Sahih al-Boukhâri

 

 

 

Le livre des vertus des compagnons (kitâb fadâ’il as-sahâba)

3497 - ‘Amr bin Maymoun a rapporté :
J’ai vu ‘Omar bin al-Khattâb quelques jours avant qu’il ne soit poignardé à Médine. Il était avec Houdhayfa bin al-Yamân et ‘Othmân bin Hounayf à qui il a dit : « qu’avez-vous fait ? Pensez-vous que vous pouvez imposer plus de taxes sur la terre qu’elle ne peut le supporter ? » Ils ont répondu : « nous lui avons imposé ce qu’elle peut supporter à cause de ses vastes étendues ». ‘Omar a dit : « vérifiez si vous avez imposé à la terre ce qu’elle ne peut pas supporter ». Ils ont répondu : « non ». ‘Omar a dit : « si Dieu me garde en vie, aucune veuve d’Irak n’aura besoin d’hommes pour les soutenir après moi ». Mais après seulement quatre jours, il fut poignardé. Le jour où il fut poignardé, je me tenais debout et il n’y avait personne entre moi et lui sauf ‘Abdullah bin ‘Abbâs. À chaque fois qu’Omar passait entre deux rangs, il disait : « tenez-vous en ligne bien droite ». Quand il ne voyait aucune irrégularité, il commençait la prière par le takbir. Il récitait la sourate Yousouf ou an-Nahl ou une autre de semblable à la première rak’at afin que les gens aient le temps de rejoindre la prière. Dès qu’il a prononcé le takbir, je l’ai entendu dire : « le chien m’a tué ou m’a mangé », au moment où il l’a poignardé. Un infidèle non arabe portait un couteau à double tranchant et poignardait toutes les personnes devant lesquelles il passait sur la droite et sur la gauche. Il a poignardé treize personnes et sept en sont mortes. Quand l’un des musulmans a vu cela, il a jeté un vêtement sur lui. Réalisant qu’il avait été capturé, l’infidèle non arabe se tua. ‘Omar a tenu la main d’Abd ar-Rahman bin ‘Awf et l’a laissé conduire la prière. Ceux qui étaient à côté d’Omar ont vu ce que j’ai vu, mais les gens qui étaient en d’autres endroits de la mosquée n’ont rien vu mais n’entendaient plus la voix d’Omar et ils disaient : « Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu ! » ‘Abd ar-Rahman bin ‘Awf a mené une courte prière. Quand ils eurent fini la prière, ‘Omar a dit : « Ô Ibn ‘Abbâs ! Trouve qui m’a attaqué ! » Ibn ‘Abbâs a regardé partout pendant un petit moment et il est revenu et a dit : « l’esclave de Moughira ». ‘Omar a dit : « l’artisan ? » « oui », dit-il. ‘Omar a dit : « que Dieu le maudisse ! Je ne l’ai pas traité injustement. Loué soit Dieu qui ne m’a pas fait mourir de la main d’un homme qui se prétend musulman. Pas de doute, toi et ton père aimez avoir beaucoup d’infidèles non arabe à Médine ». Al-‘Abbâs avait le plus grand nombre d’esclaves. Ibn ‘Abbâs a dit à ‘Omar : « si tu le souhaites, nous le ferons ». Il voulait dire « si tu veux, nous les tuerons ». ‘Omar a répondu : « tu es en faute, car ils parlent notre langue, prient vers notre qibla, et font le pèlerinage comme nous ». Ensuite, on transporta ‘Omar dans sa maison et nous l’avons accompagné. Les gens étaient comme s’ils n’avaient jamais souffert d’une calamité auparavant. Certains disaient : « ne vous inquiétez pas », d’autres ont dit : « nous craignions le pire ». Puis, on lui a apporté du nabîdh, il en a bu mais il est ressorti par son ventre. On lui a apporté du lait, il en a bu mais il est aussi ressorti par son ventre. Les gens ont réalisé qu’il allait mourir. Nous sommes allés le voir et les gens sont venus en le louant. Un jeune homme a dit : « Ô commandant des croyants ! Reçois les bonnes grâces de Dieu par ta compagnie avec le Messager de Dieu et ta supériorité en islam que tu connais. Tu es devenu le calife et tu a gouverné avec justice et finalement tu as atteint le martyre ». ‘Omar a répondu : « j’espère que tous ces privilèges contrebalanceront afin que je ne perde ou ne gagne quoi que ce soit ». Quand le jeune homme s’est retourné pour partir, ses vêtements semblaient toucher le sol. ‘Omar a dit : « faîtes-le revenir ». Il a dit : « Ô fils de mon frère ! Soulève tes vêtements car cela gardera tes vêtements propres et te sauvera du châtiment de ton Seigneur ». ‘Omar a ensuite dit : « Ô ‘Abdullah bin ‘Omar ! Regarde à combien s’élève mes dettes ». On a vérifié sa dette et elle se montait approximativement à quatre-vingt six mille. ‘Omar a dit : « si les biens de la famille d’Omar couvre la dette, acquittez-la, sinon sollicitez les Bani ‘Adi bin Ka’b, et si ce n’est pas suffisant, demandez aux Qoraychites, et ne demandez rien à personne d’autres, et payez cette dette en mon nom ». « Va voir ‘Aicha, la mère des croyants, et dit : « ‘Omar te présente ses salutations », mais ne dis pas : « le commandant des croyants », car aujourd’hui je ne le suis plus, et dis : « ‘Omar bin al-Khattâb te demande la permission