Organisations terroristes étrangères

 

 

 

Organisation Abou Nidal (OAN)

Nom(s) : Fatah – Conseil Révolutionnaire, les Brigades Révolutionnaires Arabes, Organisation Révolutionnaire des Musulmans Socialistes, Juin Noir et Septembre Noir.

Buts et objectifs : le but de l’OAN est de détruire l’État d’Israël et d’établir un État palestinien.

Histoire : l’OAN fut fondé en 1974 par Sabri al-Banna dont le nom de guerre, Abou Nidal, signifie « père de la lutte ». Abou Nidal était un officier gradé de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et servit de représentant de l’OLP à plusieurs États arabes. Abou Nidal s’opposa vigoureusement à l’idée d’un État palestinien co-existant avec un État israélien, et après que l’OLP commença à se pencher vers une réconciliation avec l’État juif, il se sépara du groupe pour former l’OAN.

L’OAN fut l’une des organisations terroristes internationales les plus craintes. Ses opérations, qui comprenaient kidnappings, meurtres, attentats et détournements, ont tué près de 900 personnes et blessé plusieurs centaines d’autres sur 3 continents et 20 pays. Au fil des ans, on rapporte que l’Irak, la Syrie et la Libye protégeaient Abou Nidal, et engageaient souvent l’OAN afin d’exécuter des attaques pour leurs propres intérêts. Par conséquent, les cibles de l’OAN furent diverses et inconsistantes, dépendantes de l’État commanditaire.

L’OAN cibla des juifs aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël, mais aussi des palestiniens modérés et des arabes qui soutenaient des pourparlers de paix avec Israël. L’OAN est responsable des assassinats du diplomate jordanien Naeb Imran Maaytah à l’extérieur de l’ambassade de Beyrouth en 1994, d’Abou Iyyad, le commandant en second de l’OLP en 1991, et d’Abou-l-Hol, commandant des forces de l’ouest du Fatah en 1991. Le groupe est également connu pour des attaques à l’encontre de compagnies israéliennes de transport aérien à Rome et à Vienne qui tua 18 personnes et en blessa 111. En août 2002, on rapporte qu’Abou Nidal s’est suicidé dans son appartement de Bagdad où on le traitait pour une leucémie. Cependant, de multiples blessures par balle à la tête soulèvent des interrogations sur son suicide apparent. Dans quelle mesure l’OAN est toujours actif est l’objet de débats.

Mode opératoire : ses opérations comprennent kidnappings, meurtres, attentats et détournements.

Activités anti-américaines : lorsque l’OAN ciblait des intérêt occidentaux, seulement un incident visa directement les intérêts américains. Le 22 juillet 1985, l’OAN tenta de commettre un attentat à la bombe à l’ambassade américaine du Caire mais il échoua.

Principales zones d’opération : de 1974 à 1980, les quartiers généraux de l’OAN étaient basés à Bagdad, où le groupe prit la direction de l’administration irakienne afin de porter des attaques principalement contre des cibles syriennes ou de l’OLP. L’OAN se délocalisa plus tard en Syrie, puis en Libye, et enfin au Liban. De nos jours, les militants de l’OAN résident dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, mais au fil des ans, les activités du groupe allèrent plus loin que les circonscriptions de ses États promoteurs. Quand l’OAN était actif dans les années 70 et 80, elle exécuta des attaques dans 20 pays, parmi eux, l’Autriche, la Belgique, l’Egypte, la France, la Grèce, l'Inde, l'Italie, la Jordanie, le Koweit, le Liban, le Pakistan, les Philippines, le Portugal, la Roumanie, l'Espagne, le Soudan, la Turquie, les Émirats Arabes Unis, et la Grande Bretagne.

Effectifs et composition : selon le Département d’État, l’OAN est composé de quelques centaines de membres.

Liaisons avec d’autres groupes : l’OAN ne semble pas avoir de connections avec d’autres groupes.

États promoteurs et autres sources de financement : l’OAN reçu un financement et une assistance logistique de plusieurs États promoteurs dans les années 70 et 80, tels que l’Irak, la Syrie et la Libye.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d'intérêt pour le Congrès : les circonstances mystérieuses de la mort d'Abou Nidal soulève quelques questions. Si cela avait été un assassinat, des rumeurs couraient que des tueurs, agents de Saddam Hussein, cherchaient à éliminer tout lien que le régime pouvait avoir avec des groupes terroristes, ou que les meurtriers étaient des hommes de main de Yasser Arafat qui voulurent se venger des assassinats des responsables de l’OLP par Abou Nidal. En outre, la viabilité de l'OAN, comme organisation terroriste est sujet à débat, certains pourraient se demander si elle doit continuer à figurer sur la liste des organisations terroristes étrangères. Troisièmement, on ne connaît pas l'impact des sanctions imposées à l'OAN ou aux États promoteurs sur le groupe.

 

Groupe Abou Sayyaf (GAS)

Nom(s) : Groupe Abou Sayyaf, Abou Sayyaf, GAS

Buts et objectifs : le Groupe Abou Sayyaf est un groupuscule islamique radical aux Philippines. Leur but est d’établir un État islamique pour la minorité musulmane des Philippines, qui est principalement située au sud des îles Mindanao et de l’archipel Sulu. Cependant, beaucoup pensent que depuis la fin des années 90, le GAS est essentiellement devenu un gang de bandits recherchant des gains financiers.

Histoire : le leader d’origine du GAS, Abubakar Janjalani, combattu durant la guerre d’Afghanistan contre l’Union Soviétique dans les années 80. En revenant aux Philippines en 1990, il fonda Abou Sayyaf sur l’île de Mindanao, le foyer traditionnel du fondamentalisme islamique philippin, afin de poursuivre la cause là-bas. En 1998, Janjalani fut tué dans une fusillade avec la police à Basilan. Depuis, aucun grand leader n’émergea, et le GAS devenu une confédération de commandements désorganisés dirigés par le pouvoir personnel de chefs isolés. Khaddafi Janjalani, le frère d’Abubakar, est à la tête d’un commandement dans la province de Basilan et il est un chef potentiel pour l’ensemble du GAS.

Au début des années 90, le groupe organisa des attentats, des kidnappings, et des exécutions de chrétiens philippins. En 2000, le groupe changea apparemment d’objectifs, et commença à kidnapper des étrangers, y compris des touristes, des journalistes, et d’autres, dans le but d’obtenir une rançon. En avril 2000, une rançon de 25 millions de dollars pour trois journalistes français fut rassemblée par les gouvernements européens par l’intermédiaire de la Libye. En mai 2000, Khaddafi Janjalani conduit un raid maritime d’environ 480 km sur la mer Sulu pour kidnapper 20 touristes dans un complexe touristique de l’île de Palawan, parmi eux 3 américains.

En octobre 2001, les États-Unis envoyèrent des observateurs militaires à Mindanao afin d’évaluer le GAS. En novembre, le président Bush débloqua une aide militaire de 93 millions de dollars au président Arroyo et offrit directement une assistance militaire. En janvier 2002, les États-Unis envoyèrent 650 troupes (150 des forces spéciales et 500 forces d’appui) aux Philippines pour agir suivant les règles strictes de l’accord de juin. À l’apogée des opérations, le nombre de troupes augmenta jusqu’à 1300. Les résultats de la coopération philippino-américaine comprennent : l’augmentation de la coopération avec les forces philippines, l’érosion apparente de la puissance du GAS passé de 850 combattants à environ 450, l’expulsion de beaucoup de membres du GAS de Mindanao vers l’île de Sulu, la mort du chef Abou Sabaya, le sauvetage de Gracia Burnham, et un soutient décroissant de la population pour le GAS en conséquence des projets civils menés par les États-Unis. La majorité des forces américaines se retirèrent le 31 juillet 2002.

Mode opératoire : le groupe est reconnu pour sa brutalité. Il organisa des attentats, des kidnappings, des extorsions, ainsi que des massacres et des décapitations.

Activités anti-américaines : en mai 2000, Abou Sayyaf kidnappa un groupe de 20 étrangers dont 3 américains, Guillermo Sobero de Corono, Californie, et Martin et Gracia Burham, missionnaires chrétiens de Wichita, Kansas. En juin 2001, Abou Sayyaf annonça qu’Abou Sabaya, qui détenait Sobero, l’avait décapité. Juin 2002, les militaires philippins lancèrent une opération de sauvetage basée sur le renseignement américain. Martin Burnham et une infirmière philippine, Ebidorah Yap, furent tués, mais Gracia Burnham fut sauvé. Les 3 américains étaient vraisemblablement détenus en échange d’une rançon plutôt que pour des raisons idéologiques ou politiques. L’administration Bush versa une rançon de 300 millions de dollars au GAS pour la famille Burnham. Le couple ne fut pas relâché après le paiement.

Zones d’opération : le GAS est basé au sud des îles philippines de Mindanao et sur les îles de Sulu, et conduit la plupart de ses activités là-bas. En 2000, le groupe enleva des touristes et des journalistes en Malaisie, montrant un domaine d’activité plus étendu. Néanmoins, depuis que les États-Unis ont rejoint les opérations philippines, la plupart du GAS est reclus à Mindanao et au sud de Jolo et d’autres îles de Sulu.

Effectifs et composition : le groupe est constitué de musulmans philippins radicaux. Le Département d’État estime que le GAS possède entre 200 et 500 membres. Selon le gouvernement philippin, le groupe atteignit un millier de membres en 2001 en conséquence des kidnappings réussis et des rançons versées. Le nombre chuta à environ 450 membres en raison de la répression du gouvernement après le 11 septembre et de l’assistance militaire américaine. Le groupe conserve sa propre flotte afin d’accomplir leurs rapts et pour se déplacer rapidement entre les îles.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : les liens entre le GAS et al-Qaida sont sujet à débat. On croit que le groupe fut financé par al-Qaida au début des années 90, par Mohammad Jamal Khalifa, le beau-frère de Oussama Ben Laden. Ramzi Yousef, un complice d’al-Qaida, opéra aux philippines au milieu des années 90 et entraîna les combattants d’Abou Sayyaf. Cependant, il y a peu d’informations sur une récente coopération entre al-Qaida et le GAS. Certains disent qu’Abou Sayyaf est subordonné à al-Qaida, tandis que d’autres affirment qu’à cause de l’utilisation de rançon et d’extorsions de fonds, une association entre les deux est improbable. L’édition 2002 de Patterns of Global Terrorism du Département D’État américain ne mentionne aucun lien avec al-Qaida.

Bien que les premières recrues de Janjalani furent des dissidents du Front National de Libération Moro (FNLM), les groupes islamistes radicaux aux Philippines, tels que les séparatistes du Front Islamique de Libération Moro (FILM) et le FNLM, démentent tout lien avec Abou Sayyaf. Les deux prennent leurs distances par rapport au GAS à cause de ses attaques visant des civils et ses profits. Les militaires philippins, cependant, prétendent que des éléments des deux groupes fournissent un soutien à Abou Sayyaf.

États promoteurs et autres sources de financement : le groupe obtient la majorité de son financement via les rançons et les extorsions de fonds. Un rapport estime ses revenues, grâce aux rançons versées en 2000, entre 10 et 25 millions de dollars. Selon le Département d’État, il obtient aussi des fonds de bienfaiteurs islamistes radicaux originaires du Moyen-Orient ou d’Asie du sud. « La Libye transmettait les rançons payés à Abou Sayyaf et aux autres groupes musulmans philippins… [La Libye] offrit aussi de l’argent pour ses ‘entreprises de bienfaisance’ lors de son rôle dans les négociations de 2000 otages… Il est probable que l’argent libyen fut transmit à Abou Sayyaf » (Larry Niksch, Abu Sayyaf : target of Philippine-U.S. anti-terrorism cooperation).

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d'intérêt pour le Congrès : la présence de troupes américaines aux Philippines doit soulever des questions pour le Congrès à propos de leurs coûts, au sujet des limites de la guerre contre le terrorisme, et des règles d’engagement des troupes américaines en assistant des campagnes étrangères de contre insurrection dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. La méprise du Congrès sur le rôle des Etats-Unis en combattant ce groupe peut être considérable. Certains s’interrogent si la classification de ce groupe comme terroriste est appropriée, ou s’il serait mieux de le considérer comme une organisation criminelle. S’il doit être considéré comme une organisation criminelle, alors sa place dans la guerre post 11 septembre contre le terrorisme est sujet à débat. La question des liens du GAS avec al-Qaida est également pertinente. Le rôle de la Libye, en fournissant l’argent des rançons à ce groupe, peut être pertinent dans de futures discussions si la Libye doit être retiré de la liste américaine répertoriant les États qui soutiennent le terrorisme suivant la section 6 (j) de l’acte d’administration des exports de 1979 (P.L. 96-72 ; 50 U.S.C. app. 2405 (j) (en amendement). Finalement, la relation entre Abou Sayyaf et le FNLM et le FILM est ambiguë et controversée. Compte tenu de l’importance des Philippines, allié des Etats-Unis, ce groupe sera surveillé.

