Al-Mouwattâ de Mâlik

 

 

 

Le livre des peines légales (kitâb al-houdoud)

1551 – ‘Abdullah bin ‘Omar a rapporté : « des juifs sont venus trouver le Messager de Dieu et lui ont appris qu’un homme et une femme parmi eux ont commis l’adultère ». Le Messager de Dieu leur a demandé : « qu’est-ce qu’il y a dans la Torah au sujet de la lapidation ? » Ils ont répondu : « nous faisons connaitre leur mauvaise action et nous les fouettons ». ‘Abdullah bin Salam dit : « vous mentez ! Elle demande la lapidation pour cela, alors apportez la Torah ». Ils ont apporté la Torah, et l’un d’entre eux a caché avec sa main le verset de la lapidation, puis a il lu ce qui le précédait et ce qui le suivait. ‘Abdullah bin Salam lui a demandé d’enlever sa main qui cachait le verset de la lapidation. Ils ont dit : « tu as dis la vérité, Mohammad, le verset de la lapidation est dedans ». Alors le Messager de Dieu a ordonné de les lapider ». ‘Abdullah bin ‘Omar a ajouté : « j’ai vu l'homme se pencher vers la femme pour la protéger contre les pierres ».

Mâlik a commenté : « l’homme s’est penché vers la femme afin de recevoir seul les pierres ».

1552 – Sa’id bin al-Moussayyab a rapporté qu’un homme de la tribu d’Aslam s’est rendu chez Abou Bakr as-Siddiq et lui a dit : « j’ai commis l’adultère ». Abou Bakr lui a demandé : « est-ce que quelqu’un d’autre le sait ? » «Non », répondit-il. Abou Bakr lui a dit : « alors cache cela avec le voile de Dieu. Dieu accepte le repentir de ses serviteurs ». Mais comme cela continuait à le tourmenter, il est allé trouver ‘Omar bin al-Khattâb et lui dit la même chose qu’à Abou Bakr et ‘Omar lui a répondu la même chose qu’Abou Bakr. Il était toujours tourmenté, alors il s’est rendu chez le Messager de Dieu et lui a dit : « j’ai commis l’adultère » en insistant. Le Messager de Dieu s’est détourné trois fois de lui, puis il est allé questionner sa famille : « est-il malade ou est-il fou ? » Ils lui ont répondu : « Ô Messager de Dieu ! Par Allah ! Il est sain d’esprit ». Le Messager de Dieu a dit : « est-il marié ou célibataire ? » « Il est marié », lui ont-ils répondu. Le Messager de Dieu a donc ordonné qu’il soit lapidé.

1553 – Sa’id bin al-Moussayyab a rapporté qu’il a entendu le Messager de Dieu dire à un homme de la tribu d’Aslam, du nom d’Hazzâl : « Ô Hazzal, si tu l’avais couvert de ton vêtement, cela serait mieux pour toi ». Yahya bin Sa’id a dit : « j’ai raconté ce hadith dans une assemblée où se trouvait Yazid bin Nou’aym bin Hazzal al-Aslami, et il a dit : « Hazzâl est mon grand-père, ce hadith est vrai ».

1554 - Ibn Chihâb a rapporté qu’un homme s’est confessé d’avoir commis l’adultère du temps du Messager de Dieu en l’attestant par quatre fois. Le Messager de Dieu a ordonné qu’il soit lapidé. Ibn Chihâb a ajouté : « à cause de cela, on applique la peine légale à un homme qui s’est confessé ».

1555 – ‘Abdullah bin Abi Moulayka a rapporté qu’une femme est venu voir le Messager de Dieu et lui a appris qu’elle avait commis l’adultère alors qu’elle était enceinte. Le Messager de Dieu lui a dit : « va-t-en, jusqu’à ce que tu accouches ». Lorsqu’elle a accouché, elle est revenue vers le Messager de Dieu qui lui a dit : « va-t-en, allaite le bébé et sèvre-le ». Quand elle eut sevré le bébé, elle est revenue vers le Messager de Dieu. Il lui a dit : « va-t-en et confie le bébé à quelqu’un ». Elle est allée confier le bébé à quelqu’un puis elle est de nouveau revenue vers le Messager de Dieu. Il a ordonné qu’elle soit lapidée.