d’être enterré aux côtés de ses deux compagnons ». ‘Abdullah a salué ‘Aicha et a demandé la permission d’entrer, puis il est entré et l’a trouvée  assise en train de pleurer. Il lui a dit : « ‘Omar bin al-Khattâb t’envoie ses salutations et te demande la permission d’être enterrer aux côtés de ses deux compagnons ». Elle a répondu : « j’avais dans l’idée de me réserver cette place mais aujourd’hui je préfères la céder à ‘Omar ». Sur le chemin du retour, on dit à ‘Omar : « ‘Abdullah bin ‘Omar arrive ». ‘Omar a dit : « faîtes-moi m’asseoir ». Quelqu’un le soutenait et ‘Omar a demandé : « quelles sont les nouvelles ? » Il a répondu : « Ô commandant des croyants ! C’est comme tu le souhaites, elle a donné sa permission ». ‘Omar a répondu : « loué soit Dieu, rien ne m’était plus important que cela. Alors quand je mourrais, emportez-moi, saluez ‘Aicha et dites : « ‘Omar bin al-Khattâb demande la permission », si elle donne sa permission, enterrez-moi là-bas, mais si elle refuse, amenez-moi au cimetière musulman ». Ensuite, Hafsa, la mère des croyants, est arrivé avec plusieurs autres femmes qui marchaient avec elle. Lorsque nous l’avons vu, nous sommes partis. Elle est entrée et s’est lamentée pendant un certain temps. Quand les hommes ont demandé la permission d’entrer, elle est partie dans une autre pièce et nous l’entendions pleurer. Les gens ont dit : « Ô commandant des croyants ! Désigne un successeur ! » ‘Omar a répondu : « je ne trouve personne de plus approprié pour le poste que les personnes suivantes ou le groupe avec qui le Messager de Dieu était heureux avant sa mort », et il a mentionné ‘Ali, ‘Othmân, az-Zoubayr, Talha, Sa’d, et ‘Abd ar-Rahman. Il a dit : « ‘Abdullah bin ‘Omar sera votre témoin mais il n’aura aucune part dans le califat. Le fait d’être témoin compensera de ne pas avoir le droit de gouverner. Si Sa’d devient calife, ce sera bien, sinon, quiconque le devient devra rechercher son assistance comme je ne l’ai pas rejeté à cause d’une incapacité ou de malhonnêteté ». Il a ajouté : « je recommande à mon successeur de prendre soin des premiers émigrés, de reconnaitre leur droit, et de protéger leur honneur et les choses sacrées. Je lui recommande aussi d’être agréable envers les Ansars qui ont vécu à Médine avant les émigrés et la foi est entrée en leurs cœurs avant eux. Je lui recommande d’accepter les œuvres pies des pieux parmi eux et de pardonner les injustes, et je lui recommande de faire le bien à tous les habitants de la ville, comme ils sont les protecteurs de l’islam et la source de richesse et une source de contrariété à l’ennemi. Je recommande aussi à ce que rien ne leur soit pris excepté de leurs surplus avec leur consentement. Je recommande également qu’il fasse le bien aux bédouins, comme ils sont l’origine des Arabes et le gros de l’islam. Il devra prendre sur ce qui est inférieur dans leurs biens et les distribuer aux pauvres parmi eux. Je lui recommande concernant les dhimmis de Dieu et de son Messager de respecter leurs pactes et de combattre pour eux et de ne pas les surcharger au-delà de leur capacité ». Alors quand ‘Omar a expiré, nous l’avons porté et nous sommes partis en marchant. ‘Abdullah bin ‘Omar a fait la salutation et a dit : « ‘Omar bin al-Khattâb demande la permission ». ‘Aicha a dit : « emmenez-le ». On l’emmena et on l’a enterré aux côtés de ses deux compagnons. Quand il fut enterré, le groupe s’est réuni. ‘Abd ar-Rahman a dit : « réduisons le nombre de candidats pour le califat à trois d’entre nous ». Az-Zoubayr a dit : « j’abandonne mon droit à ‘Ali ». Talha a dit : « j’abandonne mon droit à ‘Othmân ». Sa’d a dit : « j’abandonne mon droit à ‘Abd ar-Rahman bin ‘Awf ». ‘Abd ar-Rahman a dit : « maintenant, lequel d’entre vous est prêt à renoncer à son droit de candidature pour qu’il puisse choisir le meilleur des deux, en gardant à l’esprit que Dieu et l’islam seront ses témoins ». Les deux cheikhs ont gardé le silence. ‘Abd ar-Rahman a dit : « allez-vous me laisser régler cette affaire, et je prends Dieu comme témoin que je ne choisirai que le meilleur de vous deux ? » Ils ont répondu : « oui ». Alors ‘Abd ar-Rahman a pris la main de l’un d’eux et a dit : « comme tu le sais, tu es lié au Messager de Dieu et l’un des premiers musulmans. Alors je te demande par Dieu de promettre que si je te choisis comme calife, tu appliqueras la justice, et si je choisis ‘Othmân comme calife, tu l’écouteras et tu lui obéiras ». Ensuite, il a pris la main de l’autre et lui dit la même chose. Quand ‘Abd ar-Rahman eut la garanti de la promesse, il a dit : « Ô ‘Othmân ! Lève ta main ». Il lui a alors prêté serment, puis ‘Ali lui prêta serment ainsi que les autres gens.

