, ar-Rabî’, as-Souddi, et d’autres ont dit : la fitna ici veut dire l’association et le mal qui en résulte pour les croyants. L’origine de fitna est le test et l’épreuve, c’est dérivé du fait d’éprouver l’argent quand on le sort du feu afin de séparer ses impuretés du pur métal. Ses divers sens seront expliqués, si Allah le veut.

« S’ils cessent », c’est-à-dire, de mécroire, et se convertissent à l’islam, comme ce qui a été dit avant dans le verset, ou paient la jizya dans le cas des gens du livre – ceci sera expliqué dans la sourate Barâ’a – sinon ils seront combattus et ce sont des injustes qui ne transgressent que contre eux-mêmes. On appelle « hostilités » ce qui est fait aux injustes, car cela est la sanction en réponse aux hostilités, et l’injustice implique de l’hostilité. Et on appelle « hostilités » la sanction en réponse aux hostilités, c’est comme Sa parole : « la sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action identique » (42.40). Et sur ce que sont les injustes, il y a deux interprétations. L’une est qu’il s’agit de ceux qui initient le combat, et l’autre fait référence à ceux qui restent dans la mécréance et la fitna.

 

وقاتلوهم أمر بالقتال لكل مشرك في كل موضع ، على من رآها ناسخة ، ومن رآها غير ناسخة قال : المعنى قاتلوا هؤلاء الذين قال الله فيهم : فإن قاتلوكم والأول أظهر ، وهو أمر بقتال مطلق لا بشرط أن يبدأ الكفار . دليل ذلك قوله تعالى : " ويكون الدين لله " ، وقال عليه السلام : أمرت أن أقاتل الناس حتى يقولوا لا إله إلا الله ، فدلت الآية والحديث على أن سبب القتال هو الكفر ; لأنه قال : حتى لا تكون فتنة أي كفر ، فجعل الغاية عدم الكفر ، وهذا ظاهر . قال ابن عباس وقتادة والربيع والسدي وغيرهم : الفتنة هناك الشرك وما تابعه من أذى المؤمنين ، وأصل الفتنة : الاختبار والامتحان مأخوذ من فتنت الفضة إذا أدخلتها في النار لتميز رديئها من جيدها . وسيأتي بيان محاملها إن شاء الله تعالى

الثانية : قوله تعالى : فإن انتهوا أي عن الكفر ، إما بالإسلام كما تقدم في الآية قبل ، أو بأداء الجزية في حق أهل الكتاب ، على ما يأتي بيانه في " براءة " وإلا قوتلوا وهم الظالمون لا عدوان إلا عليهم ، وسمي ما يصنع بالظالمين عدوانا من حيث هو جزاء عدوان ، إذ الظلم يتضمن العدوان ، فسمي جزاء العدوان عدوانا ، كقوله : وجزاء سيئة سيئة مثلها  والظالمون هم على أحد التأويلين : من بدأ بقتال ، وعلى التأويل الآخر : من بقي على كفر وفتنة

 

 

194
Le mois sacré contre le mois sacré ! Les choses sacrées tombent sous le talion (al-qisâs). Quiconque a marqué de l’hostilité contre vous, marquez contre lui de l’hostilité de la même façon qu’il a marqué de l’hostilité contre vous ! Soyez pieux envers Allah ! Sachez qu'Allah est avec les pieux.

Les croyants sont autorisés à se défendre si jamais ils essuient une attaque pendant les mois sacrés, période où normalement toute forme de violence est proscrite. Ils n’avaient toutefois rien à craindre des païens arabes qui observaient religieusement la sacralité de la trêve. Le verset descendit durant la septième année de l’hégire, quand le prophète fit le pèlerinage à la Mecque, un an après la signature du traité d’al-Houdaybiyya : « Qatada a dit : le prophète d’Allah est sorti avec ses compagnons au mois de Dhu-l-Qi’da, quand ils furent stoppés par les idolâtres à Houdaybiyah. L’année suivante, ils sont entrés à la Mecque au mois de Dhu-l-Qi’da, ils ont accompli le petit pèlerinage et sont restés trois jours. Les idolâtres étaient fiers de les avoir repoussés le jour d’Houdaybiyah et donc, Allah se vengea d’eux. Il révéla : le mois sacré contre le mois sacré » (Asbâb an-Nouzoul, al-Wâhidi an-Naysâbouri).

 

216
Combat vous a été prescrit bien que vous l’ayez en aversion. Il est possible que vous ayez de l'aversion pour une chose qui est un bien pour vous et il est possible que vous aimiez une chose qui est un mal pour vous. Allah sait, alors que vous ne savez pas.

La cause de révélation est la même que celle du verset 2.244. L’aya souligne l’importance du jihâd dans l’islam en le rendant obligatoire pour tout musulman.

 

217-218
Ils t'interrogent sur le mois sacré et le fait de combattre durant celui-ci. Réponds : combattre en ce mois est grave. Écarter du chemin d'Allah, être impie envers Celui-ci et la mosquée sacrée, expulser de celle-ci ceux qui l’occupent est plus grave que cela aux yeux de Dieu. La fitna est plus grave que le meurtre. Or, ils ne cesseront de vous combattre que quand ils vous auront fait abjurer votre religion, s’ils peuvent. Ceux parmi vous adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la [vie] immédiate et dernière. Ceux là sont les hôtes du Feu où ils seront immortels.
Ceux qui croient, ceux qui émigrent et mènent combat dans le chemin d'Allah, ceux-là peuvent espérer la grâce d'Allah. Allah est absoluteur et miséricordieux.