1556 - Abou Horayra et Zayd bin Khâlid al-Jouhani ont rapporté que deux hommes sont allés exposer leur différend au Messager de Dieu et l’un d’eux a dit : « Ô Messager de Dieu, juge entre nous selon le livre de Dieu ». L’autre, qui était le plus sage des deux, a dit : « oui, Messager de Dieu, juge entre nous selon le livre de Dieu et accorde-moi la parole ». Il dit : « parle ». « Mon fils, dit-il, était employé par cet homme et il a commis l’adultère avec sa femme. D’après lui mon fils doit être lapidé, je l’ai racheté contre cent moutons et une esclave. Ensuite, je me suis renseigné auprès des gens de science qui m’ont dis que mon fils méritait cent coups de fouet et d’être exilé pendant un an, et que seul la femme devrait être lapidée ». Le Messager de Dieu a dit : « par celui qui détient mon âme entre ses mains, je jugerai entre vous selon le livre de Dieu ! Quant à tes moutons et ton esclave, tu les reprendras. Ton fils sera fouetté cent fois et exilé pour un an ». Il a ordonné à Ounays Al-Aslami d’aller chercher la femme de l’autre homme et de la lapider si elle se confessait, ce qu’elle fit, puis il l’a lapidé.

1557 - Abou Hourayra a rapporté que Sa’id bin Oubada a dit au Messager de Dieu : « que penses-tu que je devrais faire si je trouve un homme avec ma femme ? Est-ce que je dois le laisser jusqu’à ce que je trouve quatre témoins ? » « Oui », a répondu le Messager de Dieu.

1558 – ‘Abdullah bin ‘Abbas a rapporté qu’il a entendu ‘Omar bin al-Khattâb dire : « la lapidation est dans le livre de Dieu pour ceux qui ont commis l’adultère, homme ou femme, quand ils sont mariés et quand il y a une preuve évidente de grossesse ou une confession de faite ».

1559 - Abou Waqid al-Laythi a rapporté qu’un homme est venu voir ‘Omar bin al-Khattâb lorsqu’il était en Syrie. Il lui a appris qu’il avait trouvé un homme avec sa femme. ‘Omar bin al-Khattâb a envoyé Abou Waqid al-Laythi questionner la femme à ce sujet. Il est allé la trouver alors que d’autres femmes l’entouraient, et lui a rapporté ce que son mari avait dit à ‘Omar, puis il l’a informée qu’elle ne serait pas punie sur les paroles de son mari, et lui a suggéré de cette façon de ne pas avouer. Elle a avoué et s’est confessée. ‘Omar a ordonné de la lapider ».

1560 - Yahya bin Sa’id a rapporté qu’il a entendu Sa’id bin al-Moussayyab dire : « quand ‘Omar bin al-Khattâb est revenu de Mina, il a fait asseoir son chameau à al-Abtah, il a collecté un petit tas de cailloux et a jeté son vêtement par-dessus. Puis il a levé les mains vers le ciel et dit : « Ô Dieu ! J’ai vieilli, je n’ai plus de force, mes sujets se sont éparpillés. Prends-moi en ayant rien manqué et sans avoir négligé quoi que ce soit ». Ensuite il est rentré à Médine et s’est adressé au peuple : « Hommes ! La sounna vous a été transmise, des obligations vous ont été prescrites, et on vous a mis sur le droit chemin, donc n’égarez pas les gens ». Puis il a frappé une main avec l’autre, et dit : « faites attention à ne pas négliger le verset de la lapidation, et que quelqu’un dise : nous ne trouvons pas deux peines légales dans le livre de Dieu. Le Messager de Dieu a lapidé et nous avons lapidé. Par celui qui détient mon âme entre ses mains, si je ne craignais que les gens ne disent qu’Omar bin al-Khattâb a ajouté un verset au livre de Dieu, nous l’aurions écrit : « lapidez l’homme et la femme d’âge mûr », car nous récitions ce verset ». Mâlik a dit : « Sa’id bin al-Moussayyab a dit : Zoul-Hijja ne s’est pas terminé que Omar fut tué ». Yahya a rapporté qu’il a entendu Mâlik dire : « quant à cette parole « lapidez l’homme et la femme d’âge mûr », il voulait dire : l’homme et la femme marié, lapidez-les ».

1561 - Mâlik a rapporté qu’il a entendu dire qu’une femme, qui a accouché après six mois, avait été amenée devant ‘Othmân bin ‘Affân, et il a ordonné de la lapider. ‘Ali bin Abi Tâlib lui a dit : « elle n’a pas mérité cela. Dieu, le Béni et l’Exalté, dit : « sa gestation et sevrage durant trente mois » (Coran 46.15), et : « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets » (Coran 2.133). La grossesse était de six mois, elle ne méritait pas d’être lapidée ». ‘Othmân bin ‘Affân a envoyé la chercher mais elle fut déjà lapidée.