 

Les Brigades des Martyres d’al-Aqsa

Nom(s) : les Brigades des Martyres d’al-Asqa, le Bataillon des Martyres d’al-Aqsa.

Buts et objectifs : al-Aqsa cherche à expulser les soldats israéliens et les colons de Cisjordanie et de Gaza, et à établir un État palestinien.

Histoire : al-Aqsa est une ramification du Fatah de Yasser Arafat, et émergea juste après le commencement de la seconde Intifada en septembre 2000. L’objectif de l’organisation est de créer un État palestinien et d’éliminer la présence de soldats israéliens et de collons dans les territoires palestiniens occupés. Le groupe est en théorie séculier, mais est connu pour recruter de jeunes militants épousant le fondamentalisme islamique.

À la différence du Hamas et du Jihad Islamique palestinien, al-Aqsa ne prétend pas avoir l’intention de détruire l’État d’Israël. Initialement, les militants d’al-Aqsa s’attaquaient exclusivement aux forces de défenses israéliennes et aux collons israéliens, mais les experts disent qu’à partir de 2002, al-Aqsa commença à cibler des civils israéliens. Ce changement est peut être dû à l’intensification de l’Intifada, qui comprend une augmentation du nombre de morts palestiniens et de ce que les militants d’al-Aqsa croient être un assassina ciblé d’Israël du dirigeant du groupe en Cisjordanie, Raed Karmi, le 14 janvier 2002. Depuis ce jour, les attaques d’al-Aqsa sont devenues plus sanglantes, et en janvier 2002, le groupe introduisit l’utilisation de femmes kamikazes. En janvier 2003, les militants d’al-Aqsa conduisirent deux attaques suicides dans le centre ville de Tel Aviv qui tuèrent 23 personnes et en blessèrent 100 autres.

Depuis le commencement de la seconde Intifada, les militants d’al-Aqsa ont exécuté plus d’attaques que le Hamas et le Jihad Islamique palestinien. Tandis que les autres groupes palestiniens comme le Hamas, le Jihad Islamique et le Fatah tombèrent d’accord pour observer un cessez-le-feu en juin 2003, al-Aqsa s’y refusa. Moins de 24 heures après que les autres groupes eurent déclaré un cessez-le-feu, al-Aqsa tua un ouvrier roumain sur la route d’une colonie entre Jenin et la Cisjordanie.

Mode opératoire : al-Aqsa utilise plusieurs modes opératoires, attentats suicides (y compris par des femmes), agressions au couteau, fusillades et rapts.

Activités anti-américaines : al-Aqsa ne vise pas directement les intérêts américains. Cependant, le Département d’État a déclaré qu’au moins un citoyen américain et quatre américains israéliens possédant la double nationalité furent tués dans des attaques perpétrées par al-Aqsa.

Principales zones d’opération : al-Aqsa opère en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. On rapporte que le noyau du groupe se trouve à Nablus et à Ramallah.

Effectifs et composition : selon le Département d’État, le nombre de membres d’al-Aqsa est inconnu. Des experts estiment que le groupe se compose de quelques centaines de jeunes hommes et de femmes.

Liaisons avec d’autres groupes : la relation entre al-Aqsa et le Fatah de Yasser Arafat – la plus grande faction de l’OLP – est trouble. Des experts israéliens et le gouvernement lui-même affirment qu’al-Aqsa est clairement lié avec Yasser Arafat et le Fatah. Ils citent comme preuve, l’acquisition par les services de renseignements israéliens une facture d’al-Aqsa adressée au directeur financier de l’Autorité palestinienne. D’après eux, ce renseignement suggère que les militants d’al-Aqsa sont « sur la liste de paye de l’Autorité palestinienne. Les activités [d’al-Aqsa] sont financées par les coffres de l’Autorité palestinienne, et ses attaques sont exécutées avec l’aval et le soutien financier du cercle privilégié de Yasser Arafat » (Yael Shahar, The al-Aqsa Martyrs Brigade : a political tool with an edge).

Al-Aqsa a parfois coopéré opérationnellement avec le Hamas et le Jihad Islamique.

États promoteurs et autres sources de financement : la source du financement d’al-Aqsa est mal définie. La sophistication des attaques d’al-Aqsa suggère que le groupe est bien financé. Les forces israéliennes prétendent avoir récupérer une facture lors d’un raid contre le chef de l’OLP dans le complexe de Yasser Arafat en avril 2002, qui montre le versement de fonds de l’OLP aux Brigades d’al-Aqsa. Israël prétend que ce renseignement prouve de façon concluante le soutien financier de Yasser Arafat au groupe. Néanmoins, Arafat a rejeté « le renseignement de la terreur » comme une falsification. Yasser Arafat n’a ni reconnu officiellement ni ouvertement financé al-Aqsa.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 27 mars 2002

Questions d'intérêt pour le Congrès : depuis 2002, ce groupe a tué un nombre significatif de civils en Israël. Son recours aux attentats suicides est particulièrement fréquent et mortel. La question si Yasser Arafat ou l’Autorité palestinienne finance ou non ce groupe reste controversée. Les activités violentes de ce groupe, et la riposte israélienne, peut continuer à affecter la viabilité du processus de paix israélo-palestinien.

 

Groupe Islamique Armé (GIA)

Nom(s) : Groupe Islamique Armé, GIA

Buts et objectifs : le GIA est une organisation islamique radicale en Algérie. Il n’est pas certain que le groupe possède une autorité centrale ou si c’est un ensemble de petites bandes affiliées, il cherche manifestement à renverser le gouvernement séculier d’Algérie et à le remplacer par un État fondamentaliste basé sur la loi islamique.

Histoire : le GIA se forma en 1993, après que le gouvernement séculier algérien annula les élections à cause du parti islamiste, le Front Islamique du Salut (FIS), qui était sur le point de les remporter (le GIA s’est séparé de l’Armée Islamique du Salut, la branche armée du FIS). Des vétérans algériens de la guerre d’Afghanistan contre l’Union Soviétique fusionnèrent avec des groupes islamiques radicaux hétérogènes pour former le GIA. Depuis 1993, le groupe mena des attaques contre le gouvernement et l’armée, mais est aussi à l’origine de massacres inhumains de civils et d’étrangers en Algérie, exterminant parfois des villages entiers. Le 31 décembre 1997, le groupe tua 400 civils algériens dans une petite ville en l’espace de quelques heures. Certains rapports récents prétendent cependant que des massacres aient pu être mené par, ou avec la complicité, du gouvernement algérien. L’activité du groupe diminua à cause de la répression militaire et de l’écoeurement de la population face aux meurtres de civils. Depuis 1998, le GIA fut éclipsé par une ramification plus petite et mieux structurée appelé Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC).

Mode opératoire : le GIA est réputé pour égorger ses victimes, mais a aussi employé une variété d’autres méthodes, comme les attentats, les assassinats ciblés et les détournements d’avions.

Activités anti-américaines : bien que le GIA visa les intérêts français et européens aussi bien en Europe qu’en Algérie, il n’y a qu’un seul cas où le groupe menaça directement les intérêts américains. En 1999, Ahmed Ressam, un membre supposé du GIA, fut arrêté en route depuis le Canada vers l’aéroport international de Los Angeles pour y commettre un attentat.

Zones d’opération : le GIA opère principalement à l’intérieur des frontières de l’Algérie. Il lève des fonds et mène des attaques en Europe de l’Ouest grâce aux communautés algériennes expatriées. En 2002, un tribunal français condamna deux membres du GIA pour une série d’attentats commit en France en 1995.

Effectifs et composition : les membres du GIA sont principalement des militants islamistes algériens. Il est difficile d’estimer l’importance du GIA car il est moins cohésif que d’autres organisations. Les effectifs du groupe ont considérablement diminué depuis son apogée au milieu des années 90, mais il y a un désaccord sur le nombre actuel de membres. Le Département d’État estime actuellement que les effectifs du groupe sont probablement en dessous de 100. L’Institut international des études stratégiques suppose que l’effectif dans son ensemble est inférieur à 1500, divisé en groupes de 50-100.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : il y a des preuves sur les rapports entre le GIA et al-Qaida. Au milieu de l’année 2002, le journal arabe basé à Londres, al-Hayat, cita des sources algériennes prétendant qu’un agent secret d’al-Qaida fit une visite en Algérie afin d’organiser une coopération entre le GIA et le GSPC. En septembre 2002, un chef du GIA qui fut capturé, déclara qu’au milieu des années 90, Ben Laden fournit une assistance financière au GIA. Il est possible que beaucoup de membres algériens d’al-Qaida sont ou ont été associés avec le GIA.

États promoteurs et autres sources de financement : selon Patterns of Global Terrorism 2002, le GIA n’a aucune source externe de revenu connu. Comme mentionné précédemment, les membres du GIA capturés affirment que Ben Laden a fourni des fonds au GIA dans le milieu des années 90. Le groupe reçoit une aide financière des expatriés algériens en Europe de l’Ouest et au Canada.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997.

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001.

Questions d'intérêt pour le Congrès : les rapports indiscutables entre le GIA et al-Qaida donnent à ce groupe une importance particulière pour les Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme. L’afflux de fonds pour le GIA par les expatriés d’Europe de l’Ouest et du Canada soulève des questions si les efforts pour contrer le financement du terrorisme sont réellement efficaces.


‘Asbat al-Ansar

Nom(s) : ‘Asbat al-Ansar, aussi épelé ‘Osbat al-Ansar ou ‘Usbat al-Ansar, signifie la « Ligue des Partisans ».

Buts et objectifs : ‘Asbat al-Ansar aspire à établir un État islamique au Liban et à éliminer les influences anti-islamiques et américaines au Liban et ailleurs.

Histoire : fondé dans les années 90, ‘Asbat al-Ansar est un petit groupe d’extrémistes sunnites, relativement récent, mais très actif, basé principalement dans le camp de réfugiés palestiniens ‘Ain al-Hilweh au sud du port de Sidon au Liban. Son chef est Abdel-Karim as-Saade ou Abou Mohjen, le groupe s’oppose au gouvernement libanais, cherchant à le remplacer par un État islamique régi par la charia. Ses éléments, principalement des réfugiés palestiniens, rejettent la paix avec Israël.

‘Asbat al-Ansar cible des intérêts ou des personnes qu’il perçoit comme « non islamique », incluant soldats, civils, Arabes et occidentaux. Églises, bars, discothèques, cinémas, magasins de vins et spiritueux, et casinos ont tous été attaqués par les militants d’Asbat al-Ansar – comme l’ont fait des membres de groupes rivaux et des fonctionnaires du gouvernement modéré. En 1999, des assaillants d’Asbat al-Ansar tirèrent et lancèrent des grenades dans un palais de justice à Sidon, tuant quatre juges libanais. Lors d’une attaque contre une cible atypique en janvier 2000, les militants attaquèrent l’ambassade de Russie à Beyrouth à l’aide d’un lance-grenades, en geste de solidarité avec les rebelles tchétchènes.

Mode opératoire : les militants d’Asbat al-Ansar utilisent principalement de petites bombes et des grenades pour lancer des attaques contre leurs cibles.

Activités anti-américaines : en 2002, ‘Asbat al-Ansar intensifia ses attaques contre les cibles américaines. Le groupe est suspecté, en novembre 2002, d’avoir tué Bonnie Penner, un missionnaire américain à Sidon. ‘Asbat al-Ansar est similairement suspecté dans une série d’attentats contre des restaurants américains au Liban.

Principale(s) zone(s) d’opération : le groupe est basé au Liban, principalement dans le camp de réfugiés palestiniens ‘Ain al-Helweh à Sidon. Dans une plus large mesure, ‘Asbat al-Ansar est capable de régner librement dans les camps de réfugiés au Liban – sans représailles du gouvernement libanais – à cause d’une loi de la Ligue Arabe qui ôte toute juridiction du gouvernement libanais sur les camps. Ainsi, les camps – où plusieurs groupes de militants et de guérillas comme le Fatah al-islam et ‘Asbat al-Nour sont opérationnels – sont « hors de portée » de la mise en application de la loi libanaise et des responsables de sécurité. Les attaques d’Asbat al-Ansar se sont jusqu’ici limitées à des cibles au Liban.

Effectifs et composition : le groupe se compose d’approximativement 300 militants, la plupart sont des réfugiés palestiniens au Liban.