حدثنا موسى بن إسماعيل حدثنا أبو عوانة عن حصين عن عمرو بن ميمون قال رأيت عمر بن الخطاب رضي الله عنه قبل أن يصاب بأيام بالمدينة وقف على حذيفة بن اليمان وعثمان بن حنيف قال كيف فعلتما أتخافان أن تكونا قد حملتما الأرض ما لا تطيق قالا حملناها أمرا هي له مطيقة ما فيها كبير فضل قال انظرا أن تكونا حملتما الأرض ما لا تطيق قال قالا لا فقال عمر لئن سلمني الله لأدعن أرامل أهل العراق لا يحتجن إلى رجل بعدي أبدا قال فما أتت عليه إلا رابعة حتى أصيب قال إني لقائم ما بيني وبينه إلا عبد الله بن عباس غداة أصيب وكان إذا مر بين الصفين قال استووا حتى إذا لم ير فيهن خللا تقدم فكبر وربما قرأ سورة يوسف أو النحل أو نحو ذلك في الركعة الأولى حتى يجتمع الناس فما هو إلا أن كبر فسمعته يقول قتلني أو أكلني الكلب حين طعنه فطار العلج بسكين ذات طرفين لا يمر على أحد يمينا ولا شمالا إلا طعنه حتى طعن ثلاثة عشر رجلا مات منهم سبعة فلما رأى ذلك رجل من المسلمين طرح عليه برنسا فلما ظن العلج أنه مأخوذ نحر نفسه وتناول عمر يد عبد الرحمن بن عوف فقدمه فمن يلي عمر فقد رأى الذي أرى وأما نواحي المسجد فإنهم لا يدرون غير أنهم قد فقدوا صوت عمر وهم يقولون سبحان الله سبحان الله فصلى بهم عبد الرحمن صلاة خفيفة فلما انصرفوا قال يا ابن عباس انظر من قتلني فجال ساعة ثم جاء فقال غلام المغيرة قال الصنع قال نعم قال قاتله الله لقد أمرت به معروفا الحمد لله الذي لم يجعل ميتتي بيد رجل يدعي الإسلام قد كنت أنت وأبوك تحبان أن تكثر العلوج بالمدينة وكان العباس أكثرهم رقيقا فقال إن شئت فعلت أي إن شئت قتلنا قال كذبت بعد ما تكلموا بلسانكم وصلوا قبلتكم وحجوا حجكم فاحتمل إلى بيته فانطلقنا معه وكأن الناس لم تصبهم مصيبة قبل يومئذ فقائل يقول لا بأس وقائل يقول أخاف عليه فأتي بنبيذ فشربه فخرج من جوفه ثم أتي بلبن فشربه فخرج من جرحه فعلموا أنه ميت فدخلنا عليه وجاء الناس فجعلوا يثنون عليه وجاء رجل شاب فقال أبشر يا أمير المؤمنين ببشرى الله لك من صحبة رسول الله صلى الله عليه وسلم وقدم في الإسلام ما قد علمت ثم وليت فعدلت ثم شهادة قال وددت أن ذلك كفاف لا علي ولا لي فلما أدبر إذا إزاره يمس الأرض قال ردوا علي الغلام قال يا ابن أخي ارفع ثوبك فإنه أبقى لثوبك وأتقى لربك يا عبد الله بن عمر انظر ما علي من الدين فحسبوه فوجدوه ستة وثمانين ألفا أو نحوه قال إن وفى له مال آل عمر فأده من أموالهم وإلا فسل في بني عدي بن كعب فإن لم تف أموالهم فسل في قريش ولا تعدهم إلى غيرهم فأد عني هذا المال انطلق إلى عائشة أم المؤمنين فقل يقرأ عليك عمر السلام ولا تقل أمير المؤمنين فإني لست اليوم للمؤمنين أميرا وقل يستأذن عمر بن