Mâlik a interrogé Ibn Chihâb à propos de celui qui a pratiqué la sodomie. Ibn Chihâb a dit : « il doit être lapidé, qu’il soit ou non marié ».

1562 - Zayd bin Aslam a rapporté qu’au temps du Messager de Dieu un homme avait confessé avoir commis la fornication. Le Messager de Dieu a demandé un fouet et on lui a apporté un fouet brisé. Il dit : « il faut qu’il soit plus long », et on lui a apporté un fouet neuf dont les bouts n’avaient pas encore été coupés. Il a dit : « un autre moins dur que celui-ci », et on lui a apporté un fouet déjà utilisé et flexible. Le Messager de Dieu a ordonné qu’il soit fouetté, ensuite il a dit : « hommes ! Le temps est venu d’observer les limites de Dieu. Quiconque commet une telle abomination devrait se couvrir du voile de Dieu. Et quiconque nous révèle sa mauvaise action, nous exécuterons à son encontre ce qui est dans le livre de Dieu ».

1563 - Safiyya bint Abi ‘Oubayd a rapporté qu’un homme qui a eu une relation sexuelle avec une esclave vierge et la mise enceinte fut amené devant Abou Bakr As-Siddîq. Il a confessé la fornication et il n’était pas marié. Abou Bakr a ordonné de le fouetter conformément à la peine prescrite, ensuite on l’a exilé à Fadak.

Mâlik s’est exprimé au sujet d’une personne qui confesse la fornication puis se rétracte en disant : « je n’ai pas fait, mais j’ai dit cela pour telle raison ». Mâlik a dit : « cela doit être accepté de lui et on ne lui infligera pas la peine légale, car la peine n’est à appliquer que dans un ou deux cas, si une preuve évidente de culpabilité soit établie ou que la confession ne soit pas rétractée, dans ces cas-là on impose la peine légale ». Mâlik a dit : « je n’ai vu personne parmi les gens de la science exiler des esclaves qui ont commis la fornication ».

1564 - Abou Hourayra et Zayd bin Khâlid al-Jouhani ont rapporté que le Messager de Dieu fut interrogé au sujet d’une esclave qui a commis la fornication sans être mariée. Il a dit : « si elle a commis la fornication, alors fouettez-la, si elle recommence, fouettez-la de nouveau, et si elle recommence encore, alors vendez-la même pour une corde ». Ibn Chihâb a ajouté : « je ne sais plus si c’était trois ou quatre fois».

1565 – Nafi’ a rapporté qu’un esclave avait la charge des captifs formant le cinquième du butin, et il a forcé une de ces esclaves à coucher avec lui. ‘Omar bin al-Khattâb l’a fouetté et l’a exilé, et il n’a pas fouetté la fille esclave car elle fut contrainte.

1566 – ‘Abdallah bin Ayyach bin Abi Rabî’a al-Makhzoumi a dit : « ‘Omar bin al-Khattâb m’a donné des ordres au sujet d’esclaves qoraychites, et nous avons fouetté de cinquante coups chacune des esclaves qui avaient commis la fornication ».

Mâlik a dit : « l’opinion parmi nous au sujet de la femme qui se trouve enceinte sans qu’elle n’ait de mari et qu’elle dise : « on m’a forcée », ou encore : « j’ai été mariée », cela ne doit pas être accepté d’elle et la peine légale doit lui être infligée, à moins qu’elle ne possède des preuves évidentes sur ce qu’elle affirme concernant son mariage, ou qu’elle a été contrainte, ou encore qu’elle arrive en saignant si elle était vierge, ou qu’elle appelle à l’aide et que quelqu’un vienne lui porter secours et la trouve dans cet état ». Il a dit : « si elle ne peut apporter de preuve, la peine légale doit lui être infligée et ce qu’elle prétend ne doit pas être pris en considération ».

Malik a dit : « une femme violée ne peut se marier avant d’avoir eu trois menstrues ». Il a dit : « si elle doute d’être enceinte pendant ses menstrues, elle ne pourra se marier jusqu’à ce qu'elle soit libérée de ce doute ».