Liaisons avec d’autres groupes : les experts suspectent qu’Asbat al-Ansar soit affilié avec Ben Laden et le réseau al-Qaida. L’allégation repose sur la liaison d’un australien d’origine libanaise nommé Bilal Khazal qui forme à première vue, un lien avec ‘Asbat al-Ansar, via la Cellule de Tripoli, et al-Qaida. Khazal dirige le Mouvement de la Jeunesse Islamique d’Australie qui est accusé de recruter des islamistes fondamentalistes. La CIA affirme que « le commandement d’al-Qaida a prétendument attribué des responsabilités » à Khazal (Jonathan Schanzer, New Evidence of Wider Threats from Lebanon’s Asbat al-Ansar), et la presse australienne affirme que « Bilal Khazal fut lié à un prétendu agent secret espagnol d’al-Qaida, Abou Dahdah, qui est accusé d’avoir de forts liens avec l’un des cerveaux des attaques du 11 septembre » (Sarah Smiles and Linda Morris, Islamic Youth Leader Charged with Terrorist Links).

Un groupe connu sous le nom de « la Cellule de Tripoli », tenta d’assassiner l’ambassadeur américain au Liban, Vincent Battle, en janvier 2003. Les membres arrêtés de la Cellule de Tripoli ont reconnu appartenir à ‘Asbat al-Ansar et ont déclaré à un tribunal militaire de Beyrouth que le chef du groupe, Mohammed Ka’aki, « reçu au moins 1800$ de la part de Khazal » (Schanzer, “New Evidence of Wider Threats from Lebanon’s Asbat al-Ansar). Des experts pensent alors que Khazal a pu formé l’attache entre ‘Asbat al-Ansar, via la Cellule de Tripoli, et al-Qaida, cependant cela est sujet à discussion.

États promoteurs et autres sources de financement : le Département d’État dit qu’Asbat al-Ansar reçoit probablement une aide financière de groupes extrémistes sunnites en plus d’Oussama Ben Laden et du réseau al-Qaida.

Ajouté à la liste des organisations terroristes étrangères : 27 mars 2002.

Questions d'intérêt pour le Congrès : le groupe menace le gouvernement libanais, rejette la paix avec Israël et tenta aussi d’assassiner l’ambassadeur américain au Liban. Il peut également avoir des rapports avec al-Qaida. Dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, il fera l’objet d’une surveillance dans les mois qui viennent. 

 

Al-Jama’a al-Islamiyya (le Groupe Islamique, GI)

Nom(s) : al-Jama’a al-Islamiyya, aussi épelé al-Gama’a al-Islamiyya.

Buts et objectifs : le GI a pour but de renverser le gouvernement séculier égyptien et de le remplacer par un État islamique régi par la charia et dépourvu d’influences non islamiques.

Histoire : créé à la fin des années 70, le GI, un groupe de militants islamistes, fut l’un des plus grands groupes islamiques actifs en Égypte. Plusieurs évènements et phénomènes clés ont servi de catalyseur à la formation du groupe et au lancement de ses attaques violentes. L’évènement le plus notable s’est produit en 1978 lorsque l’Égypte, sous la présidence d’Anwar Sadat, devenu le premier pays arabe à signer un accord de paix avec Israël (les accords du Camp David). À peu près au même moment, Sadat introduisit progressivement une législation sociale, adopta des mesures visant à renforcer les droits des femmes. Sadat commença également à réprimer et emprisonner des militants de groupes islamiques – un changement de politique après avoir pratiquer, pendant des années, une approche plus tolérante à leur égard. Cette politique poussa le chef spirituel du GI, Cheikh Omar Abdel Rahman, à émettre une fatwa appelant à l’assassinat de Sadat, qui fut tué en 1981. Même si un autre groupe égyptien, al-Jihâd, fut le principal responsable de cet assassinat, plusieurs militants du GI furent impliqués et condamnés dans le cadre de ce crime.

Le GI est aussi soupçonné d'une tentative d'assassinat en 1995 contre le président égyptien Hosni Moubarak lors d'un voyage à Addis-Ababa. L'organisation a généralement ciblé des personnes et des intérêts qu'il croit être des obstacles à sa vision d'un État islamique, incluant des membres du gouvernement, des policiers, des touristes, des chrétiens coptes, des intellectuels laïques, et des employés de banque, de magasins de vidéos, et de cinémas. Le gouvernement égyptien accuse le groupe d’être à l’origine de la mort de plus de 1300 personnes.

Ces dernières années, le GI est probablement plus connu pour le massacre en 1997 de 58 touristes étrangers dans le temple d'Hatshepsout à Louxor, en Égypte. Depuis l’attaque de Louxor, le GI s’est officieusement scindé en deux camps idéologiques différents. L'objectif des deux groupes reste la réalisation d'un État islamique. Cependant, une faction, dirigée par Rifa'i Taha Mousa, tolère l'usage de la violence pour atteindre ces objectifs, tandis que l'autre, dirigée par Mustafa Hamza, condamne l'utilisation de violence.

Le GI ne semble pas être impliqué dans une attaque terroriste en Égypte depuis 1998.

Mode opératoire : le GI emploie plusieurs modes opératoires différents, voitures piégées, attentats-suicides et fusillades.

Activités anti-américaines : le GI n’a pas directement visé de citoyens ou d’intérêts américains, bien que l'assassinat de Sadat fut considéré comme un coup sévère porté aux intérêts de la politique étrangère américaine dans la région. Toutefois, le groupe a déjà proféré des menaces à l’encontre des intérêts américains et aurait songer à enlever des américains pour les utiliser comme levier afin de faire libérer son chef, le cheikh Omar Abdel Rahman. En 1998, l’actuel chef opérationnel du groupe, Rifa'i Taha Moussa, signa le communiqué d’Oussama Ben Laden appelant à attaquer les citoyens américains.

Principale(s) zone(s) d’opération : le GI est basé au sud de la Haute-Égypte, principalement dans les régions d’al-Minya, Assiout, Qina, et Sohaj. L’organisation aurait un certain soutien au Caire et à Alexandrie, et dispose également d’une présence en Afghanistan, en Autriche, au Soudan, au Royaume-Uni et a Yémen.

Effectifs et composition : le GI a un nombre inconnu de membres, mais à son apogée, il se composait de plusieurs milliers de militants. Les experts pensent que le groupe a perdu des membres depuis les années 1990, un phénomène qui peut être attribué au cessez-le-feu de 1999, ainsi qu’à la répression gouvernementale contre les groupes militants depuis les attaques de touristes en 1997 à Louxor et les attaques du 11 septembre. Le groupe a tendance à attirer les universitaires diplômés privés de leurs droits électoraux, qui peuvent être frustrés par le chômage généralisé dans le pays.   

Liaisons avec d’autres groupes : le GI aurait prétendument des contacts étroits avec le groupe extrémiste islamiste égyptien, al-Jihâd. Les deux groupes partagent des membres en commun et se sont ralliés pour planifier et exécuter l’assassinat de Sadat et la tentative d’assassinat de Moubarak. Le GI peut aussi avoir un lien avec Oussama Ben Laden et le réseau al-Qaida. Le Dr. Ayman al-Zawahiri, un chef de file au sein du GI et du mouvement al-Jihâd, est un proche associé de Ben Laden. Considérant les liens étroits entre al-Jihâd et le GI, Zawahiri assure un lien essentiel entre le  GI et al-Qaida.

États promoteurs et autres sources de financement : selon le gouvernement égyptien, le GI reçoit une aide financière de l'Iran, de Ben Laden et de groupes de militants afghans. Il est possible que l'organisation reçoive aussi des fonds d’organisations islamiques non gouvernementales.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d'intérêt pour le Congrès : la menace potentielle de ce groupe contre le gouvernement égyptien et d’obscures sources de financement, en font une préoccupation majeure dans la guerre contre le terrorisme. Son lien avec al-Qaida en fait une menace potentielle pour les États-Unis.

 

Hamas

Nom(s) : Harakat al-Mouqawama al-Islamiyya, Mouvement de la Résistance Islamique, Hamas.

Buts et objectifs : le Hamas est une organisation palestinienne islamique radicale qui cherchait initialement à éliminer les juifs et l’État d’Israël de la Palestine, et à établir un État islamique palestinien basé sur la charia. Ces objectifs semblent avoir été quelque peu modérés au cours des dernières années, des signes indiquent que le groupe serait susceptible d'accepter un accord israélo-palestinien favorable.

Histoire : le Hamas se sépara de l'organisation palestinienne des Frères musulmans en 1987, tenant une ligne beaucoup plus militante que celle de son organisation mère au sujet d'Israël et de la création d'un État islamique en Palestine. Le groupe entretient à la fois une branche de services sociaux qui comprend « des cliniques, des jardins d'enfants, des orphelinats, des écoles, des camps d'été et même des clubs de sport » (Khaled Abou Toameh, Cradle to Grave), et une branche terroriste qui organise des attentats contre des cibles militaires israéliennes et civils. Ses services sociaux furent très populaires et importants pour les Palestiniens. Le Hamas a réalisé des dizaines d'attentats à la bombe et fut parmi les participants les plus vigoureux lors de la première (1987-1990) et de la seconde (2000 à aujourd’hui) Intifadas (ou soulèvements palestiniens contre Israël). Le groupe s'est opposé au processus de paix au Moyen-Orient et se positionne en rival de l'Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, qui lui reproche de faire des concessions à Israël et dénonce la corruption et l’inefficacité du gouvernement.

Récemment, le gouvernement d'Ariel Sharon est devenu beaucoup plus agressive en ciblant des dirigeants du Hamas pour les assassiner, parmi eux, le fondateur du Hamas Cheikh Salah Shehada (tué en juillet 2002), le fabricant de bombes Muhammed Deif (tué en septembre 2002), Abdel Aziz Rantisi (juin 2002), et plus particulièrement le chef spirituel Cheikh Ahmed Yassin (septembre 2002). Yassin et Rantisi sont toujours en vie.

Modes opératoires : depuis 1994, la principale tactique terroriste du Hamas fut les attentats-suicides. Les kamikazes du Hamas ne correspondent généralement pas au profil type, il s’agit parfois d’hommes âgés, de personnes relativement bien rémunérées et de parents. Le groupe a également usé de voitures piégées, d’attaques au mortier, et d’assassinats.

Activités anti-américaines : selon le Département d'État, le groupe n'a pas visé les intérêts américains. Plusieurs citoyens américains furent tués à cause des attentats du Hamas en Israël, malgré que les Américains ne semblent pas avoir été pris pour cible intentionnellement. Plus particulièrement, cinq citoyens américains étaient parmi les 65 tués dans une série de quatre attentats à la bombe perpétrés conjointement par le Hamas et le Jihâd Islamique Palestinien en 1996.

Zones d’opération : le Hamas opère en Cisjordanie mais surtout dans la bande de Gaza. Le groupe est aussi présent en Syrie, au Liban, et dans les États du Golfe.

Effectifs et composition : les membres du Hamas sont des islamistes palestiniens radicaux. Le nombre officiel de membres n’est pas connu. Selon certaines estimations, le groupe a « des dizaines de milliers de partisans et de sympathisants » grâce à sa position anti-israélienne intransigeante et ses attaques contre Israël, son opposition à la corruption de l'Autorité palestinienne, et son réseau de services sociaux.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : le plus proche allié du Hamas est le Jihâd Islamique Palestinien (JIP). Initialement, le JIP et le Hamas n'entretenaient pas de rapports ; en fait, certains analystes les considèrent comme rivaux. Depuis 1994, les deux groupes ont apparemment collaboré sur plusieurs fronts : ils menèrent des attaques conjointes et planifièrent des attentats simultanés. En 2000, le Time Magazine a rapporté que le Hamas et le Jihâd Islamique furent courtisés par l'Iran afin de coordonner leurs efforts et de faire échouer le processus de paix israélo-palestinien. Le Time a de même signalé que le Hezbollah, un groupe profondément liée à l'Iran, fut l'intermédiaire qui facilita ce processus. Il y eu également de nombreux rapports stipulant que des membres du Hamas reçurent une formation et un soutien logistique à partir des installations du Hezbollah dans le sud Liban. En juin 2003, le JIP et le Hamas publièrent conjointement un communiqué déclarant un cessez-le-feu afin de stopper les attaques contre les Israéliens et les intérêts israéliens.