الخطاب أن يدفن مع صاحبيه فسلم واستأذن ثم دخل عليها فوجدها قاعدة تبكي فقال يقرأ عليك عمر بن الخطاب السلام ويستأذن أن يدفن مع صاحبيه فقالت كنت أريده لنفسي ولأوثرن به اليوم على نفسي فلما أقبل قيل هذا عبد الله بن عمر قد جاء قال ارفعوني فأسنده رجل إليه فقال ما لديك قال الذي تحب يا أمير المؤمنين أذنت قال الحمد لله ما كان من شيء أهم إلي من ذلك فإذا أنا قضيت فاحملوني ثم سلم فقل يستأذن عمر بن الخطاب فإن أذنت لي فأدخلوني وإن ردتني ردوني إلى مقابر المسلمين وجاءت أم المؤمنين حفصة والنساء تسير معها فلما رأيناها قمنا فولجت عليه فبكت عنده ساعة واستأذن الرجال فولجت داخلا لهم فسمعنا بكاءها من الداخل فقالوا أوص يا أمير المؤمنين استخلف قال ما أجد أحدا أحق بهذا الأمر من هؤلاء النفر أو الرهط الذين توفي رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو عنهم راض فسمى عليا وعثمان والزبير وطلحة وسعدا وعبد الرحمن وقال يشهدكم عبد الله بن عمر وليس له من الأمر شيء كهيئة  التعزية له فإن أصابت الإمرة سعدا فهو ذاك وإلا فليستعن به أيكم ما أمر فإني لم أعزله عن عجز ولا خيانة وقال أوصي الخليفة من بعدي بالمهاجرين الأولين أن يعرف لهم حقهم ويحفظ لهم حرمتهم وأوصيه بالأنصار خيرا  الذين تبوءوا الدار والإيمان من قبلهم  أن يقبل من محسنهم وأن يعفى عن مسيئهم وأوصيه بأهل الأمصار خيرا فإنهم ردء الإسلام وجباة المال وغيظ العدو وأن لا يؤخذ منهم إلا فضلهم عن رضاهم وأوصيه بالأعراب خيرا فإنهم أصل العرب ومادة الإسلام أن يؤخذ من حواشي أموالهم ويرد على فقرائهم وأوصيه بذمة الله وذمة رسوله صلى الله عليه وسلم أن يوفى لهم بعهدهم وأن يقاتل من ورائهم ولا يكلفوا إلا طاقتهم فلما قبض خرجنا به فانطلقنا نمشي فسلم عبد الله بن عمر قال يستأذن عمر بن الخطاب قالت أدخلوه فأدخل فوضع هنالك مع صاحبيه فلما فرغ من دفنه اجتمع هؤلاء الرهط فقال عبد الرحمن اجعلوا أمركم إلى ثلاثة منكم فقال الزبير قد جعلت أمري إلى علي فقال طلحة قد جعلت أمري إلى عثمان وقال سعد قد جعلت أمري إلى عبد الرحمن بن عوف فقال عبد الرحمن أيكما تبرأ من هذا الأمر فنجعله إليه والله عليه والإسلام لينظرن أفضلهم في نفسه فأسكت الشيخان فقال عبد الرحمن أفتجعلونه إلي والله علي أن لا آل عن أفضلكم قالا نعم فأخذ بيد أحدهما فقال لك قرابة من رسول الله صلى الله عليه وسلم والقدم في الإسلام ما قد علمت فالله عليك لئن أمرتك لتعدلن ولئن أمرت عثمان لتسمعن ولتطيعن ثم خلا بالآخر فقال له مثل ذلك فلما أخذ الميثاق قال ارفع يدك يا عثمان فبايعه فبايع له علي وولج أهل الدار فبايعوه

 

 

 

 

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