1567 - Abou az-Zinâd a rapporté : « ‘Omar bin al-Khattâb a fouetté un esclave de quatre-vingts coups pour diffamation ». Abou az-Zinâd a ajouté : « j’ai interrogé ‘Abdullah bin ‘Amer bin Rabî'a à ce sujet. Il a dit : « j’ai vécu au temps d’Omar bin al-Khattâb, d’Othmân bin ‘Affân, et d’autres califes, et je n’ai vu aucun d’entre eux fouetter un esclave de plus de quarante coups pour diffamation ».

1568 - Zourayq bin Hakim al-Ayli a rapporté qu'un homme appelé Misbah a demandé de l’aide à son fils et il pensait que son fils était particulièrement lent. Quand le fils est enfin arrivé, le père lui a dit : « Ô fornicateur ! » Zourayq a continué : « alors le fils m’a demandé de le soutenir contre son père. Lorsque j’ai voulu le fouetter, son fils a dit : « par Dieu ! Si tu le fouettes, j’avouerai avoir commis la fornication ». J’étais embarrassé quand il a dit cela, alors j’ai écris à ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz, qui était le gouverneur en ce temps-là, pour l’en informer. ‘Omar m’a répondu de pardonner le père. Zourayq a dit : « j’ai de nouveau écrit à ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz : « que dis-tu au sujet d’un homme qui est diffamé ou que ses parents le soient et que tous deux ou l’en d’entre eux est mort ? » ‘Omar m’a répondu par écrit : « s’il pardonne, son pardon est accepté. Si ses parents sont diffamés et que l’un d’entre eux est mort, applique le jugement du livre de Dieu, à moins  qu’il ne cherche à le cacher ».

Yahya a dit : « j’ai entendu Mâlik dire : « cela parce que le diffamé peut craindre que l’on découvre ce qu’il dissimule, et qu’une preuve évidente soit établie. Si tel est le cas, son pardon est accepté ».

1569 - Hichâm bin ‘Orwa a rapporté que son père a dit qu’il n’y avait qu’une seule peine légale contre celui qui diffame un groupe de gens. Mâlik a dit : « si cela est en plusieurs occasions, on n’applique qu’une seule peine contre lui ».

1569-2 - ‘Amra bint ‘Abd ar-Rahman a rapporté que deux hommes se sont maudits l’un l’autre au temps d’Omar bin al-Khattâb. L’un a dit à l’autre : « par Dieu ! Mon père n’était pas un adultère et ma mère non plus ». On a demandé conseil à ‘Omar sur ce sujet. Quelqu’un a dit : « il n’a fait que louer son père et sa mère ». Un autre a dit : « il pouvait les louer d’une autre façon, nous pensons qu’il doit être fouetté conformément à la peine légale ». Alors ‘Omar a appliqué la peine légale de quatre-vingts coups de fouets.

Mâlik a dit : « selon nous, il n’y a pas de peine légale sauf pour diffamation, dénégation, ou insinuation où l’on devine l’intention de l’auteur par cette dénégation ou cette diffamation. La peine légale doit être appliquée à celui qui a dit une telle chose ». Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous quand un homme accuse un autre d’être un bâtard, est qu’il mérite la peine légale. Si la mère qui est diffamée est une esclave, il mérite de même la peine légale ».

1570 - Mâlik a dit : « ce que j’ai entendu de mieux à propos d’une esclave qui a eu une relation sexuelle avec un homme alors qu’il est partiellement propriétaire d’elle, est que la peine légale ne lui sera pas infligée et l’enfant lui est attribué. Quand l’esclave est devenue enceinte, sa valeur est estimée, et il donne à ses partenaires leurs parts du prix de l’esclave. C’est ce qui est suivi chez nous ». Mâlik a dit à propos d’un homme qui a rendu licite son esclave à un autre : « s’il a eu des relations sexuelles avec elle, la valeur de l’esclave sera évaluée le jour du rapport, ainsi la peine légale ne sera pas imposée et il aura une dette envers son propriétaire qu’elle soit enceinte ou non. Si elle tombe enceinte, l’enfant lui sera attribué ».
Mâlik a dit au sujet de l’homme qui a couché avec une esclave de son fils ou de sa fille : « il n’aura pas à subir la peine légale et il paiera la valeur estimée de l’esclave qu’elle soit enceinte ou non ».