États promoteurs et autres sources de financement : le Hamas reçoit une aide financière de l'Iran (10% de son budget selon certaines estimations), mais ses fonds découlent essentiellement des expatriés palestiniens à travers le monde, des sympathisants vivant dans les États arabes, et des entreprises légitimes dans les territoires palestiniens. L'administration Bush accuse la Syrie et l'Iran d'abriter et de soutenir le Hamas. Les deux États s’opposent à Israël et au processus de paix, et les deux affirment que le Hamas et les autres groupes palestiniens opposés à Israël sont des combattants légitimes de la liberté. Au cours de la seconde Intifada, qui a débuté à la fin de l’année 2000, le président irakien Saddam Hussein aurait donné de l'argent aux familles de kamikazes palestiniens, y compris des membres du Hamas. En outre, Israël a accusé l'Arabie Saoudite d’assigner des fonds amassés dans des Téléthons gérés par l'État, aux Hamas. Le secrétaire d'État Colin Powell penche en faveur de cette allégation en déclarant « qu’il y a certains aspects troublants sur la façon dont cet argent du Téléthon est distribué » (Barry Schweid, Powell says he has no evidence that Israel massacred palestinians in refugee camp). Le Hamas dirige également des entreprises qui génèrent des bénéfices en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, et à l’étranger. Enfin, le Hamas est connu pour récolter de l'argent via des organismes de bienfaisance opérant en Occident, parmi eux : The Palestinian Relief Development Fund (Royaume-Uni), The Holy Land Foundation (États-Unis - avoirs actuellement gelés), Al-Aqsa Foundation (Allemagne avec des ramifications en Hollande et en Belgique), et le Comité de Bienfaisance pour la Solidarité avec la Palestine (France).

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d'intérêt pour le Congrès : ce groupe possède manifestement d’importantes ressources financières et a beaucoup de relations internationales. La combinaison de services sociaux et de brutales attaques terroristes rend le Hamas très influent et dangereux. Le Hamas est cruciale dans l'avenir du processus de paix israélo-palestinien. Les récents efforts des États-Unis à restreindre le financement du terrorisme ont visé les associations de bienfaisance qui aident à soutenir les activités du Hamas. Le rôle des citoyens saoudiens en soutenant le Hamas, directement ou indirectement, a été soumis à l'examen et aux critiques aux États-Unis.

 

Harakat ul Mujahidin

Nom(s) : Jamiat ul-Ansar, Groupe des Volontaires, Mouvement des saints guerriers, anciennement Harakat-ul-Ansar.

Buts et objectifs : HUM est une organisation islamiste basée au Pakistan qui cherche à arracher aux Indiens les régions de Jammu et du Cachemire et de créer un État islamique englobant le Pakistan et ces territoires.

Histoire : fondé par Fazlur Rehman Khalil, HUM fut initialement créé pour combattre aux côtés de l'insurrection afghane contre l'Union soviétique dans les années 80. Après le retrait soviétique, HUM se focalisa sur le Cachemire, où il mena des attaques contre les intérêts indiens dans les territoires de Jammu et du Cachemire, sous contrôle indien. En 1998, Khalil signa la fatwa d'Oussama Ben Laden appelant à attaquer les Américains et d’autres cibles occidentales. En décembre 1999, HUM détourna un avion de ligne indien qui abouti à la libération de Maulana Masoud Azhar, emprisonné en Inde depuis 1994 pour s’être associé à des attaques de HUM. Après sa libération, Ahzar rompu avec HUM et forma Jaish-e-Mohammad, de nombreux membres de HUM le suivirent. Ces dernières années, les activités de HUM diminuèrent considérablement, et la répression contre les militants islamistes du Pakistan laissa le groupe avec peu de ressources financières. En février 2000, le chef de longue date, Khalil, remis le commandement du groupe à Farooq Kashmiri Khalil, et en 2001, après que HUM fut interdit par le président Pervez Musharraf, Khalil renomma le groupe Jamiat ul-Ansar.

Modes opératoires : HUM a attaqué l’armée indienne, le gouvernement, et des cibles civiles au Cachemire par des attentats à la bombe et divers autres moyens. Le groupe a aussi détourné des avions de ligne.

Activités anti-américaines : malgré la signature en 1998 du communiqué d’Oussama ben Laden visant les États-Unis, le groupe n'est pas connu pour cibler prioritairement les intérêts américains. HUM reste concentré sur le Cachemire et Jammu. Cependant, en 2002, les autorités pakistanaises ont arrêté trois membres d'un sous-groupe de HUM, la faction al-Almi, qui a reconnu être à l’origine de l’attentat contre le consulat américain de Karachi, le 14 juin 2002, qui tua 11 personnes.

Zones d’opération : HUM est basé au Pakistan et dans la zone occupée du Cachemire par le Pakistan, et mène des opérations terroristes dans les territoires de Jammu et du Cachemire sous contrôle indien. Par le passé, le groupe s’est entraîné dans des camps d'entraînement en Afghanistan. Des membres de HUM auraient participé, aux côtés d'autres islamistes, à des opérations en Asie centrale, en Bosnie, et en Birmanie.

Effectifs et composition : HUM est composé d'islamistes radicaux en provenance du Pakistan et du Cachemire, ainsi que d’anciens combattants arabes de la guerre en Afghanistan contre l'Union soviétique. On pense que le groupe compte plusieurs milliers de membres armés. Le groupe a perdu beaucoup d’effectifs en 2000 qui firent défection pour Jaish-e-Mohammed, et ses activités ont diminué depuis.

Liaisons avec d'autres organisations terroristes : le chef de HUM signa la fatwa d’Oussama ben Laden en 1998 appelant à attaquer les soldats américains et des civils. On pense que le groupe a maintenu des liens avec Ben Laden et al-Qaida, mais la nature de ces liens n’est pas claire. HUM a également coopéré avec d'autres groupes islamistes opérant au Cachemire et au Pakistan.

États promoteurs et autres sources de financement : HUM reçoit le soutien financier de sympathisants, non seulement au Pakistan et au Cachemire, mais aussi en Arabie saoudite et dans les États du Golfe. Le groupe aurait aussi levé des fonds parmi les expatriés pakistanais du Cachemire et d’Europe, principalement de Grande-Bretagne. Sa collecte de fonds au Pakistan fut largement restreinte depuis la répression du gouvernement à l’égard des extrémistes après le 11 septembre. Le gouvernement indien a longtemps accusé le Pakistan de soutenir et d'encourager les groupes d’islamistes opérant au Cachemire, y compris HUM.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : une préoccupation importante pour les États-Unis dans leur guerre contre le terrorisme est la coopération apparente entre HUM et al-Qaida. La convergence d'un programme local visant Jammu et le Cachemire avec une approche plus globale, anti-américaine, « du jihâd international » est inquiétante. Ayant ses principaux objectifs d’opérations au Pakistan, État nucléaire allié aux États-Unis mais potentiellement instable, cela pose un sérieux problème. Pour finir, les attaques de HUM aggravent les tensions entre l’Inde et le Pakistan, deux États nucléaires souvent sur le pied de guerre.

 

Hezbollah

Nom(s) : Hezbollah, Parti de Dieu, Jihâd Islamique, l’Organisation Révolutionnaire de la Justice, la Résistance Islamique, Organisation des Oppressés de la Terre.

Buts et objectif : le Hezbollah se consacre à la libération de Jérusalem, à la destruction d’Israël et à l’établissement d’un État islamique au Liban.

Histoire : fondé en 1982 par des membres du clergé chiite libanais et idéologiquement inspiré de la révolution iranienne, le Hezbollah fut formé en réponse à l’invasion israélienne du Liban. Le groupe fut le principal soutien financier du terrorisme anti-occident et anti-américain dans les années 80, il est dirigé par son Majliss ash-Shoura, ou Conseil Consultatif. Depuis 1992, le Hezbollah participe à la vie politique du Liban, et possède actuellement 12 sièges, avec ses alliés, au parlement. Parmi ses activités terroristes, on compte le détournement du vol TWA 847 (1985), la prise de 18 américains en otages dans les années 80 et 90, l’attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël en Argentine (mars 1992), et l’attentat contre l’Association Commune Juive à Buenos Aires (juillet 1994). Durant ses 15 années d’insurrection militaire contre les israéliens et les forces israéliennes au sud Liban, le Hezbollah lança des attaques à la roquette qui tua des civils israéliens.

Modes opératoires : le Hezbollah a commis des kidnappings, des attentats à la bombe et des détournements d’avions, ainsi que des attaques à la roquette contre des colonies israéliennes et des tirs de missiles sol-air contre des avions israéliens.

Activités anti-américaines : la plus longue période d’activités anti-américaine du Hezbollah eut lieu dans les années 80 et fit de nombreuses victimes américaines. Sous le nom du Jihâd Islamique, le Hezbollah fut impliqué ou est connu pour avoir commis des attentats à la bombe contre l’ambassade américaine de Beyrouth à l’aide d’un camion piégé (avril 1983), contre des baraquements de marines américains à Beyrouth (octobre 1983, tuant 220 marines, 18 soldats de la Navy, et 3 personnels de l’armée), et contre l’annexe de l’ambassade américaine de Beyrouth (septembre 1984). Le Hezbollah endosse aussi la responsabilité d’un attentat à la bombe, en avril 1984, qui tua 18 membres des services américains à Torrejon, en Espagne. Leurs activités terroristes entre 1994 et 2002 n’ont cependant pas directement visé de civils et de ressources économiques américaines. Néanmoins, des experts estiment qu’il pourrait y avoir un regain d’activités anti-américaines. Par exemple, le Département de la sécurité intérieure de Singapour affirme avoir contrecarré un complot du Hezbollah visant les intérêts commerciaux américains dans les années 90. De plus, le Hezbollah a promis de venger la mort d’Ali Hussein Saleh, un responsable de la sécurité du Hezbollah, pour laquelle le groupe accuse les États-Unis et Israël d’en être à l’origine. Enfin, des experts ont averti sur les ravages potentiels du Hezbollah dans le conflit irakien, pourtant il n’y a pas de preuve directe que le Hezbollah puisse jouer un rôle dans une région si éloignée.

Principales zones d’opération : le Hezbollah opère dans les banlieues sud de Beyrouth, dans la vallée de Bekaa, et au sud Liban. Il a créé des cellules en Europe, en Afrique, en Amérique du sud, en Amérique du nord et en Asie.

Effectifs et composition : on pense que le groupe possède entre deux et cinq mille sympathisants, et une centaine de terroristes actifs.

Liaisons avec d’autres groupes : des investigations saoudiennes et bahreïniennes soutiennent que le Hezbollah maintient des contacts avec d’autres groupes chiites penchant pour des activités contre le régime dans la région du Golfe. Outre cela, des accusations du gouvernement américain contre Ben Laden pour les attentats de deux ambassades américaines en Afrique, en 1998, prétendent que « al-Qaida a aussi élaboré des alliances avec le Hezbollah, dans le but d’œuvrer ensemble contre leurs ennemis communs de l’occident, en particulier les États-Unis » (Iran, Syria, and bin Laden, The Washington Times, 29 novembre 2001).

États promoteurs et autres sources de financement : l’Iran soutient financièrement et politiquement l’organisation du Hezbollah, tandis que la Syrie apporte un soutien diplomatique, politique et logistique. En mai 1996, le secrétaire d’État Warren Christopher a certifié que l’Iran fournit « jusqu’à 100 millions de dollars par an au Hezbollah » (Martin Sieff, U.S. to Keep Pressure on Iran, The Washington Times, 26 mai 1996). Le groupe cherche aussi un soutien financier de l’étranger, comme l’a prouvé l’arrestation en 2002 par les américains de Chawki et Mohammad Hammoud, accusés d’avoir utilisé la contrebande de cigarettes afin de lever des fonds pour le Hezbollah.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : l’approche des Etats-Unis à l’égard du Hezbollah est complexe. Le Hezbollah joue un rôle politique au Liban et il est représenté au Parlement libanais par 12 sièges (avec leurs alliés) sur 128. Manifestement, parce qu’il force Israël à se retirer du Liban, le Hezbollah est populaire dans le monde arabe. Le Hezbollah est une organisation terroriste étrangère et possède des ressources économiques dans le monde entier. Le gouvernement libanais a refusé de geler les avoirs du Hezbollah. Le Hezbollah a tué un grand nombre d’américains, particulièrement dans les années 80, et a apparemment coopéré avec al-Qaida pour l’entraînement de ses membres et de la logistique ; cependant, il ne semble pas avoir porter directement des attaques contre les Américains ces dernières années. Des experts prétendent que le groupe est une menace grandissante pour les États-Unis, potentiellement comparable à al-Qaida ; d’autres contestent cette estimation et soutiennent qu’en ne faisant pas de distinction entre les groupes, cela augmentera leurs intérêts à coopérer, ce qui accroîtra en fin de compte la menace contre les États-Unis.

