Salafiya Jihadiya

 

 

 

Base d’opération : Maroc

Date de formation : entre le milieu et la fin des années 90

Effectifs : plus de 700 membres

Formé entre le milieu et la fin des années 90, Salafiya Jihadiya est une organisation terroriste islamiste basée au Maroc. Le but du groupe est de renverser les gouvernements arabes « infidèles », contraindre l’Occident à stopper son soutien aux régimes arabes « corrompus », et accomplir ces objectifs par la voie du jihad. Salafiya Jihadiya recrute principalement dans les banlieues du Maroc, où la pauvreté et les conditions sociales misérables sévissent. Le groupe est un des plus grands groupes terroristes du Maroc, et c’est un proche allié et une ramification du Groupe Islamique Combattant Marocain (GICM), qui fut l’un des premiers groupes terroristes fondamentalistes au Maroc. Salafiya Jihadiya est fragmenté, plutôt décentralisé, et « plus une doctrine qu’une organisation », ce qui prête à croire que l’organisation est en fait un réseau de groupes fondamentalistes marocains affiliés, qui peuvent être al-Hijra wa-t-Takfir, at-Takfir bidum Hijra, as-Sirat al-Mustaqim, Ansar al-Islam et les Afghans Marocains.

Lors d’une audience du Senate Armed Services Committee, l’ancien directeur de la CIA, Georges Tenet, a expliqué que Salafiya Jihadiya est composé de petites cellules locales et autonomes. On rapporte que certaines de ces cellules reçoivent une aide opérationnelle du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), ainsi que des conseils stratégiques d’al-Qaida en Irak par le chef Abou Mousab az-Zarqawi. Cela suggère que Salafiya Jihadiya est opérationnel pour planifier et déléguer ou exécuter des attaques. Certains disent aussi que pour faciliter l’interpellation et la condamnation de suspects terroristes, le nom « Salafiya Jihadiya » fut créé par le gouvernement marocain comme une catégorisation globale pour tous les différents groupes salafistes qui opèrent au Maroc. En réalité, Salafiya Jihadiya est également le nom de la doctrine wahhabite jihadiste plus proéminente, exporté dans le reste du monde arabe par des saoudiens radicaux après la guerre du Golfe en 1991. En revanche, la plupart des marocains suivent la version modérée du malikisme.

Les membres de Salafiya Jihadiya ont été accusés d’incendies criminels, de délits, de kidnappings, de trafique de drogue, et de meurtres, bien que le groupe soit plus connu pour avoir planifier et exécuter des attentats suicides simultanés de grande envergure à Casablanca, le 16 mai 2003, qui firent 45 victimes. Les attaques ont visé un restaurant espagnol (Casa de Espana) à côté du consulat espagnol, le Cercle de l’Alliance Israélite, un cimetière juif, le consulat belge, et un hôtel d’hommes d’affaires. Les 14 kamikazes, y compris les deux qui ont fait machine arrière à la dernière minute, venaient tous de la banlieue de Casablanca, Sidi Moumen. Cette attaque résulte d’une campagne de recrutement et d’un afflux de théoriciens religieux au sein du groupe, la plupart venant de l’association religieuse as-Sirat al-Mustaqim. En tout, 31 membres de Salafiya Jihadiya furent reconnus coupables, 10 d’entre eux ont été condamné à la peine de mort (Yussef Fikri, Mohamed Damir, Saleh Zarli, Abderrazak Faouzi, Kamal Hanuichi, Bouchaib Guermach, Lakbir Kutubi, Buchaib Mghader, Omar Maaruf and Laarbi Daqiq). Le chef spirituel de Salafiya Jihadiya, Mohamed Fizazi, a été condamné à 30 ans de prison ferme.

Les investigations qui suivirent les attentats de Madrid en mars 2004 (revendiqué par une filiale d’al-Qaida, les Brigades d’Abou Hafs al-Masri) ont mises en évidence plusieurs preuves qui suggèrent que Salafiya Jihadiya a joué un rôle mineur dans l’attaque. En fait, les autorités espagnoles travaillant avec leurs homologues marocains ont interrogé beaucoup de marocains, y compris des membres de Salafiya Jihadiya, au sujet de leur implication dans l’attaque. L’un des premiers suspects de l’enquête est Jamal Zougam, un marocain qui se trouvait à bord de l’un des trains peu avant que les bombes n’explosent. Membre d’une cellule d’al-Qaida en Espagne dirigé par Abou Dahdah (inculpé en Espagne et accusé d’avoir aidé à la préparation des attaques du 11 septembre), Zougam est accusé d’avoir planifié les attaques de Madrid et d’avoir posé lui-même au moins une des bombes.

Zougam est lié à des éléments de Salafiya Jihadiya et a partagé une planque avec le terroriste de Salafiya Jihadiya, Abdelaziz Beyaich, qui a prit part à l’attaque de Casablanca. Une écoute obtenue par un détective privée français a également révélé que Zougam a rencontré le chef de Salafiya Jihadiya, Mohamed Fizazi en 2001. Fizazi est connu pour avoir prêché au centre islamique d’Hambourg, fréquenté par le chef opérationnel du 11 septembre Mohammed Atta.

Bien que beaucoup de chefs de Salafiya Jihadiya aient été capturés après les attaques de Casablanca, le groupe reste toujours une menace pour la stabilité régionale à cause de sa structure organisationnelle et de sa substantielle base de contacts avec les groupes fondamentalistes de la region.

Alliés: al-Qaida, Groupe Islamique Armé, Groupe Islamique Combattant Marocain.

 

Source

 

 

 

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