1571 – Rabî’a bin ‘Abd ar-Rahman a rapporté qu’Omar bin al-Khattâb a parlé d’un homme qui est parti voyagé en compagnie de l’esclave de sa femme et il a eut des rapports sexuels avec elle. La femme est devenue jalouse et en a informé ‘Omar bin al-Khattâb. ‘Omar a interrogé l’homme. Il a répondu : « elle me l’a offerte ». ‘Omar a dit : « avance une preuve évidente ou je te lapiderai ». Rabî’a a ajouté : « la femme a avoué qu’elle la lui avait offerte ».

1572 – ‘Abdullah bin ‘Omar a rapporté que le Messager de Dieu a coupé la main d’un homme qui avait volé un bouclier dont le prix était de trois dirhams.

1573 – ‘Abdullah bin ‘Abd ar-Rahman bin Abi Hossayn al-Makki a rapporté que le Messager de Dieu a dit : « on ne coupe pas la main pour un fruit dans un arbre ou un animal perdu dans les montagnes. Mais quand ils sont pris dans un troupeau ou un étalage où l’on dessèche le fruit, la main doit être coupée si la valeur atteint le prix d’un bouclier ».

1574 - ‘Amra bint ‘Abd ar-Rahman a rapporté qu’un voleur a volé un citron au temps d’Othmân bin ‘Affân. ‘Othmân a exigé qu’on estime son prix et il a été estimé à trois dirhams, à un taux de change de douze dirhams contre un dinar, il a donc coupé sa main.

1575 - ‘Amra bint ‘Abd ar-Rahman a rapporté qu’Aicha, la femme du prophète, a dit : « je n’ai pas oublié car cela ne fait pas si longtemps. La main d’un voleur est coupée pour un quart de dinar ou plus ».

1576 - ‘Amra bint ‘Abd ar-Rahman a rapporte : « ‘Aicha, la femme du prophète, est partie pour la Mecque avec deux de ses affranchies et un esclave appartenant aux fils d’Abdullah bin Abi Bakr as-Siddîq. Elle a envoyé un manteau, avec les deux affranchies, qui fut cousu dans une pièce de tissu vert ». ‘Amra a continué : « l’esclave a pris le manteau, l’a décousu et remplacé la pièce verte par de la laine et du poil puis l’a recousu. Quand les deux affranchies sont arrivées à Médine, elles ont remis le manteau à son propriétaire et en le décousant, elles ont trouvé de la laine. On a interrogé les deux affranchies et ‘Aicha ou on lui a écrit et on a suspecté l’esclave. L’esclave a été interrogé et a avoué. ‘Aicha, la femme du prophète a ordonné de lui couper la main. ‘Aicha a dit : « la main du voleur est coupée pour un quart de dinar ou plus ».

Mâlik a dit : « ce qui m’est préférable, c’est que la main soit obligatoirement coupée pour trois dirhams, même si le taux de change est élevé ou bas. Cela parce que le Messager de Dieu a coupé la main d’un voleur pour un bouclier dont la valeur était de trois dihrams, et ‘Othmân bin ‘Affân a coupé la main d’un voleur pour un citron estimé à trois dihrams. C’est ce que j’ai entendu de mieux à ce sujet ».

1577 – Nafi’ a rapporté qu’un esclave d’Abdullah bin ‘Omar avait volé pendant qu’il était en cavale. ‘Abdullah l’a envoyé à Sa’id bin al-‘As, alors gouverneur de Médine, pour qu’il lui coupe la main. Sa’id a refusé de couper sa main. Il a dit : « la main d’un esclave en fuite ne doit pas être coupée lorsqu’il vole ». ‘Abdullah bin ‘Omar lui a demandé : « dans quel livre de Dieu as-tu trouvé cela ? » Ensuite, ‘Abdullah bin ‘Omar a ordonné de couper sa main.

1578 - Mâlik a rapporté que Zourayq bin Hakim lui a informé qu’il avait un esclave en fuite qui avait volé. Il a dit : « je ne savais pas quoi faire, j’ai alors écrit à ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz pour connaitre son avis. Il était gouverneur en ce temps-là. Je lui ai dis que j’avais entendu dire qu’on ne coupait pas la main à un esclave fugitif qui avait volé. ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz m’a répondu par écrit en me contredisant : « tu m’as écris que tu as entendu dire qu’on ne coupait pas la main d’un esclave fugitif voleur. Dieu, le Béni, l’Exalté, a dit dans son livre : « le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part de Dieu. Dieu est puissant et sage » (Coran 5.38). Quand le vol équivaut à un quart de dinar ou plus, sa main est coupée ».