 

Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (MIO)

Nom(s) : Parti Islamique du Turkestan

Buts et objectifs : le MIO est une organisation islamique radicale qui cherche à renverser le gouvernement séculier d’Ouzbékistan. Le groupe cherche aussi à instaurer la loi islamique dans d’autres pays d’Asie central et combat ceux qu’il estime être des ennemis de l’islam.

Histoire : le MIO fut formé en Afghanistan par des opposants islamistes radicaux au président ouzbèk Islom Karimov, qui est accusé de réprimer brutalement toute opposition à son régime et d’étouffer l’islam. Néanmoins, les racines du MIO remontent jusqu’en décembre 1991, lorsque le maire de Namangan, une ville de l’Est, refusa de céder un terrain à un groupe de jeunes musulmans pour bâtir une mosquée, les hommes s’emparèrent alors du quartier général du parti communiste. Tohir Abdouhalilovitch Yuldeshev et Jumaboi Ahmadzhanovitch Khojaev (alias Juma Namangani) dirigèrent ces hommes. Yuldeshev est un ancien universitaire et un mollah du mouvement de la résistance islamique. Khojaev est un ancien parachutiste soviétique dont la foi musulmane fut revitalisée en combattant contre les moujahidin tandis qu’il servait en Afghanistan.

Sous la pression du gouvernement, Yuldashev fuit l’Ouzbékistan et trouva refuge chez les talibans en Afghanistan, il commença à établir un réseau de contacts avec des groupes islamiques. Namangani étant un courageux combattant, il se fit un nom lors de la guerre civile tadjik. En 1996, les deux hommes annoncèrent la formation du MIO, et soutenus les talibans contre l’alliance du nord, jusqu’à mener des troupes au combat. À partir du Tajikistan, le groupe lança une campagne de terreur contre le gouvernement ouzbèk.

À cause d’une sécurité renforcée, le groupe fut quasiment incapable d’opérer en Ouzbékistan et fut plus actif au Tadjikistan et au Kirghizistan. Plusieurs chefs du groupe, Namangami y compris, furent tués ou capturés durant l’offensive menée par les américains contre les talibans en 2001.

Modes opératoires : le MIO utilise principalement des bombes et des armes de guérilla.

Activités anti-américaines : en août 2000, le MIO kidnappa quatre alpinistes américains, qui réussirent à s’échapper en poussant du haut d’une falaise les gardes du MIO. Le MIO a aussi combattu aux côtés des talibans et d’al-Qaida dans la guerre d’Afghanistan de 2001.

Zones d’opération : le MIO opère en Asie central et en Asie du sud, plus particulièrement dans la vallée de Ferghana, là où les frontières de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Tadjikistan convergent. Le groupe a opéré en Afghanistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan, en Iran, au Pakistan et en Ouzbékistan.

Effectifs et composition : Patterns of Global Terrorism 2002 du Département d’État américain estime que le MIO a probablement actuellement moins de 1000 membres. Avant l’offensive américaine contre les talibans, qui toucha durement le groupe, on pense que le MIO avait près de 2000 membres.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : on pense que les chefs du MIO ont formé des liens avec al-Qaida puisque les deux groupes étaient basés en Afghanistan à la fin des année 90. Il est possible que les membres du MIO se soient entraînés dans les camps d’al-Qaida en Afghanistan avant la chute des talibans.

États promoteurs et autres sources de financement : le MIO reçoit une aide financière de plusieurs groupes islamiques extrémistes, ainsi que de sympathisants du Moyen-Orient et d’Asie du sud. Avant la répression post 11 septembre, on pense qu’al-Qaida fut le principal soutien financier du MIO. Le groupe est lourdement impliqué dans le trafic d’opium en Asie central ; selon une information, le groupe dirige 70 pourcent du trafic d’opium dans la région.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 25 septembre 2000

Re-désigné : 25 septembre 2002

Questions d’intérêts pour le Congrès : ce groupe pourrait faire obstacle au succès de la reconstruction de l’Afghanistan et à la stabilité du futur État post-taliban. Cependant, le MIO fut sérieusement touché durant l’offensive militaire contre le régime taliban, son rôle dans le trafic de drogue est un problème grandissant, comme ses liens avec al-Qaida.

 

Jaish-e-Mohammad (JEM)

Nom(s) : Armée de Mohammad, Khaddam ul-Islam

Buts et objectifs : le JEM cherche à mettre un terme au contrôle indien du territoire disputé de Jammu et du Cachemire, à expulser les forces de sécurité indienne de la région, et unir Jammu et le Cachemire au Pakistan.

Histoire : le JEM est un groupe islamique basé au Pakistan fondé par Maulana Masoud Azhar en mars 2000. Les autorités indiennes ont arrêté Azhar en février 1994 pour s’être associé à des activités terroristes perpétrées par Harakat ul-Moujahidin. Azhar fut libéré de prison en décembre 1999 en échange des 155 otages à bord d’un avion indien qui fut détourné par des militants de HUM. Azhar créa JEM peu de temps après sa sortie de prison avec pour but d’attaquer des cibles indiennes et libérer Jammu et le Cachemire du contrôle indien.

JEM a ciblé des responsables indiens, des bâtiments gouvernementaux et des soldats, ainsi que des civils non musulmans du Pakistan, de Jammu et du Cachemire. JEM est suspecté d’être le responsable d’un attentat suicide commit à l’extérieur du bâtiment où se déroula une réunion pour les provinces de Jammu et du Cachemire, le 1 octobre 2001, tuant 38 personnes. Le groupe revendiqua initialement l’attaque mais renia plus tard son implication. Le gouvernement indien a également accusé JEM de s’être associer avec Lashkar-e-Tayyeba dans l’attaque mortelle qui visa le parlement indien le 13 décembre 2001. Armés d’explosifs et d’armes à feu, cinq assaillants prirent d’assaut le parlement et ouvrirent le feu « au hasard », tuant neuf agents de sécurité et un civil venu en spectateur. En janvier 2002, le gouvernement du Pakistan banni JEM et plusieurs autres groupes.

JEM est perçu par certains comme la plus meurtrière et principale organisation terroriste de Jammu et du Cachemire. À partir de septembre 2003, les représailles contre JEM tuèrent au moins 555 militants cette année-là, y compris Gazi Baba, chef des opérations du groupe (30 août 2001) et Nasir Mehmood Ahwan, commandant en second (17 septembre 2003). Après que le président Musharaf interdit le groupe en janvier 2002, JEM changea son nom en Khaddam ul-Islam. Au même moment, le chef et fondateur de JEM, Azhar, fut placé en résidence surveillée, mais fut libéré en décembre 2002.

Modes opératoires : les experts décrivent les stratégies et les attaques de JEM comme des opérations suicides. Dans ce type d’opération, un terroriste lance une attaque avec l’intention de tuer autant de gens que possible et espère être tuer en représailles. C’est de cette façon que des membres présumés de JEM prirent d’assaut le parlement indien, déclencha une fusillade avec le personnel de sécurité et tua personnes. Les cinq terroristes furent tués dans l’attaque. JEM utilise une variété d’armes à feu, y compris des armes automatiques légères et lourdes ainsi que des fusils d’assauts. JEM a aussi utilisé des mortiers, des explosifs, et des lances grenades.

Activités anti-américaines : JEM est impliqué dans le rapt et l’exécution du journaliste Daniel Pearl à Karachi en février 2002. Pearl, 38 ans, était le chef du bureau d’Asie du sud pour le Wall Street Journal. Il avait pour mission d’interviewer à Karachi des membres de groupes militants et d’établir leurs possibles liens avec le supposé poseur de bombe à la chaussure Richard Reid.

Principales zones d’opération : JEM est basé au Pakistan et dans la zone contrôlée par le Pakistan au Cachemire. La plupart de ses sympathisants sont à Azad, au Cachemire, au Pakistan, au sud du Cachemire indien et dans les régions de Doda. JEM lança principalement des attaques dans les territoires de Jammu et du Cachemire contrôlés par les indiens. L’attaque contre le parlement indien en décembre 2001 est la seule attaque enregistrée dans laquelle JEM frappa à l’extérieur de Jammu et du Cachemire.

Effectifs et composition : JEM se compose de plusieurs centaines de partisans armés. La majorité de ses membres sont des cachemiri ou des pakistanais. Selon certaines informations, près de 75% des effectifs de JEM sont d’anciens membres de HUM. On rapporte que JEM a des partisans et des sympathisants en Afghanistan, y compris d’anciens talibans et vétérans arabes de la guerre d’Afghanistan. Jusqu’à la chute en 2001, JEM « possédait des camps d’entraînement en Afghanistan » (Jaish-e-Mohammad, Global Security).

Liaisons avec d’autres groupes : JEM est lié avec l’ancien régime taliban et on pense qu’il reçoit une aide financière d’Osama Ben Laden et du réseau al-Qaida. Le lien avec les talibans fut manifestement établi et maintenu via les madrasas de Karachi et d’Afghanistan. Azhar, le chef de JEM, a rencontré des chefs et des figures de l’ancien régime taliban et d’al-Qaida. Les analystes pensent que JEM entretient des relations avec d’autres groupes sunnites au Pakistan, y compris Harakat ul-Moujahidin, Lashkar-e-Tayyiba, Lashkar-I-Jhangvi, et Sipahi-e-Sahaba Pakistan.

États promoteurs et autres sources de financement : les experts pensent que JEM a reçu un soutien financier de Ben Laden et d’al-Qaida, ainsi que de HUM et d’Harakat ul-Jihad al-islami. Des responsables indiens affirment que JEM a aussi perçu des sommes des services de renseignements pakistanais dans une tentative de déstabilisation des forces de sécurité indienne et pour renforcer les positions pakistanaises au Cachemire.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 24 décembre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : ce groupe est une menace potentielle sérieuse pour la stabilité du sud de l’Asie. Ses liens avec al-Qaida et l’ancien régime taliban en font un problème significatif pour les États-Unis. L’assassinat de Daniel Pearl et le ciblage d’installations américaines peuvent indiquer que JEM continuera à viser des citoyens et intérêts américains dans le futur. Les attaques de JEM exacerbent les tensions entre l’Inde et le Pakistan, deux pays nucléaires souvent sur le pied de guerre.

 

Jemaah Islamiya (JI)

Buts et objectifs : Jemaah Islamiya est un groupe islamique radical dont le but est d’établir un État islamique en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, dans le sud des Philippines et de la Thaïlande.

Histoire : les racines du groupe remontent jusqu’à Darul Islam, un groupe islamique violent qui s’opposa au gouvernement hollandais en Indonésie dans les années 40. Après le départ des hollandais, le mouvement s’opposa au nouveau gouvernement indépendant de Sukarno accusé d’être trop séculier. Le nom Jemaah Islamiya apparu dans les années 70, durant le mandat de Suharto, mais il n’est pas clair si le nom se réfère à un groupe organisé ou à un rassemblement informel de militants islamistes anti-gouvernementaux. Les co-fondateurs du JI, les cheikhs Abou Bakar Baasyir et Abdullah Sungkar établirent un pensionnat à Solo, sur l’île principale de Java. Beaucoup d’activistes suspectés d’appartenir au JI furent d’anciens élèves de cette école. En 1985, les deux co-fondateurs s’exilèrent en Malaisie, où ils commencèrent à envoyer des indonésiens et des malaisiens en Afghanistan, d’abord pour combattre l’occupation soviétique, ensuite pour s’entraîner dans les camps d’al-Qaida. Apparemment dans les années 90, Baasyir et Sungkar unirent leur réseau émergeant avec al-Qaida et préparèrent des attaques dans le sud de l’Asie. Les attentats à Jakarta, Manille, et en Thaïlande débutèrent en 2000. JI est lié à une vague d’attaques en décembre 2000 contre des églises chrétiennes en Indonésie, et laissa tomber des complots d’attentats contre les ambassades occidentales à Singapour.

Le groupe est tristement célèbre pour l’attentat suicide du 12 octobre 2002 dans une discothèque sur l’île de Bali, en Indonésie, qui tua 200 personnes, beaucoup d’entre elles étaient de jeunes touristes australiens. On pense qu’Abou Bakar Bashir, arrêté une semaine après l’attentat de Bali, est le chef spirituel du groupe, malgré qu’il le nia. Un tribunal indonésien condamna Bashir pour avoir préparer un coup d’État, mais de plusieurs sérieuses charges contre lui furent abandonnées. Sa peine de quatre ans de prison fut plus tard réduite à trois ans par une cour d’appel. Riduan bin Isamuddin, alias Hambali, est le chef des opérations du JI et fut arrêté au milieu du mois d’août 2003 dans le cadre de l’attentat de Bali. La CIA a surnommé Hambali « le Ben Laden de l’Asie ».