Les versets justifient l’expédition militaire de Nakhla qui, à la base, n’était qu’une simple opération d’espionnage au cours du mois sacré. Le mecquois ‘Amr ibn al-Hadrami fut tué par les musulmans, et deux de ses compatriotes furent capturés puis amenés à Médine. Dans un premier temps, Mahomet n’approuva pas l’attaque de la caravane, mais Allah intervint en faveur des croyants qui commirent ces actes de violence à la fin du mois de rajab. Le passage est en quelque sorte une autorisation exceptionnelle accordée aux jihadistes afin de se venger de leurs anciens tortionnaires pendant les mois sacrés. « Urwa ibn az-Zubayr nous a informés que le Messager de Dieu envoya une expédition militaire avec à sa tête ‘Abdallah bin Jahsh al-Asdi. Quand ils atteignirent Nakhla, ils tombèrent sur ‘Amr bin al-Hadrami qui était à la tête d’une caravane pour les Qoraychites. Ce jour était le dernier jour du mois sacré. Les musulmans étaient divisés. Certains ont dit : nous sommes sûrs que ce jour appartient au mois sacré, nous pensons que vous ne devriez pas le violer par cupidité. Mais ceux qui désiraient les biens de ce monde étaient plus nombreux ; ils ont attaqué et tué Ibn al-Hadrami, puis se sont emparés de ses chameaux. Ibn al-Hadrami fut le premier tué dans un combat entre les musulmans et les infidèles. La nouvelle arriva aux Qoraychites qui envoyèrent une délégation au prophète. Ils lui dirent : autorises-tu le combat pendant le mois sacré ? Comme réponse Allah révéla ce verset. Az-Zuhri a rapporté : « le Messager d’Allah a envoyé ‘Abdallah bin Jahsh avec un groupe d’émigrants. L’un des hommes qui l’accompagnait, ‘Abdallah bin Waqid al-Laythi, a tué un des infidèles, ‘Amr bin al-Hadrami, le dernier jour du mois de Rajab. Ils ont aussi fait deux prisonniers et capturé les chameaux des infidèles. Quand le prophète l’apprit, il leur dit : je ne vous ai pas ordonné de combattre pendant le mois sacré. Mais les Qoraychites ont dit : Mohammad a violé le mois sacré. C’est alors que fut révélé : Ils t'interrogent sur le mois sacré, jusqu’à sa parole, la fitna est plus grave que le meurtre » (Asbâb an-Nouzoul, al-Wâhidi an-Naysâbouri).

« Réponds : combattre en ce mois est grave » : cela est un grand péché.
« Écarter du chemin d'Allah, être impie envers Celui-ci et la mosquée sacrée, expulser de celle-ci ceux qui l’occupent est plus grave que cela aux yeux de Dieu. La fitna est plus grave que le meurtre. Or, ils ne cesseront de vous combattre que quand ils vous auront fait abjurer votre religion, s’ils peuvent » : une liste d’arguments venant blanchir les musulmans qui rompirent la trêve durant le mois de rajab, pourtant décrété sacré par Allah où aucune violence n’est permise.
« Ceux qui croient, ceux qui émigrent et mènent combat dans le chemin d'Allah, ceux-là peuvent espérer la grâce d'Allah » : le groupe d’émigrés, qui a combattu pour Allah, peut toujours aspirer à la récompense de leur Seigneur, malgré qu’il eut pris les armes pendant un mois sacré.

 

244
Combattez dans le chemin d'Allah et sachez qu'Allah est audient et omniscient.

Cet appel au jihâd est la conclusion du verset 243 et une exhortation au combat. Deux interprétations différentes ressortent des exégèses à propos de 2.243. La première étant que les hébreux fuirent leur lieu d’habitation par crainte de la peste, Allah les fit d’abord mourir avant de les ressusciter grâce aux supplications du prophète Ezéchiel. La morale de cette histoire est que la prudence ne peut changer la destinée et l’abandon du jihâd ne retardera ni n’avancera l’heure de la mort. La seconde version est quand à elle tirée par les cheveux, elle a toutefois le mérite d’expliquer le coran par le coran. Les enfants d’Israël ont quitté l’Égypte en grand nombre et se sont retrouvés dans le désert guidés par le prophète Moïse. Celui-ci leur commanda de combattre les cananéens dans le but de conquérir la Palestine mais ils refusèrent par lâcheté, c’est pourquoi Dieu les fit errer dans le désert pendant quarante ans jusqu’à ce que la génération suivante les remplace et s’empare de la terre promise. Ainsi, les fidèles musulmans doivent se lancer au combat afin de ne pas connaitre le même sort que les israélites.
Allah fit descendre les versets 2.243-245 (ainsi que le 2.216) à cause des croyants qui ne souhaitèrent pas risquer leur vie en participant aux expéditions de pillages dirigées contre les idolâtres mecquois : « à cette époque, les musulmans, qui avaient été expulsés de la Mecque un an plus tôt et s’étaient réfugiés à Médine, demandèrent à maintes reprises la permission de combattre les mécréants qui les avait persécutés sans relâche pendant des années. Néanmoins, lorsque la permission, qu'ils avaient eux-mêmes demandé, leur fut accordée, certains d'entre eux n’en avaient plus le cœur (se référer à al-Baqarah, 2.216). C'est pourquoi deux événements importants de l'histoire des Israélites sont rapportés afin de servir d’avertissement aux musulmans et pour stimuler leur zèle et leur courage » (Tafhim al-qor’ân, Abou-l-‘Ala Mawdoudi).

 

 

 

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