Mâlik a rapporté qu’il a entendu al-Qassim bin Mohammad, Salim bin ‘Abdullah et Orwa bin al-Zoubayr dire : « quand un esclave fugitif vole quelque chose qui rend obligatoire l’amputation, sa main est coupée ». Mâlik a dit : « ce qui est incontestablement suivi chez nous est que lorsqu’un esclave fugitif vole quelque chose qui rend obligatoire l’amputation, sa main est coupée ».

1579 - Safwân bin ‘Abdullah bin Safwân a rapporté qu’on a dit à Safwân bin Omayya : « quiconque ne fait pas l’hégire est ruinée ». Safwân bin Omayya est alors allé à Médine et dormi dans la mosquée la tête sur son vêtement. Un voleur est entré et lui a pris son vêtement, mais Safwân l’a attrapé et l’a amené auprès du Messager de Dieu. Le Messager de Dieu lui a demandé : « as-tu volé ce vêtement ? » Il a répondu « oui ». Le Messager de Dieu a donc ordonné de couper sa main. Safwân lui a dit : « je ne voulais pas cela, ce vêtement est une aumône pour lui ». Le Messager de Dieu a répondu : « pourquoi n’as-tu pas fait cela avant de me le présenter ? »

1580 – Rabî’a bin Abi ‘Abd ar-Rahman a rapporté qu’az-Zoubayr bin al-Awwam a rencontré un homme qui avait capturé un voleur et avait l’intention de l’amener devant le Sultan. Az-Zoubayr bin al-Awwam a intercédé au sujet du voleur afin qu’il le laisse partir. Il a répondu : « non, pas avant que je ne l’ai emmené devant le Sultan ». Az-Zoubayr a dit : « quand tu seras arrivé auprès du Sultan, Dieu maudira l’intercesseur et celui qui accepte l’intercession ».

1581 – Le père d’Abd ar-Rahman bin al-Qassim a rapporté qu’un homme du Yémen, qui avait la main et le pied amputé, est arrivé devant Abou Bakr as-Siddîq et s’est plaint du gouverneur du Yémen qui lui avait fait du tort. L’homme avait passé une partie de la nuit à prier. Abou Bakr a dit : « par ton père ! Ta nuit n’est pas celle d’un voleur ». Puis, on s’est rendu compte qu’un collier appartenant à Asma bint Omays, la femme d’Abou Bakr as-Siddîq, avait disparu. L’homme l’a cherché avec eux. Il a dit : « Ô Dieu ! C’est à toi de punir celui qui est venu voler cette maison vertueuse ». Le collier a été retrouvé chez un bijoutier et ce dernier disait que l’homme amputé le lui avait vendu. L’homme amputé s’est confessé ou on a témoigné contre lui. Abou Bakr as-Siddîq a ordonné de lui couper la main gauche. Abou Bakr a dit : « par Dieu ! Son invocation contre lui-même m’est plus pénible que son vol ».

Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous au sujet de celui qui vole plusieurs fois et de son jugement, est que seul sa main doit être coupée pour tout ce qu’il a volé lorsqu’aucune peine légale ne lui a été encore infligée. Si cette peine légale lui a déjà été infligée, et qu’il vole ce qui rend obligatoire l’amputation, alors l’autre membre doit être coupé ».

1582 - Mâlik a rapporté qu’Abou az-Zinad lui a raconté qu’un préfet d’Omar bin ‘Abd al-Aziz avait capturé des hommes dans une bataille mais il ne les avait pas tués. Il voulait couper leurs mains ou les tuer, alors il a écrit à ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz à ce sujet. ‘Omar bin ‘Abd al-Aziz lui a répondu : « tu ferais mieux de choisir une peine plus légère ».