D’autres preuves évidentes concernant les origines communes du JI et d’al-Qaida apparurent à la suite de la tragédie de Bali. Durant le procès d’Ali Gufron (alias Mukhlas), le poseur de bombe de Bali, l’accusé affirma qu’il avait combattu aux côtés d’Osama ben Laden en Afghanistan dans la bataille de Jaji, qui eut lieu en 1987 pendant la guerre contre l’Union Soviétique. Le centre de recrutement d’Osama ben Laden fournissait un soutien logistique aux moujahidin non afghan, y compris aux indonésiens, durant cette période ; et Mukhlas a certifié qu’il a rencontré Ben Laden tandis que les saoudiens menaient des troupes à Jaji. Basées sur le témoignage de Mukhlas, des recherches plus poussées ont montré que les grands chefs du JI, y compris Hambali, s’installèrent, s’entraînèrent et furent éduqué pendant la guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques.

Les autorités de la région affirment que le JI continua à comploter des attaques contre des cibles occidentales en Asie du sud. Le 5 août 2003, des militants du JI sont suspectés d’avoir commis l’attentat qui visa l’hôtel J.W. Marriott, tuant 14 personnes et en blessa 148 autres.

Mode opératoire : la plupart des attaques du JI inclus des attentats à la bombe d’un degré de sophistication variée.

Activités anti-américaines : en décembre 2001, le JI fut lié à un complot d’attentat contre l’ambassade américaine et d’autres lieux fréquentés par des hommes affaires américains et des militaires à Singapour. Au milieu de l’année 2002, un agent d’al-Qaida capturé révéla une coopération entre al-Qaida et le JI dans un complot qui visait les intérêts américains en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, à Singapour, en Thaïlande, à Taiwan, au Vietnam et au Cambodge, avec des voitures piégées pour l’anniversaire du 11 septembre. Le 5 août 2003, Jemaah Islamiya fut impliqué dans un attentat à la voiture piégée contre un hôtel J.W. Marriott à Jakarta qui tua 14 personnes et en blessa 148 autres.

Zones d’opération : JI opère en Asie du sud, bien que l’Indonésie soit traditionnellement sa zone d’opération principale. Le groupe a aussi opéré en Malaisie, à Singapour, en Thaïlande et sans doute aux Philippines. Il est peut-être également présent dans les pays voisins d’Asie du sud et en Australie.

Effectifs et composition : le nombre d’effectifs du JI est inconnu. Certains pensent que la majorité des chefs du JI faisaient soit parti d’un groupe qui combattit les soviétiques en Afghanistan, soit étaient d’anciens novices du Front Islamique de Libération Moro qui se connurent dans les camps terroristes du sud des Philippines. Selon certaines informations, jusqu’à 700 indonésiens se sont entraînés dans les camps entre 97 et 98. Patterns of Global Terrorism 2002 du Département d’État estime que le groupe a probablement plusieurs centaines d’agents, mais cite également les responsables singapouriens qui évaluent les effectifs du groupe à environ 5000 membres. Il n’est pas évident de savoir dans quelle mesure les représailles dans les différents pays depuis le 11 septembre, et particulièrement après l’attentat dans une discothèque de Bali, ont affecté le groupe.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : le JI est en liaison avec al-Qaida, mais la nature de ses liens est discutée. Certains affirment que le groupe est essentiellement subordonné à al-Qaida, tandis que d’autres pensent qu’al-Qaida est plus qu’une source de financement qui approuve les buts du JI. Des agents capturés d’al-Qaida ont affirmé que les chefs du JI ont été impliqué dans différents complots d’al-Qaida. Deux des pirates du 11 septembre et l’agent emprisonné Zacarias Moussaui sont allés en Malaisie et ont rencontré des membres du JI en 2000, et ces derniers leur ont envoyé de l’argent. De plus, en janvier 2003, les services de renseignements de Singapour ont rendu public un rapport dans lequel se trouvait des interrogatoires de prisonniers appartenant au JI qui soulignaient les liens entre le JI et al-Qaida.

En outre, on pense que les 13 suspects arrêtés à Singapour pour le complot déjoué contre des navires américains sont liés à al-Qaida. On pense aussi que le JI a des liens avec le Front Islamique de Libération Moro aux Philippines et avec le Malaysian Kampulan Mujahidin Malaysia.

États promoteurs et autres sources de financement : selon Patterns of Global Terrorism 2002 du Département d’État américain, le JI reçoit un soutien financier de la part de contacts au Moyen-Orient et en Asie du sud, y compris d’organisations non gouvernementales et d’al-Qaida. Le groupe lève aussi des fonds grâce à des sympathisants en Asie du sud-est.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 23 octobre 2002

Questions d’intérêts pour le Congrès : malgré qu’un nombre important de membres du JI fussent arrêtés, des experts en terrorisme s’inquiètent de la sérieuse menace que représente toujours Jemaah Islamiya en Asie du sud-est, surtout en Indonésie. Les membres du groupe continuent de comploter contre les américains et les intérêts américains, ainsi que contre les citoyens et les ressources financières des alliés des États-Unis. Les liens de Jemaah Islamiya avec al-Qaida en font un problème particulier pour les États-Unis. La répugnance de l’Indonésie à vouloir réprimer le JI pour des raisons politiques pourrait compliquer la politique américaine si une nouvelle attaque anti-occidentale venait à se produire. Outre cela, les nombreuses preuves de liens entre le JI et le Front Islamique de Libération Moro (FILM) vont peut-être forcer les États-Unis et les Philippines à se confronter militairement au FILM.

 

Al-Jihad

Nom(s) : Jihad Islamique Égyptien, Groupe du Jihad, Jihad Islamique, Avant-garde de la Conquête.

Buts et objectifs : al-Jihad souhaite renverser le gouvernement égyptien, afin d’établir un régime islamique en Égypte, et s’en prend aux intérêts américains et israéliens en Égypte.

Histoire : fondé à la fin des années 70, al-Jihad est une ramification violente des Frères Musulmans, une organisation politique et religieuse créée en 1928 par Hasan al-Banna cherchant à revenir aux préceptes originels du coran et est opposée à un gouvernement séculier et aux influences occidentales. Connu pour ses assassinats et ses attentats à la bombe, al-Jihad est responsable de l’assassinat du président égyptien Anwar Sadat (oct. 1981), de la mort du porte-parole de l’Assemblée Rifaat al-Mahgoub (oct. 1990), et d’avoir attenter aux vies du ministre de l’intérieur al-Alfi (août 1993), du premier ministre Atef Sedky (nov. 1993), et du président Hosni Mubarak (1995).

Au début des années 80, le président égyptien Hosni Mubarak a impitoyablement réprimé al-Jihad, forçant le groupe à se diviser. Une faction, dirigée par Abbud al-Zumar depuis sa cellule, appela à des négociations pacifiques, mais cette faction s’est apparemment fortement réduite. L’autre faction, dirigée par Ayman al-Zawahiri, est devenue encore plus violente, et vers 1987, elle délocalisa la base d’opérations d’al-Jihad en Afghanistan. Al-Zawahiri s’éloigna plus tard de la cause égyptienne et embrassa la cause d’al-Qaida d’Osama Ben Laden pour viser directement les intérêts américains. En 1998, al-Jihad, dirigé par al-Zawahiri s’unit à al-Qaida dans le « Front International du Jihad contre les Juifs et les Croisés ». Ensuite en 2001, al-Jihad se fondit avec al-Qaida. Il n’y eut pas d’attaque en Égypte attribuée à al-Jihad depuis 1998.

Modes opératoires : al-Jihad est impliqué dans des assassinats, des attentats à la bombe et des attaques suicides.

Activités anti-américaines : depuis le milieu des années 90, al-Jihad a changé ses objectifs pour se tourner vers des cibles américaines. Les commandos d’al-Jihad sont liés à une attaque déjouée contre l’ambassade américaine d’Albanie en août 1998. Faisant partis d’al-Qaida, on pense que les membres d’al-Jihad sont impliqués dans les attentats contre les ambassades américaines de Nairobi, au Kenya, et de Dar as-Salam en Tanzanie, le 7 août 1998. Ils sont aussi impliqués dans l’attentat du USS Cole dans le port d’Aden, au Yémen, en 2000, et dans les attaques du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone.

Principales zones d’opération : historiquement, al-Jihad opéra dans la région du Caire, mais la plupart de son réseau est maintenant à l’extérieur de l’Égypte, basé par exemple au Yémen, en Afghanistan, au Pakistan, au Liban et au Royaume-Uni. Après que la faction externe d’al-Jihad fusionna avec al-Qaida, les zones d’opération du groupe se sont sans doute étendues.

Effectifs et composition : inconnu. Il est probable qu’al-Jihad compte plusieurs centaines de militants durs et peut-être plusieurs milliers de sympathisants. Après sa fusion avec al-Qaida, distinguer les membres du groupe est devenu une tâche difficile.

Liaisons avec d’autres groupes : en juin 2001, al-Jihad fusionna avec al-Qaida après une décennie de coopération.

États promoteurs et autres sources de financement : incertain. L’Égypte a affirmé qu’al-Jihad est soutenu financièrement par l’Iran et le Soudan, accusations démenties par ces derniers. En 2002, les services de renseignement américain ont affirmé que l’Iran entretenait Saif al-Adl, le chef d’origine égyptienne de la sécurité de Ben Laden, qui a des liens avec al-Jihad. Néanmoins, l’Iran prétend avoir pourchassé et expulsé toute les personnes liées à al-Qaida à l’intérieur de ses frontières à partir d’octobre 2003. Étant donné la fusion d’al-Jihad avec al-Qaida, les deux groupes s’associent probablement en ce qui concerne leurs sources de revenus. D’autres sources de revenus peuvent provenir d’organisations islamiques non gouvernementales et d’actes criminels.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001.

Questions d’intérêts pour le Congrès : ce groupe est impliqué dans des attaques violentes contre les États-Unis et leurs intérêts. Il est très lié à al-Qaida et a évolué, avec cette organisation, d’une menace locale vers un réseau international.

 

Lashkar-e-Tayyiba (LT)

Nom(s) : Armée des Justes/Purs, Jamaat al-Dawat

Buts et objectifs : Lashkar-e-Tayyiba est un groupe islamique radical du Pakitan qui cherche à instaurer la loi islamique dans le sud de l’Asie. Bien qu’il se focalisa principalement sur la libération du Cachemire sous contrôle indien afin d’y implanter un État islamique, le groupe suggéra aussi d’instaurer la loi islamique en Inde.

Histoire : formé en 1990, LT est la branche armée de l’organisation islamique radicale pakistanaise Markaz-ud-Dawa-wal-Irshad (MDI, ou Centre pour la prédication islamique et de la guidance) qui fut fondée en 1989. Depuis 1993, LT est devenu l’un des plus grands groupes organisés combattant au Cachemire contre l’Inde. Le groupe mena de nombreuses attaques au Cachemire contre des troupes et des civils indiens.

Le gouvernement indien accusa le groupe d’être impliqué dans l’attentat contre le parlement indien en décembre 2001, et accusa également les services de renseignements pakistanais de soutenir le groupe. Le président Musharraf banni LT ainsi que d’autres groupes en janvier 2002, et LT se renomma Jamaat al-Dawat. Le chef de LT, Hafiz Muhammad Said, fut arrêté au Pakistan en janvier 2002, puis relâché en décembre 2002.

En mai et juin 2003, le FBI arrêta 11 hommes en Virginie accusé de soutenir Lashkar-e-Tayyaiba. Les 11 hommes ont été poursuivis par le tribunal d’Alexandrie, en Virginie. En juillet, un juge fédéral ordonna que quatre des onze hommes soient libérés de détention jusqu’au début du procès.

Modes opératoires : lors de ses attaques, LT utilisa différents types d’armes à feu, des armes automatiques, des mortiers, des explosifs et des lance-grenades.

Activités anti-américaines : Lashkar-e-Tayyiba n’a pas conduit d’attaques contre des civils ou des intérêts américains. Le groupe se focalise toujours sur le Cachemire. Cependant, une coopération entre LT et al-Qaida est possible.

Zones d’opération : LT est basé près de Lahore au Pakistan, et selon le Département d’État, exploite des camps d’entraînement mobiles dans la région du Cachemire contrôlée par le Pakistan. Le groupe possédait également des camps d’entraînement en Afghanistan jusqu’à la chute des talibans, à la fin de l’année 2001. On pense que LT n’a pas seulement mené des opérations au Cachemire indien, mais aussi dans d’autres régions de l’Inde.