Yahya a dit qu’il a entendu Mâlik dire : « ce qui est suivi chez nous au sujet d’une personne qui vole les biens des gens exposés au marché, et que leurs propriétaires les ont bien gardés et réunis, est que l’on doit lui couper la main si la valeur exige l’amputation de la main, peu importe si cela a été fait de jour ou de nuit, ou que le propriétaire est présent ou non à côté de ses biens ». Mâlik a dit à propos de celui qui vole quelque chose qui exige l’amputation de la main, et qu’ensuite on retrouve sur lui l’objet du délit et qu’il est restitué à son propriétaire : « qu’on lui coupe la main ». Mâlik a dit : « si quelqu’un dit : comment peut-on lui couper la main si les biens retrouvés sur lui ont été restitués à leur propriétaire ? C’est parce qu’il est dans la même situation qu’un buveur de vin lorsqu’il sent le vin mais n’est pas ivre, il est fouetté conformément à la peine légale. La peine légale est affligée pour avoir bu du vin même si cela ne conduit pas à l’ivresse, parce que l’homme l’a bu afin de devenir ivre. C’est la même chose pour l’amputation de la main du voleur, quand on retrouve l’objet du délit sur lui, même si cela ne lui a pas profité, et qu’il revient à son propriétaire. Quand il l’a volé, c’est pour le garder ». Mâlik a dit que si des gens entrent dans une maison et la cambriole ensemble, puis qu’ils partent avec un sac, une boîte, un carton, un panier ou autre chose de semblable, et qu’ils l’ont pris dans un endroit gardé, et que leur vol atteint ce qui exige l’amputation, trois dirhams ou plus, on leur coupe la main ; si chacun d’eux prend quelque chose pour lui-même, quiconque prend quelque chose dont la valeur est de trois dirhams ou plus, doit avoir la main coupée. Yahya a dit qu’il a entendu Mâlik dire : « ce qui est suivi chez nous quand un homme a fermé sa maison où il vit seul, est que l’amputation de celui qui a volé quelque chose n’est pas obligatoire tant qu’il n’a pas sorti complètement l’objet de la maison. C’est parce que toute la maison est sous bonne garde. Si quelqu’un d’autre vit avec lui et que chacun ferme sa porte, c’est un endroit gardé par chacun d’eux, quiconque vole quelque chose dans un des appartements puis entre dans la pièce principale de cette maison doit avoir la main coupée ». Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous quand un esclave vole les biens de son maître est que sa main n’est pas coupée s’il n’est pas en service et qu’il ne fait pas parti de ceux à qui on a confié la garde la maison bien qu’il soit entré secrètement et a volé quelque chose à son maître qui exige l’amputation. Même chose lorsqu’une esclave vole les biens de son maître ». Mâlik a ensuite parlé de l’esclave qui n’est pas en service et qui ne fait pas parti de ceux à qui on a confié la garde la maison, et qui entre secrètement et vole les biens de la femme de son maître exigeant l’amputation de la main, Mâlik a dit : « qu’on lui coupe la main ». Avec la fille-esclave de la femme, quand elle ne la sert pas elle ou son mari et qu’on ne lui a pas confié la garde de la maison, et qu’elle entre secrètement et vole les biens de sa maîtresse exigeant l’amputation, sa main ne doit pas être coupée. Quant à la fille-esclave de la femme qui n’est pas à son service et à qui on n’a pas confié la garde de la maison, et qui entre secrètement et vole les biens du mari de sa maîtresse exigeant l’amputation, sa main doit être coupée. De même lorsque l’homme vole les biens de sa femme ou que la femme vole les biens de son mari exigeant l’amputation de la main. Quand chacun d’eux a volé les biens de l’autre dans une pièce autre que celle où ils se sont enfermés, si l’un d’eux a volé quelque chose qui exige l’amputation, que sa main soit coupée. Mâlik a dit à propos du petit enfant ou de l’étranger qui ne parle pas clairement : « si on leur vole quelque chose dans un endroit placé sous bonne garde ou dans une pièce fermée, celui qui a volé doit avoir la main coupée. Si les biens ne sont pas placés sous bonne garde ou dans une pièce fermée, on ne coupe pas la main de celui qui les a volés. C’est comme dans la situation d’un mouton volé  qui était perdu dans la montagne ou de fruits encore accrochés aux arbres ». Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous au sujet de celui qui vole les tombes, est que sa main doit être coupé si la valeur de ce qu’il a pris exige l’amputation. Cela parce que la tombe est un lieu gardé à cause de ce qu’il y a dedans comme les maisons sont des lieux gardés à cause de ce qu’elles contiennent ». Mâlik a ajouté : « couper la main n’est pas obligatoire tant qu’il ne l’a pas sorti de la tombe ».