Effectifs et composition : Lashkar-e-Tayyiba se compose principalement d’islamistes pakistanais radicaux, bien que des vétérans afghans de la guerre d’Afghanistan fassent aussi parti du groupe. Le Département d’État estime que le groupe compte plusieurs centaines de membres.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : en mars 2002, un chef d’al-Qaida, Abou Zoubayah, fut capturée dans une cachette de LT à Faisalabad, au Pakistan, ce qui indique que le groupe est dans la capacité d’aider les membres d’al-Qaida à se déplacer au Pakistan. Selon d’autres informations, LT a participé aux conflits en Bosnie, en Tchétchénie, et aux Philippines, cela suggère que le groupe a probablement des contacts avec d’autres organisations islamiques radicales.

États promoteurs et autres sources de financement : selon le Département d’État, LT collecte les dons des expatriés pakistanais dans le Golfe persique et au Royaume-Uni. Le groupe reçoit aussi une aide financière de la part de sympathisants arabes dans les États du Golfe persique. Avant la répression du gouvernement pakistanais contre les groupes anti-indiens opérant au Cachemire, le groupe investissait dans diverses entreprises du Pakistan.  

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 24 décembre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : les activités de LT dirigées contre l’Inde présente une menace pour le sud de l’Asie. Le groupe peut aussi aider les membres d’al-Qaida dans leurs activités anti-américaines. Ses liens avec d’autres organisations islamiques radicales suscitent des inquiétudes au sujet de l’implication de LT dans le réseau international des organisations terroristes. Aux États-Unis, le groupe est présumé exercer des activités et lever des fonds à Alexandrie, en Virginie, si cela est prouvé, c’est aussi un sujet d’inquiétude.

 

Lashkar I Jhangvi (LJ)
 
Nom : Armée de Jhangvi

Buts et objectifs : Lashkar I Jhangvi (LJ) est un groupe radical sunnite qui vise principalement la communauté chiite du Pakistan. Le groupe cherche à faire du Pakistan un État islamique sunnite basé sur la charia. Le groupe est lié à al-Qaida et a adopté l’idéologie anti-occidentale et anti-américaine de cette organisation.

Histoire : LJ se forma en 1996 à la suite de conflits sectaires au Pakistan entre des musulmans sunnites radicaux et des factions chiites. Les membres de LJ appartiennent à la secte radicale Deobandi et ont porté de nombreuses attaques contre la minorité chiite, qu’ils considèrent comme apostate. LJ a tué 25 chiites et en blessa 50 autres à Lahore en 1998, et tenta d’assassiner le premier ministre de l’époque Nawaz Sharif en 1990. Le groupe est aussi lié à des attaques contre des chrétiens au Pakistan. Au milieu de l’année 2001, le président pakistanais Musharaf a interdit le groupe qui se réfugia chez les Talibans en Afghanistan. Depuis la chute des talibans, on présume que le groupe est retourné au Pakistan, cependant plusieurs chefs ont été capturés et tués par le gouvernement pakistanais.

Modes opératoires : le groupe a conduit diverses attaques armées et des attentats, y compris des attentats suicides.

Activités anti-américaines : Lashkar I Jhangvi a mené plusieurs attaques contre des américains au Pakistan, comme le kidnapping et l’assassinat du journaliste Daniel Pearl en 2002 en association avec al-Qaida. Le groupe a aussi tué quatre ouvriers américains qui travaillaient pour des industries pétrolières en 1997, et attaqua l’église protestante internationale d’Islamabad avec des grenades, tuant deux américains.

Zones d’opération : le groupe opère principalement au Punjab et à Karachi au Pakistan, et certains de ses membres voyagent en Afghanistan. Ses effectifs se concentrent surtout dans les zones urbaines.

Effectifs et composition : les membres de Lashkar I Jhangvi sont des musulmans sunnites de la secte Deobandi. Le Département d’État estime que le groupe compte moins d’une centaine de membres.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : les chefs de LJ ont participé à la guerre afghane contre l’Union Soviétique dans les années 80, et on pense qu’ils ont été en contact avec Ben Laden durant ce temps. Les membres de LJ se sont entraînés dans les camps d’al-Qaida en Afghanistan dans les années 90. Al-Qaida a probablement été d’un grand soutien au groupe dans plusieurs de ses attaques contre des cibles occidentales en 2002. Les autorités pakistanaises pensent que LJ a conclu un partenariat avec deux autres groupes islamiques militants du Pakistan, Harkat-ul-Jihad-i-Islami (HuJI) et Jaish-e-Mohammad (JeM), afin de former Lashkar-e-Omar (LeO), également appelé al-Qanoun.

États promoteurs et autres sources de financement : à part le soutien financier d’al-Qaida, nous ne savons pas comment le groupe finance ses activités.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 30 janvier 2003

Questions d’intérêts pour le Congrès : le groupe s’est engagé dans des violences anti-américaines au Pakistan, et participa à l’enlèvement et au meurtre de Daniel Pearl. Ses activités peuvent menacer la stabilité du Pakistan et de l’Asie du sud. Ses liens avec al-Qaida en font un sérieux problème.

 

Jihad Islamique Palestinien (JIP)

Nom : Jihad Islamique Palestinien

Buts et objectifs : le but du JIP est d’établir un État islamique palestinien et de renverser l’État d’Israël.

Histoire : le JIP est une organisation palestinienne très active fondée en 1979 par des étudiants palestiniens en Égypte. Les membres fondateurs du JIP - Fathi Shiqaqi, ‘Abd al-Aziz Odah, et Bashir Mousa – étaient jadis des membres des Frères Musulmans, mais ils se séparèrent du groupe car ils considéraient sa position trop modérée en ce qui concerne le problème palestinien. Les membres fondateurs ont été inspirés par la révolution iranienne et ont épousé plusieurs de ses principes.

L’unique objectif du JIP est de détruire l’État d’Israël (utilisant la violence comme moyen légitime) et d’établir un État islamique palestinien. Pour arriver à leurs fins, les militants du JIP ont perpétré des attentats suicides contre des civils israéliens et des cibles militaires en Israël et dans les territoires palestiniens. Depuis le début de la seconde Intifada (septembre 2000), le JIP a mené des attaques qui ont tué plus de 100 personnes. Le 29 juin 2003, après 33 mois consécutifs de violence, le groupe radical céda à l’appel du Premier Ministre palestinien ‘Abbas pour un cessez-le-feu. Néanmoins, une semaine plus tard, le groupe annula le cessez-le-feu, accusant Israël de ne pas avoir respecté ses engagements, comme la libération de plusieurs militants islamistes emprisonnés. Le cessez-le-feu est « effectivement terminé » et « les attaques vont recommencer », a dit le chef du JIP à Jenin, Bessam Sa’adi. Et les attaques ont recommencé : le 8 juillet 2003, le JIP revendiqua l’attentat suicide dans le centre d’Israël qui tua une femme de 65 ans ainsi que le kamikaze.

Modes opératoires : le JIP est impliqué dans des attentats suicides contre des cibles israéliennes. Occasionnellement, le JIP utilisent aussi des armes à feu dans ses opérations.

Activités anti-américaines : le JIP ne vise pas directement les intérêts américains, bien que des américains soient morts lors des attaques du JIP. Par exemple, en novembre 2001, Shoshani Ben-Yishai, une étudiante américaine de 16 ans né à New York meurt à Jérusalem après qu’un militant tira sur un bus qu’elle et ses camarades avaient pris. Alisa Flatow, 20 ans, a été tué de façon similaire dans une attaque de bus au mois d’avril 1995. En février 2003, le JIP affirma qu’il ne s’en prendrait pas aux américains en dépit de l’inculpation de huit de ses activistes (quatre d’entre eux vivaient aux États-Unis). Le JIP a prétendu qu’il resterait focalisé sur son combat contre Israël et qu’il ne souhaite pas « ouvrir de nouveaux fronts » en ciblant des intérêts américains.

Principales zones d’opération : le JIP mène ses attaques en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Cependant, le chef du JIP, Ramadan Abdallah Shallah, vit et opère depuis Damas, en Syrie (Shallah devint chef lorsque les forces israéliennes ont tué Shiqaqi en 1994). Le JIP est aussi présent à Beyrouth, à Téhéran, et peut-être à Khartoum, où il lève des fonds.

Effectifs et composition : le nombre exact de membre du JIP est inconnu. Au début de la première Intifada (1987-1990), le JIP se composait d’environ 250 membres. Le groupe a toutefois augmenté ses recrutements au cours des années 90 et doit posséder maintenant plus de membres, y compris des étudiants.

Liaisons avec d’autres groupes : le plus proche allié du JIP est le Hamas. Initialement, le JIP et le Hamas n’entretenaient pas de contacts, et certains analystes les considéraient comme des rivaux. Depuis 1994, les deux groupes ont manifestement collaboré sur plusieurs fronts : ils ont mené conjointement des attaques et planifié des attentats simultanés. En 2000, le Time Magazine a reporté que le Hamas et le JIP ont été courtisés par l’Iran afin de coordonner leurs efforts et de faire échouer le processus de paix israélo-palestinien. Le Time a aussi rapporté que le Hezbollah, un groupe profondément lié à l’Iran, fut l’intermédiaire qui facilita le procédé. De nombreux rapports indiquent que le Hamas reçoit un soutien logistique depuis les installations du Hezbollah au sud du Liban. En juin 2003, le JIP et le Hamas ont publié conjointement une déclaration de cessez-le-feu décrétant la fin des attaques visant les israéliens et les intérêts israéliens. Certains analystes voient toujours une rivalité entre les deux groupes, qui se concurrencent en lançant des attaques suicides contre des cibles israéliennes.

États promoteurs et autres sources de financement : le Département d’État a rapporté que le JIP reçoit un soutien financier de l’Iran et un soutien logistique de la Syrie. Le chef du JIP, Shallah, a trouvé refuge en Syrie.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1997

Re-désigné : 8 octobre 1999, 5 octobre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : le rôle de la Syrie en aidant ce groupe peut être un sérieux problème concernant sa responsabilité, Act. P.L. 108-175. Ce groupe a tué des civils américains et huit de ses membres ont été inculpés par les États-Unis ; néanmoins, il prétend ne pas vouloir attaquer les citoyens et les intérêts américains directement. Le JIP est un groupe extrêmement violent qui a recours aux attentats suicides et a tué un grand nombre de civils israéliens.

 

Al-Qaida

Nom(s) : la Base, Qa’idat al-Jihad, Maktab al-Khidamat, Front Islamique International pour le Jihad contre les Juifs et les Croisés, Al-Jahbah al-Islamiyyah al-‘Alamiyyah li-Qital al-Yahud wa-l-Salibiyyin, Groupe pour la Préservation des Lieux Saints, Armée Islamique de la Libération des Lieux Saints, Armée Islamique pour la Libération des Sanctuaires, le Salut Islamique.

Buts et objectifs : al-Qaida est une organisation parapluie qui exécute ses propres actions terroristes et fournit un soutien logistique aux autres groupes extrémistes. Al-Qaida cherche à  éradiquer les régimes des pays musulmans qu’il considère comme « non islamique », afin d’établir un gouvernement islamique international basé sur l’ancien modèle des califats. Le groupe pense que les États-Unis et ses alliés sont le principal obstacle à cet objectif, et par conséquent, il émit un communiqué appelant tous les musulmans à tuer les Américains – militaires ou civils – dans le but d’expulser les influences occidentales du monde musulman. Voici un extrait de la seconde fatwa (1998) :

La prescription de tuer les Américains et leurs alliés – civils ou militaires – est un devoir individuel pour chaque musulman qui est dans l’obligation de le faire dans n’importe quel pays où il est possible de le faire, pour libérer la Mosquée d’al-Aqsa et la Sainte Mosquée (la Mecque) de leurs griffes, et afin que leurs armées quittent toute les terres de l’islam, vaincus, et incapables de menacer quelconque musulman. Ceci est en accord avec la parole de Dieu Tout-puissant… Nous appelons, avec l’aide de Dieu, chaque musulman qui croit en Dieu et souhaite être récompensé, de se soumettre à l’ordre de Dieu qui est de tuer les Américains et de s’emparer de leur argent n’importe où et à chaque à fois qu’ils les rencontreront.

Histoire : les origines d’al-Qaida remontent à la résistance afghane contre l’Union Soviétique entre 1979 et 1989. Croyant que la guerre contre les soviétiques athées était une guerre sainte entre l’islam et les infidèles, Osama Ben Laden, fils d’un riche entrepreneur saoudien, partit en Afghanistan pour apporter son aide dans le combat. En ce temps-là, l’Afghanistan manquait d’infrastructures et d’hommes pour une guerre longue. Ben Laden se joignit au Cheikh ‘Abdullah Azzam, leader des Frères Musulmans en Palestine, pour fonder le Maktab al-Khidamat (MAK, Bureau des services afghans) dont le but est de recruter des combattants musulmans à travers le monde pour combattre en Afghanistan. Ben Laden finança leur transport et leur entraînement (il fit venir des spécialistes de la guérilla et d’autres professionnels), tandis que les chefs afghans locaux participèrent en cédant des terres et des ressources.    

Entre 20 000 et 60 000 personnes, la plupart n’étant pas afghanes, reçurent un entraînement et acquirent de l’expérience au combat en Afghanistan. Durant la guerre d’Afghanistan, la CIA fournissait environ 500 millions de dollars par an en soutien logistique aux Mujahidin, mais il n’y a aucune preuve que l’aide américaine ait pu profiter à Ben Laden. En 1988, Ben Laden pensa que la façon font Azzam voyait les choses était trop restreinte et limitée, il rompit alors avec son allié pour former al-Qaida (la Base) et poursuivit son jihad à une échelle internationale. Azzam mourut dans un attentat à la voiture piégée en 1989, à première vue commit par ses rivaux afghans.

Avec le retrait de l’Union Soviétique d’Afghanistan, Ben Laden retourna en Arabie Saoudite pour combattre le gouvernement qu’il considère infidèle. Agacé par la présence américaine en Arabie Saoudite et de son implication dans la guerre du Golfe, Ben Laden devint encore plus direct dans sa rhétorique anti-régime. Avec sa famille proche et ses partisans, il s’exila au Soudan. Sa citoyenneté saoudienne fut révoquée en 1994 à cause de son opposition au gouvernement saoudien. Au Soudan, Ben Laden fit des affaires, pava des routes, construit un aéroport, et créa des camps d’entraînement afin de donner du travail aux mujahidins qui étaient au chômage. En 1996, comme les relations du Soudan avec les États-Unis se réchauffèrent, le gouvernement soudanais a demandé à Ben Laden de partir. Il retourna ensuite en Afghanistan où il noua des liens avec le mouvement Taliban, et ainsi des camps d’entraînement et une infrastructure terroriste virent le jour. Cette infrastructure est à l’origine de nombreux complots contre les États-Unis et ses citoyens, comme les attentats à la bombe contre des ambassades africaines en 1998 et des attaques du 11 septembre. En 2001, al-Qaida fusionna avec le Jihad Islamique égyptien.

En 2001, les forces américaines ont renversé le régime Taliban en Afghanistan. Environ la moitié des chefs d’al-Qaida ont été capturé, l’ancien réseau de communication du groupe fut neutralisé, et son infrastructure en Afghanistan fut largement démantelée. Mais al-Qaida a apparemment muté d’une infrastructure territoriale et centralisée vers une organisation plus décentralisée, axée sur des missions. Les attaques en Turquie, en Arabie Saoudite, au Maroc et en d’autres lieux, démontrent l’implication de groupes autochtones liés à al-Qaida, soutenus par ses ressources financières et/ou ses conseils techniques. Osama Ben Laden est toujours en fuite, et al-Qaida est toujours considéré par les États-Unis comme une menace majeure.

Modes opératoires : al-Qaida est connu pour ses attentats élaborés à grande échelle, le groupe est aussi impliqué dans des assassinats, des actes de guérilla et des attaques suicides. Le groupe fournit également un soutien logistique et financier à d’autres organisations terroristes et à des individus violents à travers le monde. Al-Qaida a aussi montré de l’intérêt pour les armes chimiques, biologiques, nucléaires et radiologiques.

Activités anti-américaines : en février 1998, Ben Laden émit une communiqué annonçant la création de sa nouvelle organisation « le Front Islamique International pour le Jihad contre les Juifs et les Croisés », qui demande à tous les musulmans de tuer les citoyens américains et leurs alliés. Al-Qaida est directement responsable ou lié à de nombreuses attaques terroristes contre des citoyens et intérêts américains. Cela inclus mais pas seulement : les attentats en août 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi, du Kenya, et de Dar es salam en Tanzanie (301 tués et 5000 blessés) ; l’attaque en octobre 2000 contre l’USS Cole au port d’Aden au Yémen (17 tués, 39 blessés) ; les attaques du 11 septembre à New York, en Virginie et en Pennsylvanie (environ 3000 morts et blessés).

Principales zones d’opération : al-Qaida est un réseau avec une large portée. Jusqu’à l’attaque des États-Unis en Afghanistan, ce pays était la base d’opération d’al-Qaida et possédait des camps d’entraînement et de la logistique. Beaucoup de chefs d’al-Qaida ont été capturés ou ont fuit dans la zone frontalière de l’ouest du Pakistan. Des cellules ou des collaborateurs d’al-Qaida ont été détectés en Asie du sud et du sud-est, au Moyen-Orient, en Europe, et au États-Unis.  

Effectifs et composition : les effectifs exacts d’al-Qaida sont inconnus, bien que le groupe se compose de plusieurs milliers de combattants. Le nombre estimé de personnes qui se sont entraînés ou ont combattu en Afghanistan est entre 20 000 et 60 000, mais ce ne sont pas toute des membres d’al-Qaida. Beaucoup de chefs d’al-Qaida ont été tués et certains estiment que le nombre d’agents d’al-Qaida tués ou fait prisonnier depuis le 11 septembre 2001 est d’environ 3000. Des experts pensent qu’al-Qaida est une organisation en mutation. La perte de nombreux chefs du groupe et de leur base en Afghanistan ont désorganisé l’organisation, mais des experts craignent que la structure d’al-Qaida, qui encourage l’esprit « d’entrepreneur » chez ses combattants, puisse combler la perte de chefs.

Liaisons avec d’autres groupes : les groupes connus liés à al-Qaida sont : Groupe Islamique (Égypte), al-Jihad (Égypte), Groupe Armé Islamique (Algérie), Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (Algérie), Organisation Abou Sayyaf (Philippines), Harakat al-Mujahidin (Pakistan), Mouvement Islamique d’Ouzbékistan, Armée Islamique d’Aden (Yémen), Asbat al-Ansar (Liban), al-Ittihad Islamiya (Somalie), Jemaah Islamiya, et le Groupe du Combat Islamique Libyen, ainsi que d’autres.

États promoteurs et autres sources de financement : l’Afghanistan sous les Talibans était le premier État promoteur d’al-Qaida qui lui fournit un refuge et autorisa les camps d’entraînement sur son territoire.

On peut dire que les services de renseignements pakistanais (ISI), via l’aide financier qu’ils ont fournit aux Talibans, ont indirectement soutenu financièrement les activités d’al-Qaida ; il n’y a cependant pas de preuve d’un soutien direct d’ISI à al-Qaida. L’administration Bush a aussi affirmé que l’Irak sous Saddam Hussein était directement lié à al-Qaida, bien que l’influence et l’importance de ces liens soient sujet à débat.

En premier lieu, al-Qaida était financé par la fortune personnelle de Ben Laden, estimée selon des sources suisses entre 50 et 300 millions de dollars. De nos jours, al-Qaida possèdent des entreprises légales, sollicite des dons de la part de ses partisans, et reçoit des fonds en provenance d’organisations de charité musulmane. Certaines entreprises de façade datent du temps où Ben Laden était au Soudan, parmi elles : une entreprise de construction, el-Hijah for Construction and Development Ltd, qui créa une autoroute reliant Khartoum à Port Soudan, et la banque islamique el-Shamal à Khartoum. On pense aussi qu’al-Qaida a utilisé des élevages d’autruches et des crevettiers au Kenya, les vastes étendues de forêts en Turquie, le commerce de diamants en Afrique et des élevages au Tadjikistan pour financer ses opérations.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 8 octobre 1999

Re-désigné : 5 octobre 2001

Questions d’intérêts pour le Congrès : ce groupe continue d’être une très sérieuse menace pour les États-Unis et ses alliés. Étant donné la portée mondiale d’al-Qaida et de son réseau, la politique en contre-terrorisme du Congrès américain aura toujours une place importante, pas seulement dans le domaine militaire et du renseignement, mais aussi en politique étrangère, dans l’application des lois, dans la coopération internationale, dans la diplomatie, dans la sécurité intérieur des pays étrangers, et dans d’autres domaines.

 

Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC)

Buts et objectifs : le GSPC est un groupe islamique radical bien organisé en Algérie qui cherche à établir un État islamique basé sur la charia.

Histoire : le GSPC se forma quand environ 600 militants ont rompu avec le Groupe Islamique Armé (GIA) en 1996, durant la sanglante guerre civile d’Algérie. Le groupe a renoncé aux massacres de civils commis par le GIA dans le milieu des années 1990 et a promit une campagne mieux organisée contre le gouvernement et les militaires. En 1998, le GSPC a éclipsé le GIA tant en puissance qu’en popularité. En 2000, le groupe s’est apparemment emparé du réseau du GIA en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des responsables européens ont lié le GSPC à de nombreux complots en Europe. En Algérie, la répression du gouvernement a affaibli le groupe, cependant, il continue à attaquer des soldats et des responsables politiques, la fréquence et la violence des attaques a sensiblement augmenté en été 2003. Selon le Département d’État américain, le GSPC est le groupe armé le plus actif en Algérie.

Modes opératoires : les modes opératoires du GSPC sont assez variés. En Algérie, le GSPC organise et exécute des embuscades bien planifiées contre des soldats et des responsables politiques. Le 22 février 2003, le groupe a kidnappé plusieurs touristes européens dans le désert du Sahara (31 personnes en tout, 30 ont été libérées, 1 a péri), souhaitant comme rançon des armes et de l’argent. Il installe des barrages dans des régions isolées et demande aux passants de payer pour passer. En Europe, le groupe est suspecté d’être impliqué dans plusieurs complots d’attentat à la bombe.

Activités anti-américaines : peu après le 11 septembre, un chef du GSPC a menacé de se venger si les États-Unis interviennent en Algérie ou coupent son réseau à l’étranger. Le groupe est suspecté d’avoir comploté des attentats contre les ambassades américaines à Paris et à Rome en 2002. En mai 2003, les autorités africaines ont déjoué un complot d’attentat contre l’ambassade américaine au Mali. Les documents trouvés au Mali ont attribué le complot au GSPC.

Zones d’opération : le point de mire du groupe et sa zone d’opération est l’Algérie. Ses principales bases d’opération en Algérie se situent dans les régions montagneuses à l’Est d’Alger. On pense aussi que le GSPC entretient un réseau en Europe de l’Ouest, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Des individus et des cellules liées au GSPC ont été arrêtés en Europe de l’Ouest.

Effectifs et composition : le GSPC se compose principalement d’islamistes algériens fondamentalistes. Les autorités algériennes estiment qu’ils sont entre 100 et 300 militants. Selon le gouvernement algérien, les raids militaires et une récente période d’amnistie ont réduit les effectifs du groupe en Algérie. Les autorités européennes ont arrêté plus de 100 personnes suspectées d’appartenir au GSPC, mais les conséquences de ces arrestations sur la capacité du groupe à opérer demeurent inconnues.

Liaisons avec d’autres organisations terroristes : on pense que le GSPC est lié à al-Qaida. Selon un rapport, la moitié des personnes arrêtées en Europe suspectées d’être lié à al-Qaida, furent des algériens également associés au GSPC. Fin 2002, les autorités algériennes ont annoncé l’arrestation d’un responsable yéménite d’al-Qaida qui a rencontré des membres du GSPC en Algérie.

États promoteurs et autres sources de financement : les fonds du GSPC proviennent principalement des expatriés algériens d’Europe de l’Ouest, surtout de France, et d’ailleurs. En Algérie, le groupe utilise aussi le kidnapping et la contrebande pour récolter des fonds. Le gouvernement algérien a accusé dans les années passées l’Iran et le Soudan de soutenir financièrement les extrémistes algériens. On dit qu’une rançon de plusieurs millions de dollars fut versée au GSPC afin qu’il libère les touristes européens kidnappés (une personne a été tuée). Certains médias suggèrent que l’Allemagne a payé la rançon, d’autres disent que c’est la Libye. Ces rapports ne sont pas confirmés. D’autres sources prétendent qu’il n’y a pas eu de rançon versée pour les otages, mais c’est un commando qui les a libérés.

Originellement désigné comme organisation terroriste étrangère : 27 mars 2002

Questions d’intérêts pour le Congrès : les liens du GSPC avec al-Qaida donnent à ce groupe une importance particulière pour les États-Unis. Son réseau en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord peut donner lieu à des attaques menées par, ou en collaboration avec al-Qaida.

 

Par Audrey Kurth Cronin (expert en terrorisme), Huda Aden, Adam Frost, et Benjamin Jones (chercheurs associés)

Extrait de : CRS Report for Congress, Foreign Terrorist Organizations, February 6, 2004

 

 

 

 

 

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