1583 - Mohammed bin Yahya bin Habbân a rapporté qu’un esclave avait volé un petit palmier dans un jardin appartenant à un homme, puis il l’avait planté dans le jardin de son maître. Le propriétaire du palmier est sorti à la recherche de son palmier et l’a trouvé. Il a demandé assistance à Marwân bin al-Hakam contre l’esclave. Marwân l’a jeté en prison et voulait lui couper la main. Le maître de l’esclave s’est hâté de trouver Râfi bin Khadîj et l’a questionné à ce sujet. Râfi’ lui a informé qu’il a entendu le Messager de Dieu dire : « la main n’est pas coupée pour un fruit ou un noyau de palmier ». L’homme a dit : « Marwân bin al-Hakam a pris un de mes esclaves et veut lui couper la main. J’aimerai que nous allions ensemble le voir afin que tu lui dises ce que tu as entendu du Messager de Dieu ». Alors Râfi’ est allé avec lui voir Marwân bin al-Hakam. Il a dit : « as-tu arrêté un esclave pour cela ? » « Oui », répondit-il. Il dit : « que vas-tu faire de lui ? ». Il a rétorqué : « je vais lui couper la main ». Râfi’ lui dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu dire : la main n’est pas coupée pour un fruit ou un noyau de palmier ». Marwân a par conséquent ordonné de relâcher l’esclave.

1584 - As-Sâ’ib bin Yazîd a rapporté qu’Abdullah bin ‘Amr bin al-Hadrami a amené chez ‘Omar bin al-Khattâb son esclave et lui a dit : « coupe la main à mon esclave, car il a volé ». ‘Omar lui a demandé : « qu’a-t-il volé ? » Il a répondu : « il a volé un miroir appartenant à ma femme. Son prix est de soixante dirhams ». ‘Omar a alors dit : « laisse-le, sa main ne doit pas être coupée car c’est ton serviteur qui t’a volé tes effets personnels ».

1585 - Ibn Chihâb a rapporté que Marwân bin al-Hakam a reçu un homme qui avait attrapé des biens et voulu lui couper la main. Il a envoyé quelqu’un auprès de Zayd bin Thâbit pour l’interroger à ce sujet. Zayd bin Thâbit lui a répondu : « la main n’est pas coupée pour quelque chose de volé accidentellement dans la précipitation ».

1586 - Yahya bin Sa’id a rapporté qu’Abou Bakr bin Mohammad bin ‘Amr bin Hazm lui a informé qu’il avait arrêté un Nabatéen qui avait volé des bagues en fer et l’avait jeté en prison dans l’intention de lui couper la main. ‘Amra bint ‘Abd ar-Rahman lui a envoyé une affranchie appelée Omayya. Abou Bakr a dit qu’elle était venue le trouver alors qu’il était entouré de gens et que sa tante ‘Amra lui fit dire : « fils de mon frère ! On m’a appris que tu retiens un Nabatéen pour une chose insignifiante et que tu comptais lui couper la main ? » « Oui », a-t-il répondu. Elle a dit : « ‘Amra te dit de ne pas couper la main sauf pour un quart de dinar ou plus ». Abou Bakr a dit alors : « j’ai donc libéré le Nabatéen ».

Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous au sujet de la confession des esclaves, est que si un esclave confesse quelque chose contre lui-même, la peine légale et la sanction corporelle lui sont infligées. Sa propre confession est acceptée et personne ne peut suspecter qu’il s’inflige cela gratuitement ». Mâlik a dit : « quant à celui qui confesse quelque chose qui causerait des dommages à son maître, sa confession ne sera pas acceptée contre son maître ». Mâlik a dit : « on ne coupera pas la main d’un laquais ou d’un serviteur s’il vole parce qu’il n’est pas dans la situation d’un voleur mais dans celle d’un fourbe. On ne coupe pas la main au fourbe ». Mâlik a dit au sujet d’une personne qui emprunte quelque chose puis le nie : « sa main ne doit pas être coupée. Elle est comme un homme qui a une dette envers un autre homme et le nie. Sa main ne sera pas coupée pour ce qu’il a nié ». Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous concernant le voleur surpris dans une maison et qui a rassemblé des biens mais ne les a pas sortis, est que sa main ne doit pas être pas coupée. Il est comme l’homme qui a placé du vin devant lui pour le boire mais ne l’a pas fait. La peine légale ne lui est pas infligée. Il est aussi comme l’homme qui s’assied auprès d’une femme et désire avoir une relation sexuelle illicite avec elle, mais ne passe pas à l’acte. Il n’y pas de peine légale pour cela non plus ». Mâlik a dit : « ce qui est suivi chez nous au sujet de celui qui prend quelque chose accidentellement dans la précipitation, est que sa main ne doit pas être coupée, peu importe la valeur de l’objet, qu’il atteigne ou non ce qui exige l’amputation ».

 

 

 

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